vendredi 8 juin 2012

Le jour où il arrive


The day he arrives de Hong Sang-soo (bande-annonce).

HSS se répète, HSS radote, HSS rabâche... Et s’il était plus steinien que rohmérien... Répétition et jouissance: a rose is a rose is a rose... arrose, arrose, arrose... ivresse de la répétition. Commencer encore et encore... le jour où il arrive le jour où il arrive le jour où il arrive... Et ce qui se répète s'accumule... dans la mémoire du présent. Hong Sang-soo est un des rares cinéastes dont on peut quasiment rêver les films, non pas avant de les avoir vus, ni même après, mais au moment même où on les voit, à mesure qu'ils se déroulent, là, sous nos yeux, pour le coup mi-clos...

PS. Le film est très beau, mais je l'aurais préféré (peut-être) en couleurs, à l'instar de la bande-annonce.

6 commentaires:

Terry a dit…

Joli parallèle...The Day He Arrives est un beau film mais que je trouve un peu en retrait par rapport aux précédents.Peut-être parce que le motif de la répétition y est justement trop marqué (comme chez Stein ?)

Buster a dit…

Je ne sais pas si la répétition y est plus marquée qu’avant, peut-être... ce qui est sûr c'est que ce n'est pas la répétition des mêmes thèmes, d’un film à l’autre, qui m’intéresse, ce qu’on retrouve chez beaucoup de cinéastes, mais la structure répétitive à l’intérieur même du film, ce que HSS retravaille de film en film, de sorte que ses films ne se répètent pas vraiment mais sont plutôt des variations autour de la répétition (OK j'enfonce des portes ouvertes).
Ici c’est vraiment le temps qui au centre du dispositif, déjà rien qu’à travers le titre: "le jour où il arrive", soit un présent qui va se répéter... et non une histoire passée que le film nous raconterait de façon plus ou moins linéaire (le premier film de HSS s’intitulait "Le jour où le cochon est tombé dans le puits")... à suivre

Terry a dit…

J'ai l'impression que la question du temps chez HSS n'est pas non plus très nouvelle, même si je n'ai pas vu tous ses films. Chez lui, chaque petit évenement raconté semble toujours manquer d'un début et d'une fin et dans The Day He Arrives c'est encore plus net que dans ses autres films.

Buster a dit…

Oui c’est vrai. Disons qu’au début les films de HSS étaient souvent dédoublés en deux parties qui ne différaient que très légèrement, constituées d’éléments narratifs dont on ne savait pas vraiment quand ils commençaient ni quand ils finissaient. HSS en parlait lui-même, je crois, disant que c’est comme dans la vie...
Le récit chez lui est fait de micro-récits qui ne s’emboîtent jamais complètement, il y a toujours des lacunes qui gênent à la compréhension, c’est pour cela que j’évoque le rêve, au sens où c’est au spectateur de faire le travail s’il veut absolument trouver du sens, sauf que chez HSS les lacunes sont parfois de vrais trous narratifs totalement énigmatiques qu’il ne sert donc à rien de vouloir déchiffrer à tout prix. C'est ce que j'aime chez HSS, cette part d'énigme mêlée à une mise en scène extrêmement basique...

barnabé a dit…

Pas terrible ce film-là, l’inspiration de HSS commence à s’épuiser, je trouve que ses films deviennent de plus en plus prévisibles, que maintenant ça fait un peu système.

Buster a dit…

Mouais...
HSS dit qu’il fonctionne à l’intuition, il faut le croire... Et comme pour tout ce qui est intuitif, c’est toujours un peu sur le fil, l’intuition peut être bonne, pas bonne, mais aussi parfois géniale. Difficile d'y voir un système.