lundi 2 avril 2012

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Extraits de Tabu de Miguel Gomes (2012). [via Martin Pawley]

Ça a l'air très beau (le film ne sort qu'à la fin de l'année): puissance de la lettre (Oliveira), splendeur du muet (Murnau, Borzage), richesse poétique... Gomes a frappé fort, j'espère seulement qu'il ne verse pas trop dans l'hyperesthétisme, cette espèce de maniérisme qui vous fige un film...

Vu dans la foulée (malgré une crève de chien) les Adieux à la reine de Jacquot, Bye bye Blondie de Despentes et 2 days in New York de Delpy. Je reviendrai sur ce dernier film, peut-être le plus intéressant des trois. Le Despentes, lui, est assez mauvais mais c’est vrai qu’il a quelque chose d’émouvant. Pas de quoi faire une note pour autant. Je me contente de reproduire ce qu’en dit Momcilovic dans Chronic’art: "Despentes cinéaste replonge dans la destroy attitude qui, à l’époque, avait fait de Baise-moi une belle série B hardcore, mais cette fois sous l’angle "qu’avons-nous fait de nos vingt ans?" Et donc celui, pas rassurant, du folklore (les eighties keupones vu du côté des filles, puis par les mêmes - Dalle et Béart - trente ans plus tard). Le résultat est un téléfilm moyen (Baise-moi était donc un film de Coralie Trinh Thi), et néanmoins relativement attachant dans son absolue sincérité de chick flick mal peigné." C’est en gros ce que je pense (à la seule différence que Baise-moi n'était pas si terrible que ça, et moins attachant - finalement - que Bye bye Blondie). Reste donc le Jacquot. C'est pas nul (l'antijacquotisme des Cahiers est excessif), seulement le film souffre d'un vrai défaut: l'hypertrophie climatique. Le climat (les premiers jours de la Révolution vus - ou plutôt "ouï-dits" - du côté de Versailles) empiète constamment sur le récit (ce mélange de fascination et de désir amoureux qu'éprouve une jeune fille pour Marie-Antoinette - elle est sa lectrice - et dont elle doit se détacher pour favoriser la fuite d'une autre femme, l'amante de la reine), au point qu'il finit par l'étouffer, Jacquot abusant des effets (les gros plans sur les visages, la caméra portée pour accompagner le déplacement des personnages, filmés de dos évidemment, dans les couloirs du château - bref l'axe Cassavetes-Dardenne), tout ça pour bien nous faire saisir l'inquiétude grandissante des emperruqués de la Cour, légitimement paniqués à l'idée qu'on veuille leur couper la tête, de sorte que l'autre agitation, la vraie sur le plan narratif, celle qui nourrit le personnage principal et qui, elle, devrait faire avancer le film, n'arrive pas à se déployer. Les Adieux à la reine est comme un monstre: une grosse tête (des scènes d'exposition qui se répètent à n'en plus finir) sur un petit corps (un récit qui ne se développe pas), avec une jolie queue mais trop courte (la fuite en diligence, lançant enfin le film sur les rails du récit, sauf que c'est déjà la fin: on veut la suite!).

Sinon, quoi de mieux pour une reprise en douceur que d'écouter Barbara Carlotti nous chanter L'amour, l'argent, le vent. Sur la plage d'Ipanema... Mmm.

5 commentaires:

VG a dit…

Ah Barbara Carlotti, une voix unique, et auteure compositrice en plus, quel talent !

Buster a dit…

Tiens, un(e) fan...

Pour info, la musique du nouvel album est signée BC et Jérémie Regnier (euh... pas Cloclo, Regnier avec un g, celui de Haussmann Tree, le frère de Rover)

VG a dit…

Une fan.

Julia H a dit…

Hé Buster, tu l'as vu ma nouvelle couv pour les Cahiers, celle sur Coppola ? Pas mal, hein ?

Buster a dit…

Bof.