mardi 25 janvier 2011

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Céline (suite et fin). J'ai jeté un coup d'œil sur le recueil des célébrations prévues cette année. On y trouve, entre autres, le premier référendum en 1961 de la Ve République, par lequel une majorité de Français ont approuvé l’autodétermination de l’Algérie. Ça c’est l’Histoire avec un grand H. Célébration et tout le tintouin... Mais l’histoire avec sa petite hache, tel le massacre du 17 octobre 1961, où plus d’une centaine d’Algériens, parmi les milliers qui étaient venus à Paris, à l’appel du FLN, manifester contre le couvre-feu qui leur avait été imposés, ont été littéralement exécutés par la police, tout ça avec la bénédiction de Papon, eh bien, cet événement-là, évidemment, n'est pas inscrit au programme... Bon, d’accord, c’est comme la Saint-Barthélémy, la Terreur ou l’écrasement de la Commune, ça relève plus de la commémoration que de la célébration... Mais justement, si la question algérienne se résume en 1961 au seul référendum sur l’autodétermination, c’est que l’événement doit contenir en lui-même tous les autres, oubliés ou tabous, qui s’y rattachent. C’est pareil pour Céline. Il n’y a pas l’écrivain d’un côté, et l’homme de l’autre, il n’y a que Céline. Ne pas vouloir célébrer/commémorer sa mort aujourd’hui, au nom de je ne sais quelle morale, ce n'est pas refuser seulement la part d’abjection qu'il y avait en lui, c'est le refuser tout entier... Si Céline est abject et génial, c'est dans le même mouvement, il est en quelque sorte... "abjénial" - autrement dit unique. C'est à ce titre, et seulement à ce titre, qu'on peut considérer, comme ses détracteurs, qu'il n'a pas sa place dans ce type de célébrations.

Culture (toujours). Ah l’expo Monet, quelle horreur! Je n’ai rien contre le peintre que j’aime beaucoup (même si je préfère Manet), mais ces méga-expos, où l'on attend des heures pour se taper un maximum de tableaux, ça n'a strictement aucun sens. Voir ainsi Monet relève de la performance (dans tous les sens du terme). Un peu comme dans Bande à part de Godard, et sa visite du Louvre en 9 minutes 43 secondes, sauf que là c’est exactement l'inverse. Le défi n’est pas de visiter le Grand Palais le plus vite possible, mais d’y passer le plus de temps possible, de préférence au milieu du plus grand nombre, un marathon en deux étapes - faire donc la queue pour entrer (surtout ne pas réserver son billet à l'avance, vous risqueriez de gagner du temps), puis jouer des coudes pour apercevoir les œuvres -, épreuve particulièrement éprouvante mais ô combien méritante avec au bout the big récompense: l’accès à la boutique et ses produits dérivés, véritable temple du marketing où vous pourrez acheter (au prix fort) tout ce que vous voudrez...

Fin des soldes.

2 commentaires:

vladimir a dit…

Ah non, les soldes c'est jusqu'à la fin du mois !

Buster a dit…

Peut-être, mais j'ai épuisé mon stock...