lundi 24 janvier 2011

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Suite des soldes:

Vu Au-delà de Clint Eastwood. Ouh là là, que c'est mauvais... Si on est un inconditionnel d'Eastwood on dira que c'est un film mineur ou bien inégal, doux euphémisme pour ne pas (s')avouer que c'est franchement raté. Parce que là, il a fait fort le père Eastwood. Mise en scène paresseuse (passé les dix premières minutes, l'épisode du tsunami, et encore...), mouvements de caméra répétitifs et d'une rare indigence (ah ces petits travellings vers le ciel!), comme si Eastwood nous offrait sa propre "expérience de la mort", artistique s'entend... Musique sirupeuse, omniprésente, pour justement masquer les faiblesses de la mise en scène. Il est où le "dernier des classiques"? Soit son style s'est tellement asséché qu'il ne reste plus rien ici de ce qu'on appelle le cinéma classique, juste la peau, amorphe et totalement rabougrie, soit (hypothèse la plus vraisemblable) Eastwood n'a jamais été ce grand cinéaste classique dont on nous rabat les oreilles à chaque nouveau film mais simplement un bon petit maître - auteur d'indéniables réussites avant que la critique ne l'auteurise - dont les limites se font malheureusement de plus en plus sentir, à mesure que sa "vitalité" créatrice et son esprit libertarien déclinent, laissant ainsi apparaître tout ce qu'il y a d'approximatif et de foncièrement mièvre dans sa mise en scène...

Des trois histoires qui composent le film sans vraiment converger, se déroulant plutôt parallèlement jusqu'à l'épilogue où l'on force les personnages de chaque histoire à se rencontrer (à moins que le film se situe lui-même dans l'au-delà et que, comme dans la géométrie riemanienne, les parallèles s'y rejoignent à l'infini), bref de ces trois histoires, une n'offre aucun intérêt (c'est l'histoire française avec Cécile de France), on dirait du Granier-Deferre, le seul truc marrant c'est Thierry Neuvic dont la ressemblance avec le capitaine Haddock (bizarre que Spielberg n'y ait pas songé pour son prochain film) me faisait espérer, à chaque fois qu'il apparaissait, l'arrivée imminente de Tintin et Milou..., une autre (celle anglaise avec le petit garçon) est un peu plus intéressante, quoique la partie loachienne du début..., reste l'histoire américaine qui est la plus réussie, enfin qui aurait dû l'être, si Eastwood ne s'était pas fourvoyé dans la construction de son récit, puisque le véritable intérêt du film c'est bien la rencontre entre Matt Damon et Bryce Dallas Howard (la référence à Shyamalan se situe à ce niveau plus que dans la communication avec les morts) et non celle, trop tardive bien qu'attendue, entre Damon et Cécile de France... Les scènes avec B. D. Howard renouent avec le meilleur Eastwood, il y a là l'amorce d'une histoire qui ne demande qu'à s'épanouir (les cours de cuisine sont plutôt plaisants bien que filmés froidement - ah cette couleur bleutée!, quasi cadavérique), mais qu'Eastwood abandonne, et le personnage féminin avec, au moment où elle commence à prendre corps. De même que ne sera jamais exploitée la citation dickensienne du film (sauf pour justifier que Damon se retrouve finalement à Londres), ce qui pourtant était une belle idée... Bref, tout ça fonctionne très mal. Et je ne parle pas de la fin et sa traditionnelle scène tire-larmes (une habitude chez Eastwood) ni surtout du dernier plan, d'une cucuterie sans nom...

6 commentaires:

vladimir a dit…

Mais c'est la super forme.

Dis-moi j'ai rêvé ou il y avait une autre note à propos des célébrations 2011 où tu parlais du référendum sur l'autodétermination de l'Algérie et du massacre du 17 octobre 1961 ?

Sinon pas encore vu le dernier Eastwood.

Buster a dit…

Je ne sais pas si c’est la super forme mais ça commence à revenir...
Sinon, tu n’as pas rêvé, la note existe bien, mais comme elle n’était pas complète et pouvait prêter à confusion, j’ai préféré la retirer.

Félix a dit…

Je ne l'ai pas encore vu, mais c'est fou tout ce qui se dit de mauvais sur ce film. N'ayant déjà pas apprécié les dernières œuvres d'Eastwood, je m'attends au pire, et je me garderai bien de me déplacer au cinéma pour assister à ce triste spectacle.

Buster a dit…

C'est sûr, mais ça se laisse voir quand même...

Anonyme a dit…

c'est mauvais ou ça se laisse voir ? faudrait savoir

Buster a dit…

Ce n’est pas contradictoire, le film est mauvais relativement à la reconnaissance dont jouit Eastwood et à certains de ses autres films. Maintenant, si on le compare aux nombreuses bouses qui sortent par ailleurs, ça reste parfaitement regardable...