jeudi 10 mars 2011

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D. m’a laissé sur le bureau toute une pile de revues à trier, parmi lesquelles le dernier numéro des Cahiers, un numéro que sur le moment j’ai failli jeté à la poubelle car je ne l’avais pas reconnu. C’est quoi cette couverture? Rarement vu un truc aussi moche: une carte de France, silhouette blanche sur fond noir, beurk, on dirait une pollution nocturne. C’est d’ailleurs bizarre cette laideur des couvertures aux Cahiers depuis quelques mois... Plus ça va, plus c’est laid. Bon passons... comme je passe sur le dossier "la France" qui est peut-être très bien mais qui n’est pas le genre de dossier qui m’intéresse beaucoup (j'ai quand même lu le texte de Laurent Dubreuil sur Des hommes et des dieux de Beauvois et Vénus noire de Kechiche, un texte qui pose les bonnes questions mais se trompe dans les réponses, à l'image de la conclusion où l'auteur oppose au réalisme citoyen des deux films, dépourvu de toute dimension historique - quid du colonialisme? -, cette merde qu’est Hunger de McQueen, considéré comme un modèle d’utopie artistique!), donc, je passe pour aller à l’essentiel: l’entretien de James L. Brooks par J.-S. Chauvin. Car ça n’a l’air de rien mais, sauf erreur, il s’agit bien du premier entretien en France du cinéaste... A marquer donc d’une pierre blanche, d’autant que cet entretien risque d’être longtemps le seul, vu la rareté des films de Brooks, vu surtout le mépris avec lequel la plupart des critiques considèrent ce dernier (cf. Positif-Télérama-le Monde, le nouveau triangle des Bermudes, selon la terminologie cimentesque, l’ancien, représenté par les Cahiers, les Inrocks et Libé, n’ayant plus de raison d’être tant les trois apparaissent aujourd'hui comme des espaces à géométrie variable...).

Sinon, juste une remarque: dans l’intro à l’entretien, Chauvin évoque la critique négative qu’avaient publiée en 1984 les Cahiers sur le premier film de Brooks, Terms of endearment, critique qu’il attribue à Serge Daney. En fait il ne s’agit pas de Daney (qui d’ailleurs n'écrivait plus dans les Cahiers à cette époque), mais de l’autre Serge (le mauvais, ha ha), j’ai nommé Toubiana. [ajout du 12-03-11: en fait il s’agit bien de Daney, sauf que l'article est paru dans Libé, comme le précise J.-S. Chauvin dans les commentaires]

PS. L’autre truc important de ce numéro c’est le petit ensemble consacré au film d’Oliveira l’Etrange affaire Angélica (dont j’ai déjà parlé l’an dernier), enfin surtout le texte de Tessé. La référence "jocondienne" - via Arasse - m’a bien plu, m'a bien fait marrer aussi dans la mesure où je parlais justement de La Joconde dans un précédent billet sur... Singularités d’une jeune fille blonde. . Bon c’est sûrement une coïncidence, car je n’imagine pas Tessé lire mon blog, mais quand même...

18 commentaires:

Jean-Sébastien a dit…

oups en effet, il y a une petite erreur, mais c'est bien de Daney dont il s'agissait, mais au sujet d'un article qu'il avait fait paraître dans Libération, on fera paraître un erratum le mois prochain!

Buster a dit…

Aaah d’accord... c’est pourquoi je ne comprenais pas ces reproches faits au film de Brooks (éloge de la médiocrité, victoire des vieux sur les jeunes...) dont vous parliez car tout ça n’apparaissait pas dans l’article de Toubiana. Dans ce cas il faudrait que je lise le texte de Daney. Si quelqu’un...

Sinon c’est marrant mais j’ai l’impression que dans les années 80 il était intellectuellement parlant impossible d’aimer ou d’avouer aimer (cf. l’exemple de Sandrine Rinaldi) les films de James L. Brooks. Un peu comme pour John Hughes et les teen movies, sauf que Hughes a fini par être reconnu en France, via surtout la nouvelle comédie américaine (Apatow, Farrelly, Myers...) qui lui doit beaucoup, alors que Brooks, pourtant l’une des trois grandes références d’Apatow (avec Ashby et Hughes), reste désespérément sous-estimé. Pourquoi? J’espérais que ses détracteurs, ceux qui trouvent le style de Brooks trop conventionnel, trop télévisuel, trop pépère, viendraient s’expliquer, mais non...

lucabrasi a dit…

quoi, tessé a recommencé?
il n'en perd pas une...

Buster a dit…

Ah oui? Je ne savais pas...

lucabrasi a dit…

non non, vieille histoire et private joke, ne pas prendre au sérieux mon précédent message...
par ailleurs le dossier sur la France mérite qu'on s'y attarde, il fait selon moi de ce numéro le meilleur de la nouvelle ère.

SB a dit…

Je trouve votre insinuation comme quoi Tessé vous aurait plagié totalement déplacée, j’ai relu votre texte (très bon d’ailleurs mais là n’est pas la question) et la critique de Tessé, rien ne permet d’y voir un quelconque plagiat. C’est d’autant plus déplacé que dans votre texte vous reprenez l'argument d'Arasse sans même le citer !

Buster a dit…

Non mais c’est quoi ce délire? De quoi vous parlez? Et d’abord au nom de qui vous parlez? Ce que vous me dites Tessé me l’a dit lui-même hier soir dans un mail particulièrement haineux. Je lui réponds. Un quart d’heure après Lucabrasi envoie un commentaire qui corrige le précédent. Et vous maintenant qui en remettez une couche. Ce branle-bas de combat commence à devenir suspect.

Que les choses soient claires:

1) Je n’insinue absolument pas que Tessé m’a plagié pour la simple et bonne raison qu’il s’agit ici d’une référence et qu’une référence appartient à tout le monde.

2) Je trouve seulement amusant que Tessé et moi ayons recouru à la même référence au sujet d’Oliveira, même si ce n’est pas pour le même film.

3) Je me doute qu’il s’agit d’une coïncidence dans la mesure où penser à La Joconde et surtout à ce qu’en dit Arasse, en regardant Singularités... ou Angélica n’a en soi rien d’extraordinaire.

4) Et quand bien même Tessé aurait eu l’idée de La Joconde après avoir lu mon texte, il n’y aurait rien à redire, on se nourrit tous des textes lus, des paroles entendues ici et là, et parfois de façon inconsciente, sans que ce soit du plagiat.

5) Et puis j’aurais mauvaise grâce d’accuser Tessé de plagiat puisque cette idée de La Joconde il la développe longuement et en fait le centre de son texte, alors que moi je ne faisais que l’évoquer.

6) Enfin si je n’ai pas cité Arasse dans mon billet ce n’est pas pour me réapproprier son discours mais tout simplement parce que je l’avais déjà cité auparavant. Le sourire léonardien, j’en parle régulièrement (cf. le Mirage de Guiguet, les Amants réguliers de Garrel, ou dernièrement encore Somewhere de S. Coppola), ça renvoie soit à Barthes (la figure du neutre, le rayonnement doux) soit à Arasse (le raccord avec le paysage), mais je ne le précise pas à chaque fois (sur un blog on n’a pas la même rigueur que dans une revue).

Anonyme a dit…

Bon ben vous voyez, Tessé lit votre blog (à moins que quelqu'un ait cafté? JSC?)

SB a dit…

Buster, je suis le porte-parole de personne, Tessé je le connais à peine. Je ne sais pas ce qu’il vous a écrit, ça ne me regarde pas, mais si c’était comme vous dites « particulièrement haineux », c’est peut-être en rapport non pas à votre dernier post mais à l’ensemble de votre œuvre puisque ce n’est pas la première fois que vous vous en prenez à lui. C’est un peu dommage, contentez-vous d’écrire sur les films, vous avez du talent, et ne vous abaissez pas à ces petites mesquineries qui n’apportent rien.

vladimir a dit…

Si tu rêvais d'écrire dans les Cahiers, je crois que là c'est foutu :D

Buster a dit…

Hahaha, comme dirait HSS. Sinon oui, les Cahiers pour moi c’est mort...

Nan, Tessé il lit pas mon blog, c’est quelqu’un qui le lui a signalé, qui? peu importe car je le répète il n’y avait rien là-dedans de méchant... maintenant l’ironie, ça marche pas avec tout le monde.

SB, je ne sais pas où vous avez vu que je m’en prenais régulièrement à Tessé. S’il m’est arrivé de le critiquer c’est ponctuellement à propos d’un article, mais pas plus lui qu’un autre. D’ailleurs l’inverse est vrai, il m’arrive aussi de saluer la qualité de certains textes. Et ce droit de critiquer les critiques, vous permettez que j’en use comme je l’entends.

La seule chose un peu étrange c’est qu’on vienne sur mon blog, un blog quand même très confidentiel (je ne sais pas combien j’ai de lecteurs mais ça ne doit pas dépasser la centaine), pour manifester son indignation, à propos d’un truc insignifiant alors que sur d’autres blogs ou forums, bien plus visités que le mien, les critiques se font brocarder à longueur de journée sans broncher. Mystère...

Anonyme a dit…

mais Buster, ne faites pas le modeste: vous savez bien que vous avez des lecteurs "de choix" ...je comprends la fureur de Tessé: le quidam qui lisait votre texte, le premier message de Lucabrasi et votre réponse, aurait pris pour argent comptant tout ces sous entendus et l'aurait catalogué au rayon malhonnête et fumiste...or on peut ne pas aimer Tessé, mais au vu de son parcours difficile de l'attaquer sur le niveau cohérence et droiture...bon, je suis d'accord avec vous, pas la peine d'en faire une affaire d'état...si ça peut servir à ce que les internautes réfléchissent à deux fois avant de poster des "private joke" qui peuvent être lues comme de la simple médisance (la diffamation à l'emporte pièce c'est quand même les égouts du net, et n'a absolument rien à voir avec la critique réfléchie), on en sortira tous grandis. Sur ce je m'en vais lire votre texte sur Laughton.

Buster a dit…

C’est vrai que s’il n’y avait pas eu ce premier message de Lucabrasi, l’affaire n’aurait peut-être pas pris cette importance...

Sinon je vous souhaite une bonne lecture, mais entendons-nous bien, le texte sur la Nuit du chasseur il est de Marguerite Duras, pas de moi, je ne voudrais pas qu’on m’accuse de plagiat!

SB a dit…

En effet, Buster, vous ne vous attaquez pas directement à Tessé mais vous n’êtes pas non plus le dernier pour stigmatiser régulièrement les Cahiers. D’ailleurs on a du mal à vous cerner, quand on vous lit on a l’imprssion que vous avez fait partie du sérail, les gens de la critique, et qu’aujourd’hui vous régler un peu vos comptes…c’est votre droit mais pourquoi ne pas le faire à visage découvert ?

Buster a dit…

Bah non, même si j’en connais quelques uns, je n’appartiens pas au monde des critiques, je n’ai donc aucun compte à régler. Et si je conserve un pseudonyme (qui n’est pas de l’anonymat) ce n’est pas pour me cacher mais tout simplement parce que j’ai commencé ce blog tout seul dans mon coin sans publicité sous le nom de Buster et qu’aujourd’hui je ne vois pas pourquoi je le changerais pour mon vrai nom.

marco a dit…

waouh, ce qui était au depart une simple blague sur tessé est devenu peu à peu un plaidoyer en sa faveur , il est vraiment fort le jean-fifi

lucabrasi a dit…

arf, désolé d'avoir été le troll sur ce coup là... (après je m'étonne aussi de l'ampleur étrange que tout ça a pris)

Buster a dit…

Pas grave.