mercredi 17 août 2011

1965










Pierrot le fou de Jean-Luc Godard (1965).

D’abord les "classiques" de ma jeunesse, ces films vus très jeune, parfois trop jeune, et que j’ai aimés, à tort ou à raison: les Amours d’une blonde de Milos Forman, Barberousse d’Akira Kurosawa, Juliette des esprits de Federico Fellini, les Poings dans les poches de Marco Bellochio, Répulsion de Roman Polanski, Simon du désert de Luis Bunuel, la 317e section de Pierre Schoendoerffer, Vaghe stelle dell’Orsa (Sandra) de Luchino Visconti... (seule exception: Docteur Jivago de David Lean, bizarrement détesté dès la première vision).
Et puis les découvertes plus tardives: Alphaville de Jean-Luc Godard, Eclairage intime d’Ivan Passer, The family jewels de Jerry Lewis, Non réconciliés de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Paris vu par... (surtout Gare du Nord de Jean Rouch et Place de l’Etoile d’Eric Rohmer), les Plaisirs de la chair de Nagisa Oshima, Walkover de Jerzy Skolimowski... Sinon jamais vu Ligne rouge 7000 d’Howard Hawks (ni Yoyo de Pierre Etaix).

1965, c'est aussi Bob Dylan au festival de Newport, à travers notamment le documentaire de Murray Lerner - réalisé en 2007 - The other side of the mirror: Bob Dylan, Newport, 1963-1965, l'occasion de se faire une idée sur le fameux clash qu'il y aurait eu entre Dylan et le public folky, soi-disant scandalisé par le passage de Dylan à l'électrique (il est accompagné par Mike Bloomfield, Al Kooper et les principaux membres du Paul Butterfield Blues Band), ou simplement agacé par une sono trop forte. La vérité est certainement ailleurs...

Mais 1965 c'est surtout l'année où disparaît Stan Laurel (entre Harpo Marx et Buster Keaton), huit ans après son compère Oliver Hardy. Laurel et Hardy c'est, avec Charlot, le souvenir de mes plus grands fous-rires au cinéma. Et c'est Blake Edwards qui, l'année même, leur rend (à eux et à tout le cinéma burlesque de cette époque) le plus bel hommage à travers sa délirante Grande course autour du monde (The great race) - à ne pas confondre avec Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines de Ken Annakin, sorti également en 1965 -, un film qui inspirera la série animée Les Fous du volant (Wacky races), créée en 1968 par Hanna et Barbera et qui, elle, a bercé une partie de mon enfance.

Pour ce qui est des séries télé, 1965 c'est le début de Max la menace (Get smart, Mel Brooks et Buck Henry), des Mystères de l'Ouest (The wild wild west, Michael Garrison), de Perdus dans l'espace (Irwin Allen)..., c'est aussi l'arrivée d'Emma Peel dans Chapeau melon et bottes de cuir (The avengers).

Côté albums, il y a bien sûr: A love supreme de John Coltrane, Bringing it all back home de Bob Dylan, The Great Otis Redding sings soul ballads d’Otis Redding, Help! des Beatles, Here are the Sonics! des Sonics, My generation des Who, Out of our heads (édition US) des Rolling Stones, The Shangri-las 65! des Shangri-las... et pour les livres: Dune de Frank Herbert, L'Oiseau bariolé de Jerzy Kosinski...

Reste mon Top 10 (4 films, 1 feuilleton télé, 4 albums et 1 bouquin), par ordre alphabétique:

- Belphégor, ou le fantôme du Louvre, Claude Barma
- Les Chevaux de feu, Serguei Paradjanov
- Les Choses, Georges Perec
- Falstaff (Campanadas a medianoche), Orson Welles [modifié le 21-09-11]
- Get the picture?, The Pretty Things
- Highway 61 revisited
, Bob Dylan
- Otis blue: Otis Redding sings soul, Otis Redding
- Pierrot le fou, Jean-Luc Godard
- Rubber soul, The Beatles
- Subarnarekha, Ritwik Ghatak

"Ils rêvaient, à mi-voix, de divans Chesterfield." (Georges Perec, Les Choses)

Bonus TV:
- A Charlie Brown christmas, le génial Peanuts de Charles M. Schulz pour la première fois à la télévision (le 9 décembre 1965 sur Gilligan's Island)

Mon jukebox 1965, par ordre alphabétique:

J'allonge la liste, non seulement à cause de ces satanés Beatles qui prennent beaucoup de place, mais surtout parce que l'année regorge de pépites en tout genre...

- "California girls", The Beach Boys
- "Can't stand the pain", The Pretty Things, Get the picture?
- "Crying in the chapel", Elvis Presley
- "Day tripper", The Beatles
- "Do you believe in magic", The Lovin' Spoonful
- "Drive my car", The Beatles, Rubber soul
- "Get the picture?, The Pretty Things, Get the picture?
- "Girl", The Beatles, Rubber soul
- "Help!", The Beatles, Help!
- "I can't explain", The Who
- "I can't help myself", The Four Tops
- "I go to sleep", Peggy Lee/The Kinks
- "I got you (I feel good)", James Brown
- "I'm free", The Rolling Stones
- "In my life", The Beatles, Rubber soul
- "It's not unusual", Tom Jones
- "It's the same old song", The Four Tops
- "I've been loving you too long", Otis Redding, Otis blue
- "The last time", The Rolling Stones, Out of our heads
- "Like a rolling stone", Bob Dylan, Highway 61 revisited
- "Michelle", The Beatles, Rubber soul
- "Milk and honey", Jackson C. Frank, Jackson C. Frank
- "Mr. Tambourine man", The Byrds/Bob Dylan
- "My generation", The Who, My generation
- "Night owl blues", The Lovin' Spoonful
- "Norwegian wood", The Beatles, Rubber soul
- "Nowhere man", The Beatles, Rubber soul
- "Papa's got a brand new bag", James Brown
- "Psycho", The Sonics, Here are the Sonics!
- "Respect", Otis Redding, Otis blue
- "(I can't get no) Satisfaction", The Rolling Stones, Out of our heads
- "See my friends", The Kinks
- "Set me free", The Kinks
- "The sounds of silence", Simon & Garfunkel
- "Stop! in the name of love", The Supremes
- "Tell her no", The Zombies
- "Ticket to ride", The Beatles, Help!
- "Till the end of the day", The Kinks, The Kink kontroversy
- "Tired of wainting for you", The Kinks, Kinda Kinks
- "We can work it out", The Beatles
- "Whenever you're ready", The Zombies
- "Yesterday", The Beatles, Help!

Et encore (!), des Beatles: "I'm down", "I'm looking through you", "The night before", "Think for yourself", "The word", "You've got to hide your love away"...

[1965 se poursuit dans les commentaires avec le Défi de Saraceni, le Temps d’aimer de Metin Erksan, le Lâche de Satyajit Ray, The Bedford incident de James B. Harris, des Wakamatsu et des Warhol à la pelle, The angry young Them de Them, Introducing the Beau Brummels des Beau Brummels, Whipped cream and other delights de Herb Alpert & The Tijuana Brass, In harm’s way et Bunny Lake is missing de Preminger, Cyclone à la Jamaïque de Mackendrick, Major Dundee de Peckinpah, Et pour quelques dollars de plus de Leone, Terrore nello spazio de Bava, Le soldatesse de Zurlini, l’Armée Brancaleone de Monicelli, Sands of the Kalahari de Endfield, Astérix et Cléopâtre d'Uderzo et Goscinny, Fort Navajo de Giraud, la Femme de Seizaku de Musumara, Histoire écrite sur l’eau de Yoshida, Histoire d’une prostituée de Suzuki, la Guerre des espions de Shinoda, l’Arme à gauche de Sautet, le Manuscrit trouvé à Saragosse de Has, le Premier maître de Kontchalovski, The sandpiper de Minnelli et "The shadow of your smile" de Johnny Mandel, la Vieille dame indigne de Allio, La bugiarda de Comencini Mickey one de Penn, Comment tuer sa femme de Quine, Faster, Pussycat! Kill! Kill! de Russ Meyer, les débuts du Concombre masqué de Mandryka et de Philémon de Fred...]

à suivre...

35 commentaires:

Buster a dit…

Je risque d’être peu disponible ces prochains jours, aussi, pour faciliter les échanges, je supprime temporairement la modération des commentaires.

bruno andrade a dit…

C'est aussi l'année de O Desafio, véritable film phare, malheureusement méconnu, un des premiers films jeunes, avec Prima della rivoluzione, à propos du rôle politique de l'intellectuel urbain (il y a peut-être aussi Le petit soldat et Le chat dans le sac jouant déjà sur cette terrain, mais j'en suis pas sûr), précurseur surtout de Terre en transes et O Bravo Guerreiro mais aussi de Memorias del subdesarrollo, de quelques beaux films tardifs de Bellocchio (avec qui Saraceni et Bertolucci ont étudiée au Centro Sperimentale - je pense à des titres tels que Gli occhi, la bocca et Le sourire de ma mère), des films de Robert Kramer tels que The Edge et Ice, Faccia a faccia de Sollima etc. etc. C'est vraiment un film avec une grande force, perdue entre les vagues de Voyage en Italie, Prima della Rivoluzione et La notte, entre les (quelques peu) films qui etaient là avant lui sur ce sujet et les (très nombreux) films que lui sont venus après.

Buster a dit…

Merci Bruno.
Le Défi de Saraceni on en dit en effet le plus grand bien, mais je ne l'ai jamais vu. A découvrir donc.

John Steed :-] a dit…

Bah... mon "Top ten 1965" :

01- Bunny Lake is missing, d'Otto Preminger
02- Ligne rouge 7000 (Red line 7000), d'Howard Hawks
03- Simon du désert, de Luis Buñuel
04- Non réconciliés (Nicht versöhnt), de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet
05- Alphaville, Jean-Luc Godard

06- Sandra (Vaghe stelle dell'Orsa), de Luchino Visconti
07- The Sandpiper, de Vincente Minnelli
08- Subarnarekha, de Ritwik Ghatak
09- Le Temps d'aimer (Sevmek Zamani), de Metin Erksan (*)
10- Walkover, de Jerzy Skolimowski

(*) du même auteur : Un été sans eau & Les Coupables sont parmi nous (Suçlular Aramizda) ; en bonus de l'année... 1964 ?!-D

Buster a dit…

Jamais entendu parler du n°9
Vous pouvez nous en dire plus cher John?

(signé: Mère-grand)

- secret service :-] a dit…

Compléments :

A) Metin Erksan, né Ismail Metin Karamanbey, le 1er Janvier 1929, près de Çanakkale (Dardanelles). Egalement historien d’art, et à l’occasion acteur, il a été l’un des chefs de file du cinéma réaliste turc dans les années 60.

B) Extraits de mes notes perso de l'époque (sur ce film) :

- [...] tout le film part de là, de cette enfance ou de ce temps de l'adolescence. Donc, c'est moins l'idéalisme propre à cet âge que de montrer quelqu'un qui va accepter peu à peu d'entrer dans le monde adulte par le mariage.

&

- [...] il y a les plans sur la falaise, qui font tout de suite penser à Vertigo. Il y a un thème de l’eau chez Erksan – très présent – et qui n’est pas du simple décorativisme.
Pour l’instant, du peu que j’ai vu, je dirais qu’il est entre Buñuel, Antonioni. Il y a eu un « antonionisme » un peu partout, chez Yoshida par exemple. Mais là, je le trouve plus fort. Parce que chez Antonioni ou Yoshida, il y a un temps long qui s’étire, et qui s’étire vers du vide, parce que les personnages s’ennuient fondamentalement. Alors qu’ici, bien qu’il y ait beaucoup de séquences qui s’étirent, avec plein de plans où il ne se passe rien, on ne sent jamais l’ennui, parce les personnages ne s’ennuient pas. On est pris dans l’intériorité des personnages, parce que pendant que les plans s’étirent, les personnages mûrissent ou souffrent. Pas chez Antonioni. Antonioni, ce n’est pas quelqu’un qui filme la douleur !

C)

Enfin, si l'on souhaite découvrir ce beau film, peut-être vaudra-t-il mieux éviter You Tube ! Par exemple, je trouve que que la première partie est complètement gâchée sur un petit écran... (le film semble toutefois y être en intégralité, mais saucissonné en onze ou douze parties).

Néanmoins, si l'on veut un petit aperçu de ce (beau) film, on peut voir l'extrait 3/9 :

http://www.youtube.com/watch?v=rmAPJ0WmBoE&feature=related

at her majesty's - a dit…

Good heavens! C'est la troisième fois que je poste le comm suivant - qui est le premier des deux, du reste ! Passera-t-il ce coup-ci ? Suspense...

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Ci-après l'article de présentation du cycle consacré à l'auteur dans le programme de la Cinémathèque (24 mars-05 avril 2010) :

[http://www] cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/metin-erksan,261.html

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A la découverte de Metin Erksan, par Jean-François Rauger

Metin Erksan est né le 1er janvier 1929. Très jeune passionné de cinéma, il débute, après avoir étudié l’histoire de l’art à l’Université d’Istanbul, comme assistant-réalisateur et scénariste. Il est également critique de cinéma. Son frère aîné, cinéaste confirmé, lui favorise l’entrée dans la profession. Pour lui, le cinéma est un art à part entière, une opinion qui s’oppose à la conception du cinéma en Turquie dans les années 1950 où celui-ci est uniquement considéré comme un divertissement commercial. Il signe son premier film en 1952. Hayati est une biographie du poète aveugle Asik Veysel. Ce premier long métrage sera interdit par la censure qui considérait qu’il donnait une mauvaise image de la Turquie. A partir de 1960, il contribue à la création d’un authentique réalisme social dans le cinéma avec des films comme Un été sans eau, qui obtiendra l’Ours d’or au festival de Berlin en 196[4], ou La Vengeance des serpents (1962), tous deux décrivant la vie du monde rural anatolien. Mais à ce réalisme, déterminé par un engagement politique marqué à gauche, s’ajoute une dimension métaphysique (son oeuvre est hantée par le combat du bien et du mal) et un intérêt marqué pour des thèmes « modernes » (la solitude et l’incommunicabilité) déjà présents dans des films comme Le Héros de neuf montagnes (1958) et La Blessure de la séparation (1959).

Celui qui a dit « La raison, l’intelligence et la logique n’ont aucune valeur sans l’imagination » est aussi un peintre de passions violentes. Mais parallèlement à la création de son oeuvre personnelle, Metin Erksan n’a pas cessé de réaliser des films populaires, une direction qui s’accentuera après 1965. La fin de sa carrière est marquée par la réalisation de feuilletons et de dramatiques pour la télévision. Metin Erksan a réalisé une quarantaine de films. La rétrospective qui lui est consacrée présentera une dizaine de longs métrages ainsi que quelques moyens métrages produits pour la télévision turque.

Cette programmation est organisée dans le cadre de la Saison de la Turquie en France.

[Remerciements à Kerem Ayan.]

ouf !!!-] a dit…

Ah, tout de même !!!

Euh, je crois que ça vient du lien... avec la Cinémathèque !-]

Emma Peel a dit…

Aidons un peu John Steed en évitant un saucissonnage très peu halal du beau film de Metin Erksan :

http://scalisto.blogspot.com/2010/12/metin-erksan-sevmek-zamani-1965.html

Lucie a dit…

Je ne savais pas que "Chapeau melon" appréciait le cinéma turc.

Sinon, je me souviens d'une Vieille Dame Indigne, pas si indigne que ça !

Jeff McCloud a dit…

Juste pour le plaisir d'ajouter quelques titres à ces plaisirs cinématographiques de l'année 65, Le Lâche (Kapurush) de Satyajit Ray, Young Cassidy de Jack Cardiff (et John Ford, non crédité), et à la rigueur The Bedford Incident de James B. Harris. On peut supposer aussi qu'en 1965 les spectateurs japonais motivés pouvaient sans doute dénicher deux des meilleurs films de Koji Wakamatsu dans des cinémas spécialisés de Tokyo : La Tombe de plomb (Namari no bohyo) et Les Secrets derrière le mur (Kabe no naka no himegoto). Pendant ce temps-là, Andy Warhol tournait plusieurs films notables : My Hustler, Restaurant, Kitchen, et (avec l'inoubliable Edie Sedgwick) Poor Little Rich Girl et Beauty # 2.

En ce qui concerne Pierre Etaix, les amateurs de cinéma pressés pourraient se contenter de cet extrait de Yoyo, peut-être la meilleure séquence du meilleur film d'Etaix (cinéaste surestimé, la longue invisibilité ayant frappé ses films les ayant peut-être, au fil du temps, nimbés d'une auréole, et puis Jerry Lewis le qualifiant de génie, je crois qu'il ne fallait pas prendre le compliment au pied de la lettre, Etaix étant davantage un des génies de Lewis, au sens merveilleux du terme, une source d'inspiration que Lewis pouvait convoquer à loisir) :

http://www.youtube.com/watch?v=gQAEFKhr_Us

Dans le juke-box de 1965, à côté des Beatles, Beach Boys, Dylan (le magnifique "Desolation Row"), etc., on pourrait ajouter Maiden Voyage (Herbie Hancock), et peut-être The Angry Young Them ("Baby, Please don't go") ou Introducing the Beau Brummels. Je n'insiste pas sur les albums "trop" free de Coltrane (Sun Ship, Ascension). ;-)

Et puis une petite faiblesse, Herb Alpert & The Tijuana Brass : deux albums en 1965, Going Places et surtout Whipped Cream and other delights, énorme succès cette année-là (et dont je ne me lasserai jamais de la pochette...)

http://en.wikipedia.org/wiki/Whipped_Cream_%26_Other_Delights

Anonyme a dit…

"7 women" & "Young Cassidy", "Shakespeare wallah", "De man die zijn haar kort liet knippen", "In harm´s way", "A high wind in Jamaica", "La chasse au lion à l'arc", "Seisuke no tsuma", "Chimes ad midnight"...
Jesús Cortés

Jeff McCloud a dit…

In Harm's Way, magnifique "superproduction intime" selon le mot de Louis Skorecki.

Anonyme a dit…

Je parie que Buster vous reprendra sur les dates de fabrication contre celles de sortie!

Anthony Prunaud.

Lucie a dit…

Hum... le propriétaire des lieux semble avoir plié bagages.

Pour les films, "Cyclone à la Jamaique" de Mackendrick, c'est pas de la petite brise...

des agents très spéciaux :-] a dit…

Well, dear Lucie... do you really think that Emma and I spend our whole days on achieving perilous asignments - for Mother ?-]

Pardon, en français, maintenant...

Sachez que, de temps à autres, nous essayons de nous tenir le mieux possible au courant des tendances culturelles de notre époque. Aussi, le cinéma étranger est un hobby que nous partageons.

Du reste, ma charmante partenaire (en plus de son bon goût en matière de cinéma) a, quant à elle, des prédispositions particulières pour les langues ; elle est par exemple très à l'aise en italien et en russse ;-]

Amicalement vôtre,

John S.

Vincent a dit…

Aux nombreux films cités, j'en rajoute deux avec "l'axiome" Charlton Heston : "The war Lord" de Franklin Schaffner avec une bien jolie scène d'opération (http://www.youtube.com/watch?v=ufqqxGGnA50) et, on en a parlé en 1964 donc on l'a oublié, "Major Dundee" de Peckinpah. "Lord Jim" de Brooks.
Et puis un bon souvenir d'enfance avec "Flight of the Phoenix" d'Aldrich avec James Stewart.
Côté Italie, le film de Sollima cité par Bruno est de 67, mais 1965, c'est l'année de "Et pour quelques dollars de plus..." de Léone, du dyptique "Une pistola per Ringo" et "Il ritorno di Ringo " ( ) de Duccio Tessari (http://www.youtube.com/watch?v=MeMVjhwRqOM). Et aussi "Terrore nello spazio" de Bava, "Le soldatesse" de Zurlini, "L'armata Brancaleone" et "Casanova 70" de Comencini.
Chez les anglais : "The ipcress file" de Sidney J. Furie, les aventures psychédéliques de Harry Palmer avec Michael Caine. Et puis une découverte récente, proche du Aldrich, "Sands Of The Kalahari" de Cy Enfield (http://www.youtube.com/watch?v=Ke_ntqHcFZc)
Rien à ajouter à l'abondance musicale, j’aurais mis assez haut le premier album d'Otis Redding.

En BD : peut être le meilleur album d'Asterix : "Asterix et Cléopâtre", "Les daltons se rachètent" et "La ville fantôme" pour l'homme qui tire plus vite que son ombre, "Chaminou et le Khrompire" de Macherot, "Les légions perdues" de Jacques Marin, la sortie du premier album de Blueberry "Fort Navajo" et deux albums de Jerry Spring pour Jijé (quelle productivité).

Buster a dit…

Bonjour les amis,

Désolé pour l'absence prolongée, je n'avais pas prévu que là où j'allais, se connecter à Internet relevait du parcours du combattant (mais finalement ce n'était pas plus mal).
Maintenant que je suis redescendu dans des contrées webisées je vais pouvoir lire tous vos commentaires.
A bientôt donc.

PS. Le Buster qui a signé Mère-Grand est un fake. La preuve? Je n'aurais jamais appelé John Steed "cher John", mais "cher Steed"! :-)

Buster a dit…

Bon alors...

Pour ce qui est de Erksan, le faux Buster avait vu juste, je ne connais aucun de ses films... donc merci à Steed (et Rauger) pour les précisions.

(trop compliqué pour lire les liens, je verrai ça plus tard)

> Jeff (le lusty man?), pas vu grand chose de ce que vous proposez.
Le Lâche de Satyajit Ray il me semble l'avoir vu groupé avec un autre film de Ray (le Héros?). Ce dont je me souviens c'est qu'un des deux films (le second?) m'avait assez déplu, mais bon, l'expérience est trop ancienne... The Bedford incident de Harris, je ne l'ai jamais vu...
Inutile de dire que les deux Wakamatsu non plus. Sinon je ne suis pas très fan de Warhol... (concernant la sublime Edie Sedgwick je n'ai vu que Ciao Manhattan de je ne sais plus qui), mais je suis assez d'accord sur ce que vous dites d'Etaix...
In harm's way de Preminger est un beau film en effet, supérieur au Bunny Lake - la première place que lui accorde Steed dans son top me semble un peu excessive, et ce malgré la présence des Zombies :-)

Pour la musique, OK pour Them (Mystic eyes est sur l'album je crois). En revanche je ne connais pas le premier album des Beau Brummels (d'eux je connais et apprécie surtout Triangle qui doit être de la même période).
Pour le jazz, dont vous m'avez l'air friand (freeyant?), je n'insiste pas...
D'ailleurs j'ai réécouté avant de partir A love supreme, et finalement je ne l'aime pas tant que ça (en tous les cas, moins que Crescent sorti l'année d'avant).

Buster a dit…

Jesus Cortes,
7 women de Ford, L'Homme au crâne rasé de Delvaux, Falstaff (Chimes at midnight) de Welles sont sortis en 1966, le Rouch en 1967.
Shakespeare wallah d'Ivory, j'en garde un bon (mais lointain) souvenir, Cyclone à la Jamaïque aussi...
Seisuke no tsuma, je ne connais pas, c'est de qui?

stéphane a dit…

En fait, il s’agit de "Seisaku no tsuma" (La femme de Seisaku) de Masumura, un de ses plus beaux films. En 65, on pouvait voir aussi, outre "Barberousse", "Les plaisirs de la chair" et une pléiade de Wakamatsu (8 films cette année-là!, dont je n'ai vus aucun): "Histoire écrite par l’eau" de Yoshida + 3 Suzuki: "La vie d’un tatoué", "Histoire d’Akutaro" (je ne connais pas le film) et surtout "Histoire d’une prostituée" (avec Yumiko Nogawa), un de ses meilleurs films.

Buster a dit…

Merci Stéphane.
M'avez l'air spécialisé dans le cinéma japonais. Z'êtes pas du Mesnildot par hasard?

stéphane a dit…

:D

Nan, j'suis de Ménilmontant, comme le regretté Ruiz.

Edouard a dit…

Allez, petite liste complémentaire :

- Un bon Sautet 1ère manière, "L'arme à gauche", et le meilleur Rappeneau, "La vie de château"

- deux curiosités : "La guerre des espions" de Masahiro Shinoda" et "Le manuscrit trouvé à Saragosse" de Wojciech Has

- et pour le haut du panier :

"Le premier maître" de Konchalovsky
http://www.youtube.com/watch?v=UTr58U_Tv2c&feature=related

"Mon chemin" de Jancso
http://www.youtube.com/watch?v=ar68pdCjCVA

et "Les sans espoir" de Jancso encore
http://www.youtube.com/watch?v=t9wB-Ak3qPI&feature=related

D&D a dit…

Me voilà vraiment irrécupérable : à vous lire, je constate que mes souvenirs les plus vifs restent "Les Fous du volant", "Les Mystères de l'Ouest" et Emma Peel...
En exagérant un peu moins : heureusement que j'ai vu "Pierrot le fou", et que je ne m'en suis pas remis :-)

Buster a dit…

Quelques remarques avant de reprendre le fil des commentaires:

Le Chevalier des sables de Minnelli. Film étrange, pas un grand Minnelli là encore, mais qui a son charme: le couple Burton-Taylor improbable comme dans tout bon mélo, l’aspect Kerouac du film (Big Sur), la musique de Johnny Mandel: The shadow of your smile

Le film qui accompagne le Lâche de Satyajit Ray c’est le Saint et non le Héros.

Histoire écrite sur l’eau (beau titre keatsien) de Yoshida, en fait je l’ai vu, ça me revient, film oedipien, très ouaté, en noir et blanc... le style de Yoshida me convient mieux que celui de Masumura.

Buster a dit…

Lucie > La Vieille dame indigne d’Allio, pas indigne en effet, les bons films brechtiens ne sont pas si nombreux.

Vincent > Le Seigneur de la guerre de Schaffner, je l’ai vu à la télé quand j’étais adolescent et à vrai dire il ne m’avait pas beaucoup marqué, idem pour Lord Jim de Brooks... En revanche, Major Dundee de Peckinpah m’avait pas mal perturbé, dans le bon sens du terme, par son aspect disparate, sa structure complètement éclatée (dû au remontage? un vrai massacre paraît-il)...
Concernant Leone et sa trilogie du dollar, Et pour quelques dollars de plus est peut-être le film que je préfère. Pas vu les Tessari, le Bava et le Zurlini. L’Armée Brancaleone, ça je l'ai vu et beaucoup aimé, Gassman y est grandiose (le film est de Monicelli et non Comencini, qui lui est l'auteur en 1965 de La bugiarda/le Partage de Catherine - avec Catherine Spaak aussi - film mineur mais que j’aime bien).

Buster a dit…

Merci Edouard pour le complément:
L’arme à gauche de Sautet, pas mal, on dirait un (bon) Boisset avant l’heure. Le Rappeneau est sorti début 1966, idem pour les Sans-espoir de Jancso (je ne plaisante pas avec les dates!). Le Shinoda je ne connais pas (il faudrait vraiment que je me procure le DVD).
Le manuscrit trouvé à Saragosse de Has est une belle réussite dans mon souvenir. Quant au Premier maître de Kontchalovski (qui est bien sorti en 65... en Kirghizie!), je me souviens d’une oeuvre très attachante (moins peut-être que le Bonheur d’Assia).

D&D > Merci pour votre contribution :-)

Buster a dit…

Tiens, je pense à deux autres films oubliés:

Mickey one d’Arthur Penn, film très bizarre, outré à tout point de vue mais c’est ce qui fait sa force, et Comment tuer sa femme de Richard Quine, infiniment plus séduisant que nombre de comédies actuelles hyperlourdingues, genre... Comment tuer son boss!

Anonyme a dit…

Mickey One, le meilleur film de Penn selon Skorecki:

"Arthur Penn n'aura réalisé qu'un seul bon film, et un très bon, un de ceux que l’ami Daney qualifiait de grand film malade, et qui valent des centaines de films trop bien portants, conformes à l’avance à l’idée qu’on se fait d’eux. Il s’appelle Mickey One, et il est inoubliable. Excessif, stylisé, raté, fellinien, lyrique, irrégulier, Mickey One ne se laisse pas oublier. Des années plus tard, il cogne encore à la porte de la mémoire. Par sa sublime bande-son d’abord : Eddie Sauter/Stan Getz à la musique, excusez du peu, c’est le classique et le baroque qui se conjuguent en un seul jet, un seul; on n’en revient pas. Ghislain Cloquet à la photo, autrement dit le noir et blanc immaculé d’un temps où les gris aussi, toute la gamme des gris, existaient. Un scénario qui fait intimement corps avec ses acteurs (ou l’inverse, on ne sait plus). Et tant de choses encore, indicibles. Mickey One est un appel pressant à la paranoïa, ou plutôt un appel de la paranoïa, brûlant, fiévreux, qui squatte le temps d'un film le corps d'un acteur de stand up en train de devenir fou (Warren Beatty dans son meilleur rôle). Qu’est ce qui l’agite, Mickey? Est-il vraiment poursuivi (à certains moments, on en doute) par la maffia (en la personne du mystérieux Hurt Hatfield -1918-1998-, le génial acteur du Portrait de Dorian Gray d'Albert Lewin, et surtout du Journal d'une femme de chambre, l’un des chefs d’œuvre américains de Jean Renoir).
Rarement symptômes, disons ceux de Lenny Bruce ou de Phil Spector pour aller vite, auront été aussi bien incarnés. La violence rentrée, la haine de soi, la peur de soi … tout est dans Mickey One. Est-ce vrai ? Je n’en sais rien, mais tout être humain un tant soit peu honnête (qui n’a pas trop peur de lui-même) s’y reconnaîtra."

(note extraite de son blog)

Buster a dit…

Très belle note. C'est vrai que le film a quelque chose de fellinien (on pense plus d'une fois à 8 1/2)

Cf. le générique

sébastien a dit…

Faster, Pussycat! Kill! Kill! de Russ Meyer!!

http://www.dailymotion.com/video/xihed1_faster-pussycat-kill-kill-intro-1965_shortfilms

Buster a dit…

Ah oui, super... le film qui a inspiré Tarantino pour son Boulevard de la mort.
L'occasion en plus de rendre hommage à Tura Satana, récemment disparue.

Thierry a dit…

Rayon BD, j'ajouterai que 1965 marque les débuts du Concombre masqué de Mandryka et de Philémon de Fred.

Buster a dit…

Merci.