vendredi 5 octobre 2012

Love me do




Il y a exactement 50 ans, le 5 octobre 1962, sortait "Love me do", le premier single des Beatles. Love, love me do...

Sinon pas encore vu Damsels in distress de Whit Stillman qui (pour l'instant?) n'est sorti qu'à Paris. On en reparle bientôt... En attendant, je vous renvoie à l'excellent texte de Pierre Léon: Comédie et désastre.

27 commentaires:

Lucie a dit…

Marrant que vous n'ayez pas encore vu "Damsels in distress" alors que ça fait plus de quatre ans (j'ai vérifié) que vous nous parlez de Whit Stillman avec des trémolos dans la voix :)

Buster a dit…

Pas encore vu parce que j’étais parti en voyage et que je viens tout juste de rentrer. Le film je le vois ce week-end.

(sinon la B.O je l’écoute depuis plusieurs semaines, elle est superbe, j’en reparlerai aussi)

Anonyme a dit…

Marrant que vous nous conseilliez "l'excellent texte de Pierre Léon" avant d'avoir vu le film...

Buster a dit…

Où est le problème? On peut apprécier un texte qui traite d’un film qu’on n’a pas vu.

(et puis je connais les autres films de Whit Stillman)

Anonyme a dit…

Damsels in distress: "Ce machin kawaï est aussi dandy qu'une fraise tagada en pleine déprime" (valzeur)

Buster a dit…

Tsss... valzeur me désespère!

(et là, nul préjugé puisque le film je viens de le voir et que je le trouve magnifique)

Anonyme a dit…

Valzeur c'est le Tanguy Pastureau de la critique !

valzeur a dit…

Tsss, Buster, vous ne me surprenez même plus. "Damsels in Distress" n'est pas spécialement déplaisant, mais que c'est minuscule - MINUSCULE ! (je me vois obligé de l'écrire en majuscules). Pour paraphraser un de ses dialogues, c'est un film "Coquelet" (et non, pas coquet - il est même plutôt ingrat). "Coquelet" car on le prend pour un autre, gazouillant (bon, il faut l'avoir vu pour me comprendre, mais tant pis !). La première demi-heure de "Pauline Détective" parvient même à lui être supérieure, dans le genre bibelot irréel, avant que le film de Fitoussi ne sombre dans un cynisme effrayant. Enfin, DID ne fait pas de mal à une mouche, c'est déjà ça !

Buster a dit…

Vous ne me surprenez pas non plus mon cher valzeur... Pourriez-vous à l’occasion me rappeler le dernier grand film récent, film MAJUSCULE donc, que vous ayez vu?

Sur Damsels, je vous répondrai lors de ma prochaine note. En attendant je vous conseille les claquettes, ou bien de changer de savon :-)

capital - punishment :-] a dit…

GEBO ET L'OMBRE !!!-D

(et un film à éviter, euh, dans la mesure du possible : Savages, d'Oliver Stone !-]

Buster a dit…

Gebo et l’ombre? Pas si enthousiaste... j’ai failli m’endormir plusieurs fois.
Film pauvre sur la pauvreté, film austère sur l’austérité, ça parle du Portugal d’aujourd’hui (Joao serait comme la Banque Européenne, une ombre menaçante qui plane sur le pays et entretient son appauvrissement), Gebo c’est Oliveira, autoportrait... à la Rembrandt, sauf qu’il ne suffit pas de mettre une lampe à pétrole au milieu d’une pièce pour faire du Rembrandt (ici rien des couleurs ardentes du maître hollandais, tout est nu et froid), texte trop allégorique (je préfère Bessa-Luis ou Queroz comme sources littéraires), Lonsdale est lonsdalien, donc parfait, mais Cardinale est franchement épouvantable et Moreau, la seule note d’humour du film, trop en retrait… Dans Gebo il manque de cette méchanceté qui faisait par exemple la force d’un film comme Belle toujours (dont le dispositif scénique, dans la seconde partie, était un peu équivalent). Moi j’aime bien le théâtre filmé, la frontalité, mais à condition que la parole ou le jeu des comédiens assurent la dynamique du film, là c’est trop figé à mon goût. Déception donc, à la hauteur de mes attentes et de l’ouverture du film (le générique, très beau avec le concerto pour violon de Sibelius en fond sonore).
Pour le coup, mon intérêt s’est porté ailleurs, à travers cette question idiote et perfide qui m’a travaillé pendant toute la durée du film (m'empêchant ainsi de m'endormir): est-ce que la cruauté oliveirienne (qui existe) ne consisterait pas ici à montrer, à travers le corps fatigué de Lonsdale, le visage hébété de Cardinale et les mimiques de Moreau, des comédiens de vingt à trente ans plus jeunes que l’auteur mais qui paraissent beaucoup plus vieux que lui, manière pour Oliveira d’affirmer un peu plus son éternelle jeunesse.

Anonyme a dit…

Coquelet- dit valzeur, ce qui me surprend, c'est plutôt la façon dont certains critiques font de Stillman leur coqueluche. Il faut dire qu'ils passent plus de temps à nous expliquer les films qu'à nous dire s'ils méritent d'être vus ou pas, et pour quelles raisons. DiD, pourquoi pas? Il y a un moment où on a envie de dire à des individus comme valzeur, décontracte-toi, c'est pas mal écrit du tout, et tu as échappé à BIEN pire. Mais il faut croire qu'il préfère le dernier Anne Fontaine. D'un autre côté, le syndrome de la groupie, dont vous semblez atteint Buster, ajouté à l'aura de celui qu'on essaie de transformer en génie secret du cinéma américain, ne me paraît pas plus supportable. Mais on a affaire à des gens qui font d'un clip d'Anthony and The Johnsons ou d'une chanson de Grandaddy l'affaire de leur vie, ce qui vous l'admettrez est grotesque. Je ne veux pas que ce message paraisse plus violent qu'il ne l'est en réalité, mais la connivence de "vous ne me surprenez pas" respectifs est l'énième manifestation d'un statu quo fort peu intéressent.

valzeur a dit…

Oh là là, Buster, j'espère que vous ne tenez pas DID pour un grand film, quand même ? Au sujet de votre question, j'appelle à ma rescousse les bifides et contrits Delorme/Tessé qui dans les derniers Cahiers constatent : "On ne sait plus si les festivals ratent les films qui comptent ou si ces films en ce moment ne se font pas". Mais en fouillant dans ma mémoire - et parce que c'est vous, hein ? - j'en isole deux : La Soledad de Jaime Rosales et Coeurs d'Alain Resnais. Sinon, plus récemment, et à un certain nombre de coudées en dessous, vous l'imaginez, je me suis surpris à trouver de vraies qualités à Do Not Disturb, film malaisant (ou plutôt mâle-aisant) que tout le monde a traité par dessus la jambe. Sinon, j'attends votre billet sur Pauline Détective...

Buster a dit…

Do not disturb, pas encore vu... pour l'instant je suis encore sous le charme du "donut disturb" de Stillman. Damsels n'est pas un grand film au sens où on l’entend généralement, mais un merveilleux petit film, le pendant de Metropolitan, en moins cruel (c’est une comédie musicale), pas assez malaisant pour vous, j’imagine…

Anonyme de 15h45, groupie mon cul! J'adore le cinéma de Stillman tout simplement, et si j’ai donné l’impression de jouer la groupie avec son dernier film, c’était d’abord pour rire (tout le monde l’avait compris), mais aussi parce que ce film je l’attendais depuis très longtemps et avec infiniment plus d’impatience que, par exemple, le dernier Carax.

Anonyme a dit…

C'est normal que vous aimiez "Damsels in distress", ça ressemble à "Mods" de Bozon !

§ a dit…

Si, si, Damsels in Distress est un grand film. Sans l'ombre d'un doute.

Buster a dit…

Oui bien sûr, je voulais dire qu’il n’est pas "grand" au sens du grand film pompeux et/ou prétentieux, du chef-d’oeuvre autoproclamé... Damsels est simplement une petite merveille d’intelligence, de drôlerie et d’émotion.

La ressemblance avec Mods? via Rushmore d’Anderson? Mouais… je ne suis pas convaincu, à part peut-être le personnage du Daily Complainer qui a des faux airs de Serge Bozon :-)

§ a dit…

D'accord avec vous Buster.
Pour répondre à Valzeur, je dirais que c'est ce qu'il y a de minuscule qui me touche dans DID : passer par la modestie du teen movie pour faire un film qui ne parle que d'intelligence, par exemple. J'aime beaucoup La Soledad et j'aime bien Coeurs, mais je leur reprocherais justement de ne cesser de vouloir me montrer combien le majuscule se cache derrière les minuscules choses qu'ils nous montrent. C'est le côté démiurge de Rosales et Resnais, tandis que chez Stillman toutes les interrogations "existentielles" sont prises en charge par les personnages, leurs dialogues incroyables, sans que le cinéaste ne cherche à y ajouter du "sous-texte". Autrement dit, DID, c'est comment essayer d'être majuscules dans un monde minuscule, ou comment se contenter du minuscule et en faire une danse... Bref, vive le minuscule, à bas le majuscule ! (d'ailleurs, il me semble que Stillman se moque de Kubrick au moins à deux reprises)

§ a dit…

Buster, vous qui aimez les listes, celle-ci vous intéressera :

http://explore.bfi.org.uk/sightandsoundpolls/2012/voter/1197

Buster a dit…

Merci § pour le lien. Il y a 50% de comédies dans le Top10 de Stillman, ce qui n’est pas étonnant.

Sinon pour Kubrick, je ne me souviens que de la séquence des Fêtes romaines...

Griffe a dit…

Je vous passe mon grain de sel parce qu'une phrase de § me plaît bien : "je leur reprocherais justement (à Resnais et Rosales) de ne cesser de vouloir me montrer combien le majuscule se cache derrière les minuscules choses qu'ils nous montrent", pour dire que Rêve et silence, le nouveau Rosales (qui a beaucoup déçu valzeur), montre comment le minuscule (le moment banal de vie quotidienne) peut être merveilleux, du moins tant que le drame majuscule (la mort puis le deuil puis les fantômes - passages désormais obligés de tout cinéma d'Auteur) ne vient pas le soumettre brutalement à du Sens.
Déjà, dans La Soledad, l'attentat et la mort de la mère m'avaient semblé des coups de force dévorants, très superflus étant donnée la force simple des moments minuscules que filme Rosales (mieux à mon goût, car moins frontalement, dans son dernier film).
Cela dit, je trouve que Damsels in Distress n'est pas si bien dialogué qu'on le dit ici et là. Il impose d'emblée un univers avec sa rhétorique et ses codes et les fait simplement tourner un peu sur eux-mêmes dans le périmètre de sécurité. C'est quand même un film très sec, à la mise en scène très limitée (on s'approche quand y'a de l'émotion, on s'éloigne quand un personnage profère des généralités). Pierre Léon l'a dit : "découpage approximatif, montage qui recolle gentiment les morceaux". Quand c'est aussi maladroit et hasardeux, il faut au moins que ça respire ou que ça transpire un peu. L'élégance (c'est Murielle Joudet qui emploie ce terme que j'ai aussi vu ailleurs) n'est pas une attention à soi mais une attention aux autres, or Stillman, en les maintenant d'une main de fer sur les rails de leurs monologues impartis, néglige considérablement ses personnages, vous ne trouvez pas ? Qu'ils sont gênés aux entournures, coincés dans des costumes trop petits... Du coup, la comparaison avec Mods m'apparaît lumineuse.

Anonyme a dit…

Cap Nord, Damsels in Distress, décidément vous nous vendez que de la daube Buster, mais peut-être êtes-vous un pote à Stillman puisqu'il a vécu en France

Buster a dit…

Les mouvements de caméra ne servent qu’à accompagner les personnages (pas du tout négligés, au contraire ils aimantent le film), il n’y a aucune prétention formaliste chez Stillman, le plus souvent d’ailleurs ces mouvements ne sont que des amorces. Je ne crois pas que ce soit si hasardeux que ça et encore moins maladroit. C’est simplement le style de Stillman. Le découpage apparaît heurté surtout parce que les scènes ne se referment jamais complètement, d’où peut-être cette impression que le film ne respire pas, au sens où il ne reprendrait pas suffisamment son souffle entre les scènes. Mais ce n’est qu’une impression qui tend à s’effacer à mesure que le film avance et ne réapparaît pas quand on le revoit. Car les films de Stillman il faut peut-être les voir deux fois. La première fois pour se familiariser avec l'écriture, la seconde pour s’en délecter...

Anonyme de 17h48, vous avez raison, je suis très pote avec Whit Stillman, Wes Anderson, Sandrine Rinaldi, Abel Ferrara, Hong Sang-soo, etc, mon blog n’est là que pour promouvoir leurs films.

valzeur a dit…

@ § : comme vous y allez ! Resnais et Rosales dans Coeurs et la Soledad, ce ne sont pas des auteurs majuscules à la façon de Dumont ou de Nuri Bilge Ceylan, quand même !

@ Griffe : grrrr, la mort de la mère dans la Soledad est probablement l'une des plus belles morts de TOUT le cinéma, l'une des plus simples et des plus terribles. Et je n'ai vu que des idées dans Rêve et Silence ; ça ressemble presque à l'affreux mexicain qui a commis Japon, ce gout du surplomb et de la forme pimbêche.

@ Buster : vous aurez beau faire, nous avons bien tous compris que Stilman était votre beau-frère. Très juste, la remarque de Griffe sur l'élégance dans DID. Par ailleurs, il a également raison sur les dialogues qui ne sont marquants qu'occasionnellement. M. Joudet parlait de "dandysme" au sujet de DID, là où je ne vois guère que du décoratif, ce qui expliquerait l'absence d'écart marqué entre les différents personnages. Violette et sa bande sont censées trancher avec le tout-venant des étudiants, mais le pauvre spectateur - moi, et peut-être vous - ne voit guère de différences entre elles et les autres donzelles ou zoziaux. Wes Anderson est souvent confronté au même problème - la fantaisie au millimètre condamnée à devenir une mauvaise habitude - qu'il résout généralement par une adjonction de gravité dans les péripéties ou les figures. Point de cela ici - ce qui condamne à mon sens ces Damsels au "mignonnet", genre de plus en plus fourni (et par ailleurs nullement déplaisant, mais de là à se relever la nuit pour les revoir, non Buster !)

Buster a dit…

Elégance et dandysme ce n’est pas la même chose, j’en ai déjà parlé à propos de… Mods (le texte doit être sur le blog). Ici la question du dandysme ne se pose pas, sinon dans l’art singulier de Stillman. Elle se posait plus dans Metropolitan (à travers le personnage de Tom). Dans Damsels le mouvement est même inversé, puisque ce qui est visé ce n’est pas l’unicité mais justement la dédifférenciation progressive des personnages (jusqu’à l’unité que représente la sambola). On ne peut reprocher à Stillman de rater ce qu’il n’a pas cherché à montrer (ou alors c’est de la mauvaise foi)

Sur ce je vais écrire mon texte.

valzeur a dit…

Ah, mais je ne faisais que commenter la formule de Murielle Joudet. DID n'est heureusement pas dandy - ce serait trop, franchement...

Anonyme a dit…

Zut, avant de lire la réponse de valzeur, j'ai cru que c'était Buster qui avait écrit ce qu'avait écrit Griffe. Certains devraient se poser des questions... Suivez mon regard!