samedi 3 décembre 2011

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Pas encore vu le Cheval de Turin, l'ultime (?) film de Béla Tarr. Seuls les Cahiers n'ont pas aimé (cf. le compte-rendu du festival de Berlin par Stéphane Delorme, le film marquant selon lui un "tar(r)issement" - ha ha... - dans l'œuvre du cinéaste). En tous les cas la bande-annonce (celle-ci, pas celle du puits) est magnifique, certainement une des plus belles bandes-annonces que j'ai vues cette année... Et l'ouverture (qui raconte le fameux épisode de Nietzsche à Turin, se jetant en pleurs au cou d’un cheval maltraité par son maître, puis sombrant définitivement dans la folie) est superbe aussi, certainement une des plus belles ouvertures que j'ai vues cette année. Bon après, évidemment... il reste 140 minutes.

Sinon, j'ai revu les Saisons d'Artavazd Pelechian. Une splendeur.

Et puis, en hommage à la chanteuse Christiane Legrand récemment disparue, cet extrait du Départ de Skolimowski.

Enfin, pour ceux que ça intéresse, Nonfilm, le premier film de Quentin Dupieux.

26 commentaires:

Anonyme a dit…

"Pour ceux que ça intéresse", y'a là comme un rien de condescendance ou je me trompe ?

vladimir a dit…

J'aime bien la progression : Tarr, Pelechian, Skolimowski et... Dupieux.

(à part ça, pas encore vu non plus le film de Béla Tarr, une amie m'a dit que c'était superbement chiant !)

Buster a dit…

Non nulle condescendance, je m’adressais aux amateurs de ce genre de film. De Dupieux, j’aime bien Steak, pas trop Rubber... celui-là qui est le premier est intéressant parce qu’on y trouve déjà l’esprit Dupieux, le côté nonsense et loufoque, assez rare dans le cinéma français, ici c’est encore en germe, et question humour c’est un peu poussif... mais bon ça ne m’empêchera pas d’aller voir Wrong, son dernier film, assez coenien si on se fie à la BA.

Vladimir, "superbement chiant" c’est tout le dilemme. Chez Tarr, c’est très particulier, on ne peut nier l’ennui que procurent ses films, l’enjeu c’est d’arriver à dépasser ce stade pour mettre le spectateur dans un état un peu second, de le sidérer, au sens scheférien du terme, et parfois ça marche, jamais sur toute la durée d’un film, mais je me souviens de passages de Satantango absolument magiques, où je me suis vraiment senti transporté, même si je les ai peut-être plus rêvés que vécus (on gagne à voir les films de Tarr dans un état de semi-éveil). Avec les Harmonies W, la magie avait moins bien opéré.

Anonyme a dit…

Le texte de Delorme :

The Turing Horse arbore tous les signes du grand film radical : noir et blanc « somptueux », mutisme « intégral » (sauf une logorrhée bien minutée), plans-séquences « virtuoses ». Il ne se passe rien pendant 2h 40 sinon la vie sur six jours d’un fermier et de sa fille au milieu d’un no man’s land. Au programme : chercher l’eau au puits, manger une pomme de terre à chaque repas (et la broyer avec le poing, rustre oblige) et se coucher. Le lendemain, idem. Lors de la conférence de presse beaucoup citaient Beckett, mais chez l’Irlandais il y a de l’humour, de la trivialité, dont Béla Tarr, occupé à faire son chef-d’œuvre, est dépourvu. Mais après tout, on a le droit de ne pas avoir d’humour et de se prendre au sérieux.
Pourquoi alors le film ne marche-t-il pas ? Il repose sur une terrible naïveté : croire qu’il suffit de montrer deux moins que rien au milieu de nulle part pour lever intérêt et compassion. Ce supposé acquis, Béla Tarr n’a plus qu’à encadrer, enjoliver, solenniser ces deux êtres perdus, emblèmes, évidemment, de notre souffrance à tous. Or c’est mettre la charrue avant les bœufs : il aurait d’abord fallu construire ces personnages, ici inconsistants, stéréotypés, déshumanisés. Car le résultat est l’inverse d’un humanisme, c’est un formalisme assez déplaisant. Béla Tarr regarde sa belle image et pleure devant sa beauté. La musique vient en permanence recouvrir le plan pour nous dire : regardez comme c’est beau. Le plan-séquence n’est qu’un paon qui se retourne sur lui-même et contemple son propre accomplissement. Il faut croire que ça prend, puisque la critique a très majoritairement acclamé le film, mais un spectateur qui n’adopterait pas d’emblée le regard compassionnel de Tarr, et qui chercherait une place dans ce dispositif d’imposition du regard, ne peut pas s’y retrouver. Ce film n’accorde de place au spectateur qu’en tant que dévot ; et Tarr, dont on ne remet pas en cause la sincérité, est le premier admirateur de ses images.
Il croit certes à son geste, et la cour autour de lui le maintient dans cette croyance : mais qui lui fait remarquer qu’il gâche le sujet en or qu’il a entre les mains ? The Turin Horse possède un incipit génial : sur fond noir, une voix off nous raconte l’épisode célèbre de Nietzsche à Turin en 1889 prenant dans ses bras l’encolure d’un cheval maltraité par son maître, pleurant, et perdant la raison. La voix termine : « Du cheval, nous ne savons rien. » Cut sur un gros plan de face d’un cheval dans la campagne. Extraordinaire promesse que celle de suivre l’histoire de ce cheval, comme l’âne d’Au hasard Balthazar (1966) de Robert Bresson. Or ce cheval ensuite n’intéresse plus Tarr, qui semble croire que tout est déjà dit, alors que tout reste à faire. A force de vider le décor, les personnages, le récit, il ne reste plus que les mouvements des personnages. Ce minimalisme est-il garant de qualité ? Les artistes minimalistes sont intéressants lorsqu’ils se révèlent tranchants, nets, précis. Moins on donne, plus il faut être concentré. Ici l’image a beau être « belle », et son noir et blanc lorgner vers celui d’Andreï Roublev, elle n’est ni frappante ni précise. Et les mouvements de caméra noient les gestes des personnages dans une litanie monotone. Une telle vanité attriste parce que Béla Tarr, de toute évidence, n’est pas un calculateur ni un charlatan.

Buster a dit…

SD pose bien le problème, certes sans trop développer, en plus on y retrouve le défaut habituel du critique qui non content d’exprimer sa déception se met à la place du cinéaste et dit ce qu’il aurait fallu faire (ici un film comme Au hasard Balthazar, un des films de chevet de Delorme - c’est le titre de la revue qu’il avait créée lorsqu’il était encore étudiant, hé hé), mais c’est un bon point de départ, à partir duquel un débat peut s’engager. L’ennui c’est que je n’ai pas encore vu le film, c’était prévu pour ce week-end mais c’est remis à plus tard (quand?, il faut que je vienne à Paris pour le voir) – idem pour le Michael de Schleinzer si cher à valziffe :-)

sébastien a dit…

si delorme n’a pas aimé le cheval de turin parce que tarr ne s’intéresse pas vraiment au cheval, il pourra toujours se consoler avec le cheval de guerre de spielberg

cale - cif :-] a dit…

Tiens, en parlant de revue, il y en a une - pas trop mal dans l'ensemble - qui a consacré son dernier numéro (en date) à Bela Tarr - c'est Vertigo, dans le cadre du festival d'automne, et de la rétrospective qui lui est consacré à Beaubourg. J'en reviens à l'instant : les deux petites salles (pff, quelle organisation ?!!) étaient combles pour la "master class" !

Euh, je l'ai parcouru, mais pas encore lu : il y a encore trois ou quatre films de lui que je compte voir avant...

En revanche, je conseille vivement le précédent numéro de la revue (lu en bonne partie) ayant pour intitulé général "Idioties" - nettement meilleur, à mon humble avis. Je ne devrais pas l'écrire, mais je trouve que ce n'est pas arrivé si fréquemment, ahum-hum !-]

Anonyme a dit…

Le Cheval de Turin est un film un peu long -et par moments un peu chiant- mais c'est rien à côté de Shame, le nouveau film de MacQueen, aussi creux que du Chéreau arty.

Bela Tazar

Anonyme a dit…

Sébastien > :-D

Cale-cif > J'ai pas compris, la master class avec Béla Tarr, tu es resté à la porte ou tu as pu la suivre quand même? (auquel cas dis-nous comment c'était)

Bela Tazar > Que Shame soit creux à ce point ne m’étonne pas, vu l’infâme bouse que McQueen nous avait pondue avec son premier film (Hunger).

vladimir a dit…

Dis donc, tu n'aurais pas poster ton billet un peu trop tôt par hasard (Balthazar) ?

Buster a dit…

Oui je le crains, je pensais voir le film dans la foulée de ma note qui se voulait introductive, c'est d'autant plus raté que je m'aperçois que beaucoup de gens n'ont pas encore vu le film, eux non plus.

Comme dirait Delorme à propos de Tarr, j'ai mis la charrue avant les boeufs :-)

vladimir a dit…

"beaucoup de gens n'ont pas encore vu le film"

ou n'ont peut-être pas envie d'aller le voir

Buster a dit…

On peut aussi le dire comme ça...

hongrois - rêvé ?-] a dit…

[A]

Euh, Anonyme… on se connaît ?-D

Bon, je réponds quand même…

Quelques bricoles pour commencer. La « causerie » (plutôt que « master class ») à Beaubourg était annoncée pour 15h. Au moment où je suis arrivé, vers 14h 20, il y avait déjà pas mal de monde faisant la queue devant la porte de la Petite Salle (environ 130 places). Une dame, fort sympathique, arrivant tout juste après moi, s’inquiétait de ne pas pouvoir entrer. Je l’ai rassurée : « Mais si, on va entrer ! il y a beaucoup de monde, c’est vrai, mais il y a de la place ! Eux, les premiers arrivés, je me demande à quelle heure, ils sont venus ? ils ont dû se pointer dès 13h ?!! Mais, bon, si vous voulez, on fait un pari !? » Elle a hésité. J’ai ajouté : « Regardez, tout le monde derrière nous ! » Elle a préféré ne pas parier. Au passage, JMF m’est passé sous le nez ! Et, devant nous, j’ai aperçu un certain... Emeric de Laestens – euh, rien de vraiment étonnant, en fait – que tu connais, je crois bien ?-]

Il m’a semblé que ces deux-là ont pu entrer dans la Petite Salle, quand ils ont ouvert les portes, quinze minutes avant la séance. Mais, une dizaine de minutes plus tard, elles se sont fermées ! Entre les portes et moi, il devait rester une bonne quinzaine de personnes. Du coup, mon interlocutrice a regretté de ne pas avoir parié ! Derrière nous, il devait rester, au bas mot, une bonne centaine de personnes encore !!?

Les organisateurs ont donc décidé d’ouvrir la Salle 2 (environ 110 places), avec un retour vidéo sur l’écran de cinéma. Toujours mieux que rien, me diras-tu ! Pas vu cependant le nombre de personnes qui se sont faits refoulés ! Mais, je ne serais pas étonné d’apprendre que la Salle 1 à l’étage (320 places) était libre !!!

Donc, j’ai quand même pu entrer – en Salle 1 – et voir la retransmission en vidéo ; et qu’on devrait un jour retrouver sur internet ? Mais, d’ici-là, voici mon topo... puisque tu me le commandes !-D

hongrois... (suite) a dit…

[B]

Appréciation d’ensemble : ce fut un moment assez agréable. Béla Tarr s’exprime dans un très bon anglais, un peu grossier parfois – la traductrice a régulièrement évité les « fuck » (et ses dérivés) et les quelques « shit ». A la limite, vu son propos, on aurait aimé lui demander pourquoi il n’a pas parlé dans sa langue d’origine ?

Dans ce type de « rencontre », le choix de l’interlocuteur de l’invité est important. Il doit y avoir un bon dosage entre une forme de modestie, de naïveté non feinte, de réelle curiosité et aussi un certain degré familiarité avec l’œuvre, sinon d’ « expertise ». Dans le département-cinéma de Beaubourg, il y en a un qui s’en sort pas mal, mais j’ai oublié son nom : il doit avoir une petite cinquantaine, il est plutôt petit, presque chauve, il lui reste quelques cheveux noirs sur les côtés, un peu gras). Samedi dernier, c’était quelqu’un d’autre, que je n’avais jamais vu auparavant, Antoine Guillot (crédité dans le programme comme « journaliste, critique et producteur pour France Culture) ; en exagérant un peu, ce serait un croisement entre Jean-Baptiste Thoret et Julien Courbet (hum, à tous les coups, ce type de rapprochement ne plaira à aucun des trois, mais bon !-D

Mais pour en revenir à la qualité des questions, je dirais que cet interviewer ne s’est pas trop foulé la rate (d’où le « croisement » ?-) Il a dû poser six ou sept questions, dont une plutôt intéressante, mais rapidement tournée en dérision, et qualifiée par lui-même de « stupide ». Les autres questions étaient très « bateau », autour de l’école de cinéma que Tarr a fréquentée à ses débuts, puis de façon assez laborieuse somme toute sur le scénario, le tournage, le montage, la production, etc. (euh, en d’autres termes, « à la Positif », quoi !-D

Plus précisément, ça donne ce qui suit, sachant que je n’ai pris aucune note, et que je veux bien te faire un compte-rendu rapide de la séance. Mais, d’abord, un commentaire personnel. On sent le réalisateur honnête : « Ceux que je filme, savent qu’ils peuvent me faire confiance. Ils savent que je vais les protéger, que je ne vais pas les humilier, que je vais les écouter, et les filmer tendrement [bon, j’en ai oublié un, peut-être « mettre en valeur »]. Je leur demande d’être. Une fois, j’ai eu un accrochage avec une actrice. Elle me demandait ce qu’elle devait faire – des indications sur son personnage. Je lui disais : la seule indication que je peux te donner, c’est d’être. Sois toi. Elle me répond. Mais, je suis une actrice. Mais, pour moi, il n’y a pas de différence entre être une actrice et être une ouvrière [Gyula, dans Damnation, si je ne dis pas de bêtises] dans une fabrique. »

Ci-après, l’enchaînement des questions-réponses lors de la séance ; du moins, ce que j’ai retenu :

Question : Vous avez tourné un film à l’âge de 16 ans [Le Nid familial], puis à 22 ans, vous avez fait l’école XXX, en Hongrie [désolé, mais le nom m’a échappé]. Qu’avez-vous appris ?
- Je crois que je n’a pas appris beaucoup de choses. Je trouve, par exemple, absurde de dire à quelqu’un : on filme comme ci, on filme comme ça. Chacun sa manière. Moi, je dis, que le mieux c’est de donner une caméra à un jeune qui veut faire des films. Mais, pas de lui dire comment il faut faire. Ça, c’est lui qui verra. A cette époque-là, j’avais un prof qui m’a dit : « Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu perds ton temps. Va plutôt dehors, et commence à filmer ». Voilà, c’était un homme intelligent !

Buster a dit…

Super! La suite!

Buster a dit…

PS: ah oui, au fait, l’anonyme qui t’a tutoyé c’est bien moi - remarque, c’est normal de dire "tu" à un caleçon :-) - parce que j’étais sur l’ordi d’un copain et que j’ai oublié de m’identifier.

hongrois... (suite 3, et fin) a dit…

[D]

Tiens, une phrase saisie au vol (mais je ne sais plus où) :
BT : Tourner un film, ce n’est pas démocratique. C’est autocratique. C’est comme ça, et pas autrement. Celui qui n’est pas content sur un tournage (de film fait par un autre), il peut s’en aller !

[Juste après la projection de Prologue, 2004 (5 min)]

BT : Un haïku. C’était en 2003, on m’a demandé de tourné un film de cinq minutes, sur ce que je pensais de l’Europe – de ma vision de l’Europe – et c’est que vous venez de voir, ce haïku, tourné en un seul plan de cinq minutes. Vous avez vu le générique de fin ? Je suis très content de ce générique – pour tous ceux qui ont tourné dans ce film. Il lui rend leur dignité – parce que plus personne ne vit dans la dignité ! Plus personne, même pas ici (sous-entendu dans la salle) !

On sent monter la colère et l’émotion. Il se tait. Puis, l’animateur demande s’il y a des questions dans le public.

Q : Pourquoi arrêtez-vous de faire des films ?
- (hésitation et exaspération dans la voix) You are in life danger. You are in life danger. Désolé. Je n’ai rien contre vous personnellement. Mais, cette question, je l’ai entendue au moins mille fois. Bon, je vais essayer de répondre. Je vais essayer. Je ne veux pas me répéter. J’ai dit tout ce que j’avais à dire. Mes films sont là. On peut les aimer ou pas.

Là, un homme, d’âge mûr, intervient (faisant, à la fois, la question et la réponse) : « Pourquoi vos films nous touche tant, Béla Tarr ? Je me souviens d’un magnifique plan dans Satantango. On voit des hommes alignés dans un champ. Le plan est long, dure très longtemps. Mais, à un moment, vers la fin du plan, on voit à la suite de cet alignement, un taureau, dans le coin de l’image. Et là, j’ai été bouleversé, car je me suis dit : « Mais, ce taureau, c’est moi ! » Je sais que j’exagère. Mais, ce taureau, c’est tous ceux qu’on voit pas, qu’on ne voit plus, qu’on laisse de côté, mais qui là, ont une existence, qui nous rappelle… nous. Alors, on se met à se rappeler toutes les personnes qu’on a mise de côté dans notre vie, les gens qu’on a côtoyé un jour, ou les gens de sa famille qu’on a négligé. Voilà, rien que pour ce plan, Bela Tarr, je vous remercie. »

Q : Est-ce que l’on peut dire que vous faites des films ethnographiques.
- Oui, sans doute. Mais, vous savez, je ne sais pas ce que c’est, un film ethnographique, un film documentaire, une fiction [« a feature »]. Pour moi, il n’y a que la vérité. Je filme ma vérité. Comme disait Godard, un film, c’est 24 images par secondes [« as Godard said: a film is 24 frames… I don’t remember now, but you know. »]

Puis, deux autres questions, qui visiblement agacent le réalisateur, auxquelles il acceptera néanmoins de répondre : « Pourquoi tournez-vous en noir et blanc ? » et « Il y a un film que vous avez tourné en vidéo, qui s’appelle Macbeth et qui dure plus de 60 minutes. Il y a beaucoup de plans-séquences dans vos films. On sait que la capacité maximale d’un magasin de bobines est de dix minutes. Tournez-vous des plans-séquences de dix minutes, parce que c’est la capacité maximale d’un magasin de bobines ? Maintenant que les caméras numériques le permettent, pourriez-vous tourner des plans-séquences plus longs ? »

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A part ça, assez d’accord avec Bela Tazar : shame on Shame ! (« * », et encore, je suis indulgent !-D

Buster a dit…

Merci beaucoup. Je lirai tout ça à mon retour... le boulot m'attend!

Buster a dit…

J'ai lu. Parfait... ça te dirait d'être reporter pour Balloonatic?

ménage - subliminal ?-] a dit…

Euh, merci pour la proposition... mais non. Comme dirait l'autre : je préfère mieux pas :-] (et, quoi ? tu veux étendre ton activité, c'est ça ?-]

En plus, si je peux me permettre, il manque... la troisième partie !? Je sais bien qu'elle était torchée (ahum), mais quand même !? Dis, tu l'as sucrée, ou bien ? A moins que tu viens de recruter, officieusement, notre Grand JBM pour faire le ménage ici ?!-DDD

S'il y a eu un bin'z, le voici ci-après (j'ai corrigé les fautes) pour les curieux. Sinon, tant pis.

hongrois - rêvé ?-] (suite 2, donc) a dit…

[C]

Projection de l’extrait au début de l’Homme de Londres [le deuxième plan du film, je crois]. C’est un plan-séquence d’environ cinq minutes. On voit un homme dans un appartement. Pendant peut-être une minute. Puis, on entend le son de deux ou trois personnes qui se disputent. Le personnage dans l’appartement s’approche de la fenêtre (la caméra le suit), et on assiste de là, à une scène de bagarre sur une berge (environ deux ou trois minutes). La bagarre terminée, les deux hommes se dirigent vers une auberge (trente secondes). La caméra revient sur le personnage du début, et s’attarde quelques instants encore sur lui.

Question : Voilà, dans un film, plus « classique » disons, la scène aurait été découpée, il y aurait eu plus d’action, sans doute. Le réalisateur aurait filmé d’abord le personnage principal dans la chambre d’hôtel. On l’aurait vu se déplacer à la fenêtre. Coupe. Puis, la scène dans la rue, peut-être en plan moyen, les deux personnages s’agrippant, se donnant des coups. Puis, probablement une nouvelle coupe. Un nouveau plan sur le personnage principal dans sa chambre. Peut-être même un gros plan sur son visage, pour voir sa réaction. Et enfin, un dernier plan sur les deux hommes entrant dans l’auberge. Or, vous, vous tournez le tout en un seul plan. Pouvez-nous nous dire pourquoi ?
- Vous le savez, le tournage d’un film, c’est du temps et de l’argent. Et puis, je n'aime pas donner des explications - les choses théoriques. Je le fais, c'est tout. Vous me dites ça. Oui, c’est vrai, ce que j’ai fait, c’est comme vous le dites. Mais, moi, ce que font les autres, je n’en sais rien. Et je ne veux pas trop savoir. Oui, j’imagine, comme vous dites, que fait par un autre, il y aurait eu plus d’action, plus de découpage. Comme je vous disais tout à l’heure, pour filmer, chacun le fait à sa manière, chacun son style. Regardez, pour la cuisine. Il y a à peu près les mêmes ingrédients pour tout le monde. De la viande, des légumes, des condiments. Et maintenant, regardez toutes les façons de faire ! Untel fera une viande plus cuite qu’un autre, et un autre fera une meilleure sauce qu’un autre. Allez demander à un cuisinier pourquoi il arrête de faire chauffer son plat à tel instant plutôt qu’un autre, et pourquoi il met du persil plutôt que de l’ail. Chacun sa façon, comme je vous le disais. Eh bien, moi, ce que vous avez décrit, c’est ma façon, voilà tout !

Question : Comment vous faites pour tourner sans scénario, pour trouver des producteurs, qui vous avancent des fonds sans scénario ?
- Demandez leur… Vous savez, un scénario, je ne sais pas ce que c’est. Pour ce dernier, oui, il y avait un scénario, mais pour mes premiers films, non, il n’y en avait pas. Avec les producteurs, c’est surtout une question de confiance. Avec mon scénariste, on avait écrit quelques pages. J’avais le film dans la tête, il n’y avait plus besoin de scénario. Donc, on remet ces pages aux producteurs, et après, ils vous font confiance ou pas. S’ils vous font confiance très bien. S’ils ne vous font pas confiance, tant pis. On va voir ailleurs.

Question : Pour vous, le producteur, c’est un bien ou un mal nécessaire ?
BT. : […] Alors, on doit trouver des solutions. Ça, c’est un mot que je déteste. Tiens, un autre mot que je déteste : « almost » [presque]. C’est « oui », ou c’est « non ». Or, il y a des gens, ils vous répondent « almost » – l’un ou l’autre !

Question : Vous-même êtes producteur. Trouvez-vous que vous êtes un bon, ou un mauvais producteur ?
- Je ne sais pas. Mais, je crois savoir pourquoi les jeunes veulent que je les produise. Parce qu’ils savent que j’ai un carnet d’adresses, qui va les aider à diffuser leurs films à l’international. S’ils veulent que le film passe en France, hop, un coup de fil, et ça se fera. Qu’il soit diffusé en Allemagne, hop, un coup de fil, et caetera.

Buster a dit…

Pour la fin de ton compte-rendu (excellent) c’est une erreur de manip, mais je l’avais bien lue. C'est réparé...

Pour le reste, dommage, j’avais une accréditation pour le festival de Sundance 2012 (tous frais payés)!

reporter - à plus tard ?-] a dit…

Ah, mais présenté comme ça... ça change tout !!!-D

Je m'attendais à un pot, mais là, c'est Byzance ?!-DDD

Bon... voyons ça par mail, veux-tu ?-D

Buster a dit…

Oui c'est ça... par mail :-D

Buster a dit…

Master class avec Béla Tarr