samedi 31 décembre 2011

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Cendrillon aux grands pieds de Jerry Lewis (1960). [via inpexness]

"Cute" par le Count Basie Orchestra et Jerry Lewis, on ne s'en lasse pas... Pour finir l'année en beauté.

vendredi 30 décembre 2011

Playlist 2011














Mon Top albums 2011:

1. Connan Mockasin, Forever dolphin love

Out on the highway - Caught in a whirl - In the times - Our only lite's a flashlite - The dream diary kids - Wild orchids

5. MetronomyThe english riviera
We broke freeEverything goes my way The look She wants - Trouble - Some writtenLove underlined

6. Wild BeastsSmother
Lion's shareLoop the loop Invisible Albatross Burning - End come too soon

7. DestroyerKaputt
Chinatown - Savage night at the opera - Suicide demo for Kara Walker - Kaputt - Bay of pigs (detail)

8. CultsCults
11. The Black KeysEl camino
Lonely boy - Dead and gone - Money maker - Run right back - Sister - Mind eraser


12. Bill Callahan, Apocalypse
Drover - Baby’s breath - America! -
Free’s

13. Timber Timbre, Creep on creepin’ on
Bad ritual - Creep on creepin’ on - Black water - Swamp magic - Do I have power

14. PJ Harvey, Let England shake
15. Gruff Rhys, Hotel Shampoo

16. The Horrors, Skying

17. Other Lives, Tamer animals
Tamer animals - Old statues - Landforms

18. Girls, Son, father, holy ghost

19. Mehdi Zannad, Fugue
20. Jean-Louis Murat, Grand lièvre
Sans pitié pour le cheval - Alexandrie - Les rouges souliers

[ajout du 21-01-12: 4 Guys From The Future, Under the new morning sun]

mardi 27 décembre 2011

A question of method

Vu A dangerous method de Cronenberg. Venant après Eastern promises (que je n’aime pas trop), le film m’a fait à peu près le même effet que le Temps de l’innocence de Scorsese vu après Cape fear (que je déteste). Beaucoup mieux, et en même temps le sentiment que le meilleur de Cronenberg, du moins le Cronenberg que je préfère, est vraiment derrière, définitivement derrière. Non pas que le film ne soit pas cronenbergien. Sur le fond il l’est évidemment. Sur la forme un peu moins, quoique le cinéma de Cronenberg n’a plus à rien à voir, depuis longtemps déjà, avec celui plutôt trash de la première période. Stylistiquement parlant l'œuvre apparaît de plus en plus sophistiquée, ce que d’aucuns considéreront comme de l’embourgeoisement, peut-être, je ne sais pas, ce qui est sûr c’est qu’en termes de mise en scène la maîtrise dont fait preuve aujourd'hui Cronenberg est assez impressionnante (aidé en cela par son chef op’ habituel, Peter Suschitzky), au risque parfois d’une certaine raideur, surtout quand il s’agit comme ici de la (bonne) société psychanalytique du début du siècle (dernier). Dans la filmographie de Cronenberg, A dangerous method renvoie à M. Butterfly, un film lui aussi adapté d’une pièce de théâtre, et Spider, l'autre grand film freudien du cinéaste. Pour autant ce qui rapproche ces trois films c'est peut-être moins leur contexte psychanalytique que le fait d'apparaître comme des jalons, des films-charnières, auxquels on pourrait ajouter Dead zone, découpant ainsi la filmo en tranches de dix ans (environ), des films importants, pas les meilleurs du cinéaste, mais qui permettent de mieux comprendre son évolution. Si on les met bout à bout on se rend compte à quel point le cinéma de Cronenberg évolue vers une forme d'assèchement, où l'intellect prend de plus en plus le dessus sur le charnel, qui voit surtout la puissance métamorphique, ce qui jusque-là caractérisait l’œuvre, disparaître progressivement. De sorte qu'un film comme A dangerous method apparaît aujourd'hui à la fois parfaitement cronenbergien, pour qui sait percevoir le feu sous la glace, et bien peu cronenbergien (du Cronenberg Canada dry?) si l'on se réfère au Cronenberg canadien des années 80-90.
Le début du film est pourtant balèze: une calèche lancée à pleine vitesse, l'arrivée "musclée" de Sabina Spielrein chez Jung, une première séance de "psycho-analyse" et très vite l'abréaction! Knightley ne se ménage pas, en fait des tonnes (mais comment jouer l'hystérie sans tomber dans le surjeu puisque l'hystérie est elle-même théâtralisation), allongeant démesurément la mâchoire, on croit à un trucage qui va la transformer en je ne sais quoi: une louve-garou?... mais non, ce qu'il y a de transformé ici, j'entends chez Cronenberg, c'est que justement la métamorphose n'a pas lieu. Amorce de transformation, via la déformation, puis retour à l’état initial. Le cinéma de Cronenberg c'est un peu
ça maintenant. Le pulsionnel et la folie ne s'y libèrent plus vraiment, ou alors par à-coups (cf. la scène de sexe dans l’escalier dans A history of violence ou encore celle du sauna dans Eastern promises). Cinéma under control, pas inintéressant en soi mais glaçant et par moments agaçant (aglaçant, quoi), quand la maîtrise devient trop écrasante et finit par brider l’émotion. A dangerous method est fidèle à l’idée qu’on se fait de la psychanalyse à ses débuts: des intellectuels bourgeois, juifs pour l’essentiel (sauf Jung), à l’égo bien trempé, dans un monde puritain et guindé (corseté, empesé, amidonné... les adjectifs ne manquent pas), celui de la fin du XIXe (siècle long qui se termine en 1914). Tout y est vrai, nous dit Cronenberg, jusque dans la célèbre réplique de Freud à Jung, arrivant à New York ("ils ne savent pas qu’on leur apporte la peste"), bien qu’elle soit apocryphe (c’est une invention de Lacan, mais comme depuis Liberty Valance, on sait qu’il vaut mieux imprimer la légende...), tout y est "vrai" donc, le problème est que cette authenticité n’est pas vraiment exploitée, pas d’ancrage ici, au contraire une impression de survol (qui n’a rien à voir avec la suggestion), un petit côté Reader’s digest, dû au fait que les deux histoires du film (les rapports entre Freud et Jung avant le schisme de 1913 - Mortensen et Fassbender sont plutôt convaincants -, la relation amoureuse entre Jung et sa patiente Sabina Spielrein, elle-même future psychanalyste), loin de se compléter, semblent plutôt empiéter l’une sur l’autre, les empêchant chacune de se développer pleinement.
Si le film dit l’essentiel, à l’image de ces biopics produits par la Warner dans les années 30-40, il n’embrasse pas suffisamment son sujet, comme savait le faire Dieterle.
A dangerous method nous "parle" des dangers de la talking cure, il est question de transfert et de contre-transfert, mais ça reste trop souvent au niveau de l’illustration (pauvre scène SM...). Idem quant au conflit entre Jung et Freud, entre un Jung cherchant, dans un effort de synthèse, à ouvrir le champ de la psychanalyse à d'autres disciplines et un Freud très monolithique, complètement replié sur son pansexualisme, conflit dont on aurait aimé qu’il déborde la seule question scientifique (belle idée cependant que de faire passer l’opposition par la voie épistolaire). Bref le film ne "délire" pas assez. Un exemple: quand Sabina Spielrein vient exposer à Freud sa théorie de la pulsion destructive et sadique, Cronenberg nous rappelle-là (ou nous apprend) qu’elle est à l’origine de la notion de pulsion de mort chez Freud, très bien, mais la scène apparaît plaquée, faute d’avoir été suffisamment préparée en amont, permettant d’arriver, par la voie de la fiction, à cette découverte, sans que cela passe uniquement par le masochisme du personnage, la seule chose finalement que l’on sait de Sabina Spielrein. C'est pareil pour Freud et Jung. Peut-être que le désir de Freud de faire de Jung son dauphin était purement intéressé (faire reconnaître internationalement la psychanalyse par la promotion d’un non-Juif), ce que le film insinue au détour d’une réplique, mais là encore on en reste à des embrayeurs de fiction, laquelle ne décolle jamais totalement. Plus passionnant aurait été de jouer à fond la carte du conflit, assez rude finalement, qui a conduit au clash entre Jung et Freud, alors qu’ici tout est plutôt gentil, le film se concluant sur une prophétie de Jung, quant à la catastrophe à venir (la Première guerre mondiale), un Jung qui pour le coup apparaît plus humain que son rival (ce dont on peut douter). Quoi qu’il en soit il y a bien une histoire de trop dans ce film qui aurait dû traiter, ou des relations tumultueuses entre Jung et Freud, ou de la relation amoureuse entre Jung et Sabina Spielrein, la figure de Freud restant alors en arrière-plan, mais pas des deux, à moins d’y ajouter trois heures, lesquelles d’ailleurs se trouvent... résumées sur des cartons à la fin du film (celui qui concerne Sabina Spielrein fait regretter en définitive que le film ne se soit pas davantage centré sur elle). Un peu frustrant, non?

mercredi 21 décembre 2011

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Mon Top films 2011:

- Comment savoir de James L. Brooks
- L'Etrange affaire Angélica de Manoel de Oliveira
- Je veux seulement que vous m'aimiez de R.W. Fassbinder, TV 1976
- Mystères de Lisbonne de Raúl Ruiz, série TV

- Habemus papam de Nanni Moretti
- Hahaha de Hong Sang-soo
- Meek's cutoff de Kelly Reichardt
- Restless de Gus Van Sant

- Biette de Pierre Léon
- Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian
- Oki's movie de Hong Sang-soo

- Hors Satan de Bruno Dumont
- Moneyball de Bennett Miller
- The terrorizers d'Edward Yang, 1986
- Un été brûlant de Philippe Garrel

dimanche 18 décembre 2011

La pop que j'aime (2)


"Forever dolphin love", Connan Mockasin, 2010.

Flipper ou le jour du dauphin. La pop antipodique de Connan Mockasin.

En attendant mon Top albums 2011...

samedi 17 décembre 2011

Bien mal Aki

Vu Le Havre de Kaurismäki. Mouais... pas terrible. Pourtant j’adore Kaurismäki. Au loin s’en vont les nuages, l’Homme sans passé, les Lumières du faubourg sont des films sublimes. Mais là non, le film est un peu trop... comment dire, étriqué, pour que je le défende. Je ne peux même pas faire semblant (ha ha...). La faute à un scénario trop compatissant (c'est le côté De Sica de Kaurismäki: un cireur de chaussures - sciuscià - nommé Marcel Marx - j'aurais préféré Karl Débardeur! - aide un petit Africain sans-papiers à fuir la police et rejoindre sa maman en Angleterre), qui plonge le film dans la guimauve bien-pensante (le genre de fable qui doit plaire aux habitants de Boboland), même si c’est mieux que Welcome, et à une mise en scène trop compassée, qui convoque le cinéma français d’hier, du réalisme poétique (Carné-Prévert) à la "qualité française" des années 50, même si c'est mieux qu'Amélie Poulain. C'est que le film n'est pas dénué d'un certain charme, un charme kaurismakien, autrement dit parfaitement désuet (on écoute Damia à la radio, on roule en R16...). Le Havre, on le sait, c'est le Quai des brumes, dont le film de Kaurismäki se veut, question atmosphère (à propos d'atmosphère, Kati Outinen, l'actrice fétiche de Kaurismäki, s'appelle ici Arletty, si si), le pendant optimiste, mais c'est aussi El cantor de Morder, et j'espérais vraiment que le minimalisme de Kaurismäki, conjugué à son humour pince-sans-rire, lorgne de ce côté-là. Mais non, Le Havre est un havre de bons sentiments, un film-bisounours sur la solidarité, totalement surréel - la preuve? il ne pleut pas dans le film (tout est bleu), ce qui contredit l'adage "quand de Deauville on voit Le Havre c'est qu'il va pleuvoir, quand on ne le voit pas, c'est qu'il pleut déjà" (Tristan Bernard), encore que ça, c'est pas gênant, c'est le côté Ozu de Kaurismäki, ce que j'aime le plus chez lui et qu'on retrouve malheureusement trop peu ici: citons quand même, outre le beau temps, les petites maisons (joli travail du décorateur Wouter Zoon) qui rappellent vaguement le Goldengai de Tokyo, et le tout dernier plan: un cerisier en fleurs devant ces mêmes maisons (printemps pour le coup tardif...). Pour le reste, on retiendra la composition de Léaud (plus halluciné que jamais), la prestation de Little Bob, le vieux rocker havrais, et quelques plans ici ou là (Kati Outinen dans sa robe jaune...). Pas de quoi s'extasier. Hélas.

mercredi 14 décembre 2011

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On évoque l'artiste dissident chinois Ai Weiwei mais c'est certainement Steve Jobs que le Time Magazine va élire (à titre posthume) "personnalité de l'année 2011". Reste que pour moi, l'homme de l'année c'est sans conteste Mohamed Bouazizi, figure emblématique du Printemps arabe. [ajout du 15-12-11: bon finalement, ils ne sont pas si crétins que ça à Time Magazine, ils ont choisi "le manifestant" comme personne de l'année]

Et en France? Bah, DSK... pour l'ensemble de son œuvre. Au moins il n'aura pas tout perdu.

Reçu de CB (?) le Top 15 des Cahiers du cinéma pour 2011:

1. L'Etrange affaire Angélica de Manoel de Oliveira, 64 points
2. Habemus papam de Nanni Moretti, 63
3. The tree of life de Terrence Malick, 51
4. Melancholia de Lars von Trier, 41
5. Essential killing de Jerzy Skolimowski, 40
6. Hors Satan de Bruno Dumont, 36
7. Super 8 de J.J. Abrams, 35
8. L'Apollonide de Bertrand Bonello, 24
9. La guerre est déclarée de Valérie Donzelli, 21
9. Hahaha de Hong Sang-soo, 21

11. Black swan de Darren Aronofsky, 20
11. La Dernière piste de Kelly Reichardt, 20
13. Un été brûlant de Philippe Garrel, 19
14. A dangerous method de David Cronenberg, 18
15. La BM du Seigneur de Jean-Charles Hue, 16

dimanche 11 décembre 2011

103










Manoel de Oliveira, 103 ans aujourd'hui, vient de tourner Gebo et l'ombre d'après Raul Brandão, avec (sur la photo) Jeanne Moreau, Michael Lonsdale, Luis Miguel Cintra et Claudia Cardinale, et prépare déjà son prochain film, l'Eglise du diable, trois histoires courtes inspirées de l'écrivain brésilien Machado de Assis.

En prime: Famalicão, un documentaire d'Oliveira, datant de 1940, dont l'intérêt réside surtout dans le fait qu'on y parle pour la première fois de Camilo Castelo Branco (l'auteur de Mystères de Lisbonne) "qui reviendra à trois reprises par la suite dans l'œuvre du cinéaste (Amour de perdition, Francisca et le Jour du désespoir). On évoque la maison de São Miguel de Ceide où il vécut et son suicide. La même chaise à bascule, à cinquante ans de distance, est liée à la mort tragique de l'artiste mais dans un mouvement inverse. L'immobilité signifie ici la mort. Le mouvement le fera revivre dans le Jour du désespoir..." (Jacques Parsi)

samedi 10 décembre 2011

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Vu Shame de McQueen. Autant le dire d'emblée: Shame ch'aime pas... Bon après, je ne sais pas si c’est pire que Hunger, peut-être pas, la honte ça se boit, alors que la faim... Et puis elle est où exactement cette honte? Dans le fait de s’être fait surprendre par sœurette en train de s’astiquer le manche? De n’avoir pas réussi à baiser la collègue (noire) de bureau, la faute, j’imagine, à un vague sentiment amoureux (l’amour c’est bien connu ça inhibe), à moins que ce soit à cause de ses dessous vintage qui rappelaient trop les fringues de la sœur? Ou de s’être excité comme un damné sur deux putes pendant que la sœur, toujours elle (un vrai boulet, c’est dit dans le film), se tailladait les veines (rien de tel pour vous sevrer de votre addiction au sexe)? On ne sait pas, et à vrai dire on s’en fout un peu, comme on finit par se foutre des rapports entre Fassbender et Carey Mulligan (pas gâtée ces derniers temps: après le voisin schizo de Drive, elle hérite ici d’un frangin queutard), tant McQueen suggère des trucs (je n'insiste pas), sans vraiment les suggérer, tout en les suggérant un peu (c’est ça le puritanisme). La vacuité du film n’a d’égale que la vanité de son auteur. Le sexe c’est triste, nous dit-il dès la première séquence dans le métro, ce qu'il nous répète ensuite ad libitum, des fois qu'on n'ait pas compris (ah les gens qui baisent derrière les vitres, version hard de Play Time), jusqu'à la fin du film où l'on retrouve la femme du métro vue au début, une femme mariée, qui pourrait être l'épouse du patron (qui sait?) et dont l'attitude, plus aguichante que la première fois, semble signifier que pour McQueen c'est bien là, chez ceux qui rêvent d'aventures sans lendemain pour s'évader de leur train-train conjugal, que se situe l'abjection, et non chez les accros du sexe, pauvres hères solitaires qui eux souffrent réellement de leur dépendance, et ce jusque dans leur chair (souffrance du corps bien dramatisée, un peu christique, comme toujours chez McQueen)... enfin bon, tout ça est terriblement convenu.
Et qu’on nous (re)fasse pas le coup de la mise en scène, si prodigieuse qu’elle viendrait compenser les limites du scénario: tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sex addict (sans jamais oser le demander): drague, masturbation, plan cul, sites porno, boîtes de nuit, etc., ça tourne en boucle, normal, l’addiction sexuelle se caractérisant par la répétition de comportements compulsifs, le film se doit d’être répétitif, comportementaliste et compulsif (comme Drive, il suffit après de cocher la bonne case: violence pour le film de Winding Refn, sexe pour le film de McQueen, pour d’autres ce serait drogue ou alcool...). McQueen est peut-être un vidéaste de talent, je n’en sais rien, ça ne m’intéresse pas, mais question mise en scène, ce n’est pas si génial que ça, loin de là, que ce soit dans la manière très maniériste de cadrer ses plans ou dans celle, déjà plus approximative, de découper les scènes, où l’on sent trop le côté installationnel (cf. la scène où Mulligan chante "New York New York", étirée comme un vieux préservatif usagé, ou encore celle du suicide, filmée au ralenti elle aussi, et sur du Bach, avec ce beau rouge qui éclabousse les corps, comme jadis le caca sur les murs, sans parler de la séquence finale de baise à trois, toujours au ralenti, et toujours sur du Bach). Le regard au cinéma c’est quand même autre chose. Dans le fond, Shame n’est qu’un long fantasme performé autour du sexe... Fantasme un peu "honteux", qui est celui de McQueen, touchant au corps de Fassbender: le corps qui "fasse bander" (j’ai rêvé ou on voit, dans la séquence du backroom, Fassbender se faire turlutter par un Black?), qui fasse grimper le petit "c" de l’artiste, vous savez le "c" de son nom, McQueen, et lui permette ainsi de briller, une fois bien astiqué (lui aussi), aux yeux de la critique (Positif, Télérama, Libé, Le Monde...).

PS1: la série DSK c’est mieux, surtout le début...

PS2: Si Drive et Shame ont pas mal de choses (irritantes) en commun, reconnaissons que sur le plan esthétique le film de Winding Refn est un cran au-dessus, quand bien même il partagerait avec celui de McQueen la même influence michaelmannienne.

mercredi 7 décembre 2011

La pop que j'aime




Badfinger, "Day after day", 1971.

En ce moment je suis en plein dans la powerpop avec No dice (1970) et Straight up (1971) de Badfinger et Radio city (1974) de Big Star.

J'écoute aussi de la pop baroque avec Walk away Renée - Pretty ballerina (1967) et The Left banke too (1968) de The Left Banke, groupe absolument génial: Walk away Renée, Pretty ballerina, Shadows breaking over my head, Desirée, I've got something on my mind...

(à suivre)

dimanche 4 décembre 2011

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Vu les Neiges du Kilimandjaro de Guédiguian. Mais elles sont très belles ces Neiges... Le côté mauvaise téloche (Plus belle la vie) du film, oui, un peu, à travers quelques personnages stéréotypés (les enfants de Darroussin et Ascaride, la jeune mère de Leprince-Ringuet...), mais ça donne aussi au film un aspect fauché plutôt sympa. La naïveté et l’invraisemblance de certaines situations (du tirage au sort des dockers licenciés, au début du film, à la prise en charge finale par Darroussin et Ascaride des deux petits frères de Leprince-Ringuet, celui qui les a agressés, pour leur piquer leur pognon, et que Darroussin a dénoncé à la police), idem, ça relève d’un idéalisme un peu gnangnan, et pourtant efficace (ah "Pavane pour une infante défunte", avec moi ça marche à tous les coups), mais justement, ça donne aussi au film une dimension romanesque (c’est inspiré d’Hugo) bien plus juste, dans ce qu'il y est dit, que pas mal de films réalistes. On est dans le mentir-vrai... ça sonne un peu faux (l’Estaque paraît aussi imaginaire que le Mistral de PBLV), et cependant ça dit vrai. Parce que les personnages, enfin... les personnages principaux (Darroussin, Ascaride, Meylan, Canto, Leprince-Ringuet), eux sont vrais, moins dans ce qu’ils disent d’ailleurs (la seule parole vraie du film est peut-être ce que répond Leprince-Ringuet à Darroussin au palais de justice) que dans ce qu’ils éprouvent: en bien ou en mal. C’est ça qui rend le film si attachant... Bon, je laisse de côté le constat politique, très désenchanté, du film (que résume un des slogans: "La lutte, c’est classe"), tout le monde en a parlé, ainsi que la référence à Renoir, Pagnol (cf. la partie de cartes et ce côté toujours un peu Orane Demazis chez Ascaride) et plus généralement au cinéma français d’avant-guerre, pour m’attarder sur le personnage de Darroussin à travers ses deux passions: Jaurès et Spider-man. Comment concilier l’idéal socialiste et les pouvoirs d’un superhéros? On connaît l’adage de l’Homme-araignée qui dit qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. C’est de là peut-être que vient la vocation syndicaliste de Darroussin. En tous les cas, ça touche à deux choses: la croyance et l’enfance (c’est l’aspect ravélien du film), deux choses qui, pour moi, irriguent le film du début à la fin. N'est-ce pas là finalement, dans ce qui peut apparaître aussi comme un ressourcement chez Guédiguian, que réside toute la richesse du film?

samedi 3 décembre 2011

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Pas encore vu le Cheval de Turin, l'ultime (?) film de Béla Tarr. Seuls les Cahiers n'ont pas aimé (cf. le compte-rendu du festival de Berlin par Stéphane Delorme, le film marquant selon lui un "tar(r)issement" - ha ha... - dans l'œuvre du cinéaste). En tous les cas la bande-annonce (celle-ci, pas celle du puits) est magnifique, certainement une des plus belles bandes-annonces que j'ai vues cette année... Et l'ouverture (qui raconte le fameux épisode de Nietzsche à Turin, se jetant en pleurs au cou d’un cheval maltraité par son maître, puis sombrant définitivement dans la folie) est superbe aussi, certainement une des plus belles ouvertures que j'ai vues cette année. Bon après, évidemment... il reste 140 minutes.

Sinon, j'ai revu les Saisons d'Artavazd Pelechian. Une splendeur.

Et puis, en hommage à la chanteuse Christiane Legrand récemment disparue, cet extrait du Départ de Skolimowski.

Enfin, pour ceux que ça intéresse, Nonfilm, le premier film de Quentin Dupieux.