samedi 30 juillet 2011

1964










Gertrud de Carl Th. Dreyer (1964).

Pour commencer, les films incontournables, les films de ciné-club, aimés à l'adolescence, forcément aimés: Charulata de Satyajit Ray, le Désert rouge de Michelangelo Antonioni, le Dieu noir et le diable blond de Glauber Rocha, l'Evangile selon saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini, le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel, Police spéciale (The naked kiss) de Samuel Fuller, Pour l'exemple (King and country) de Joseph Losey, Prima della rivoluzione de Bernardo Bertolucci...
Et puis des plaisirs de cinéphile plus tardifs, plus authentiques aussi: la Charge de la huitième brigade (A distant trumpet) de Raoul Walsh, Cyrano et d'Artagnan d'Abel Gance, Désir meurtrier de Shohei Imamura, Sept contre la mort (The cavern) d'Edgar G. Ulmer, le Sport favori de l'homme de Howard Hawks, Jerry souffre-douleur (The patsy) de Jerry Lewis, Une femme mariée de Jean-Luc Godard... Sinon toujours pas vu Lilith de Robert Rossen (ni Toutes ses femmes d'Ingmar Bergman).

1964, ce sont aussi les Jeux Olympiques de Tokyo, avec notamment Bob Hayes, vainqueur magnifique du 100m (l'extrait est tiré de Tokyo Olympiades de Kon Ichikawa qui sortira l'année suivante), l'inspecteur Clouseau de Blake Edwards et son alter ego "la Panthère rose" (The pink phink de Fritz Freleng)...

Mais 1964 c'est surtout l'année de... Mary Poppins (et non de My fair lady, certainement plus brillant mais infiniment moins touchant). J'ai écrit un jour que mon plus vieux souvenir de cinéma c'était Kismet de Minnelli. C'est vrai mais c'est moins du film dont je me souviens (je devais avoir six ans, pas plus) que de la chanson "Stranger in paradise". Alors que Mary Poppins, vu à l'âge de huit ou neuf ans, je m'en souviens encore très bien. Signe que le film devait dégager un charme particulier, qui le distingue des autres productions Disney, mais que je serais bien incapable d'expliquer aujourd'hui (oui je sais, supercalifragilisticexpialidocious...). Quelques extraits (en VF, bien sûr, version de mon enfance) , et .

Pour ce qui est des séries télé, 1964 c'est le début de Des agents très spéciaux (The man from U.N.C.L.E., Norman Felton et Sam Rolfe), de Ma sorcière bien-aimée (Bewitched, Sol Saks)...

Côté albums, il y a bien sûr: The Beatles for sale des Beatles, Crescent de John Coltrane, Getz/Gilberto de Stan Getz et João Gilberto, Olympia 1964 de Jacques Brel, The Rolling Stones des Rolling Stones, Speak no evil de Wayne Shorter, The times they are a-changin' et Another side of Bob Dylan de Bob Dylan... et pour les livres: 1275 âmes de Jim Thompson, La Truite de Roger Vailland... (rayon BD, étant surtout lecteur de Tintin et de Peanuts, je laisse les spécialistes faire le point dans les commentaires)

Reste mon Top 10 (6 films, 3 albums et 1 bouquin), par ordre alphabétique:

- A hard day's night, The Beatles
- Bande à part, Jean-Luc Godard
- Five live Yardbirds, The Yardbirds
- Gertrud, Carl Th. Dreyer
- Pain in my heart, Otis Redding
- Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy
- Pas de printemps pour Marnie (Marnie), Alfred Hitchcock
- La Peau douce, François Truffaut
- Le Ravissement de Lol V. Stein, Marguerite Duras
- Tourments, Mikio Naruse

"Nue sous ses cheveux noirs, nue, nue, cheveux noirs." (Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein)

Bonus TV:
- La Rivière du hibou (1962) de Robert Enrico, d'après la nouvelle d'Ambrose Bierce An occurrence at Owl Creek Bridge, diffusé le 28 février 1964 sur CBS: 142e épisode de la série Twilight zone (La Quatrième dimension)
- un extrait de La Terreur et la vertu de Stellio Lorenzi (La caméra explore le temps)

Mon jukebox 1964, par ordre alphabétique:

- A hard day's night, The Beatles, A hard day's night
- And I love her, The Beatles, A hard day's night
- I feel fine, The Beatles
- I get around, The Beach Boys, All summer long
- She's not there, The Zombies
- Tainted love, Gloria Jones
- The times they are a-changin', Bob Dylan, The times they are a-changin'
- You really got me, The Kinks, Kinks

Et encore, des Beatles: "Can't buy me love", "Eight days a week", "If I hell", "I should have known better", "She's a woman".

[1964 se poursuit dans les commentaires avec Cheyenne Autumn de Ford, Rio Conchos de Gordon Douglas, Ayler, Dolphy et le free-jazz, le western italien, Séduite et abandonnée de Germi, la Gorgonne de Fisher, Zoulou de Endfield, Kubrick, Frankenheimer, Lumet et la politique-fiction, Suzuki bis, Passion de Masumara, la Nuit de l’iguane de Huston, L’insoumis de Cavalier, Fleur pâle de Shinoda, Metel de Vladimir Basov, Italiani brava gente de De Santis, Kiss me stupid de Wilder, Goodbye Charlie de Minnelli, La ragazza de Comencini, "Where did our go" et "Baby love" par The Supremes, "Remember (walking in the sand)" et "Leader of the pack" par The Shangri-las, The killers de Siegel, Rysopis de Skolimowski, El extraño viaje de Fernan-Gomez, la Chute de l’empire romain de Mann, "Walking in the rain" par The Ronettes, The americanization of Emily de Hiller, "Goldfinger" par Shirley Bassey, "Göttingen" de Barbara, Barbarella de Forest, Bassae de Pollet, Peyton Place, Sex and the single girl de Quine, les Cent cavaliers de Cottafavi, The brig de Jonas Mekas, Scorpio rising de Anger, la Chasse d'Oliveira, Dionne Warwick et Burt Bacharach, "Gloria" par Them...]

à suivre...

61 commentaires:

Jeff McCloud a dit…

Quatre femmes marquantes en 64 : Gertrud, Marnie, Charulata, Lilith. (je n'ai jamais vu Mary Poppins...)

On pourrait mentionner "Cheyenne Autumn" de Ford et l'étonnant "Rio Conchos", peut-être le meilleur film du sous-estimé Gordon Douglas.

En ce qui concerne la musique, on peut ajouter "Spiritual Unity" d'Albert Ayler, "Speak No Evil" de Wayne Shorter, "It's Monk Time" du génial Thelonious, et surtout "Out to Lunch !" d'Eric Dolphy.

to be continued...

Buster a dit…

Merci Jeff.

Pour les films, c’est vrai que je n’ai mentionné aucun western (j’en connais un qui ne va pas être content). Cheyenne autumn est un beau film, je l’aime bien mais sans plus, le parti pris pro-indien y est trop manifeste, on y devine une concession à l’air du temps (ce qui est pour le coup anti-fordien) et au niveau de la mise en scène c’est assez souvent paresseux, l’émotion vient moins finalement du destin tragique des Cheyennes que du fait qu’il s’agit là du dernier western de Ford tourné dans son "jardin" (Monument Valley, etc)
De Gordon Douglas, je connais surtout son film de SF Them! (excellent) et les Frank Sinatra (Tony Rome et le Détective). Il paraît que son film antirouge I was a communist for the FBI n'est pas si mal. Sinon je garde un bon souvenir de Rio conchos, mais plus pour son côté un peu délirant - par certains aspects le film annonce les westerns de Sergio Leone (Pour une poignée de dollars est d’ailleurs sorti peu de temps après).

Pour le jazz, Speak no evil de Wayne Shorter, oui bien sûr, je l’avais retenu dans ma liste mais le titre a sauté au moment d’écrire la note (je le rajoute). It’s Monk’s time, je ne connais pas très bien, il faudrait que je le réécoute. En revanche, je ne suis pas fan de free jazz, je ne déteste pas, mais je n’accroche pas vraiment, surtout quand les morceaux font comme souvent vingt, trente minutes, même plus encore. C’est pourquoi, et là j’anticipe, pour 1965 je retiendrai A love supreme de Coltrane et non son Ascension free. Donc Ayler et Dolphy, je passe.

Vincent a dit…

Nous y voilà !
Pour les westerns, je vous remercie de me laisser le plaisir d'aborder le sujet, d'autant que sur le film de Ford, je partage votre point de vue. Ford a eu du mal à faire ce qu'il voulait (la distribution des rôles des indiens entre autres) et le film a des faiblesses. De toutes façons, le western américain dans les années 60, ce n'est pas la joie.
Donc, 64, c'est la naissance du western italien avec le film de Léone et une trentaine d’œuvres oubliables et le premier opus de Corbucci, Minnesota Clay (http://www.youtube.com/watch?v=4ucePF2OrWM). Sinon, à ceux que vous avez cité, j'ajoute : "Séduite et abandonnée" de Germi, "Mariage à l'italienne" de de Sica, "Six femmes pour l'assassin" de Bava.
En France, c'est le premier de la série Angélique :)
En Angleterre, "La gorgonne" de Fisher
Aussi le "Dr Folamour" de Kubrick et moins connu, étrange, "The seven faces of dr Lao" de Georges Pal (http://www.youtube.com/watch?v=J1KJOjKvg3M) et encore le "Soy Cuba" de Mikhail Kalatozov...
Sinon que de beau monde pour cette année. Pour Godard et Truffaut ce sont parmi mes films préférés de leur filmographie, et Hitchcock, Lewis, Demy, Fuller, Hawks. (à suivre).

Vincent a dit…

J'oublie le "Zoulou" de Cy Enfield.

Lolo64 a dit…

Quant à moi, j’ajouterai le triptyque politico-fictionnel que constituent « Dr Folamour » de Kubrick, « Sept jours en mai » de Frankenheimer et « Point limite » de Lumet.

Buster a dit…

Merci Vincent. J’aime bien le Germi et le Bava. Minnesota Clay, inutile de dire que je ne connais pas. Corbucci il faudra que je m’y mette un jour. Le film de Pal pas vu non plus (de lui, en tant que réalisateur, je ne connais que sa Machine à explorer le temps). Il paraît que Peter Sellers avait été pressenti pour le rôle principal, ce qui en fait huit si j'ai bien compris, soit cinq de plus que dans Dr Folamour :-) Zoulou de Cy Endfield, ça je l'ai vu gamin, la bataille finale m'avait beaucoup impressionné, ça tombait comme des mouches, je crois bien avoir cauchemardé pendant quelques nuits.

Buster a dit…

OK Lolo, et moi j’ajouterai que le meilleur des trois n’est peut-être pas celui qu’on croit. :-)

DnD a dit…

Décidément, c'est chouette, ces clins d'oeil. Et merci de prendre le temps d'insérer tous ces liens, ça aide les as des lacunes en mon genre.
(Très envie de voir "Mary Poppins", jamais vu, tout à coup !)

stéphane a dit…

Vous avez raison pour "Tourments" de Naruse et "Désir meurtrier" d’Imamura, certainement les deux meilleurs films japonais de l’année 64, largement supérieurs aux célèbres "Kwaidan" et autre "Femme des sables". On peut retenir aussi deux films de Suzuki: "La Barrière de chair" et surtout "Les Fleurs et les Vagues". Egalement "Evasion du Japon" de Yoshida et "Passion" de Masumura.

Edouard a dit…

Il y a assez longtemps, j'avais apprécié la poisseuse "Nuit de l'Iguane" de Huston, ainsi que la fameuse "Femme des sables" de Teshigahara.
De façon plus précise, j'ajouterai le grand film d'action (si si, voir la façon extraordinaire de filmer les gestes et les mouvements) d'Alain Cavalier, "L'insoumis", et le très beau "Fleur pâle", révélation récente, pour ma part, de Masahiro Shinoda :
http://www.youtube.com/watch?v=oOOr4nuWFqU

Buster a dit…

Merci DnD, mais pour Mary Poppins, attention, le découvrir quand on est grand ça peut être très décevant si on n’a pas gardé son âme d’enfant...

Buster a dit…

Stéphane, oui Tourments est un film magnifique. J’ai déjà parlé de son finale bouleversant (un des plus beaux qui soient) qu’admirait tant Edward Yang. Takamine y est sublime.
Dans un genre très différent, Désir meurtrier est aussi un grand film... Ce que j’aime chez Imamura c’est l’aspect heurté et très clinique de ses films, désir et perversion y sont filmés dans leur brutalité même, ce qui fait toute la vitalité de son cinéma, mais sans les excès sado-maso de certains de ses confrères, tel Masumura justement (je pense plus à la Bête aveugle qu’à Passion que je ne connais pas).

Edouard, j’ai gardé moi aussi un bon souvenir de la Nuit de l’iguane, alors qu’au départ (Tennessee Williams + trois grosses stars) on pouvait craindre le pire. L’insoumis de Cavalier, ça commence à faire loin, je me souviens surtout de la musique de Delerue (j’ai un souvenir plus fort du Combat dans l’île). Fleur pâle de Shinoda a en effet bonne réputation mais je ne l’ai jamais vu (on trouve le film en intégralité , sous-titres anglais)

Jesús Cortés a dit…

Et n'oublions pas à "Mietiel" de Vladimir Basov, "Italiani brava gente" de De Santis, les sous-estimé "Kiss me stupid" de Billy Wilder et "Goodbye Charlie" de Minnelli, le meiller Bertolucci "Prima della rivoluzione", "The Gorgon" de Terence Fisher, "La ragazza di Bube" de Comencini, le masacrée "Major Dundee" de Peckinpah et naturallement "The time´s they are a changing" et "Another side of Bob Dylan" et merveilleuz singles par The Impressions, The Zombies, Chuck Berry, The Temptations, The Beach Boys, The Shangri-las...

Christophe a dit…

1964, c'est encore -plus pour très longtemps certes- l'âge d'or des girl groups.
Les Anglais à cheveux longs n'ont pas encore chassé les escarpins et soquettes blanches des hits-parades, on en profite...

The Blossoms - Tell him
http://www.youtube.com/watch?v=jae1wyNZKFk

The Supremes - Where did our love go
http://www.youtube.com/watch?v=MKTIwSLU4i4

The Shangri-las - Remember walking in the sand
http://www.youtube.com/watch?v=6zRHovccHDo&feature=related

The Ronnette - Do I love you

The Shirelles - Everybody loves a lover
http://www.youtube.com/watch?v=VJ9Z3gjhDKs&feature=related
(peut-être la vidéo la plus réjouissante qu'on puisse trouver sur Youtube)

Anonyme a dit…

Bonjour Buster,

Depuis assez longtemps, je suis un lecteur régulier de votre blog, que j'apprécie beaucoup, mais je ne sais jamais quoi laisser comme commentaires, tant je trouve vos billets complets, quand ils ne sont pas impeccables.

Cette fois-ci je profite de deux omissions possibles... Vous ne citez pas, et vos lecteurs non plus, deux cinéastes que le festival Paris Cinéma de cette année aura permis de découvrir, ou réévaluer?

Est-ce que The Killers (Siegel) et Rysopis (Skolimowski) sont des omissions, ou vous n'aimez pas trop ces films?

Bien à vous,

Anthony Prunaud.

Anonyme a dit…

J'ajouterai "Gare du Nord" de Rouch, "Viva Las Vegas" de Sidney et "El extraño viaje" de Fernán-Gómez.
Rodrigo Dueñas

Buster a dit…

Merci Jesus Cortes,
Metel de Basov est un film plastiquement superbe en effet, il me semble qu’on peut le voir sur internet mais je ne retrouve pas le lien (je vais chercher). Kiss me stupid est un bon Wilder, Goodbye Charlie n’est peut-être qu’un Minnelli mineur mais c’est un Minnelli, donc... Sinon le film de De Santis je ne connais pas, idem pour la Gorgonne de Fisher que Vincent avait également cité, j’en déduis que le film vaut le détour. La ragazza di bube, oui bien sûr, le film a été évoqué dans les commentaires... 1963 (Comencini est peut-être mon cinéaste italien préféré), tout comme la Chute de l’empire romain de Mann. Major Dundee est sorti en 1965 (rigueur rigueur)...

à suivre (je découvre les commentaires)

Buster a dit…

Christophe, vous avez raison, profitons que la pop anglaise n’a pas encore tout envahi pour rendre hommage à quelques girl groups. Je vais regarder les liens que vous proposez.

Buster a dit…

Bonjour Anthony, merci pour les fleurs... The Killers je ne l’ai pas cité parce qu’il ne m’est pas venu à l’esprit mais c’est certainement un des meilleurs films de Siegel. Je ne l’ai pas revu récemment mais à l’époque il m’avait beaucoup impressionné, par sa violence bien sûr (on est dans le pur film d’action US, très behavioriste), mais surtout par son style, une sorte de série B abstraite, avec ses aplats de couleurs, et la sécheresse de son découpage... Rysopis de Skolimowski, j’aime bien, mais pas autant que Walkover, le Départ, Deep end ou Travail au noir.

Bonjour Rodrigo, je ne connais pas les films réalisés par Fernan Gomez. Vous pouvez m’en dire plus sur cet "Etrange voyage"?
(Sinon Gare du Nord de Rouch qui est peut-être le meilleur sketch de Paris vu par... j'en reparlerai dans ma note 1965)

Ben a dit…

1964, si l’on excepte les Beatles, c’est l’année des Supremes de Diana Ross avec notamment "Where Did Our Love Go" et "Baby Love", celle des Ronettes avec "Walking In The Rain" et plein d’autres trésors qu’on retrouvera sur leur album "Presenting The Fabulous Ronettes Featuring Veronica", celle aussi des Shangri-las avec "Remember (Walking In The Sand)" et ses cris de mouettes, et "Leader Of The Pack" et ses bruits de moto.

Jesús Cortés a dit…

Il paraît impossible maintenant de trouver sous-titre par "Metiel". La chose unique que l'on peut faire il est de chercher un résumé de l'argument et s'arranger avec cela.
Selon mon opinion, c'est l'un des chefs-d'oeuvre du cinéma romantique.
"Major Dundee" il a été filmé en 1964. "Goodbye Charlie" est génial. Personne ne s'est éveillée "Italiani..." quand il est mort Peter Falk; une pitié.

Vincent a dit…

Un film encore que j'ai découvert récemment : "Les jeux de l'amour et de la guerre" de Arthur Hiller ou Julie Andrews voulait s'émanciper de Mary Poppins. Et aussi le "Kwaidan" de Kobayashi et "The longs ships" de Jack Cardiff.

Musicalement, je serais sans doute très proche de votre juke-box, Buster, avec un peu de Rolling Stones pour équilibrer les Beatles. Et puis : Goldfinger par Shirley Bassett, Göttingen de Barbara, La montagne de Jean Ferrat, un souvenir d'enfance le Zorro Est Arrivé par Henri Salvador (hem) et du côté de Brassens : Les Copains d'abord. Avec ça, deux albums de miss London et trois de Sam Cooke.

En Bande Dessinées, après quelques recherches : Astérix gladiateur (Urerzo, Goscinny), débuts de Daredevil (J'ai toujours aimé les dessins de Gene Colan) et Barbarella de Forest éditée au Terrain Vague. Deux épisodes de Jerry Spring par Jijé, "Opération Mercury" pour Buck Danny, "La caravane" et "Les Daltons courent toujours" pour Lucky Luke, "Les moines rouges" de Tillieux, "Echec au Roy " pour Barberouege, on est en plein âge d'or de la BD Franco-Belge.

Buster a dit…

OK Ben, vous confirmez ce que disait Christophe...
C’est vrai que tout ça est superbe. Les Shangri-las je ne les avais pas réécoutées depuis longtemps, ces petites pièces musicales c’est vraiment très étonnant... La Motown, Spector, ça mériterait une note spéciale.

Donc:
Where did our love go? et Baby love des Supremes
Walking in the sand et Leader of the pack des Shangri-las

Jesus Cortés, oui oui Goodbye Charlie est un régal, quand je dis mineur c’est parce qu’il n’est pas considéré comme un des grands films de Minnelli…
Italiana brava gente, j'aimerais bien le découvrir.

Vincent, merci d'avoir complété... Le film d'Hiller est son meilleur je crois. Kwaidan je suis moins fan. The longs ships je ne connais pas.
Pour la musique, je vais essayer de trouver quelques liens.

Lolo64 a dit…

« OK Lolo, et moi j’ajouterai que le meilleur des trois n’est peut-être pas celui qu’on croit »

Vous pensez auquel ?

Anonyme a dit…

Tout d'abord je m'excuse pour mon français. Je vais essayer de répondre dans votre langue.
Fernando Fernán-Gómez (1921-2007) est l'un des grands cinéastes espagnols. Il est surtout connu comme acteur bien, ayant travaillé presque exclusivement en Espagne, est pratiquement inconnu en dehors de nos frontières. Peut-être vous se souviennent de lui comme le père de la fille de «El espíritu de la colmena" (1973) de Víctor Erice. Est sorti en France l'extraordinaire "Maravillas" (1981) de Manuel Gutiérrez Aragón?
En tant qu'acteur, il a travaillé dans 185 films (la plupart d'entre eux étant le protagoniste), dont beaucoup sont des comédies.
Il était un artiste très aimé et respecté. Il a également beaucoup travaillé dans le théâtre (comme acteur, réalisateur et dramaturge) et la télévision (comme acteur, réalisateur et écrivain). Il était aussi un excellent écrivain.
Les cinéphiles se souviennent de lui surtout comme un réalisateur de cinéma. Il était un réalisateur indépendant et lucide qui ne fut pas reconnu comme il le méritait.
"El extraño viaje" est une comédie "féroce", réaliste et pessimiste. Il est probablement considéré comme son meilleur film. Mais je pense que parmi les 26 films qu'il a dirigé, il y a certains qui sont égaux ou même mieux : "La vida por delante" (1958), "La vida alrededor" (1959), "Sólo para hombres" (1960), "El mundo sigue" (1963), "El viaje a ninguna parte" (1986) et "El mar y el tiempo" (1989).
Rodrigo Dueñas

Buster a dit…

Merci beaucoup Rodrigo pour toutes ces précisions.
Finalement en cherchant un extrait du film je me suis aperçu qu’on pouvait le voir en entier sur Youtube.

Les dix premières minutes de El extraño viaje de Fernan-Gomez.

Lolo, disons que le Kubrick est un peu lourdingue, plus lourd que dingue, et que le Lumet est un peu trop théorique… reste donc le Frankenheimer.

non(n)e - the liste a dit…

Tiens, mon "Top 10" 1964 :

01- Marnie, d'Alfred Hitchcock
02- Gertrud, de Carl Th. Dreyer
03- A distant trumpet, de Raoul Walsh
04- Cheyenne Automn, de John Ford
05- Tourments, de Mikio Naruse

06- A shot in the dark, de Blake Edwards
07- Bassae, de Jean-Daniel Pollet
08- Une femme mariée, de Jean-Luc Godard
09- Man's favorite sport?, d'Howard Hawks
10- Six femmes pour l'assassin, de Mario Bava

Bonus : Goodbye Charlie, de Vincente Minnelli

Buster a dit…

Excellent.

Bassae de Pollet (ah la voix de Négroni!)

vladimir a dit…

"1964" de Miossec

Buster a dit…

Ha ha ha... (gros malin)

Buster a dit…

Sinon spéciale dédicaces:

Pour Jesus Cortés
Metel de Valdimir Basov (en VO) et le début de Goodbye Charlie de Minnelli.

Pour Vincent
Goldfinger par Shirley Bassey
Göttingen de Barbara (superbe)

Et pour Vladimir
…que dalle!

Christophe a dit…

bon c'est quoi le délire autour de Goodbye Charlie?
c'est quand même très indigent non?
Le pseudo-remake de Blake Edwards est plus réussi.

Anonyme a dit…

Don’t let me be misunderstood de Nina Simone + La Tombe de Ligeia de Corman et 2 films français plutôt agréables : Judex de Franju et L’Homme de Rio de De Broca.

Buster a dit…

Indigent Goodbye Charlie?, oui justement... le film est "pauvre", comme les deux suivants, c’est la fin du succès, Minnelli est certainement celui qui a le plus souffert du déclin des studios (la MGM c’était sa famille), et c’est ce qui rend cet "au revoir" si émouvant. Beau film dépressif, loin du faste d’antan, bavard et pas drôle, film-symptôme comme dirait Daney, comme par la suite Smorgasbord de Jerry Lewis ou dernièrement Funny people de Judd Apatow... Etant minnellien et un peu mélancolique de nature, il est possible que j’exagère la qualité du film, mais bon quand même, c’est loin d’être le film académique et besogneux que beaucoup ont vu à sa sortie.

La Tombe de Ligeia, Judex, l’Homme de Rio: jolis souvenirs de jeunesse...
Sinon, Don’t le me be misunderstood, je préfère la version d’Eric Burdon.

génie - sans frotter :-] a dit…

Il y a des films qu'on a envie de défendre - ou de protéger - en tant qu'amateur (plutôt que "cinéphile" ou "critique", que je ne suis pas) ; un peu ce que disait Preminger à propos de ses films les plus fragiles.

Goodbye Charlie fait partie de ceux-là, et vient même en très bonne position ! (c'est pourquoi je l'ai mis en "Bonus" !-]

D'abord, parce que je commence à me fiche de plus en plus de l'aspect "réussi" des films. Il y a des milliers de films "réussis" que je trouve mauvais (pour dire vite les films "académiques" - ce qui m'évite de balancer une fois encore contre une certaine revue de bras cassés !-), et j'aurais plutôt tendance à apprécier les films dits "ratés". Non par pose (quoique ?-], mais parce qu'ils dégagent un "je-ne-sais-quoi", pas forcément un charme, mais une "humeur", ou un ton ; qui m'en dira toujours un peu plus long qu'un enchaînement de séquences réussies !

Oui, Buster, le film de Minnelli rend bien compte, selon moi, de la fin d'une époque, du passage à un autre temps, et à un autre état d'esprit. Entre parenthèses : très bien vu de ta part, ça, la rétro à partir de 1963 ;-D

En revanche, dans mon souvenir - assez lointain maintenant, puisque je l'ai vu il y a presque dix ans -, il ne m'a pas paru ni "indigent", ni "pas drôle", mais au contraire assez plaisant, voire jouissif, moins sans doute que certains passages de The Long long trailer - que j'aime assez (contrairement à beaucoup) et moins que celui-là - mais, disons un peu dans cette veine. Je m'en souviens comme d'un film "assez génial" - si je puis dire - et d'un cinéaste qui se fait plaisir en se foutant de la bienséance et du bon goût ; et qui (pourtant ?) le fait bien partager... seulement à qui le veut bien ?-]

Christophe a dit…

Eh bien pour ma part, je trouve que les "beaucoup qui l'ont vu à sa sorti" avaient raison contre les plus pervers des auteuristes ("film-symptôme", non mais ce qu'il faut pas inventer comme pseudo-concept pour sauver les mauvais films).
Au revoir Charlie est indigne de l'homme qui, encore un an auparavant, réalisait un chef d'oeuvre de sensibilité avec Il faut marier papa.
Il avait quand même pour lui une idée de départ riche de potentiel comique et dramatique et un couple d'acteurs hautement sympathique. Seulement, comme vous l'admettez, le scénario est très pauvre et la mise en scène est en roue libre (la gestion du Scope est tout à fait indigne de Minnelli).
Sans doute que le matériau n'était pas l'idéal pour un réalisateur de comédies qui après tout s'était essentiellement illustré dans un registre familial. Un tel sujet aurait certainement davantage convenu à un Billy Wilder qui la même année ou presque réalise Kiss me stupid, pour le coup un chef d'oeuvre de la comédie.
Par ailleurs et comme vous le sous-entendez, c'est très probable que Minnelli n'était pas aussi à l'aise dans son travail à la Fox qu'à la MGM et ce n'est pas parce que je pointe un échec que je veux condamner qui que ce soit.

Buster a dit…

Goodbye Charlie n’est pas un chef-d’oeuvre, soit (cela dit, je le préfère à Kiss me stupid, dont j’aime bien l’outrance "nombrilesque", voire la vulgarité parce qu’elle est assumée, mais dont je perçois aussi les limites). Que le film soit inférieur à The courtship... on est bien d’accord, ce dernier est un des meilleurs Minnelli, un des meilleurs films des années 60, je l’avais d’ailleurs mis dans mon Top 63, il n’en reste pas moins que c’est un film que je trouve extrêmement touchant, malgré les défauts (ou à cause des défauts, peu importe) que vous lui trouvez. Il ne s’agit pas de pose auteuriste (aimer ce que les autres n’aiment pas), ni de projection subjective (aimer parce que ça renvoie à des choses personnelles), conneries tout ça... Si j’aime Goodbye Charlie c’est parce que j’y vois une adéquation réussie (à défaut d’être parfaite) entre l’écriture du film et le contexte dans lequel il s’inscrit. L’émotion vient de là. Je parle de film-symptôme, pour mieux pointer ce que je veux exprimer, mais on pourrait l’exprimer autrement. Comme dit "Génie sans frotter", ni même bouillir, pour une fois :-) Goodbye Charlie appartient à la catégorie des films fragiles, qu’on n’est pas obligé de défendre à tout prix, mais qui méritent d’être vus autrement qu’à travers l’habituelle grille de lecture qui conduit inévitablement à ce genre de sanction: c’est mauvais parce que la mise en scène est pauvre, qu’on s’ennuie ou que c’est mal joué, etc, etc...

Christophe a dit…

ce que je ne comprends pas, c'est que vous projetez vos connaissances historiques, contextuelles, dans une oeuvre qui, comme toute oeuvre, devrait se suffire à elle-même.
L'émotion, la "fragilité", la mélancolie, je ne les ai point vues dans ce film lorsque je l'ai regardé en "simple" spectateur.
Mais je suis intéressé par vos hyper-projections de cinéphiles au carré.
"adéquation réussie (à défaut d’être parfaite) entre l’écriture du film et le contexte dans lequel il s’inscrit. L'émotion vient de là".
Est-ce à dire que le fait que le film soit mal écrit à un moment où les studios se cassent la gueule crée de l'émotion?
Autant je peux à la rigueur comprendre ce genre de défense pour "Quinze jours ailleurs" où le propos du film répond à votre analyse autant votre vision de la comédie satirique qu'est "Au revoir Charlie" me semble franchement capillotractée.

Sébastien a dit…

La critique des Cahiers en 1965 :

« Fort mal interprétée, la pièce d’Axelrod est très médiocrement filmée en couleurs et décors de mauvais aloi. La cause n’était pourtant pas perdue d’avance qu’un Wilder eût fait triompher. Dépaysé, Minnelli remballe sa confiserie – qui en tant que telle n’est pas dénuée de saveur – sitôt bouclée la séquence pré-générique. Il est pourtant doté chez MGM d’une persévérance très considérable, ce fascinant ressasseur qui bien des fois nous a émus et réjouis. Mais sa comédie anodine ne déride ou n’attriste que dans la mesure où un « culte paranoïaque de personnalités plus ou moins fantômes » auquel les Cahiers n’ont pas été étrangers, veut qu’il soit de bon ton d’être terrifié par ce film, dans quelques cercles où il passe pour l’un des plus beaux sur la Mort… »

Buster a dit…

Bon d’accord, je m’explique...

Il y aurait tout un débat sur la réception des oeuvres. On ne peut faire l’économie du contexte dans lequel un film est réalisé, ni dans lequel on le découvre soi-même. A sa sortie, quinze ans après, nourri ou non des autres films du cinéaste, il n’y a pas de vision totalement "innocente" d’un film. Si je vois Goodbye Charlie dans la foulée de Courtship, évidemment ça ne tient pas la route (c’est ce qui explique en grande partie le rejet du film à sa sortie), mais c’est faussé parce que Courtship renvoyait à une époque déjà révolue, ce film c’était le véritable adieu de Minnelli à la MGM (après l’expérience désastreuse de Two weeks), le chant du cygne (sublime mais tardif) de la grande comédie minnellienne et même hollywoodienne. Goodbye Charlie est lui raccord avec son époque...
Or ce qui me touche ce n’est pas la synchronicité, rien de pire que les cinéastes qui veulent être dans l’air du temps, mais parce que, sans le vouloir nécessairement, peut-être même malgré lui, Minnelli réalise une comédie totalement libre (libérée?), qui ne cherche pas à retrouver le brio des comédies d’autrefois, car conscient de ce qui est définitivement perdu (j’aime cet aspect mélancolique – qui n’est pas nostalgie), qu’il s’agisse du décor ou des dialogues (je n’ai pas dit que le film était mal écrit, ni bien écrit d’ailleurs, disons qu’il ne respecte pas les sacro-saintes règles qui à Hollywood font les bons scénarios), rejoignant par ce geste, que je vois moi comme dépressif voire déceptif - oh le vilain mot! mais c’est comme ça que je le ressens - rejoignant donc par ce geste, qu’on peut aussi trouver désinvolte, celui de tout un courant, moderne, qui prône la rupture avec la tradition...
C’est cette adéquation entre un film mal foutu, dont l’histoire prolonge mine de rien celle de Courtship (après le deuil de la mère, c’est ici celui du sexe), la propre histoire de Minnelli, l’affirmation de l’esthétique télé (le film préfigure la "fadeur" des seventies), etc, qui rend pour moi Goodbye Charlie plus riche et touchant qu’on ne le prétend, même si le film, bien sûr, est loin d’avoir le génie comique de The reluctant débutante, ou d’être aussi bouleversant que par exemple Meet me in St Louis, The courtship ou d'autres encore

Anonyme a dit…

Aucun rapport mais 1964 c'est aussi le début de "Peyton Place", le must du soap opera.

Buster a dit…

Merci c'est noté.

Christophe a dit…

Contrairement à vous, je refuse de confondre contextualisation historique et jugement esthétique sur un film.

A vous lire, on ne pouvait plus réaliser une bonne comédie "avec le brio d'autrefois" en 1964.
Heureusement que Billy Wilder, Blake Edwards et Richard Quine (à propos, on a oublié le délicieux Sex and the single girl dans le panorama de l'année) m'ont prouvé le contraire sinon je serais devenu irrémédiablement passéiste...
Vous parlez de film "dépressif" mais qu'est ce qui dans le CONTENU d'Au revoir Charlie vous est apparu dépressif?

Ceci dit, même si je ne suis pas convaincu pour l'instant, merci de vous expliquer aussi longuement, vous avez le mérité d'être clair et intelligible au contraire du gus qui a (très mal) écrit la critique dans les Cahiers à la sortie du film

P.S: pour en revenir à 1964, vous avez oublié Les Cent cavaliers, le chef d'oeuvre terminal de Vittorio Cottafavi.

Laurence a dit…

Goodbye Charlie, mouais, c’est un des plus mauvais films de Minnelli, peut-être même le plus mauvais. Comment peut-on aimer un si mauvais film ? Vos arguments sont pour le moins spécieux.

Buster a dit…

Mais il ne s’agit pas d’aimer un mauvais film (ce qui n’aurait pas plus de sens que de détester un bon film). Si j’aime bien Goodbye Charlie c’est que justement je ne le considère pas comme un mauvais film.
Ensuite mes arguments n’ont rien de spécieux dans la mesure où ce que je dis ne prétend pas à une quelconque vérité. J’exprime simplement l’impression que j’ai ressentie à la vision du film, en l’occurrence une émotion, avec ce que cela suppose de subjectivité (il n’y a pas de vision objective d’un film, l’objectivité consiste simplement à ne pas se mentir).
Tout le problème est là. Vous avez des films qui vous touchent de façon évidente, même si ça ne concerne que certaines scènes. Sauf que, au lieu de dire que telles scènes vous ont bouleversé, vous prenez la partie pour le tout et vous dites que le film est bouleversant. Et puis il y a les films qui vous touchent sans trop savoir pourquoi. Vous pouvez même trouver le film ingrat, travaillant à rebrousse-poil, pourtant il s’en dégage quelque chose qui vous séduit... Vous cherchez pourquoi, vous revoyez le film éventuellement, le sentiment demeure. Alors? Soit vous considérez que vous avez peut-être tort, mais que bon, c’est comme ça, le film vous plaît. Point barre. Soit vous cherchez à aller plus loin, vous cherchez à comprendre, à défaut d’expliquer, pourquoi ce film, pourtant mal-aimé des autres, vous touche à ce point. Et vous partez dans des constructions qui n’ont rien de théoriques, ni d’auteuristes, mais qui visent seulement à percer le mystère...

Voilà pour les généralités.

Christophe, vous m’avez mal lu… A propos des comédies d’autrefois, je me place du seul point de vue de Minnelli qui était tellement attaché au style MGM que pour lui travailler hors de la major ne pouvait qu'être affecté d’un manque impossible à combler. Pour le reste, oui heureusement, il y a eu, et il y a encore, des comédies qui perpétuent la tradition de la grande comédie hollywoodienne, de Blake Edwards à James L. Brooks (tiens au fait, vous en pensez quoi de James L. Brooks?), même si c’est autre chose...
Pour ce qui est de l’aspect "dépressif" du film, c’est au niveau du geste que je l’entends, pas du contenu. Le film ne traite pas de la dépression et ne suggère pas, à travers l’histoire, un éventuel état dépressif du réalisateur (quoique, mais je me refuse à interpréter psychologiquement les films). Non c’est le côté un peu "terne" de la mise en scène, confinant par moments à une certaine impuissance formelle, et le rythme de l’ensemble, avec ces dialogues qui par instants s’éternisent, qui me font parler de film dépressif. Maintenant ce film je l'ai vu il y a quelque temps déjà, ça devait être lors de la rétro à la Cinémathèque il y a six ou sept ans, pour plus de détails il faudrait que je le revois entièrement.

PS. sur le Cottafavi, on est parfaitement d’accord (pour une fois).

Edouard a dit…

Bravo messieurs, vous avez fait de Good bye Charlie, pour ceux qui ne le connaissent pas (comme moi), la curiosité de l'été !

Tenez, une autre pièce (d'époque) au dossier :
par Louis Seguin, Positif, sep. 1965 (texte intégral)

"Good bye Charlie est, parmi les films de Vincente Minnelli, l'un des meilleurs et le plus court. En quelques minutes, avec une virtuosité incroyable, ce sens de la place, du geste et des regards qui est le propre du grand metteur en scène, l'auteur de Band Wagon narre les prémices,la genèse et l'accomplissement d'un crime passionnel, banal quant à ses circonstances mais transfiguré par les vertus du style. Le forfait est perpétré à bord d'un yacht, pendant une réception et les protagonistes s'observent, cristallisent leurs mobiles, se suivent et se tuent au milieu d'une foule dense et passablement agitée. Tout est montré avec une clarté parfaite, sans le secours d'aucune explication verbale, et avec une ironie et un humour qui, de surcroît, impriment sur l'aventure le sceau du moraliste.
Le film terminé, un générique annonce un second film, vague suite bien plus longue et assez terne. C'est une pièce d'Axelrod, pas plus mauvaise qu'une autre encore qu'assez bavarde et statique, et qui, peut-être en conséquence, n'enthousiasma guère le Maître du Pirate. Il s'est contenté d'un récit linéaire, tracé avec un bon goût hautain, une froideur et une lassitude distinguée qui sont à la mesure d'un désintérêt fondamental. Minnelli ne s'est éveillé qu'en de rares occasions, pour diriger excellemment Debbie Reynolds, homme changé en femme et avançant émerveillé(e) dans le monde jusqu'alors interdit d'un institut de beauté fourmillant de charmantes créatures, ou bien pour s'attarder avec verve sur les incongruités plastiques d'une demeure meublée par un milliardaire amateur désuet. Voilà qui est un peu insuffisant."

(si je comprends bien et comme je n'ai pas vu le film, Seguin s'enthousiasmerait uniquement pour le pré-générique ?)

Christophe a dit…

j'adore les deux films de James L.Brooks que j'ai vus: Pour le pire et le meilleur et Comment savoir.
J'avais écrit une note sur mon blog quand j'ai vu ce dernier.
Pour moi c'est une sorte d'héritier de McCarey.

Par contenu, j'entendais l'ensemble du film, style compris. Donc OK pour vos explications, je ne vais pas vous forcer à revoir cette horreur (LOL !) pour avoir plus de précisions.

braque - assez ?-] a dit…

Euh, quelques compléments, sans entrer dans les justifications (puisque, en gros, je suis sur la même ligne que Buster) :

D'abord, Christophe, le "gus qui a (très mal) écrit la critique dans les Cahiers à la sortie du film", c'est :

Jacques Bontemps - in CdC n° 165, avr. -65, p. 79-80.

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Ensuite, soyons justes, Sébastien [comm du 5 août -11 | 20h 58] :

Positif n° 71, sept. -65, pp. 74-75

Rubrique : De A à Z

[article intégral]

"Good bye Charlie est, parmi les films de Vincente Minnelli, l'un des meilleurs et le plus court. En quelques minutes, avec une virtuosité incroyable, ce sens de la place, du geste et des regards qui est le propre du grand metteur en scène, l'auteur de Band Wagon narre les prémices, la genèse et l'accomplissement d'un crime passionnel, banal quant à ses circonstances mais transfiguré par les vertus du style. Le forfait est perpétré à bord d'un yacht, pendant une réception et les protagonistes s'observent, cristallisent leurs mobiles, se suivent et se tuent au milieu d'une foule dense et passablement agitée. Tout est montré avec une clarté parfaite, sans le recours d'aucune explication verbale, et avec une ironie et un humour qui, de surcroît, impriment sur l'aventure le sceau du moraliste.

Le film terminé, un générique annonce un second film, vague suite bien plus longue et assez terne. C'est une pièce d'Axelrod, pas plus mauvaise qu'une autre encore qu'assez bavarde et statique, et qui, peut-être en conséquence, n'enthousiasma guère le Maître du Pirate [le film]. Il s'est contenté d'un récit linéaire, tracé avec un bon goût hautain, une froideur et une lassitude distinguée qui sont à la mesure d'un désintérêt fondamental. Minnelli ne s'est éveillé qu'en de rares occasions, pour diriger excellem[m]ent Debbie Reynolds, homme changé en femme et avançant émerveillé(e) dans le monde jusqu'alors interdit d'un institut de beauté fourmillant de charmantes créatures, ou bien pour s'attarder avec verve sur les incongruités plastisques d'une demeure meublée par un milliardaire amateur de désuet. Voilà qui est un peu insuffisant."

Louis Seguin

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Deux parfaits straubiens, pourtant !?!-]

citer - ciné :-] a dit…

Maintenant, cher Christophe et chère Laurence, méditez plutôt cette réflexion de Paul Vecchiali :

"[...] J'ai détesté du premier coup les Nus et les morts, mais je l'ai revu huit fois avant de pouvoir analyser mon refus, qui devient du coup beaucoup plus qu'une antipathie instinctive, même s'il s'enrichit de cette subjectivité. Le rôle du critique est de passer outre le contenu du film et son propre rapport au film pour retrouver le discours filmique. Aucun message n'est séparable de sa forme, mais l'erreur ordinaire de nos jours c'est de confondre le contenu du discours avec le comment du discours, finalement de porter un jugement moralisateur sur le réalisateur et son propos."

Bien à vous,

Buster a dit…

Ha ha... Merci Edouard et "Braque-assez", les grands esprits se rencontrent :-D
Ce qui est marrant c'est que j'emploie les mêmes mots, "terne", "bavard"... que Seguin dans son texte. Comme quoi on peut voir le même film et ne pas ressentir les mêmes choses.
Le pré-générique en caméra portée, c’est justement pour faire "cinéma indépendant", un clin d’oeil donc, mais le meilleur c’est quand même après! :-)

OK Christophe, rendez-vous en... 1965!

petits - coins a dit…

"Ha, c'est malin", comme dirait l'autre !-] ça nous fait un (quasi) doublon !?

C'est que, grâce à la "modération" de comms ici, je vais finir par passer pour un infatigable hargneux, auprès des lecteurs de passage ?!-]

Bontemps et Seguin, de "grands esprits" ? Allez, pourquoi pas ?!-DDD

sébastien a dit…

Quelques films oubliés :
The Brig de Jonas Mekas et Scorpio Rising de Kenneth Anger

Buster a dit…

Merci, le film de Mekas je ne l'ai jamais vu.

The brig de Jonas Mekas

Scorpio rising de Kenneth Anger

bruno andrade a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=ySqDxduVicU&feature=related

By the way, the Cineteca di Bologna catalogue of the Cottafavi retrospective they did is a masterpiece. Anyone interested in Cottafavi or in plain good film criticism should really buy it.

Buster a dit…

Merci Bruno (et merci aussi indirectement à Jolaysius).

Le film est une merveille absolue. Le catalogue sur Cottafavi ça m'intéresse, je vais essayer de me le procurer.

Buster a dit…

Dans la foulée:

La chasse de Oliveira

Buster a dit…

Suite au commentaire de DJ sur "1963", voici d’autres chansons de Dionne Warwick pour 1964. C’est vrai qu’ici on ne parle pas beaucoup d’easy listening (ça manque de Bacharach comme dirait l’autre), les amateurs sont donc les bienvenus.

Anyone who had a heart

Walk on by

DJ a dit…

Merci
et maintenant un peu de Motown avec "My girl" des Tempts :
http://www.youtube.com/watch?v=ltRwmgYEUr8

Buster a dit…

OK
Et puis aussi:

Gloria de Them (Van Morrison)

DnD a dit…

Bonjour Buster,
Je ne suis toujours pas un rapide mais je ne perds pas complètement le nord : "Mary Poppins" aura donc été mon "film de Noël" hier, et je vous le dois. J'attends maintenant de le revoir en salle, car le film m'intéresse vraiment. Pour l'heure, j'ai passé un très heureux moment, plus que ça même ! Alors, je vous en remercie, parce que je n'avais pas le désir de le voir avant d'avoir lu ce post. Passez de joyeuses fêtes :-)

Buster a dit…

Hé hé... Merci et bonnes fêtes à vous aussi.