vendredi 11 novembre 2011

11.11.11

Aux confins du désert mojave
Vit un cactus bimillénaire.
Il a poussé sur de la lave,
Serein comme un dieu tutélaire.

A l'équinoxe de printemps,
Au temps où la Terre bascule,
Les Indiens s'agenouillent devant
Toute la nuit. Et la nuit brûle

De leurs incantations vibrantes
Comme la langue d'un serpent.
De leurs voix hachées et stridentes,
Ils essaient de dompter le Temps

De le forcer à se plier,
A refermer enfin sa courbe.
Un jour viendra, disent les sorciers,
Où le Temps, tortueux et fourbe,

Finira par être piégé
Dans cette architecture de plaintes
Et nous serons légers, légers...
L'Eternité sera atteinte.

(Michel Houellebecq, La Poursuite du bonheur, 1997)

Vu les Aventures de Tintin de Spielberg. Bon, le plus important dans le titre c'est le mot "Aventures", Spielberg rend davantage hommage à son propre cinéma qu'à la BD d'Hergé, disons que c'est du Tintin spielbergisé. Et, 3D oblige, c'est même du Tintin spielbergisé survitaminé. Cela dit, quand le film se pose un peu, c'est pas si mal. (à suivre)

Joli texte de D&D sur Habemus papam...

2 commentaires:

DnD a dit…

Jamais lu un poème de Houellebecq, alors merci d'avoir pris le temps de transmettre celui-ci, je l'aime beaucoup avec le 11.11.11.
Rien à voir : j'ai revu (un peu à cause de vous), avec beaucoup de joie, le "Bad Lieutenant" de Herzog en salle avant-hier. Et puis après, c'était marrant de penser comme les textes "finalement pas écrits" existent aussi, à leur manière :-)

Buster a dit…

Ah le Herzog! Finalement je n'ai pas dû le voir ce film! :-D