jeudi 2 juin 2011

[...]

DSK disséqué.

Ce qui est sûr à propos de DSK c’est qu’il va plaider non coupable. Ce qui est sûr aussi c'est que je me suis trompé sur l'homme, indépendamment de ce qu’il a fait. De lui, je ne savais rien finalement, sinon qu’il était un jouisseur, un vrai, qui aime les femmes et l’argent, les mauvaises langues diront l’argent de sa femme, une femme que, d'ailleurs, je ne croyais pas si fortunée (Anne Sinclair restait pour moi l’ancienne journaliste de "7 sur 7", aux yeux bleus et pulls mohair, qui avait sacrifié sa carrière pour celle de son mari - cela dit une femme qui dilapide sa fortune pour sauver un mari infidèle qui l'a une nouvelle fois trompée, et dans des circonstances autrement plus méprisables, moi je trouve ça beau, on est toujours dans la tragédie). Son style de vie - désinhibé, donc, pour ce qui est du sexe et du fric - n’était pas compatible avec celui d’un candidat à la présidence de la République. Moins parce qu’il se posait en homme de gauche (ne soyons pas hypocrites) que parce que ce style de vie n’est plus en phase avec l'époque.
DSK est une caricature à lui tout seul. Si son modèle économique est encore d’actualité, sa conception du pouvoir, elle, est d’un incroyable archaïsme. On pourrait citer les années 60, John et Robert Kennedy comme référence (la frénésie sexuelle des deux frangins est aujourd'hui bien établie), et voir en DSK une sorte de soixante-huitard embourgeoisé ("jouissez sans entraves"), mais je crois qu’il faut remonter plus loin encore, à l’époque véritablement bourgeoise des rapports entre maîtres et domestiques. En un sens JFK, je veux dire Jean-François Kahn, n’avait pas tort de parler de "troussage de domestique", sauf que ça ne se dit pas, surtout en rigolant, parce que ce n’est pas politiquement correct - misère de notre époque où tout ce qu’on dit doit être pesé et soupesé, le moindre petit dérapage entraînant sur-le-champ, orchestrés par tous les ayatollahs de la bien-pensance, levée de boucliers et pilorisation - eh oh, je préfère quand même une bonne blague, même grivoise, à l’éternel sermon antisexiste!
Car si l’on peut s’offusquer du machisme de certains (la muflerie a ses limites), il ne faudrait pas tomber dans l’excès inverse. Ras-le-bol de ces discours pudibonds, pire, de ces saillies verbales qui, à l’image des tabloïds américains, assimilent DSK à un monstre pervers. Marre aussi de ceux (un peu altermondialistes sur les bords) qui, non contents de le voir ainsi tombé, en profitent pour l'enfoncer un peu plus, l'attaquant sur la manière dont, en tant que patron du FMI, il a géré la crise financière, lui reprochant d’avoir moins "contraint", en termes de sacrifices, les pays européens qui devaient faire face à une dette publique record que les pays émergents confrontés à la même situation. C’est peut-être vrai (je ne suis pas spécialiste), mais cette façon d'hurler non seulement avec les loups mais encore plus fort qu'eux n'est pas jolie jolie. (De même que balancer aujourd'hui tout ce qu'on savait sur lui avant l'affaire, mais qu'on n'osait pas écrire de peur d'être poursuivi pour atteinte à la vie privée, n'est pas la preuve d'un grand courage.)
Cinématographiquement parlant j’évoquais Fritz Lang, on pourrait donc aussi évoquer Renoir (via Le Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau). Car quand bien même DSK serait victime d’un coup monté, c’est lui et lui seul qui s'est mis dans le caca (le complot aurait alors juste consisté à appuyer sa nomination à la tête du FMI, c’est-à-dire à l’envoyer aux Etats-Unis, sachant que c’était le seul pays où il risquait d’être inculpé pour une affaire de mœurs). Maintenant si les tests ADN sont réellement concordants, il devra, pour se défendre, reconnaître un rapport sexuel consenti avec la femme de chambre et dénoncer ensuite un traquenard (sinon on ne voit pas pourquoi elle l'accuserait), et c’est là qu’on entre dans la bataille la plus sordide, celle entre avocats, où tous les coups sont permis pour discréditer la partie adverse, un truc qui m’a toujours débecté. Bref, tout est glauque dans cette histoire, comme dit l’ami Dany...

PS. Ça y est, c'est parti. Après l'affaire DSK, voilà l'affaire Tron. Et d'autres se préparent. Les accusations vont se multiplier sans parfois qu'il y ait la moindre preuve (voyez ce qui est arrivé à ce malheureux... concombre espagnol). Les langues se délient et les politiques serrent les fesses. Pour autant, ces nouvelles affaires c'est de la gnognotte à côté de celle de DSK. Par rapport aux séries américaines, les séries françaises sont toujours aussi ringardes.

25 commentaires:

Anonyme a dit…

vous pensez vraiment ce que vous dites?

Buster a dit…

Non, je dis seulement ce que je pense.

Anonyme a dit…

quelle est la différence?

Buster a dit…

Celle qui existe entre réflexion et réaction.

marie a dit…

ça va devenir légèrement agaçant parce que en vous lisant je croirais m'entendre mais en mieux, es-ce que c'est ça se reconnaitre?

Anonyme a dit…

mais quand même, vous n'êtes pas indigné par tout ce sexisme ambiant?

Buster a dit…

Marie > Pour la reconnaissance je ne sais pas, mais j'aimerais bien vous entendre... pour voir!

Anonyme > Indigné non, tout le monde est indigné en ce moment, je ne participe pas à l’hesselisation générale. Le truc de Jean-François Kahn, par exemple, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. En revanche je comprends parfaitement (et partage) l’indignation des Grecs face à ce qu’on leur impose. Mais ça n’a aucun rapport avec l’affaire DSK.

marie a dit…

mais moi je ne suis pas très à l'aise pour donner mon avis. Je pourrais me taire mais il y a comme une envie irrésistible de groupie, une envie d'applaudir des deux mains. Particulièrement à propos de DSK, je trouve que vous êtes très fort pour exprimer la complexité du sujet. voilà bravo merci

SR a dit…

une bonne blague grivoise, ça sexiste ?

dites "féministe" n'ayez pas peur, parce que sermon "antisexiste" ça vous a un côté politiquement correct (ou pas assez politiquement incorrect — je les confonds un peu faut dire, ces réversibles). "féministe" au moins en français ça reste, la bonne blague, un gros mot.

ps : bon je me suis engueulée avec un amie sur tous ces sujets il y a deux semaines, là je fatigue. (ça devait être marie !)

Buster a dit…

Merci Marie, ce que vous dites me fait très plaisir - un peu moins à SR j’imagine :-D

SR, après réflexion (très courte), je garde "antisexiste". D’abord parce que ce qui me gave c’est le sermon, et qu’il est quand même beaucoup plus antisexiste que féministe, ensuite parce que le féminisme, je ne sais pas trop à quoi ça renvoie aujourd’hui, enfin parce que dans le discours antisexiste il y a quelque chose d’un peu cucul (si j'ose dire), surtout quand il est tenu par des hommes.

marie a dit…

SR: je trouve que c'est pas mal de s'engueuler avec "un amie" à propos de l'utilisation du féminisme...

SR a dit…

! c'est l'esprit de ma grand-mère transgenre qui a encore frappé...
(en plus la notion du temps me fait défaut aussi : c'était il y a une semaine que s'est conjuguée l'engueulo ; respectons au moins le déroulé exact des événements pour une moins sordide procédure !)

ah oui ? et hier, saviez-vous Buster à quoi il renvoyait ? l'auriez-vous su ? (bref on ne doit pas recouper les mêmes infos matière à réflexion ni se sourcer aux mêmes "aujourdhuis" ; je ne lis ni ne fais trop cas de ce que sèment les tabloïds ricains par ex — j'ai assez d'entendre ici une Christine Boutin nous rassurer que "ce genre de choses" entre les hommes et les femmes ont lieu depuis toujours...
mais au fait, qui ne préfèrerait pas une bonne blague à un sermon ?

Buster a dit…

Hum... ce que je veux dire c’est qu’il me semble "sexister" plusieurs types de féminisme aujourd’hui, que le féminisme d’une Caroline Fourest par exemple ne me paraît pas exactement le même que celui d’une Virginie Despentes, même si ce n’est peut-être qu’une question de forme...
Sinon, pour l’opposition bonne blague/sermon, merci de ne pas me faire passer pour plus con que je ne suis, je ne dis pas de façon truistique qu’une bonne blague c’est mieux qu’un sermon, mais que le discours antisexiste se manifeste souvent à grands coups de sentences et que lorsqu’il est répété comme ça jusqu’à saturation il devient aussi pénible sinon plus à entendre que toutes ces gauloiseries qu’il dénonce.

Bon OK, j’y connais rien, je ne suis qu’un petit macho.

SR a dit…

C'est mignon "gauloiseries" ça fait fumeur de gitanes (que fumaient ma grand-mère et mon père, des "sans filtre" !), sauf que Buster ce ne sont pas d'aimables grivoiseries (très mignon aussi) que dénoncent des femmes et des hommes (puisqu'il y en a aussi, les pralines) mais des crimes et des délits. Des viols, des harcèlements, des abus de pouvoir... Comme faisait remarquer Emmanuel Pierrat dans une récente émission de radio, le truc n'est pas de dire telle une Marcela Iacub qu'on (society) s'est mis à confondre "libertinage" ou "débauche" et "perversion" sexuelle — lui que vous aurez du mal vu ses "batailles" au tribunal et sa vie de jouisseur-libertin assumée à juger cucul, je pense... dit (de mémoire) : "quoi la perversion ? je n'ai rien contre les perversions du moment qu'elles sont consenties entre partenaires ; le problème est pénal, pas moral : un rapport sexuel non consenti donc forcé est un crime, point."

Et franchement, inutile de mettre en lien tous l'avalanche pourrie des articles assortis de commentaires f o r m i d a b l e s qui bourgeonnent un peu partout, mais c'est à tomber de bêtise et de déni, féminin et masculin (puisque des femmes ont si bien intégré leur statut honteux multi-millénaire de "surtout ne pas faire de vagues" et de se la boucler, qu'elles sont les égales (!) des hommes et leurs meilleures alliées pourp pérenniser le sexisme et l'antiféminisme ordinaires, elles aussi...), — ah tout ce qu'il ne faut pas lire, majoritaire sorry, qui s'essaie à jeter le discrédit sur toute tentative de dire et de re-dire, à l'occasion de "l"affaire" : basta cosi.
Vous lisez trop BHL, je ne sais pas, vous tenez le même discours "de principe" que lui. :))

...

SR a dit…

Il y a, enfin j'aurais, tellement à dire — mais lasse. (et ceci est votre blog) Vrai, votre texte m'a agacée quoique je vous rejoigne sur quelques points. Tout est sordide, oui, et le sera, oui. Je ne suis seulement pas certaine que ma réticence face à tous les coups qui seront portés permis dorénavant, et portés à qui, soit la même nausée avant-coureuse que la vôtre. Puisque c'est davantage pour elle, la victime présumée, que je m'en fais, que pour l'inculpé.

Il y a toujours eu différents courants de féminisme. Clair, juste, que chez les anglo-saxons ils/elles ont toujours eu, les satanées sufragettes, au moins une ou deux décennie(s) d'avance sur les frenchies. Je n'ai jamais adhéré à une assoc', encore trop cinéfille et pas assez militante... (encore un effort !) :D
Mais j'en ai pas mal vu et entendu ces dernières années, "live" ; qui m'a un peu déssillée déniaisée sur l'ampleur de l'hypocrisie et du silence bien gardé et des vies foutues en l'air. Ou plus "ordinairement" sur la cool vie des femmes en entreprise. Un supérieur hiérarchique vous fait des avances (avec des fleurs, puisque ce sont des gentleman !) ? Vous déclinez la proposition en gardant le sourire ? Dans les mois qui suivent vous vous demandez pourquoi vous êtes convoquée en réunion avec le DG flanqué de votre ex-prétendant toujours très poli qui vous... sermonne et vous met en garde gentiment que si vous ne vous "motivez" pas un peu plus dans votre travail au sein de l'entreprise il pourrait vous cuire... Des bagatelles. C'est tous les jours.
Il y a toujours du ridicule (mais le ridicule j'aime bien) et de l'excès dans certaines revendications et convictions et révolutions ; du moins en l'espace d'un siècle, celle des femmes aura privilégié le ridicule au sanglant.
J'aime beaucoup Despentes et Fourest, ou Béatrice Dalle et Beatriz Preciado, exemples parmi vachement d'autres de femmes... pas tragiques. J'aime aussi beaucoup les Grecs, qui aiment beaucoup la tragédie. Moi je veux bien que vous admiriez Anne Sinclair, sa constance aveuglée volontaire sans faille (mais tragique ? ah vraiment ?), autant on peut tout aussi soupirer devant ces rôles de bobonnes épouses stoïques qui alimentent gazettes people gentilles et publireportages v.i.p. familalistes comme, quand ça tourne mal, brumeux mélodrames psychologiques "à la française" (ringards, vous disiez ?).

Vous aimez Fassbinder ? (votre chouette billet du dessus me paraît en totale contradiction avec celui-ci, alors au passage)
Vous adorez Fritz Lang ? moi aussi, et bien que je doute que le fritz fût un ardent féministe, bon je luis dois des personnages féminins parmi les plus "modernes" que le cinéma des années 40/50 ait porté, et tragiques et héroïques. Au lieu de Mabuse ou Fury, si seulement dans cette sombre affaire l'on pouvait se rappeler un peu ces anti-héroïnes tragiques, leur visage au moment du renversement pervers et cruel de leurs perspectives sur l'homme qu'elles aiment, et pour autant, plus-que-stoïques, à leur détournement "sans appel" — les deux Joan sublimes : Joan Fontaine dans « Beyond A Reasonnable Doubt » (d'actualité plus que jamais, ce titre, ce jour), Joan Bennett dans « Le Secret derrière la porte »...

Etc. etc.
etc.

Buster a dit…

Dame...

Avant toute chose j’espère que vous tenez compte de la petite part de provocation (un peu puérile d’accord) qui traîne toujours dans ce que j’écris sur mon blog (Anne Sinclair je m’en fous royalement, j’ai dit que je trouvais ça beau parce que dans cette histoire son dévouement est tellement irrationnel - c’est beau et con à la fois - que ça en devient tragique, et c’est bien cet aspect "hénaurme" de l’affaire DSK qui la rend unique, même si DSK concrétise à lui tout seul tout ce que le féminisme combat).
Sinon: un rapport sexuel non consenti est un crime, on est d’accord, je n’ai jamais dit le contraire. La seule chose qui m’agace c’est le discours fourre-tout dans lequel au nom de l’antisexisme on associe le machisme ordinaire, j’en suis certainement un peu imprégné, nobody’s perfect :-), de la blague sexiste (gauloiserie c’était pour marquer le côté franchouillard de la chose) au "gros lourd" avec les filles, et tout ce qui relève du pénal, donc, qu’il s’agisse d’un délit (harcèlement sexuel) ou d’un crime (viol). Parce que à tout amalgamer, on laisse entendre une sorte de continnum, que tout sexiste est un criminel sexuel en puissance. Comme si tout chapardeur était un futur escroc, ou tout bagarreur un futur assassin.
Dénoncer des crimes et des délits, très bien, c’est ce qu’il faut, mais englober la dénonciation dans un discours plus général où l’on pointe aussi les petitesses du machiste moyen (c’est sur cet aspect, mis en avant par les médias, que portait mon billet), surtout dans un climat aussi passionné, je ne suis pas sûr que ce soit productif. DSK c’est d’abord l’affaire d’un crime (crime supposé puisqu’il vient de plaider non coupable) et c’est sur ça, la question du viol (et celle du harcèlement) que devrait porter le débat: que tout individu, puissant ou non, coupable d’un crime, un viol en l’occurrence, doit être jugé. Elargir le débat aux comportements sexistes (déplorables mais non délictueux) d’une société patriarcale n’est-ce pas banaliser paradoxalement les actes les plus horribles?

Buster a dit…

Bon je complète un peu avant de passer à autre chose.

Evidemment, toute blague sexiste sur l’affaire DSK tend à minimiser encore plus l’horreur que représente le viol. Si je défends, d’une certaine manière, JF. Kahn ce n’est pas parce que je considère le troussage de domestique comme une chose insignifiante qui ne relèverait pas du viol, mais parce que 1) on sent bien que dans la bouche de Kahn il ne s’agit pas de faire une bonne blague (au contraire peut-être de Slama), Kahn manifeste ici sa gêne, cherchant maladroitement à sauver ce qui pourrait encore être sauvé de son ami DSK qui à ses yeux a sûrement commis l’irréparable (on n’est plus dans le déni des premières heures), mais pour lequel il cherche des circonstances atténuantes (en gros, un jeu de séduction qui aurait mal tourné); 2) la formule "troussage de domestique", utilisée par Kahn est presque un lapsus, non pas qu’il cautionne inconsciemment ce genre de pratique, mais parce qu’il révèle ainsi à demi-mot quel type de rapport pouvait avoir DSK avec certaines femmes, jouant non plus de la séduction mais bien de son pouvoir.

SR a dit…

Kahn, il me fait un peu de peine Jean-François. Il a reconnu la connerie et plus, est depuis en pleine crise existentielle après mea culpa. C'est le très bon « mauvais » exemple, celui d'un gars qui a un moment d'inattention dans sa gêne trouble générale (comme la plupart comme lui, les potes, jounalistes, politiques) et tout ce qui avait précédé dans ses propos sur France Cul des matins (je viens de réécouter l'emission) dénotait à la fois ce malaise probe et son effort de garder l'à-peu-près « juste » distance. Et pof, après la chronique de Slama (à la sinuosité dialectique toujours aussi pénible, ce faux-pas-touche obséquieux qui décoche dès qu'il peut un point Godwin de sa belle collection — qqs jours plus tard bien remis à sa place par Pierrat quant à la seule violence « symbolique » sexuelle des hommes sur les femmes et à la « supposée » domination sociale des femmes par les hommes etc.), Kahn oublie de la fermer ; « s'oublie » en direct. Pour les raisons exactes que vous dites. Cela étant, aucune des petites phrases ici et là ne fut "de la blague" : des hoquets de l'appareil digestif (le « il n'y a pas mort d'homme » de Lang, c'est assez poilant — comme lapsus d'une profondeur qui sidère, pas en tant que déclaration) ; or ce qui est assez intéressant depuis un moment c'est comme les hoquets tiennent le devant de la scène dans un joli effet de retour d'inconscient et ses spasmes à ciel ouvert.
Alors non, pas d'amalgame car le continuum est inverse : c'est le hoquet misogyne (autre que macho, là) qui trouve avec l'estomac qu'il peut des « excuses » ou des circonstances atténuantes ou des défenses de principe (etc. etc.) au crime sexuel « généralement » (indépendamment de savoir si oui ou non DSK est innocent ou coupable, c'est surtout cela qui ressort quand même aussi — genre on, enfin les américains, enfin les puritains, en fait trop avec « tout ça »), toujours pareil, mais ici décuplé par « le cas DSK », et puisque dans une affaire de viol (à la différence d'un meurtre ou d'un vol) c'est : parole contre parole. Aucun violeur ne reconnaît avoir violé, d'abord, toujours plaidant « Not Guilty », d'abord, c'est la ou le violé-e qui l'a toujours bien cherché, et « provoqué ». Ou sinon en dernier recours des récidivistes : la pulsion, monsieur le juge. Là seul réside le fond « complexe » de l'affaire. La complexité de toute affaire de viol. il y a eu « rapport » sexuel, fait établi ADN à l'appui et reconnu par DSK lui-même, après... sous la violence brutale du tout-puissant ou avec l'indulgence de la « domestique troussée » (franchement une machination ?... JFK lui-même n'y croit pas, la preuve : sa bourde). Complexité ici portée aux dimensions gigantesques du personnage « pas comme les autres » et à la puissance de chaque conscience bonne ou mauvaise : de chacun, de chacune, de tout le monde.
Ment-elle ? c'est la seule question "de vérité" pour la plupart des gens, au lieu de : dit-il la vérité ? puisque qu'il mente finalement serait et est « compréhensible » dans un procès pour sauver sa peau... que, coupable ou non, il sauvera peut-êtredu reste, façon O.J. Simpson. C'est pas fini, mais lui l'est, sans doute.
De lui je me fiche puisque je le pense coupable et puis Chabrol est mort, mais pas de la chance qu'à travers cette affaire les langues se délient, autant celles des hoquetants sans estomac dont JFK est, c'est con, le moins consciemment sournois, que celles de toutes les « bonnes femmes » (et des mecs, puisque viols et agressions sexuelles ne sont comme on sait pas commis uniquement sur les femmes). Vive Strauss-Kahn.

(nb : dur de ne pas faire de fautes dans ce mini rectangle-pas carré blanc ;) )

Buster a dit…

Le hoquet misogyne, c’est drôle comme expression. Là au moins je ne me reconnais pas. Sinon JF. Kahn s’en remettra, je crois même qu’il reviendra doucement mais sûrement sur la scène médiatique. C’est le sentiment de honte qui pour l’instant lui impose de se retirer... une honte qui n’a rien à voir avec celle des faux/culs/bénits de la droite pour qui DSK a sali l’image de la France (la femme pour eux c’est la nation). Pour autant, pour ce qui est de l’image, pour ce qui est de la honte aussi, l'image la plus forte qu’on ait vue depuis l’arrestation de Strauss-Kahn c’est celle de ces femmes de ménage devant le tribunal conspuant DSK au cri de "shame on you". J’ai trouvé ça d’autant plus fort que cela donne une réalité physique à la victime présumée et toujours invisible, réalité pour le coup démultipliée. Pour moi cette image en dit mille fois plus que tous les discours médiatico-politiques.

Laurence a dit…

Bonjour,

Je découvre votre blog sur les conseils d’une amie cinéphile. Ce que vous écrivez dans votre billet à de quoi irriter (je suis totalement d’accord avec ce que dit SR), mais au moins vous ne cherchez pas à masquer votre petit fond machiste, comme vous dites, qui sommeille en la plupart des hommes (là c’est moi qui ajoute), et surtout vous n’hésitez pas à vous contredire (dans les commentaires) ce qui témoigne soit d’un esprit confus -ce qui ne semble pas être le cas, si j’en crois celle qui m’a recommandé votre blog- soit d’une réelle perplexité devant ce type d’affaire qui bouscule vos a priori. Bousculer les a priori, c’est exactement ce que vise aujourd’hui la mobilisation féministe, très loin du discours sentencieux que vous lui prêtez.

Buster a dit…

Bien maîtresse. Qu'est-ce que je fais maintenant? Je vais au coin ou j'écris cent fois "je ne dois pas dire du mal des antisexistes et des féministes"?

SR a dit…

n'oubliez pas de passer un coup de chiffon dans la salle-de-bain.
:)

Buster a dit…

Ouais, c'est ça... :-)

guillaume a dit…

je note que vous avez pas mal évolué depuis votre premier billet sur DSK.

Buster a dit…

En fait pas tant que ça... c’est mon horreur des phénomènes de meute qui donne l’impression que je change d’opinion. Mon tout premier post où j’évoquais le premier l’Invraisemblable vérité de Fritz Lang reflète assez bien ma pensée.