dimanche 17 juillet 2011

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Il paraît que la 3D serait déjà sur le déclin (on ne s’en plaindra pas), ce qui était prévisible car en fait, hormis le cas particulier d’Avatar, seul film réellement pensé pour le "relief" (en réalité la profondeur), ce n’était qu’une stratégie pour imposer définitivement le numérique, une sorte de cheval de Troie (D), une ruse de guerre donc, pour s’introduire dans le système troyen - celui, argentique, de la pellicule - et le détruire de l’intérieur. Aujourd’hui que c’est quasiment gagné (hélas), que le numérique est en passe de s’imposer à tous les niveaux, du plateau de tournage à la salle de projection, eh bien, de la 3D on n’a plus vraiment besoin...

Vu Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Løve. On dit que le film se nourrit beaucoup d’Everyone else de Maren Ade. Peut-être, je n’en sais rien, je ne connais pas. Moi j’y ai plutôt vu du post-Monika à la sauce téchino-assayassienne. La première partie, avec le jeune acteur allemand et son jeu dont on ne sait s’il est faux ou monocorde, est plutôt agréable, même si on a l’impression d’avoir vu ça mille fois. Après, une fois le garçon disparu, à défaut d’avoir été oublié, c’est moins convenu mais moins convaincant aussi. Je ne me lancerai pas sur la part autobiographique (scandinave) du film, ça n’a pas grand intérêt... Je passe aussi sur la question de l’architecture, le rapport au Bauhaus, tout ce qui donne un aspect programmatique au film et vient contredire la note impressionniste du début... Non, le problème, et il est récurrent chez Hansen-Løve, c’est qu’on y perçoit trop sa volonté d’aller à l’essentiel, de retirer ce qui fait le "gras" d’un film. Rechercher l’épure, très bien, mais cela procède d’une démarche qui commence dès l’écriture, se prolonge au tournage et trouve son accomplissement au montage. Là, ce n’est pas le cas, on est davantage dans la soustraction, la coupe forcée, que dans l’épure. On devine trop, à chaque plan, le tour de force pour justement alléger au maximum (au risque de rendre la notion de temps totalement volatile) et se prémunir de toute accusation de psychologisme à la française. Ici tout glisse, tout file, on suit le film sans déplaisir, mais rien n’accroche non plus, et à l’arrivée il ne reste pas grand-chose. Pas de trace, pas d’empreinte, bizarre quand même pour un film sur l’amour, le passé, l'amour passé...

Voeckler ça rime avec eau claire. Maintenant que les cadors (Contador, Evans, les frères Schleck...) sont soumis au même "régime", non seulement ils se neutralisent, car se retrouvant tous à peu près au même niveau (de sorte que les grandes étapes de montagne accouchent invariablement d’une souris: un long sprint dans les deux derniers kilomètres), mais surtout ils grimpent nettement moins vite qu’avant, ce qui fait qu’un type comme Voeckler, notre sympathique petit champion (Robic des temps modernes?), avec son expérience et son intelligence tactique, a beaucoup moins de mal à les suivre... Bon, cela ne veut pas dire qu’il va gagner le Tour (faut pas exagérer), mais la sévérité du contrôle antidopage (du moins en France) provoque indiscutablement un nivellement par le bas qui profite (enfin) à tous ces coureurs, surtout français, qui depuis quelques années, en ce qui concerne la lutte antidopage, se sentaient un peu les dindons de la farce.

15 commentaires:

Griffe a dit…

"Ici tout glisse, tout file" : très exactement l'impression que me laissent les films de Truffaut, inspirateur omnipesant de Téchiné, Assayas, Hansen-Love, et comme vous dites, "à l’arrivée il ne reste pas grand-chose".

Buster a dit…

Quand je dis "post-Monika" c'est en effet moins à Bergman que je pense qu'à l'influence de ce film sur Truffaut.

marie a dit…

oui on sent le travail d'épure avant même qu'il ait quelque chose à épurer et la musique, beaucoup de musique par dessus n'arrange pas les choses, c'est dommage.
Une question: es-ce que vous étiez au FID?

Buster a dit…

Non je n’étais pas au FID. Pourquoi? Vous y avez vu des films intéressants?

marie a dit…

alors ce n'était pas vous -dommage. Oui une belle programmation.

Marie (une autre) a dit…

Buster, je vous aime bien, mais là vous me décevez. Moi je le trouve très beau ce film de Mia Hansen-Love, c’est un film très juste sur l'amour adolescent, à la fois tendre et cruel, lumineux et inquiétant, nettement plus abouti que ses précédents. Si vous au moins vous ne faites pas le procès rabaché du cinéma d'auteur français, forcément de droite, comme cet idiot de Renzi qui ne juge les films que sur des critères idéologiques –avez-vous lu son texte ? (il y a aussi celui sur « Pater » de Cavalier, texte complètement nul à l’image de la note qu’il met au film) - vous pourriez être un peu plus indulgent, vous l'êtes bien pour d'autres femmes cinéastes, suivez mon regard ;)

Buster a dit…

Hé hé... désolé, je ne danse pas le Mia :-) Quant à Renzi, je le laisse régler ses comptes.

P/Z a dit…

Question intelligence tactique Voeckler, il se pose là !
Pour le reste on se fiche complètement de Hansen-Løve.

Buster a dit…

Oui, c’est l’exception qui confirme la règle... En fait Voeckler n’a pas couru si mal que ça sur le plan tactique. Les commentaires a posteriori c’est toujours facile. En tant que maillot jaune, il se devait de répondre à l’attaque de Contador et surtout Andy Schleck, son plus dangereux adversaire. Peut-être n’aurait-il pas dû insister si longtemps à partir du moment où il n’arrivait pas à combler l’écart. Le problème c’est que derrière ça n’avançait pas non plus, Evans ayant été retardé par un problème mécanique. Les circonstances de course ne l’ont pas trop aidé et comme il était quand même en sur-régime depuis un bout de temps (dans les cols, il emmène des développements énormes, ça me rappelle Leblanc), il était à craindre qu’il craque à un moment ou un autre (en revanche, son coup de mou a bien servi les desseins de Rolland). Les plus critiques aujourd’hui à l’égard de Voeckler sont surtout ceux, naïfs, qui le voyaient gagner le Tour!

ps: j’ai toujours eu un certain respect pour les coureurs cyclistes (même ceux qui se chargeaient), ce qui n’est pas le cas, par exemple, pour les footballeurs, starisés et pourris gâtés.

Lao Tsu Ben a dit…

Enfin un bon tour!

Anonyme a dit…

Mais justement la tactique c’était ça, laisser Voeckler s’épuiser à courir seul entre deux groupes de favoris. S’il avait été plus malin, il aurait attendu le 2e groupe dès le début. Il s’est fait piéger en beauté, c'est tout !

Buster a dit…

Malin malin... une étape de haute montagne, qui plus est d’une centaine de km, n’a rien à voir avec une longue étape de plaine. Si Evans avait pu suivre Contador et Andy Schleck, ou rejoindre rapidement Voeckler, il l’aurait fait. Laisser Voeckler seul devant c’était prendre le risque de laisser Contador et A. Schleck s’envoler et ne plus jamais les revoir. Adieu la victoire finale. La tactique dans les cols, mon oeil (seul Frank Schleck n’avait pas de raison de rouler derrière)... ce sont les circonstances de course qui ont isolé Voeckler. Qu’il n’ait pas eu les moyens physiques d’y faire face et qu’il ait manqué de lucidité, une fois dans le rouge, c’est clair... mais de là à y voir un piège dans lequel il serait bêtement tombé, c’est ne rien connaître au vélo.

Oui Lao Tsu Ben, un Tour plus intéressant parce que certainement plus "propre". Voir Contador (qui sur ce Tour est un peu sur courant alternatif) coincer à 3 km d’une arrivée au sommet, surtout L’Alpe d’Huez, et se faire distancer par un jeune coureur français, c’était inimaginable il y a seulement... un an.

Hic a dit…

Coluche disait que « le Tour de France c’est une bande d’alcooliques qui regardent passer une bande de drogués » . Aujourd’hui il y a peut-être moins de drogués dans le peloton, mais il y a toujours autant d’alcooliques sur la route !

Anonyme a dit…

J'aime beaucoup votre blog sur le vélo. En revanche je ne connais pas ce Hansen-Love, il a dû terminer hors-délais ;-)

Buster a dit…

Anonyme ;-)

A votre santé Hic!