vendredi 25 février 2011

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Ecouté The king of limbs, la version téléchargeable (petit bloc à huit faces) du dernier album de Radiohead. En attendant la suite? Beaucoup s’accordent en effet à penser qu’il ne s’agit là que d’un avant-goût, avant la sortie d'ici quelques semaines, dans l'édition "Newspaper", d'un album plus complet. Pour preuve, la brièveté de cette version par rapport aux albums précédents (à peine quarante minutes), le titre du dernier morceau ("Separator") - séparateur de quoi? sinon d'une seconde partie - dans lequel auraient même été glissés des indices ("if you think this is over then you are wrong", répété quatre fois), le fait que "le roi des limbes" fait écho à un chêne millénaire, et que les limbes, hein bon, ça se ramifie à l’infini..., ou encore que dans le clip ("Lotus flower"), sorti en même temps que la version digitale, Thom Yorke délivrerait lors de sa danse du lotus - danse qui n'a rien ici d'oriental, c’est plutôt le genre épileptique - quelques messages codés... Mouais, tout ça n’a pas grand intérêt, si ce n’est qu’avec ce nouvel album on a la confirmation que décidement, question marketing, Radiohead est sans rival. Car le groupe nous avait déjà fait le coup avec In rainbows (une version téléchargeable - sauf que celle-là on pouvait l’acquérir gratuitement - puis le coffret, trois mois après, avec un disque supplémentaire et des artworks). Rien de nouveau donc à ce niveau, rien de très neuf non plus sur le plan musical, The king of limbs se situant aussi dans le prolongement de In rainbows, à travers notamment ce goût chez Radiohead du crossover, cette façon de brasser les genres même les plus disparates... Reste que l’idée inverse, à savoir qu’il n’y ait pas de suite à la version d’aujourd’hui, me séduirait davantage. Je ne suis pas très friand de ces albums-package, véritables produits culturels, avec leurs flopées de titres et leurs maquettes sophistiquées, tout ça pour se démarquer des versions téléchargées... Là, avec juste huit titres, The king of limbs me rappelle le principe du concept-album. Et j'aime bien. D'autant qu'elle n'est pas si mal cette version. Pas géniale, d'accord, mais contenant d'assez belles choses. L'album a un côté ambient, plutôt ambient house, sur lequel Yorke greffe sa voix plus aérienne que jamais. On dirait du Cocteau Twins glitché. Ça commence fort avec "Bloom", et sa boucle arabisante, puis "Morning Mr Magpie", peut-être le meilleur morceau de l'album, dub et voix "bonoesque", et "Little by little", plus hindouisant (georgeharrisonien?)... Bon, avec "Feral", morceau plus expérimental, la sauce ne prend pas vraiment, ça fait même flop-flop par instants, rappelant les bras ventouses des figures (extra-terrestres?) qui composent la pochette... Les quatre derniers morceaux sont plus "classiques", plus pop, à l'image de "Lotus flower" - on dirait un remix de Bronski Beat tant la voix de Yorke évoque ici Jimmy Somerville -, ou encore "Codex", point d'orgue de The king of limbs, plus acoustique (piano/voix), qui donne vraiment l'impression de s'enfoncer dans les limbes du titre, alors que "Give up the ghost" est, après "Feral", l'autre moment faible de l'album (plage un peu mièvre, de par sa boucle pas assez construite et trop planante...), mais que sauve, in extremis, le dernier morceau, le fameux "Separator", dont je ne suis pas certain qu'il sépare quoi que ce soit mais qui a le mérite, au moins, de conclure l'ensemble sur une bonne note (de sitar)...

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