mardi 27 juillet 2010

Sad Lisa




Lisa Lobsinger... la sublime chanteuse de Reverie Sound Revue et de Broken Social Scene.

Et aussi.

Sinon, j’angoisse un peu à propos de The last airbender, le nouveau film de Shyamalan. A la différence de nombreux blogueurs, dont le mépris à l’égard de MNS m’insupporte au plus haut point, j’ai une profonde estime pour l’œuvre de celui-ci, surtout ses derniers films (The village, Lady in the water, The happening) qui sont justement les plus décriés. Mais là, j’ai comme une inquiétude: je n’aime pas la fantasy, je n’aime pas les films d’arts martiaux et "je n’aime pas la 3D, qui me sort par les yeux" (formule dont je revendique la paternité, copyright déposé). Cela dit, il y aussi des raisons de croire au nouveau Shyamalan: "Avatar" est un mot hindou, donc...

samedi 24 juillet 2010

[...]

Tourniquet, ou les états d'Amalric.

Vu finalement Tournée d'Amalric. Eh bien, je n'ai pas du tout aimé. Beaucoup trouvent que c'est très réussi (sauf la scène du supermarché - c’est vrai qu’elle est assez abjecte cette scène), moi je trouve ça franchement raté (sauf la scène de la station-service - et encore). Ce qui ne va pas dans Tournée, c’est que le film est centré non pas sur le personnage d'Amalric en tant que producteur du show mais sur ce qu'il était avant (un personnage plutôt méprisable, bien que son histoire reste volontairement floue) quand il travaillait à la télé, un passé en tous les cas dont on se fout royalement à partir du moment où le film s’est engagé sur une autre voie, celle du new burlesque, vu des coulisses (L'envers du music-hall de Colette, si j’ai bien compris...), avec ses stripteaseuses bien en chair, quoique ce genre de spectacle ne m’intéresse pas beaucoup, mais bon, les filles dans leur propre rôle, il y avait là un vrai sujet, à défaut d’un sujet en or, à côté du quel passe totalement Amalric. Pour ce qui est des références, on nous parle de Cassavetes (Meurtre d’un bookmaker chinois), Aldrich (All the marbles...), Ferrara (Go go tales) - je laisse de côté Fellini, ou encore Ophuls et "la Maison Tellier" évoqués par Amalric lui-même - mais ça c’est juste pour le décor, parce que question "mouvement" (le flux cassavetesien, la vitalité aldrichienne, la distorsion ferraraienne...), on repassera. (On saura gré toutefois à Amalric de nous épargner la scène de suicide - alcool et médoc - à laquelle on s’attend à chaque fois que le personnage de Mimi se retrouve seul, avec ce que cela suppose derrière: la "grande scène" à la Faces - salle de bain, vomissement, douche, et tout le tintouin, en caméra portée, urgence oblige, mais c’est vrai que Cédric Kahn était déjà passé par là avec Trop de bonheur, si on peut dire.) Non, la seule référence, massive, et qui plombe littéralement le film, c'est Desplechin. Ici on a l'impression qu'Amalric n'a qu'une hâte: non pas tourner autour des filles de manière faussement documentaire (un peu plus de fiction à ce niveau n'aurait pas fait de mal) mais retourner à la maison, celle du cinéma d'auteur bien français, avec son psychologisme lourdingue (un peu moins de fiction à ce niveau aurait fait du bien). C'est d'autant plus regrettable que dans son précédent film, la Chose publique, inégal mais assez jouissif, Amalric arrivait à y échapper (j'aime bien aussi son premier, Mange ta soupe, un peu moins le suivant, le Stade de Wimbledon). Là, c'est terrible: la scène à l'hôpital, celles avec les enfants, celles avec l'ancien associé, etc., bref tout ce qui touche à la famille, petite ou grande (le monde de la télé), est absolument insupportable. Déjà Desplechin, c'est souvent du mauvais Bergman, alors du mauvais Desplechin, vous imaginez. Curieux quand même qu'Amalric se soit laissé entraîner sur ce terrain, au point d'avoir gardé au montage la scène du supermarché - qui se veut le pendant, haineux, de la scène de la station-service, qui elle, pour le coup, s'en trouve renforcée alors qu'elle n'est pas non plus si extraordinaire - disons que du bon Dupeyron c'est toujours mieux que du vilain Desplechin. Curieux, surtout quand on sait que le meilleur film de Desplechin reste à ce jour Esther Kahn qui justement traitait de l'envers du théâtre...

dimanche 18 juillet 2010

Bleu vert noir

Pas encore vu Tournée d’Amalric, ni Toys story 3 du studio Pixar (ça traîne parce que la motivation n’est pas là), au contraire du film d'André DeToth, Day of the outlaw, superbe western enneigé sur lequel je reviendrai plus tard (pour l’instant, pas motivé non plus pour écrire dessus). Sinon j’ai lu dans les Cahiers le dossier sur les séries américaines (c’est marrant, aux Cahiers ils traitent toujours des séries dans leurs numéros d’été - la dernière fois c’était en 2003 je crois, sous l'ère Lalanne-Tesson - comme s’il fallait que l'actualité cinématographique soit moins dense pour qu’on s'intéresse de plus près aux séries). De cet ensemble je retiens surtout l'excellent texte d'Axelle Ropert... Bon les séries, c’est pas mon truc, on le sait, j’en aime certaines, mais même pour celles-là j’ai du mal à aller jusqu’au bout (cf. Mad men sur laquelle j’avais prévu d’écrire, sauf que j’en suis toujours à la première saison). Seules exceptions: Twin Peaks de Mark Frost et David Lynch, mais c'est de la préhistoire, et Les Soprano de David Chase.

Ci-dessous quelques séries, classées en fonction de l’assiduité avec laquelle je les ai suivies:

1. 24 (Robert Cochran et Joel Surnow), tous les épisodes des saisons 1 et 2 + les quatre premiers de la saison 3
2. Urgences (Michael Crichton), une demi-douzaine d’épisodes éparpillés dans chacune des cinq premières saisons
3. Desperate housewives (Marc Cherry), tous les épisodes de la saison 1 + les deux ou trois premiers de la saison 2
4. The Wire/Sur écoute (David Simon), les cinq ou six premiers épisodes des saisons 1 et 2
5. Mad men (Matthew Weiner), les dix premiers épisodes de la saison 1
6. Lost (J.J. Abrams), les sept ou huit premiers épisodes de la saison 1
7. NYPD Blue (Steven Bochco et David Milch), Friends (Marta Kauffman et David Crane), Ally McBeal (David E. Kelley), Sex and the city (Darren Star), quelques épisodes, ici et là, au cours des premières saisons.

NB. Jamais vu le moindre épisode de Alias, The Practice, Six feet under, The west wing/A la maison blanche, Prison break...

Sinon, pour le plaisir (le mien, bien sûr):


Mon journal de voyage [les Açores: Faial, São Jorge, Pico]. Musique: Broken Social Scene.

samedi 10 juillet 2010

Verbatim

Des écoutes enregistrées, je le rappelle, clandestinement par le maître d’hôtel de Liliane Bettencourt lors de réunions d’affaires et remises à la justice, via Françoise Bettencourt, la fille de Liliane (dans le cadre du procès de François-Marie Banier qu’elle accuse d’abus de faiblesse sur sa mère), et publiées (en partie) par Mediapart sur son site, j’ai pas tout compris... Il ressort néanmoins que l’héritière de L’Oréal, elle non plus, ne semble pas comprendre grand-chose aux différentes opérations montées ici et là avec son argent (au point qu'on se demande si l'accusation d'abus de faiblesse ne pourrait pas être élargie à d'autres personnes que Banier), et que si l’action d’Eric Woerth en tant que trésorier de l’UMP n'apparaît pas très catholique, comme dirait le père Frêche, sa bienveillance vis-à-vis de Liliane Bettencourt en tant que ministre du Budget reste, elle, à prouver (que sa femme ait travaillé pour Bettencourt pose le problème du conflit d'intérêts mais ne prouve pas qu'il a fermé les yeux sur d'éventuelles fraudes fiscales), vu tous les micmacs auxquels s’est livré Patrice de Maistre, le conseiller financier de Bettencourt, pour dissimuler certains avoirs (une île aux Seychelles, un compte en Suisse de 65 millions d'euros, etc.) au fisc, surtout depuis que celui-ci, sous l'impulsion de Woerth justement, cherche à traquer les fraudeurs. C'est pas joli joli, d'accord, mais au-delà de tout ça qu'est-ce qu'on apprend? Rien, sinon que les hautes sphères du pouvoir, Elysée compris, et les grosses fortunes, c'est copains comme cochons. Tu parles d'un scoop...
Certes, la ligne de défense adoptée par l'UMP pour sauver (à tout prix, ce qui ne peut être que suspect) le soldat Woerth est consternante de bêtise, c'est toujours la même rengaine sur le rôle néfaste de la presse qui, dans sa frénésie à sortir le plus vite possible des infos à peine recoupées - scoop oblige -, fait le jeu du FN et, plus généralement, du populisme le plus rance (ce qui n'est pas entièrement faux, soit dit en passant), mais c'est aussi parce que c'est toujours la même histoire, celle du financement occulte, pour ne pas dire illégal, des partis politiques et de certaines campagnes électorales (tout bord confondu, est-ce pour cela que l'opposition parlementaire se fait si discrète?), un truc qui existe depuis... que les partis existent? (en tous les cas depuis que je suis en âge de voter, est-ce pour cela que je ne vote plus?), un peu comme le dopage dans le sport, de sorte qu'en le dénonçant on vise moins à rétablir un peu de morale dans la vie politique (puisque rien n'y fait) qu'à épingler, à travers ce genre de pratique, celui qui à un moment donné, tel Woerth aujourd'hui, apparaît comme une cible privilégiée, sinon un symbole, dans la lutte, plus large, que l'on mène contre un système, ici le sarkozysme. Autant dire que si le combat est légitime, les méthodes, elles, laissent souvent à désirer...

Rien à voir (quoique, la Fédération française de football c'est aussi une vieille dame richissime - la plus riche des fédés - qui dépense son argent sans trop se poser de questions), mais l’interview de William Gallas dans les Inrocks, c’est du pipeau. La vérité, mon œil, c'est le même blabla que celui d'Evra. Et pas la moindre trace d’autocritique. Le seul responsable du fiasco de l'équipe de France c'est Domenech. Ben voyons.

lundi 5 juillet 2010

[...]

Le Mondial 2010 sera-t-il le Mondial des premières fois? Première fois qu’une Coupe du monde se déroule en Afrique, première fois que le pays organisateur ne participe pas aux huitièmes de finale, première fois que les deux finalistes de la précédente édition plient bagage en même temps, dès la fin du premier tour, eux aussi, et sans avoir gagné le moindre match... Et première fois qu’un pays d’Europe triomphe sur un continent qui n'est pas le sien? Ce n'est pas encore fait, mais il y a quand même de grandes chances maintenant que les deux cadors sud-américains sont passés à la trappe (un seul des deux, ça ne m'aurait pas surpris, mais les deux à la fois, je ne m'y attendais pas du tout). Pour que la fameuse règle, qui veut que lorsque la Coupe du monde est organisée hors de l’Europe la victoire revienne à un pays sud-américain (alors que si elle est organisée en Europe c'est un pays européen qui gagne), soit respectée, il faudrait donc que l’Uruguay l’emporte. Oui, je sais, tout le monde souhaite son élimination vu la façon dont il s’est qualifié face au Ghana, mais justement, cette main de Suarez empêchant le ballon d’entrer dans les buts et, derrière, le penalty raté de Gyan, tout ça à la dernière minute des prolongations - quel match! -, n’est-ce pas le signe que les Uruguayens ont ce petit plus (qu’on appellera la chance, l'esprit de corps ou tout simplement Diego Forlan - j’adore ce joueur) qui leur permet de gagner in extremis leurs matches, ou bien le signe que, finalement, il ne devait pas y avoir de but du Ghana à la fin du match, puisque le coup franc d'où part l’action est quand même assez sévère (mais bon, c’est à l’appréciation de l’arbitre) et surtout le joueur ghanéen (Appiah je crois) qui voit son tir repousser une première fois (mais à la régulière) par Suarez est manifestement hors-jeu. Ou alors, toujours pour respecter la règle, il faudrait que ce soit... les Pays-Bas, leur prochain adversaire, qui l'emportent, dans la mesure où les Oranje, même s'ils n'ont rien de transcendant, sont ici un peu comme chez eux, au pays des Boers.
Reste que pour beaucoup, c’est dans l’autre demi-finale que se trouverait le futur vainqueur de la Coupe du monde. Peut-être, moi je ne dis plus rien... Allemagne-Espagne, en tous les cas, ça va être un sacré choc. Mais est-ce que ce sera un grand match? Pas sûr. Je crains que la précision géométrique du jeu allemand, cette rapidité incroyable pour passer de la défense à l’attaque, d’autant plus étonnante que les Allemands défendent souvent très bas, comme si cela leur permettait - tel l'effet d'un élastique - de donner encore plus de vitesse à leurs contres, et le fameux "toque" espagnol, ce jeu de passes courtes et rapides en attendant l’ouverture (c'est souvent très beau, c'est parfois très chiant), bref d'un côté, le rendement de Schweinsteiger, et de l'autre, les inspirations de Xavi et d’Iniesta, eh bien que tout ça se neutralise une bonne partie du match et que cela se joue sur pas grand-chose (une faute du gardien, trompé par la trajectoire du ballon, ou une erreur d'arbitrage, une de plus, qui fait pencher la balance). A moins que cela se joue aux tirs au but, sachant que les Allemands sont redoutables dans cet exercice. J’ai surtout l’impression que l’équipe qui gagnera le Mondial sera celle qui, finalement, aura su le mieux résister défensivement (à la différence des Anglais, bien sûr, mais aussi des Brésiliens et des Argentins...). Et c’est vrai que les deux formations les plus solides à ce niveau semblent bien l’Allemagne et l’Espagne, quoique l’Uruguay, hein, même sans les mains... (les plus costauds étaient peut-être les Paraguayens, comme toujours, mais trop limités devant).

PS. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que le Ballon d’or cette année ne sera ni Messi ni Cristiano Ronaldo. Ce ne sera pas non plus Rooney, ni Drogba, ni Milito (si si, il était à la Coupe du monde), ni Robinho... (qui a dit Anelka?). En fonction du résultat final, je verrais bien Schweinsteiger (ou Klose, si celui-ci donne la victoire en finale à son équipe et finit meilleur buteur), Villa (ou Iniesta, si celui-ci est l'artisan en finale de la victoire espagnole et que Villa ne finit pas meilleur buteur), Sneijder (ou Robben, si celui-ci est élu meilleur joueur de la finale et que Sneijder rate complètement la sienne) ou Forlan (ou... Suarez, si celui-ci, qui a déjà sa statue à Montevideo, marque trois buts en finale et en sauve un, avec la tête cette fois).

Allez, encore une semaine, et on ne parle plus de foot...

vendredi 2 juillet 2010

No comment (2)














The wrong man d'Alfred Hitchcock (1957). [photo: Robert Burks]

On peut voir sur le blog de Francisco Algarín Navarro, ainsi que sur le site Lumière (rubrique "Cannes 2010" rédigée par Fernando Ganzo), deux photogrammes qui se font écho: l'un est extrait de Marnie d'Hitchcock, l'autre de Film socialisme de Godard... En fait ces deux photogrammes ont en commun un troisième, plus ancien, extrait d'un autre film d'Hitchcock, The wrong man, "le plus beau film kafkaïen de l'histoire du cinéma" selon Lourcelles, un film à propos duquel Godard lui-même écrivait: "Chaque plan décisif de The wrong man (...) a son répondant, son double, qui le justifie sur le plan de l'anecdote en même temps qu'il en redouble l'intensité sur le plan dramatique." (Jean-Luc Godard, "Le cinéma et son double", Cahiers du cinéma n°72, juin 1957). Coïncidences fatales? A l'image de ce plan de paquebot bouchant l'horizon, métaphore de la culpabilité et/ou de la névrose dans les deux films d'Hitchcock, faut-il voir celui, presque identique, qui traverse furtivement le dernier Godard, comme le symbole redoublé d'un monde indéchiffrable, labyrinthe inextricable de signes, auquel on croit accéder, virtuellement (via les images), mais dont on reste plus que jamais étranger?