jeudi 2 décembre 2010

Jess Franco

Albin Didon, ça ne vous dit rien? Normal, l'intéressé change de pseudo comme de chemise. Mais si j'évoque "la dernière Major", le numéro de Noël Herpe s'attaquant au célèbre texte de Truffaut, "Une certaine tendance du cinéma français", la réaction indignée d'un des spectateurs, sous la forme d'un texte qui circula à Beaubourg avant d'atterrir sur mon blog... vous voyez de qui je parle? Bon, eh bien, cet Albin avait aussi écrit dans le passé un texte sur Jess Franco qu'il m'a aimablement confié et que je me fais un plaisir de vous livrer (en trois parties).

Délires - plastiques [pour introduire Jess Franco], par Albin Didon

"- Pourquoi cette prolixité insatiable qui semble ne pas devoir faiblir?
- Mais je trouve ça assez normal, moi, qu’un cinéaste tourne des films."

Ce n’est pas Jess Franco qui parle, mais un autre cinéaste qui aura été lui aussi longtemps mésestimé, mais qui est aujourd’hui pleinement reconnu. Il s’agit de Claude Chabrol, que des journalistes interviewaient au moment de la sortie de la Cérémonie. Dans le début de ce passionnant entretien (les Inrockuptibles daté du 23 août 1995), l’ancien collaborateur des Cahiers du cinéma rajoutait: "C’est vrai que c’est moins courant maintenant, mais jusque dans les années 60, des gens comme Robert Wise ou John Ford se faisaient leurs deux ou trois films par an." Pourquoi donc convoquer Chabrol pour parler de Jess Franco? Parce que, même si leurs cinémas sont somme toute très différents - surtout après les années 80 - il y a beaucoup de points communs entre ces deux personnalités: débuts de carrière fracassants, parodies de films de genre, un esprit sarcastique, une irremplaçable égérie, le goût pour le mauvais goût, des tendances anarcho-libertaires. Et enfin, la prolixité, pourtant loin d’être un défaut, chez l’un comme chez l’autre, serait même un cheval de bataille, un choix de vie, une nécessité vitale. Et si Chabrol et Franco étaient les deux faces d’une même médaille, le premier serait l’entomologiste de la civilisation, et le second un scrutateur de l’âme.
Evidemment, quand on a fait plus d’une cinquantaine de films (Chabrol), et a fortiori près de deux cents films (Franco - ayant porté pas loin d’une cinquantaine de pseudonymes à lui tout seul!), on peut s’attendre à des déchets: nanars boiteux, films dispensables ou autres divertissements sans ambition. Pour le spectateur circonspect, le plus difficile est de tomber au hasard des projections sur les entreprises les plus décisives.
Mais, abstraction faite de tous ces aléas (de production, diffusion ou qualité), on découvre dans leurs filmographies, de véritables pépites, et sinon, une conception non seulement originale, mais surtout très savante du cinéma. Aujourd’hui, il est établi que Chabrol est un grand cinéaste. Pour son confrère, l’évidence demeure beaucoup plus incertaine, si l’on se fie aux mines déconfites de la plupart des spectateurs occasionnels quittant un à un les projections, mais qui eurent toutefois la curiosité de se déplacer, sans doute intrigués par la réputation - bonne, voire mauvaise - d’un cinéaste qui, surtout, aura longtemps été une brebis galeuse pour les critiques, parmi lesquels l’éminent Michel Ciment, qui, dernièrement lors d’une assemblée générale de la Cinémathèque, s’est ouvertement offusqué de la rétrospective programmée à l’instigation audacieuse de Jean-François Rauger: "Jess Franco?!!! Et pourquoi pas les Gendarmes à Saint-Tropez et Franco e Ciccio pendant qu’on y est?!!!"
Ainsi, nous tâcherons ici - on l’espère - de réconcilier le cinéma de Jess Franco avec la critique qui l’a condamné par avance (en boudant tout bonnement les projections), et les cinéphiles les plus sceptiques. Disons-le d’emblée, au risque de choquer - et sans justification aucune - que pour être grand cinéaste, il faut pouvoir disposer d’au moins cinq pièces maîtresses dans son œuvre (et parfois même, deux suffisent); et à la limite peu importent les moyens pour y parvenir. Donc, pourquoi pas - s’il le fallait - même par accident. Par conséquent, sur les deux cents films réalisés par le cinéaste espagnol, si on peut en dégager indiscutablement cinq, on peut tenir le reste pour des essais, des brouillons, des ébauches qu’il consent à montrer aux spectateurs les plus fervents. Etait-ce donc plus significatif pour un cinéaste sûr de son talent de ne montrer que des ouvrages dont il serait pleinement satisfait, ou plus honnête au fond de tout montrer; même les projets les moins reluisants? Les programmateurs ont eux-mêmes essayé de jongler avec les impératifs de l’exhaustivité muséographique et la valeur des films projetés, s’avouant vaincus par avance par l’ampleur d’une filmographie hybride: pratiquement deux cents films, dont beaucoup avec plusieurs versions. Par exemple, Vampiros lesbos connaît une version espagnole "habillée", une version italienne avec des scènes coupées, etc.
S’il y a des œuvres incontestables de maîtrise (Venus in furs, les Inassouvies, Lettres d'amour d’une nonne portugaise, la Comtesse perverse, le Portrait de Doriana Gray; et la liste est longue...), Jess Franco vaut surtout pour ses recherches formelles: parfois très bien senties, et malgré tout, reconnaissons-le, souvent ratées. Mais, le ratage n’est jamais le bâclage, au point qu’il est également un effet de signature; de même que la fausse désinvolture est la manifestation suprême de sa virtuosité. En voudra-t-on à celui qui a essayé et raté, plutôt qu’à celui qui s’est contenté de suivre un plan de tournage routinier et qui réussit un film consensuel unanimement salué? On ne louera jamais assez les efforts du premier. Ainsi, même si dans leur projet d’ensemble, certains films sont indubitablement ratés, ils n’en demeurent pas moins appréciables, disons, pour leur gaucherie même. Car dans leurs meilleurs moments, il s’en dégage toujours des ambiances et des idées que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le cinéma formaté ou d’auteurs installés.
Mais surtout, Jess Franco est le cinéaste qui jamais, en relevant le défi d’un projet ingrat, impensable, ou largement improbable, n’est servile ni n’en sort indigne - ou alors très rarement. Ainsi quand il fait des films d’exploitation (films de série B, Z; ou X), il tire toujours son épingle du jeu, et parfois s’en sort haut la main: Cartes sur table ou Ça barde chez les mignonnes sont d’honorables films de genre parodiques, et Femmes en cage et Camp d'amour pour mercenaires sont de grands films érotiques de seconde zone. Quels que soient la nature de ces films, à chaque séquence, il parvient à faire sourdre des tensions érotico-politiques dans le fil narratif, même lorsque la crédulité tend à abandonner les intrigues mal ficelées ou trop alambiquées.
De façon plus générale, et formulé assez grossièrement, l’enjeu central et moteur de ses films, c’est l’envahissement mortifère du mental sur le physique; et de façon plus précise, la singularité de Jess Franco réside principalement dans l’emprise d’une puissance mentale sur une entité physique (généralement le corps). Par puissance, on entend "force" comme en sciences physiques, mais aussi "virtualité" au sens de Deleuze - et également dans le sens de "forces" occultes ou "puissances maléfiques". De façon simultanée, il y a une production sensible dans le plan qui d’un côté est travaillée par la bande sonore et de l’autre sur la bande image, de sorte que l’un dialogue avec l’autre, d’un plan à l’autre, pour se nourrir et enfin s’entre-dévorer. Cette puissance mentale, ce peut être une réminiscence, un trauma d’enfance, un rêve, un phantasme, un trouble ou un pouvoir psychique, un récit dans le récit, ou encore une musique, un riff, un râle dissonants. Pour ce qui est de l’entité physique, elle est immédiate à l’écran, et on pense le plus souvent à l’entremêlement des corps nus, mais, bien plus, il faudrait parler de pétrissage - de "corps raccords" - tant on peut affirmer sans malice que les corps en contact dialoguent entre eux. De la même façon, on peut dire ainsi qu’il n’y a plus de nudité, et donc encore moins de pornographie à l’écran, puisqu’en se collant si outrageusement près de la peau, le cinéaste finit par les filmer comme des paysages inédits.... (à suivre)

Sur ce, je laisse la parole aux spécialistes car sur Jess Franco je n'ai strictement rien à dire, n'ayant vu aucun de ses films.

74 commentaires:

glory - à l'assaut !-DDD a dit…

Grand merci au comité de rédaction de Balloonatic ;-] qui m'offre enfin mon heure de gloire !-D

Bravo aussi, pour la solution "éditoriale" (euh, "weblogique" ?-] que tu as trouvée pour la publication de ce texte en ligne (rédigé il y a plus de deux ans) ! De même, les quelques modifications typographiques pour "l'adaptation" à ton blog me conviennent tout à fait (notamment, les titres en gras).

Mon cher Buster, tu remontes dans mon estime !-DDD

PS : tiens ?! pas de commentaires : euh, on dirait que j'ai fait fuir tout le monde ?-]

Buster a dit…

Ah c’est sûr, Jess Franco c’est pas François Truffaut... Dans le fond, mes lecteurs sont peut-être comme moi, ils n’ont jamais vu un seul de ses films. Pas très vendeur tout ça, c’est sur Chabrol que tu aurais dû écrire, ou sur Godard qui fêtera demain ses 80 balais :-)

Bon, je publierai quand même la suite cette nuit...

Vincent a dit…

Désolé de vous faire mentir mais on peut aimer l'un et l'autre. Pour Truffaut, je me serais bien exprimé sur le post de dessous, mais comme je suis occupé à souffler les bougies de JLG sur Inisfree, je manque de temps. Pour franco, puisque nous sommes dans les anniversaires, l'une de mes toutes premières notes lui était consacrée. Je découvrais en fin l'abominable Dr Orlof.
Père De... oups, Albin, c'est un plaisir de vous retrouver sur ce sujet. Nous ne polémiquerons pas pour cette fois car, d'une part je suis d'accord avec ce que vous avancez de belle manière, mais aussi, je ne suis pas un grand spécialiste du petit Jésus (6 ou 7 films, pas plus).

Buster a dit…

Oui, Vincent, on peut aimer, et Truffaut et Franco. Ce que je voulais dire c'est que l'oeuvre du premier est quand même plus connu que celle du second, et pour cause (près de 200 films)... Donc, c'est arithmétique, les spécialistes de Franco sont forcément moins nombreux que ceux de Truffaut.

(Hé Jean-François Rauger, si vous voulez dire un mot, surtout ne vous gênez pas!)

albin - didon a dit…

- C'est un plaisir de vous retrouver sur n'importe quel sujet, Vincent !-] Euh, votre "blogathon JLG" : peut-être, je ne promets rien !-]

Eh, pas de blague : nous ne polémiquons pas tant de fois que ça ! Sinon, tous les lecteurs de la blogociné font finir par croire que je cherche des poux à tout le monde, ahem !-] Et tant mieux si nous sommes d'accord ! (merci pour la manière :-)

M'enfin ?!! Vous êtes p'têt' bien, de votre côté, un "spécialiste" du petit Mario, ou du grand Lucio... ou encore des "trois Sergios" !-DDD mais moi, je suis "spécialiste" de rien du tout !-] euh, juste amateur :-] Cependant, sans vouloir réveiller d'anciennes querelles, je ne vous suis pas sur Terence Fisher !-]

Et, maintenant, vous devez mieux comprendre pourquoi tout Vomitif me sort par les trous de nez ?!!-,DDD

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Mais, il faut s'activer pour voir ces films, Buster !!! Il y a les DVD, les sites de téléchargements (euh, "légo" !-]

Mais si, mais si ! c'est "très vendeur tout ça"... surtout pour Franco !-DDD Tiens, au passage, une vanne pour les "encyclopédistes" : "...et Franco, c'est pas Decoin" !-DDD

"Ecrire sur" Chabrol ou Godard ? On peut ajouter Rohmer. A peu près tout le monde l'a fait (plus ou moins bien), et continuera à le faire dans les revues ou sur les blogs ! A la limite, en mettant de côté des gens comme Rivette, Moullet, Eustache, Duras (etc.), durant cette période, il y aurait encore Pollet, Straub-Huillet, Rozier, Marc O' et quelques autres !!!-]

Eh, oh, c'est quoi ce favoritisme ?-] OK pour JFR ; mais il faudrait aussi saluer alors d'autres "franquistes" de la première heure (parmi les critiques et les historiens) : Olivier Père, Stéphane du Mesnildot, Nicole Brenez, Christophe Bier !

Ed(isdead) a dit…

"pour être grand cinéaste, il faut pouvoir disposer d’au moins cinq pièces maîtresses dans son œuvre" ?
La belle équipe, Pépé le Moko, La fin du jour, Panique, Voici le temps des assassins : le compte y est (de plus, là, c'est 5 sur seulement 58 titres).

(cela dit, le texte d'Albin est fort intéressant, surtout pour qui n'y connait rien en Franco, comme moi)

Buster a dit…

Oh, le vilain coup bas! :-)

Vincent a dit…

D'autant que pour Vigo ou Laughton, ça va être compliqué...

Buster a dit…

Notre ami, l'énervé du village, avait quand même prévu le coup en précisant: "(et parfois même, deux suffisent)". Reste donc Laughton, Peixoto et c'est tout, non?

Buster a dit…

Sinon, toujours pas de commentaire concernant Franco... C'est dingue ça, il n'y a vraiment personne pour venir chatouiller Albin sur le sujet?

Anonyme a dit…

Pas chatouiller, mais que voilà un texte que j'attendais (et ignorais attendre); merci d'avoir publié cela, je le passe sur ma page Facebook.

N'ai vu que 3 ou 4 films de Franco, ce que je lis ici "is very sound indeed" & me donne envie de m'en taper quelques autres.

Voilà. Commentaire banal mais senti. On peut pas toujours "débattre"...

Buster a dit…

Merci, ça va faire plaisir à Albin qui se sentait un peu seul ces derniers temps.

(sinon svp, les anonymes, utilisez des pseudos pour vos messages, c'est tellement plus agréable à lire quand c'est personnalisé)

Vincent a dit…

Pour quelqu'un qui ne se veut pas "spécialiste", je trouve que la liste publiée un peu plus haut est impressionnante.
C'est amusant que vous parliez de Fisher parce que dans votre texte fort complet, une des choses que je trouve manquer, c'est justement sur les origines des films fantastique de Franco (comme de celles du fantastique allemand et italien de l'époque), l'influence que les premiers succès de la Hammer anglaise ont pu avoir. Fisher avec ses premiers Dracula et Frankenstein, avec la couleur, les premiers effets (un peu) sanglants et l'érotisme tempéré des britanniques a ouvert la voie. On va retrouver cela dans l'utilisation de certains acteurs, Christopher Lee en tête, mais aussi sur les ambiances gothiques, un certain style de musique, etc.
Je ne fais pas une fixation particulière sur Fisher mais il a bien ses cinq films importants non ? A moins que ce ne soit un vieux sentiment anti-anglais :)

Anonyme a dit…

Oui j'allais le dire, la liste est un excellent, impressionnant outil. Et quel plaisir de voir des titres tels que "Les Avaleuses" colorer régulièrement le propos d'un papier qui a toute la rigueur qu'on peut attendre d'une synthèse critique: ça change du mot "ontologique", et d'autres de la même sauce.

Pour ce qui est de la sortie de Ciment, eh bien j'imagine que personne n'est parfait...

(ps désolé de réemployer "Anonyme" pour m'identifier; je suis le même que tout à l'heure)

albin - didon a dit…

Vincent a dit…

[le 05 déc. | 09h 51]
- Hum ! Vous allez encore me détester, Vincent :-] Euh, comment dire ? La Nuit du chasseur - que je trouve un peu surestimé - ne me paraît pas (personnellement) suffisant pour faire de Laughton, un grand cinéaste !

[le 05 déc. | 23h 11]
"Pour quelqu'un qui ne se veut pas "spécialiste", je trouve que la liste publiée un peu plus haut est impressionnante."
- M'enfin, sur près de deux cents films, je n'en ai vu qu'une petite cinquantaine - ou si on veut, un petit tiers) ! et chacun, une seule fois !

"C'est amusant que vous parliez de Fisher parce que dans votre texte fort complet [...] un certain style de musique, etc."
- Oh, la la la, mais, je n'ai pas cherché à être "exhaustif" sur le sujet, loin de là ! Euh, du reste, il y a dans le titre, la mention entre crochets "[pour introduire J. F.]" ! Eh, ne me dites pas que vous l'avez entendu dans un autre sens ?-] Aussi, je n'ai pas voulu faire une généalogie du fantastique(-érotique) à partir de Franco, mais plutôt essayé d' "étudier", disons, la "cohérence" de l'imaginaire d'un cinéaste que je tiens pour "grand". Quant aux origines du genre, aux apports et effets techniques, et à l'influence britannique - fort probables, mais à mon avis, somme toute, assez réduites sur l'auteur - eh bien, ce sont de formidables chantiers... pour cette excellente revue qui considère que le dernier Tavernier est tout à fait digne d'être vu !!?-DDD
En ce qui concerne Fisher lui-même, il y aurait selon moi deux ou trois - mais pas beaucoup plus - films "importants" ; du moins sur le plan "esthétique". Par exemple, les revivals de "Dracula" et "Frankestein" sont "importants" (et pas si mal dans la facture) ; mais, je n'en vois aucun de "grand" ! Corrigez-moi (euh, dans le sens "chatouiller", hein !-], si je me trompe :-]
Et, non, pas de "vieux sentiment anti-anglais" : j'aime bien S. Frears, H. Jennings, A. Clarke, M. Hodges (etc. ?-] ; quoique ce n'est pas vraiment ma "tasse de thé" : Leigh, Loach, Anderson (euh, celui qu'on voudra :-]

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Anonyme a dit…

[le 05 déc. | 20h 18]
"[...] voilà un texte que j'attendais (et ignorais attendre)
- Merci (je prends la parenthèse pour un compliment !-] C'est vrai quoi ! Que d'articles "attendus"... et qui déçoivent !-]

"[...] je le passe sur ma page Facebook."
- Oh, cool ! Je suis facebooké !-]

"& me donne envie de m'en taper quelques autres."
- Attention, ça rend sourd (ou aveugle, c'est selon) !-D

"[...] On peut pas toujours "débattre"...
- D'autant plus qu'en général, ça n'a pas beaucoup d'intérêt !-] Je préfère "échanger". Regardez : à la télé, ils "débattent", mais hors les propos injurieux, ils échangent rarement !

[le 06 déc. | 00h 01]
"Oui j'allais le dire, la liste est un excellent, impressionnant outil."
- Voilà : maintenant, vous êtes "équipé", ahum !-]

"Et quel plaisir de voir des titres tels que "Les Avaleuses" [...] de la même sauce."
- Pour "Les Avaleuses", d'accord (ahum !-] Mais, des termes comme (mettons) "ontologique", "dialectique", "diégèse", (ou "prolepse" :-] sont nécessaires pour une compréhension globale du cinéma.

"Pour ce qui est de la sortie de Ciment, eh bien j'imagine que personne n'est parfait..."
- Eh bien, ce type, euh, d' "imperfection" dans la critique - depuis près de cinquante ans - dans mon vocabulaire, ça s'appelle : une calamité !-DDD

l'énervé du village a dit…

[Réclamation auprès du SAV : y'a pas assez de place dans les comm !-]

Buster a dit…

[le 05 déc. | 01h 18]
- Bof :-]

[le 05 déc. | 10h 24]
- Euh, Peixoto : quézaco ?-]

[le 05 déc. | 21h 07]
"[...] ça va faire plaisir à Albin qui se sentait un peu seul ces derniers temps."
- Euh, j'veux pas dire, mais je ne me sens pas beaucoup plus "accompagné" !-D Nonobstant le soutien du nouvel "Anonyme" :-]

"(sinon svp, les anonymes, utilisez des pseudos pour vos messages, c'est tellement plus agréable..."
- Bah, une solution (radicale) : virer la fonction "Anonyme" pour l'identification du comm !

Buster a dit…

Ah bon, tu ne connais pas Mario Peixoto et son unique film "Limite", un film muet, très beau, très poétique, qu’il a réalisé à 21/22 ans et qui longtemps est resté invisible?... Rien à voir avec Jess Franco, évidemment.

Ed(isdead) a dit…

Buster, à propos de "Limite", dites à votre ami qu'il peut aller lire ça :
http://nightswimming.hautetfort.com/archive/2008/04/07/limite.html

Ed(isdead) a dit…

...et il peux aussi chercher dans Positif qui a parlé plusieurs fois de Peixoto. :)

Buster a dit…

Merci (pour lui), j'ai l'impression que c'est toujours la guéguerre entre vous...

Ed(isdead) a dit…

Ouh la fôte : "Il peux...".
Poussé à parler "indirectement", je m'emmêle les pinceaux...

l'ami - ricochets :-] a dit…

Hé, l’ami !-] c’est uniquement parce que tu y mets ton grain de sel (euh, ici ?!-] que je prends la peine de préciser.

D’abord, comment pourrait-il y avoir une « guéguerre » avec quelqu’un pour qui l’on n’éprouve (plus) aucune sympathie ?!-] Ensuite, concernant la brouille qui nous a occupés l’un et l’autre il y a environ deux mois, désormais l’affaire est, pour moi, close.

Pour les lecteurs qui ne seraient pas au courant de cette « salade », cela s’est déroulé sur le blog auto-promu plus haut par le concerné, sur le fil de discussion du billet intitulé « les Cahiers Positif(s) 2.1 »), daté du 07 sept. 2010, au sujet d’un travail de collaboration sur l’histoire des deux incontournables revues, etc. Alors que l’échange s’était envenimé, j’avais exprimé une demande de réparation des multiples offenses commises jusque-là par lui à mon égard, et ce, en bonne et due forme ; en neuf points, dont quelques-uns fantaisistes il est vrai, pour dédramatiser la chose.

Sa réponse formulée alors dans le comm « Écrit par : Ed | 15.10.2010 » m’a paru tout à fait claire – à moi, en tout cas, mais pas à lui, à ce qu’on dirait ?-] et a achevé de me convaincre de l’inanité de toute discussion avec ce curieux animal ! En effet, il m’a envoyé ce que je tiens pour « un beau bras d’honneur » (oui, je sais : je suis un garçon susceptible !-] sur lequel il n’est plus question de revenir, à moins de faire preuve de « raison » ou de grossière hypocrisie (mmh... pas mon genre !-] Mais vu les affronts que j’encaisse encore ici (oui-oui, mais il faut bien lire !-], il ne faudra pas s’attendre que cela vienne de mon côté !-] Du reste, pour mémoire, voici le début de ce comm : « Il semble évident, à la lecture de ton commentaire et de tes extravagantes [je souligne] "conditions" (accompagnées bien évidemment de touches ironiques), que tu n’as aucune envie de renouer le dialogue. J’en prends donc acte. [...] »

Ainsi, encore une fois, je ne vois pas l’intérêt qu’a aujourd’hui ce falsificateur « positiviste » à vouloir renouer un semblant de contact ici, en déposant ses petites cro... euh, déjections en guise de commentaires - juste après mon passage ?! En premier lieu, sans aller chercher très loin, toi-même, Buster – qui par ailleurs t’étais à l'époque prudemment tenu à l’écart du débat – l’a fort bien observé en parlant à un moment d’ « un vilain coup bas :-) », un peu plus haut ! Et, en second lieu, on notera le surprenant réflexe à faire la chaude réclame pour sa revue favorite, à l’évocation succincte d’une étoile filante - Mario Peixoto - dans un modeste comm (on voudra bien croire que les multiples hommages rendus auront donné lieu à des documents d’une exceptionnelle qualité, ahum !-] ; alors qu’une parfaite discrétion plane encore autour de son accueil (je parle de la revue) de l’œuvre foisonnante de Jess Franco – objet ici de trois billets quasi consécutifs !!! Ces deux petites remarques seulement, pour laisser dessiner un portrait rapide de cet homme tout à fait... « honnête » ?!-DDD

Mais, allez ! comme je ne veux pas me montrer chien, je lui laisse jusqu’à la fin de cette année, pour reconsidérer (une dernière fois !) sa position, et prendre les dispositions nécessaires, jusqu’à obtention – disons, « satisfaisante » – des réparations. Sinon – et que cela soit tenu pour dit une bonne fois pour toutes : inutile d’insister !!!

Ed(isdead) a dit…

Buster, vous pouvez effacer les commentaires que j'ai posté ces derniers jours. En effet, je n'avais pas réalisé la portée de ces petites interventions sous forme de boutades et de petites piques anodines. La violence qu'elles véhiculent est, il est vrai, difficilement supportable. L'affront, l'offense, l'agression qu'elles provoquent sont inexcusables.
Cela d'autant plus qu'elles touchent quelqu'un qui, lui, ne s'abaisse bien sûr jamais à ce genre d'attaque et sait se contenir, comme le montre, pour ne s'en tenir qu'à ce fil de discussion, son hésitation à qualifier de "crottes" mes brefs commentaires, ainsi que l'ensemble de sa dernière sortie...
Ne dérangeons pas l'élégant et pondéré Albin Didon dans son combat contre le Révisionnisme historique, qu'il vienne de Noël Herpe ou de moi-même...

Buster a dit…

Ah non, j'efface rien, tout ça est trop drôle... On dirait "les Sièges de l'Alcazar" version 2010.

escarres - mouches a dit…

Puisque le spectacle remporte uu franc succès, continuons (un peu) ! Mais, méfie-toi, Buster ! ce blog risque de finir en champ de bataille !-DDD Et que les lecteurs/rices en profitent : il ne reste plus que trois semaines !-]

Chers amis :-], voyez alors comme la dernière (?) éructation du sieur malmené est une nouvelle fois révélatrice...

Premièrement, je relève cette expression au début du comm : "[...] ces petites interventions sous forme de boutades et de petites piques anodines". Aussi, quelqu'un pourra-t-il un jour me dire, alors qu'un "beau bras d'honneur" m'a été jadis signifié, par quel enchantement je peux avoir droit à ces délicates attentions ?

Deuxièmement, on peut noter l'admirable saillie "[...] d'autant plus qu'elles touchent quelqu'un qui, lui, ne s'abaisse bien sûr jamais à ce genre d'attaque et sait se contenir". Revenons donc au coeur du débat, si ce n'est pas encore trop demandé. Depuis le début, le différend porte principalement sur le contenu (trompeur) d'un exposé et sur la supposée honnetêté de son auteur. Son "habileté", son hypocrisie, sa sournoiserie (ici encore) ayant été régulièrement démontrées, notre défenseur-prosélyte au lieu d'apporter simplement des éléments contradictoires probants - j'insiste, puisqu'il semble le falloir, sur ce dernier terme, et j'ajoute - sur la remarquable qualité de la revue, s'en prend (ironiquement) à son "élégant et pondéré" accusateur ! Et hop ! on renverse totalement les rôles, et on déplace le litige ! Il ne reste plus qu'à m'accuser d'antisémitisme, de pédophilie et de terrorisme, et mon sort sera fait !!!

Troisièmement, espérons que certains auront été étonnés (puisque de nos jours, il est devenu suspect d'être choqué par quoi ce soit, banalité du mal oblige ?) par la légèreté - sinon toute naturelle, du moins régulière - des "boutades" (ou "petites piques anodines") autour du motif de "[r]évisionnisme historique"...

Ces choses étant dites, nous pouvons au moins nous satisfaire de voir les "réparations" progresser, car enfin "l'affront, l'offense, l'agression" ["qu'elles provoquent"] sont maintenant reconnues ! Bien sûr, à ce rythme-là, il faudra compter quelques années avant d'obtenir pleine satisfaction : c'est toutefois mieux que rien ! Bien qu'il ajoutât - avec un humour ravageur, ahem ! - "sont inexcusables". Or, justement qu'indique ma "dernière sortie" (oui, la mienne) ?

Les lecteurs patients (et endurants !-] pourront d'eux-mêmes en tirer à nouveau les conclusions nécessaires sur la consistance du personnage...

Ed(isdead) a dit…

Je m'excuse auprès de... Buster et de ses lecteurs, mais n'attendez pas un quelconque rebondissement dans les trois semaines qui viennent. Je n'ai ni le temps ni l'envie de relancer en ces lieux le débat ouvert ailleurs, ni même de répondre aux absurdités proférées par Albin dans ses deux derniers commentaires.

Je me contente de mettre en lien, sous mon pseudonyme, la note à l'origine de la discorde. Les lecteurs les plus curieux et les plus courageux pourront ainsi tenter d'en suivre le fil de discussion. Ils pourront juger d'eux-mêmes de la teneur du texte principal, de la pertinence des accusations et de la répartition des "offenses" (sachant qu'elles n'ont été formulées, jusqu'à la récente résurgence sur ce blog, en aucun autre lieu), bref, ils auront l'occasion de confronter les écrits avec la version Albin-Didonesque de l'homme outragé par un personnage des plus malhonnêtes, version qu'il est, vous le constaterez rapidement, le seul à soutenir.

en attendant - dodo !-] a dit…

"[...] mais n'attendez pas un quelconque rebondissement dans les trois semaines qui viennent."
- Question existentielle, alors : mais où donc vais-je maintenant devoir fourrer ce "beau bras d'honneur" ?-DDD

"[...] ni même de répondre aux absurdités proférées par Albin dans ses deux derniers commentaires."
- Attention, mise au compte des "absurdités" : "la légèreté - sinon toute naturelle, du moins régulière - des "boutades" (ou "petites piques anodines") autour du motif de "[r]évisionnisme historique"... Il est décidément incorrigible, ahem !-]

"[...] et de la répartition [des "offenses"]"
- ?!! Curieux lapsus ?-)

"[...] (sachant qu'elles n'ont été formulées, jusqu'à la récente résurgence sur ce blog, en aucun autre lieu)"
- Quoi ?! il fallait étaler tout cette salade dans une tribune de la presse ? à la télé ?-]

"[confronter les écrits avec la version Albin-Didonesque] de l'homme outragé par un personnage des plus malhonnêtes"
- Et hop ! un double tour de passe-passe ! D'abord "offensé", c'est déjà pas mal !-] et aussi, "par un personnage" : assez habile (mais sans plus), juste hypocrite, manipulateur, quoi !-] comme ce que tout le monde a pu lire ici jusqu'à présent !-]

"[...] version qu'il est, vous le constaterez rapidement, le seul à soutenir."
- Les autres - par réserve, sympathie, voire méconnaissance du sujet ? - préfèrant se tenir à l'écart de cette pantalonnade !-]

Buster a dit…

Au fait, ça finit comment les Sièges de l’Alcazar? le type des Cahiers, pro-Cottafavi, et la fille de Positif, pro-Visconti, en pincent l’un pour l’autre, même s’ils refusent de l’avouer, mais après? je me souviens plus trop. Pas de happy end j’imagine, c'est comme... Enée (Ed) et Didon :-)

Le Cinéphile meurtri a dit…

Rhoumf, ça sent la bagarre par ici... Et de la vraie! En bon demeuré du Québec, moi vous savez, chaque opinions se vallent... (—>erreurs voulues). Mais ça nous éloigne de Jess, et de ce qu'il a a nous apprendre (par égérie interposée) sur les qualités nutritives du lait...

Je salue quand même Buster que tout ce lavage de linge sale (commencé ailleurs, dans une source qui le rendrait peut-être intelligible) divertit joyeusement. « de nos jours, il est devenu suspect d'être choqué par quoi ce soit, banalité du mal oblige ? », voilà qui s'appelle parler, à mon sens en tout cas, quoique, M Didon (?), votre style en ces commentaires montre quelque acharnement, mais ce n'est pas moi qui poserai des pronostics sur votre santé mentale (d'autres s'en chargent déjà). Cela dit, vous voilà facebooké en effet (mais rien d'étonnant; vous n'en êtes pas toujours à la machine à écrire tout de même), et pour ajouter (en vrac et dans le désordre): je n'ai rien contre les termes "Prolepse" ou "Ontologique", au contraire; seulement ceux qui ont tendance à les utiliser ne les font pas côtoyer "Les Gloutonnes" ou "Femmes en cage"; c'en est à croire qu'ils en sont encore à l'application stricte de la "Séparation des styles", je ne vous repotasserai pas Auerbach pour ça ici mais vous voyez ce que je veux dire. Et c'est dommage; car les anglo-saxons ne semblent pas avoir de problème avec ça; voyez les bouquins de Pynchon, Barthelme ou Coover; ou ce qu'on peut écrire sur Ken Russell dans Senses of Cinema (quoique penser que "Crimes of Passion" et "Whore" forment un dyptique qui est aussi un chef d'œuvre me semble un peu pousser loin), ou pourquoi pas, ce papier sur Franco ici, où la critique (et de la bonne) s'applique à un objet qui ne s'avance pas comme expressément conçu pour elle (mais n'est-ce pas la beauté de la chose de la voir choisir ses objets plutôt que laisser l'objet la choisir; voir la polémique autour des "films de festivals", qui pour moi s'énonce clairement "contre une certaine tendance du cinéma d'auteur", n'en déplaise aux obstructionnistes qui n'y voient que du flou artistique avant que de prendre le nouveau chef d'œuvre hebdomadaire découvert par Frodon comme une parole d'évangile (et un critique, dites-moi, qui se donne pour nom de plume celui d'un personnage de Tolkien, est-ce vraiment sérieux, même quand ça dirige les "Cahiers" (et les abaisse à son niveau?) — methinks not...)

Donc c'est quoi ce silence autour d'un papier sur Franco? Peut-être une gêne de la part de lecteurs d'arrière-garde qui ont vu ses films circuler en salles sur le circuit de l'exploitation, et qui ont cru, et croient toujours, que ça se passerait toujours comme ça, qu'on pourrait toujours l'ignorer (malgré les 200 titres). Alors qu'avec le temps, comme, ma foi, le bon vin, surtout maintenant, la désinvolture sentie derrière ces productions parfois montées grâce à l'apport de nombreuses chutes et plans de coupe m'étonne parfois bien plus qu'une complète salade Cannoise.

FuckOff a dit…

Cela dit, après une compulsion des commentaires d'Alban Didon (et ses supposés pseudonymes), je trouve dommage que son article, ou papier, diffusé en Samizdat, sur Noel Herpe, n'ait vu que son introduque publiée en ces pages. Non pas que je rêve d'un Blogue à quat'mains, n'en déplaise à Buster, mais cela ferait peut-être du bien à notre ami et frère de voir ses élucubrations endossées par quelqu'un au point de les publier (et dans la blogosphère, ce n'est pas l'espace qui manque, après tout). Cet article qui semble à la défense de Truffaut angle « critique enragée » m'apparaît rien moins que nécessaire...

albin - didon a dit…

Merci "cinéphile meurtri"(er :-], pour ce témoignage de sympathie ! Il m'aura fallu un peu de temps pour détricoter vos comms, mais je n'ai pas (je crois) perdu le fil !

Tout d'abord, si vous ne voulez pas trop vous prendre la tête avec la "querelle" (de l'Alcazar :-], le plus simple encore serait de lire directement mon comm "Écrit par : albin - didon | 24.09.2010", débutant comme suit :

"[D]
---Réponse (suite et fin) du premier comm du 23.09, écrit par Ed---"]

puis, en sautant (quitte à le reprendre ensuite) la première version de l'exposé posté tout juste après, de lire attentivement mon courrier tenu pour "lourdement accusateur" posté dans le deuxième comm "Écrit par : Ed | 24.09.2010", dans le long et tortueux fil de ce billet, débutant par "Et le mail reçu :".

Bon, je vois que vous avez des lectures costaudes, même si j'ai un peu de mal à suivre totalement vos propos !-] Au sujet de la "Séparation des styles". Sans aller jusqu'à citer Pynchon, Barthelme, Coover, et encore moins Auerbach, je dirais dans le cadre plus circonscrit du cinéma, qu'effectivement, il y a une cinéphilie et (surtout) une critique "distinguées" ; et puisque vous êtes Québécois, ajoutons, en France (cette restriction, uniquement parce que je ne suis pas familier des autres pays). C'est un truc que j'observe assez fréquemment : le public "chic" va (courir) voir les films de Fellini, Kurosawa, Almodovar, Haneke, Herzog, Schroeter, mais pas Wakamatsu, Freda, Friedkin, et plus généralement les soirées "bis". Et dans l'ensemble, l'inverse non plus, quoique je soupçonne les "déviants" d'avoir un peu plus de curiosité, là-dessus, du côté de la "distinction" (euh, l'"Académie" ?). Je dois reconnaître que les Lettrés (les gens de la Lettre ; enfin trois ou quatre ;-] vont beaucoup plus facilement aux deux.

Mais, pour Jess Franco, c'est pire ! puisqu'il n'a pour ainsi dire jamais été (pleinement) "reconnu" - en tant que cinéaste de premier ordre -, alors que là-dessus, et nous serons légèrement en désaccord, son cinéma est réflexif, tout à fait conscient et concerté. Entre parenthèses, il y a un tout léger point de désaccord entre nous : je crois que le grand Jess nous apprend beaucoup plus sur le "ticket de métro" (ahum !-] que sur la "diététique" !-DDD

Du coup, c'est flagrant de constater l'incompétence de certains (nous ne les nommerons pas, ils se reconnaîtront d'eux-mêmes :-), qui continuent encore à sévir dans l'espace public, euh, disons : "radiophonique", "culturel", "français" !-] Pour vous, c'est JMF, mais je ne suis pas sûr de l'importance que vous semblez lui accorder. Chez nous, je n'ai jamais eu l'impression qu'il fut tout à fait crédible, à l'époque de son "règne", avec ses huit chef-d'oeuvres par mois, et cinquante par année !!?-]

A part ça, je suis assez d'accord avec le reste de votre message, les "films de festivals", le "bon vin", la "salade Cannoise", etc. Pas sûr de bien vous suivre sur le passage : "[... ]qui pour moi s'énonce clairement "contre une certaine tendance du cinéma d'auteur"...

Et enfin, au sujet de la version intégrale de mon texte autour de la "Dernière Major !", je ne trouve pas que la "Toile" soit un lieu approprié : cela dormira donc dans les tiroirs...

Alors oui, merci au comité de rédaction de Balloonatic, en premier lieu accepté de passer l' "intro(u?)duque", en second lieu, l'intégralité de mon "papier" sur Franco, et enfin, pour le choix de la vidéo illustrant "à merveille" mon propos ! Euh, au fait, Buster, tu as vu quelle quantité d'extraits pour sélectionner celui-ci (Venus in furs) ?-DDD

Buster a dit…

Albin, pour répondre à ta dernière question, je n'ai pas vu des tonnes d'extraits... J'ai seulement retenu les 5 films que tu pointais comme étant parmi les meilleurs de Franco, et j'en ai cherché des extraits, celui de Venus in furs a été le premier, et comme je l'ai trouvé magnifique...

FuckOff a dit…

Ah, et bien le bonjour et moult excuses pour le pseudo agressif ; compte tenu qu’une réponse détaillée de ma part vient de se perdre bêtement, j’y vais brièvement ; j’ai bien vu le débat sur les « Cahiers Positifs », mais j’y vois surtout (hélas) se dissoudre en temps réel ce qui semblait une proposition pertinente de collaboration, d’ailleurs adaptée à nombre de lecteurs (comme moi) qui n’ont jamais souscrit à l’antagonisme princeps des deux revues : envisager leur histoire comme CONJOINTE plutôt que souscrire à l’une pour forcément décridibiliser (sic) l ‘autre, ce qui d’ailleurs est un euphémisme car « Réduire à néant » serait littéralement un plus juste terme. J’avoue trouver ça un peu beaucoup dommage. Sachez tout au moins que je ne crois pas souffrir d’un sérieux clivage identitaire parce que j’ai trouvé mon profit à lire « conjointement » et Positif et les « Cahiers » (ainsi que la défunte « Revue du cinéma », et quelques autres), pas plus (et là vous serez d’accord) qu’il y a à embrasser et Friedkin et Dreyer sans prétendre apprécier n’importe quoi. Par ailleurs, la version québécoise des guerres de chapelles existent bel et bien en plus de la propension d’une certaine critique « distinguée » à faire de la nécessité de faire les « bons » choix contre les « mauvais » une question éthique de la première importance. (Ce qui d’ailleurs la porte à défendre n’importe quoi n’importe comment.)

clive - and let die a dit…

Oh, inutile de vous excuser !-] Votre pseudo n'a pas été reçu comme "agressif", euh... FuckOff !-]

Pour ce qui concerne la "collaboration" - ce terme me fesant aujourd'hui rigoler, quand on voit les réticences à (réellement) coopérer de mon "camarade" le moment présenté !-], comme vous, j'y avais vu "une proposition pertinente" adressé à des lecteurs à la fois soit connaisseurs ou tout simplement curieux de cette (passionnante) histoire "parallèle". Ainsi, je suis tout à fait disposé à admettre que les deux revues sont "complémentaires" - et le seront toujours ? Personnellement, j'avoue avoir apprécié un temps (au tout début de ma "cinéphilie") la "clarté" - de présentation, seulement - de l'autre.

C'est pourquoi j'ai accepté le "challenge". J'ai été déçu (sinon "outré") du traitement, disons "trop favorable" de mon co-rédacteur sur la période "étudiée". Votre avis là-dessus m'intéresserait pas mal, puisque vous êtes plutôt "neutre" sur cette "affaire". Ainsi, je reconnais - et je ne le regrette pas - ma virulence (mon "acharnement") à démolir davantage l'exposé, que la revue ; quoique, à l'arrivée, cela se soit peut-être confondu ?-DDD
Alors, oui, c'est dommage... de n'avoir pas eu avec soi un collaborateur (ajoutons, suffisamment) "honnête" :-]

Cela étant dit, je crains de ne pas vous suivre sur une adhésion, disons "égale" à l'une et à l'autre revue. Pour moi, aujourd'hui (pour des raisons ne tenant pas seulement à ma propre subjectivité, mais à l'identité même de ces publications), c'est impossible !!! Toutefois, je suis d'accord pour affirmer qu'il n'y a (euh, selon moi, hein !-] aucun "sérieux clivage identitaire" à lire des multiples revues ; bien au contraire ! Citons quelques titres : Trafic, Vertigo, Cinergon, Hors Champ, Mad Movies, Brazil, Contrebande, et les défuntes Admiranda, Simulacres/Panic, La Lettre... ; et bien sûr les blogs (mais là, il vaudra mieux se taire !-]

En dehors de ça, votre remarque sur les choix aberrants (la parenthèse sur la défense du "n'importe quoi n'importe comment") est tout à fait judicieuse : on a ça aussi chez nous, avec Télérama, Les Inrockuptibles, Le Monde ; bien qu'ils n'en fassent nullement une question de vie ou de mort !-] Ayant assez de tracas à suivre le marché !-DDD

Robert-Claude Cornichon a dit…

Si vous le dites, M. Didon...
Je me pencherais bien sur les détails de cette dispute, mais c'est tout un dossier, n'est-ce pas? Votre ancien collègue ne m'est pas apparu si complaisant que vous le dites, et les pièces que vous avez ajouté, nombreuses, au dossier de l'accusation (concernant l'accueil "tiède" des films de Leone, etc), donnent matière à réflexion sur l'accueil critique de ces films sans toutefois démolir la revue qui les a publiés pour autant. Des qui passent à côté, il s'en est vu d'autres; "Positif" observait, par exemple, que les "Cahiers" ne s'étaient intéressés à Coppola qu'à partir d'Apocalypse Now, et cela semble vrai (en partie à cause de la dérive des "Cahiers Rouges")... Mais ce n'est pas moi qui vous ferai dévier de vos positions en cette affaire, mais que voilà un effort dont un texte en bonne et due forme aurait mieux profité, peut-être?

Mes salutations, R-C.C. (sic!)

faisant - foies :-] a dit…

Euh, FuckOff, je ne sais plus qui a écrit "décridibiliser" - c'est peut-être moi ^?^

Une chose est sûre : j'ai écrit au tout début du comm précédent "fesant". Tout le monde aura bien sûr rectifié, et mis le "S" où il faut, ahem !-DDD

Robert-Claude Cornichon a dit…

Je dois avoir le brevet de "décridibiliser" quelque part.... N'oubliez pas le 2e "s" à "fesant", hein?

maille - à partir :-] a dit…

Monsieur Cornichon :-]

Merci de prendre part à la "dispute"... sans toutefois trop vous prononcer !-]

D'abord, il m'avait semblé ne pas être allé jusqu'à qualifier de "complaisant", le traitement de ce cher collègue, que j'avais trouvé "trop favorable". Mais avouons, si vous y tenez, que là, la nuance est assez mince !-]

Ensuite, j'ignore totalement la relation que vous entretenez avec elle (et avec les autres publications) - et sincèrement, je serais curieux de le savoir. Pour ma part, et vous n'allez peut-être pas le croire, je la suis d'assez près ! Non vraiment pour ses qualités "intinsèques" (il y en a, mais il faut bien chercher !-] mais pour guetter les énormités - assez nombreuses dans l'ensemble ! Mon "enquête" sur leur "meilleure période" n'a fait que confirmer mon rejet ! Du reste, vous n'avez fait pour le moment qu'entrevoir la totalité des pièces !!! Mon ancien (et "honnête") collaborateur ayant eu la sagesse de m'envoyer paître suffisamment tôt !!!-]

Par ailleurs, j'avais envoyé à mon ancien collègue un brouillon de ma partie sur les "Cahiers rouges" (c'est dans le préambule du billet "Cahiers Positif(s) 2.1") : je crois avoir pointé leurs mérites et leurs limites. Ce sera donc effectivement difficile de me faire dévier de mes positions, puisque je connais maintenant assez bien l'une ET l'autre revue !!!-] Cependant, il y a un point où je vous suis entièrement. Vous dites : "[d]es qui passent à côté, il s'en est vu d'autres". Alors là, mille fois d'accord ! Et, d'ailleurs, c'est rassurant, je trouve ; autrement, on aurait des devins infaillbibles !!?-]

Mais revenons à cette revue si... respectée !?-] Outre la piètre qualité ("rédactionnelle") de la revue, la "surprenante hiérarchie (de goûts)", et l' "étouffement du geste artistique", j'ajoute que je suis régulièrement effaré par la condescendance, si ce n'est l'alacrité de certains à rendre compte d'oeuvres (et de cinéastes) parfois de premier ordre, ou au moins de projets ambitieux, quoique bancals !

Allez, une petite anecdote, qui m'a été narrée par une source tout à fait fiable : lors de la présentation du dernier Eastwood (Au-delà) au Forum des Images, mardi dernier (le 14), un certain Michel C., s'est targué d'un - je cite approximativement : "Dès le début de sa carrière, depuis quarante ans, nous, à Positif, avons soutenu l'oeuvre de Clint Eastwood, contre toutes les attaques qu'il recevait de toutes parts à l'époque." Et après, quand on vient parler de révisionnisme, on vous rigole au nez !!?-DDD

Mais comme je ne souhaite aucunement abuser de l'hospitalité de notre cher hôte, je me garderais de poursuivre ce débat ici (qui plus est dans l'espace dédié aux comms... modérés) - à moins de trouver une approche qui puisse éventuellement amuser encore Buster !-DDD

Bien cordialement,

Buster a dit…

Hé hé, ça me fait marrer ce que tu dis sur Eastwood dans la mesure où son image à Positif a suivi exactement la même évolution que pour le reste de la critique. D’abord considéré comme réactionnaire, voire fasciste (je crois que c’est dans Positif qu’un critique avait dit de "l’Homme des hautes plaines" que c’était le Mein Kampf du western!), mais aussi masochiste et paradoxal, avant d’accéder avec "Pale rider" au rang du (futur grand) cinéaste classique... Cela étant, pour ce qui est de Michel C, ton ex-collègue le dirait lui-même: on ne tire pas sur une ambulance!

Robert-Claude Cornichon a dit…

Au risque de vous décevoir, le laconisme de mes commentaires et leur neutralité relative ne sont pas un signe de rétention, mais simplement du fait que je n'ai jamais beaucoup fréquenté ces revues et que maintenant, je les fréquente encore moins! J'ai été un lecteur assez régulier de celle-ci comme celle-là pendant la décennie 1990, qui fut celle de ma "formation cinéphile", et je présume avoir eu une préférence pour "Positif" alors, en raison des dossiers mensuels et des entrevues qui s'effectuaient parfois avec plusieurs collaborateurs d'un film (et non seulement leur auteur). J'ai dû passer un an ou deux à ne pas pouvoir comprendre la prose "Cahiers" qui me semblait alambiquée et précieuse à l'époque; mais c'était bien avant que j'aborde les rives de Pynchon. De fait, je crains fort que ma relation avec ces deux revues (et d'autres) les réduise à des instruments de recherche que je consulte au besoin, pour récapituler, par exemple, la réception de certaines œuvres dans mes propres textes, ou pour me rappeler des détails que j'aurais oubliés. Une manière de lire qui s'exonère beaucoup de prendre le parti d'une opinion critique contre une autre...

Ed(isdead) a dit…

Juste une intervention...
Bon, évidemment, si M.C. a réellement sorti un truc comme ça, il est gonflé...
C'est assez bien résumé, Buster, le rapport Eastwood/Positif. Si les attaques violentes n'ont finalement concerné que "L'homme des hautes plaines" ("Mein Kampf du western", n'ayant pas le texte actuellement sous la main, je ne crois pas que l'expression soit employée telle quelle, mais c'est tout comme...), c'est que les autres papiers étaient généralement signés par Alain Garsault. Et on sent très bien que ce dernier est le seul, ou presque, dans la rédaction, à s'intéresser réellement à Eastwood à ce moment-là (la place qui lui est laissée est d'ailleurs limitée à des notes en fin de numéro).
Le virage commence à être pris, plus exactement, avec "Honkytonk Man". Et à l'occasion du tir groupé "Sudden impact / Tightrope / Pale rider", ce sont les premiers entretiens. Eastwood devient un cinéaste important pour Positif... en même temps qu'il le devient pour l'ensemble de la critique française.

ventru - loque :-DDD a dit…

Hé hé ! et si l'on dit que cette revue est conformiste (ou conforme... au "goût des autres" :-], on vous taxe de médisance !!!-DDD

Tiens, mon cher ! Une fois, JFR a eue une réaction similaire à la tienne ! Je lui parlais d'un document de mon cru (que je t'enverrais, si ça te dit), euh... contre Positif, ahum !-] et il m'a répondu instinctivement : "Enfin ?! est-ce qu'on tire sur les ambulances ?!!"

Mmm... "ambulance", "ambulances", c'est vite dit ! Tout au plus, des internes en clinique !!!-DDD

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Votre réponse ne me déçoit nullement, monsieur Cornichon !-] Pour vous dire, elle m'inquièterait même un peu !-]

Par exemple, je relève cette phrase : "J'ai dû passer un an ou deux à ne pas pouvoir comprendre la prose "Cahiers" qui me semblait alambiquée et précieuse à l'époque [mais c'était bien avant que j'aborde les rives de Pynchon]." Si je vous ai bien suivi, il me semble que vous évoquez la "décennie 1990" ?!!-] Mmh... mais, qu'est-ce que ça aurait donné si ç'eut été la décennie 70 !!!-DDD

Ensuite, permettez-moi de vous dire que votre "manière de lire [qui s'exonère beaucoup de prendre le parti d'une opinion critique contre une autre...]", et que l'on peut résumer par "lecture utile"... eh bien ! avouez que ce n'est tout de même pas très sérieux, hein !?-DDD

Du coup, je me demande comment, sans vraiment la connaître - et la connaître VRAIMENT -, vous avez pu me trouver "sévère" quant au traitement de mon ex co-auteur - votre formulation dans le comm du 17 déc : "Votre ancien collègue ne m'est pas apparu si complaisant que vous le dites [...]" !!? Probablement, le fait d'un manque de ma part ; et sans doute aurais-je dû insister davantage sur son "habileté" ?!-] Il faudra donc qu'un jour, euh, si le coeur m'en dit (et si on m'y oblige !-], j'entre dans le détail des "jolies tournures" qui, dans son exposé, roulent clairement le lecteur dans la farine !-] Mais, bon, si cela doit se faire ici, il faudra au moins que Buster me laisse carte blanche !-]

Buster a dit…

OK, je te laisse carte blanche, mais tu peux aussi nous parler de Jean Rollin.

Robert-Claude Cornichon a dit…

(Arhum! En fait non; je n'ai pas vraiment écrit ça.)

Anonyme a dit…

Là j'ai dû affecter un peu trop une neutralité molassonne. Disons que: j'ai été un lecteur régulier des deux revues durant cette décennie (1990s, ça vous donne pê une idée de mon âge). Ce qui est venu avant et/ou après n'a jamais été l'objet d'une lecture suivie mais, oui, j'ai employé les deux (et d'autres) comme matériel de recherche. Voilà quelle autorité j'ai pour parler. Et, oui, mettons que, les deux premières années où je lus les "Cahiers", ça me paraîssait comme j'ai dit — ça s'est clarifié ensuite, mais bon, je viens de loin, hein... Si ça avait été la décennie 1970, j'ose pas même y penser; d'ailleurs j'ai passé carrément une bonne partie de cette décennie-là à ne pas savoir lire (ce qui vous donne encore une idée de mon âge). Je ne me porterai pas plus à la défense de mon "moi" que j'ai moi-même jeté dans l'eau chaude ("gonflé..." "pas très sérieux..."); je tâcherai de le sauver un peu, si le mal n'est pas irrévocablement déjà fait, que je ne m"exonère" pas tant que ça de formuler un jugement sur ce que je lis; ce jugement, cependant, s'énonce davantage à la pièce — ma perception du film contre celle du TEXTE, quelle qu’en soit la source; échange, relance, refus, changement d'angle, etc — sans spécialement m'étendre sur les questions de politique (c'est le mot) éditoriale, et spécialement en ce qui concerne cet antagonisme Cahiers/Positif qui participe de leur culture identitaire plus qu'autre chose — l’une mettant sans cesse en question l’intégrité de l’autre (ce que me semble reconduire ce conflit entre vous, Ed(Isdead), et M.Didon, comme si vous aviez transporté cette querelle dans votre propre cour, le projet devait surmonter cet antagonisme, et il est revenu, comme le naturel que l’on chasse et qui revient, etc. C'est drôle, la plupart des autres revues ne se définissent pas ni ne pratiquent le tir au lance-roquettes dans la cour d'un bouc-émissaire désigné: la Revue du Cinéma avait-elle une ennemie jurée? — ... donc : très drôle que Positif et les Cahiers jouent encore ce jeu-là ; c'est à les croire plus complices qu'elles ne le prétendent ; c’est à croire qu’elles définissent leurs parti-pris et leurs écoles en regardant de biais dans la cour de l’autre pour s’assurer que, quoi qu’il en soit, elles feront le contraire. Bel exemple de complicité négative et d’histoire de « doppelgangers ». Politique des copains contre sauvetage du patrimoine d'une Qualité Française qui n'était pas toujours si mal qu'on dit ; écriture didactique contre plume impressioniste, etc.; au bout du compte, c’est à lire les deux revues qu’on pouvait se donner une idée équlibrée de la critique de cinéma française car une seule n’aurait pas suffi, à cause de ses omissions orientées contre ce dont parlait «l’autre». Voilà mon avis, même si je n’ai pas épluché les quelque 60 années de publication mensuelle de ces deux-là pour l’avoir. Pour ce qui est de « s’exonérer d’un jugement comme lecteur », je me paraphrase maladroitement moi-même, clairement cette formulation est un bide. Cependant je sais assez je j’ai pris pas mal de distance avec les revues de cinéma en général lorsqu’il m’a fallu écrire de la critique moi-même. Elles avaient tenu un rôle très formateur durant mes études, mais l’entrée dans le métier a opéré chez moi, à leur endroit, à la manière du jeune homme qui quitte la maison de ses parents pour faire son chemin tout seul, et c’est ainsi que ce rapport aux revues est devenu pour ainsi dire beaucoup plus « documentaire » par nature...

Ed(isdead) a dit…

Pour ma part, depuis près de vingt ans, je lis Positif chaque mois et les Cahiers seulement par intermittence, mais je suis exactement sur la "ligne Cornichon" : il faut lire les deux revues. Ainsi, sans cacher ma préférence, je n'ai jamais mené de combat contre les Cahiers du Cinéma, ni contesté leur importance ou leurs qualités propres, contrairement à mon ex-coauteur parti en croisade. Ce que j'ai essayé (avec ce projet à deux voix) et ce que j'essaie encore (via les confrontations de couvertures) de faire sur mon blog en est bien la preuve...

Robert-Claude Cornichon a dit…

Bien sûr, c'est différent lorsqu'on en devient la cible et qu'on est directement visé, mais la "volonté de croisade", si cela permet d'écrire, vaut sans doute mieux que rien du tout.
Cependant, M.Didon, si vous vous livrez à une métanalyse des propos de votre ex-coauteur,et bien que cela pourrait donner d'intéressants résultats (pourquoi pas), je doute que, à terme, cela soit vu autrement que comme une sorte de «grand texte malade», un article-symptôme. Le fait est qu'il me semble que même en lecteur assidû et fidèle de ces revues il soit impossible de toutes façons de prétendre à l'objectivité dans pareille entreprise (d'où cette "malhonnêteté intellectuelle" que vous présumez à votre co-auteur?). Qu'il n'ait pas fait sa recension comme vous auriez aimé qu'il la fasse, cela vous regarde; que vous expliquiez éventuellement pourquoi vous ne pouvez pas fréquenter également les "Cahiers" et "Positif" vous regarde aussi (et peut faire l'objet d'un texte), mais je doute qu'une métanalyse parvienne à dissiper cette impression symptômatique. Vous pourriez aussi garder votre plume pour des charges autrement ciblées. Des imposteurs, il y en a; mais je ne suis pas certain, de ce que je vois, qu'Ed(Isdead) en soit. Mon suffrage va à Jean Rollin.

chassé - a dit…

Bonjour Monsieur Cornichon !

Au moins, on ne pourra pas me reprocher de vous avoir incité à nous donner votre avis, et de préciser votre propos ! Bien qu’il m’ait fallu, là aussi, détricoter vos comms !-] Euh, c’est le Québec ou l’effet Pynchon, ou quoi !?-]

Mmm... pas facile de répondre à l’ensemble. Mais essayons. D’abord le comm du 22 déc. -10 [A]

Bon. Vous devez tourner autour de la quarantaine ; et comme tout le monde – enfin, la plupart des personnes qui se posent des questions sur leur être et le monde –, vous avez mis du temps à vous « former intellectuellement » – euh, sans vouloir être désobligeant, je crois que nous serons d’accord pour dire que « structurer votre pensée » serait quelque peu excessif ?!-]

Ensuite, d’après la phrase vers la fin du comm : « Cependant je sais assez [qu]e j’ai pris pas mal de distance avec les revues de cinéma en général lorsqu’il m’a fallu écrire de la critique moi-même », j’en déduis que vous êtes « critique », que vous pratiquez le genre, et sans aller jusqu’à vous demande de justifier votre « autorité », je suis curieux de savoir pourquoi vous n’êtes pas allé au-delà de vos lectures (utiles) par rapport à ces revues ? Car pour ma part, je crois que plus on lit la critique – et surtout la bonne –, plus on devient critique – quoique là, pas nécessairement bon !-]

Aussi, vous avez dû remarquer que ma relation aux deux publications est un peu plus « poussée » que la vôtre. Dans les deux cas, cela n’en garantit cependant pas l’ « honnêteté » que vous ou moi pouvons avoir avec elles :-] Mais, au moins, si je me permets une certaine sévérité à l’égard de l’exposé de mon ancien camarade, c’est qu’elle est justifiée – euh, de mon point de vue, hein !-] Evidemment, vous n’êtes pas obligé de me confiance ; ni à lui, du reste ?-] Cela dit, je crois que mon opposant a gagné votre sympathie !-] malgré ses comms ci-dessus, ou disons son silence autour de l’accueil des films de Franco par sa revue préférée...

Vous parlez du clivage entre les deux titres ; et vous la résumez comme suit : « Politique des copains contre sauvetage du patrimoine d’une Qualité Française […] », « écriture didactique contre plume impression[n]iste ». Amusant que l’on ne l’entende jamais « politique des copains » quand il s’agit de Bertrand Tavernier, Emmanuel Carrère [ou les scénaristes] (et à l’époque, Robert Benayoun, Ado Kyrou) ? Même si je ne suis pas sûr que la lecture deux revues puisse « donner une idée équ[i]librée de la critique de cinéma française », il est certain qu’elle est nécessaire pour une bonne appréhension du cinéma (et de la critique).

Concernant « l’antagonisme propre à l’identité des deux revues », je suis désolé de ne pas bien saisir votre propos, quand vous évoquez la « mise en question de l’intégrité de l’autre ». D’abord, par rapport aux revues elles-mêmes. A l’époque, et ce très tôt seulement. Dans les années 70 et après, ça s’est calmé. C’est ravivé aujourd’hui sur la blogociné, encore que, sur le blog de mon ancien collaborateur, seulement – désolé, je ne fréquente pas tous les mauvais endroits. Et puis, il m’a toujours semblé que c’est davantage – la revue de – Michel Ciment (euh, pour aller vite :-] qui lance ses piques (ses missiles ?-) pour railler leurs rivaux ?-] En dehors des attaques personnelles, les Cahiers ignorent assez volontiers l’existence de ceux-là. Mais on serait naïf de croire – et là-dessus je vous suis prêt à vous suivre – que les uns ne se regardent pas pardessus l’épaule ; quoique je doute que le but soit de « s’assurer que, quoi qu’il en soit, elles feront le contraire » ! Ni même qu’il y ait « complicité négative ». Reconnaissons néanmoins qu’il y a de quoi creuser dans votre « histoire de doppelgangers » !-] Il est vrai aussi que ces deux-là, pour s’affirmer, ont eu recours à des attaques virulentes pour s’affirmer. Les autres revues (comme la Revue du cinéma, Cinématographe, voire Starfix), peut-être parce que moins « généralistes », et moins « exposées » (et moins durables), n’ont pas eu à s’ « agiter » ?

- croisé :-] a dit…

Et puis – c’est votre parenthèse – il y a la petite querelle particulière entre les anciens co-auteurs de leur « histoire parallèle », c’est-à-dire, entre Ed(isdead) et moi-même. Nous avons nos affinités, mais, nous n’œuvrons que pour notre satisfaction personnelle (enfin, pour moi, c’est le cas !-] Maintenant, puisqu’il faut comprendre que vous évoquez la remise en cause par moi de l’intégrité de l’autre (mon ancien camarade), je l’avais fait là-bas, sur son blog, au temps où je n’étais pas encore un pestiféré ; et continue à le faire ici, non pour une prétendue « croisade », mais parce qu’il est revenu à la charge : déjà au sujet d’un tableau de la Dernière Major ! – auquel, je le rappelle, il n’a pas assisté ?!!-] et sur le présent billet !

Il sera trop long d’entrer dans le détail de notre « collaboration ». Mais, sans en trahir l’évolution, il faut rappeler qu’elle a été initiée par mes comms sur ses premières confrontation de couves, justement, il y a environ deux ans (autour de févr. 09). J’avais pointé que la rivalité de ces deux revues n’avait de sens que par la « confrontation par les textes » ! Dans un des tous premiers mails, j’avais formulé une demande : « qu’on se mette d’accord sur des films, des cinéastes (« importants ») » et de voir comment chacune les avait traitées. Demande refusée !!!? Alors, mon correspondant avait suggéré une « histoire parallèle : numéro par numéro… » - refus de ma part, ce coup-ci. Puis, nous avons opté pour des tranches d’années (un découpage par périodes). Le résultat pour la première période nous a satisfait. Et son traitement de la deuxième période m’a paru douteuse : j’ai donc arrêté la « collaboration ».

[B]

- Maintenant, le tout dernier comm (celui du 23 déc. -10)

Hé, vous avez vu, vous aussi, le subterfuge utilisé pour me discréditer ?!-] Depuis deux mois, mon opposant veut me faire passer pour un allumé !-] (« Arhum! », comme vous dites ;-]

Toutefois, ce ne devrait pas être une « métanalyse », juste une sorte de contre-examen (enfin, ’faut voir ce qu’on appelle « examen »...) ; car effectivement son exposé ne me paraît pas bien rendre compte non pas de l’imposture, mais appelons ça de la « contrefaçon (critique) », depuis près d’un demi-siècle ! Je crois avoir souvent souligné l’ « habileté » de mon ancien camarade, que je ne tiens pas pour un imposteur, mais pour un complice de, disons, « charlatans » – euh, ce qui me paraît plus grave !!?-] Et même si cette charge semble vaine aux yeux de tous, je crois qu’elle est nécessaire, alors que l’on baigne en plein relativisme culturel, et que le début d’une Restauration s’installe – car, à mon humble avis, la « maladie », elle est ici !-]

Merci donc de me rappeler que je suis en train de m’engager sur un chantier particulièrement savonneux !!!-]

[C]

- Jean Rollin ? Euh, la réponse vaut aussi pour Buster ;-] Bah, étant donné qu’il bénéficie d’un culte par des gens tout à fait respectables [cf. Cinématique, Journal cinéma du docteur Orlof], je me garderais de me prononcer !-]

Joyeux Noël à tous !

Buster a dit…

Merci Albin pour cette belle tartine d’avant Noël… j’espère qu’il me restera de la place pour le réveillon :-)

A toi aussi, joyeuses fêtes!

Anonyme a dit…

Positif, contrefaçon? Ça ne serait donc pas de la critique mais quelque chose qui tâche de passer pour tel? C'est vaste, et très sévère...

Excusez-moi de ne pas revenir point par point sur vos éclaircissements, mais je crois que plus on lit, en général, plus on devient critique de toutes façons; ainsi un collègue écrivait-il quelque part qu'un livre comme "L'Ère du Vide" de Lipovetsky en disait plus long sur le cinéma contemporain que pas mal de revues; je ne prendrais peut-être pas ce titre en exemple, mais soutiens l'idée...

Ayant bossé sur un papier concernant Truffaut cet automne, j'ai constaté ensuite combien j'avais peu lu de critiques sur lui (mais ses articles, sa correspondance, un bout de bio et, bien sûr, pas mal de films). J'avais de quoi construire "mon" Truffaut — qui n'est pas celui de tout le monde — et ça suffisait, hors du réflexe thésard qui consiste à récapituler le corpus critique avant d'établir son terrain. Quoique le trope de Daney sur le Truffaut-Jekyll & Truffaut-Hyde n'étaient pas loin...

Joyeuses fêtes à tous pareillement, RCC

Ed(isdead) a dit…

Hum... J'ai été gâté pour Noël, cette année...

Malgré tout, je n'ai pas encore pris la résolution, pour 2011, de venir justifier sur chaque fil de discussion la position de Positif sur tel ou tel cinéaste, ni surtout de changer de trottoir à chaque fois que je m'apercevrai qu'Albin Didon fréquente le même lieu que moi.

Bonnes fêtes encore...

Buster a dit…

Bonnes fêtes à toi...

PS. Je ne suis pas intervenu dans la polémique parce qu’il s’agit d’un conflit entre toi et Albin. Personnellement je suis davantage Cahiers que Positif mais c'est vrai que la bataille entre cahiéristes et positivistes me fait plus marrer qu’autre chose, c'est pourquoi je ne prends pas parti, surtout aujourd’hui où la querelle semble en effet se réduire aux seules piques du sieur Ciment. Allez, un voeu pour 2011: enterrez la hache de guerre...

damn - tartine !-] a dit…

Eh, vous savez quoi, monsieur Cornichon ?! On va finir par tomber d'accord !?-]

Car, oui, a priori, "plus on lit, en général, plus on devient critique de toutes façons" ! Mais, vous n'allez pas me croire... il y a vraiment de mauvais critiques !-DDD

Puis, dans le même ordre d'idées que l'essai de Lipovetsky, je crois qu'on pourrait aussi dire ça - par exemple - de la publicité, ou des séries télé (US, Coréennes), ou encore des jeux-vidéos ?

Et enfin, sur "votre Truffaut", vous devriez même réconcilier tout le monde !-] Puisque, avec ce type d'argument (la "construction éparpillée"), on arrive à la subjectivité de chacun : en particulier sur un cinéaste, et plus généralement, sur le cinéma... Pas sûr que ce soit de la critique, du moins, de celle qui nous fasse beaucoup avancer !?-DDD

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Désolé, Buster, mais ton voeu aura beaucoup de mal à être exaucé !-]

A deux reprises, j'ai été suffisamment idiot pour me montrer clément : la première fois, avec le 72è comm du billet "Les Cahiers Positif(s) 2.1", et ici-même, plus haut. Et les deux fois, un bras d'honneur m'a été retourné ! Voir le dernier comm sur l'autre blog (le 73è), et pour ici, le premier paragraphe du comm du 10 déc. -10 | 19h 25, commençant par "Je m'excuse auprès de... Buster " !!!

Ensuite, je maintiens que je n'ai aucune envie de faire semblant de sympathiser avec un hypocrite et un manipulateur - sournois, il va sans dire ! Une fois de plus, dans son dernier comm, il en énonce de "bien bonnes" - comme on dit -, et ce, dans la même phrase !!! Retenez les deux passages : "je n'ai pas encore pris la résolution [...] de venir justifier sur chaque fil de discussion la position de Positif sur tel ou tel cinéaste", et "ni surtout de changer de trottoir à chaque fois que je m'apercevrai qu'Albin Didon fréquente le même lieu que moi."

Or, dans le premier cas, dans ce même fil de discussion pourtant, il se pointe fissa pour "justifier la position de Positif" (c'est son expression) sur un réalisateur mexicain relativement méconnu (Peixoto) - mentionné alors de manière tout à fait anecdotique !? Et, sans aucun doute le plus amusant dans sa naturelle tartufferie, c'est sa capacité à détourner le lectorat sur son silence (là, ça relève de l'héroïsme !-] par rapport à Jess Franco - objet de l'étude !!?

Avec un même réflexe de diversion, dans le deuxième cas, il écrit : [n'avoir pas encore pris la résolution] "de changer de trottoir à chaque fois que je m'apercevrai qu'Albin Didon fréquente le même lieu [...]" ! Là, il joue encore sur l'inversion des rôles ! S'en prenant alors au simple péripatéticien (ahem !-] à qui notre aimable hôte a accordé l'honneur d'un billet principal :-], notre "discret" prosélyte aurait-il également déjà oublié avoir concocté "ces petites interventions sous forme de boutades et de petites piques anodines" [cf. son comm du 09 déc. | 12h 22] ?!-DDD

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Allez ! A tous, bonne fin... Daney ?!-DDD

Buster a dit…

Bon bah, j’aurai essayé au moins...
Sinon bonne fin d’année (damnée?) à toi, et à vous aussi M. Cornichon.

(PS. Peixoto était brésilien)

Robert-Claude Cornichon a dit…

@ Damn tartine: y a des mauvais critiques, dites-vous? Nous sommes d'accord, plus que jamais. Et ils sont même majoritaires. Je vous raconterais volontiers l'histoire de cette dame qui avait été téléportée (je crois) de la section "Jardinage" d'un de nos gros papiers syndiqués pour venir faire de la critique. Un avant-goût des vacances avant d'entrer dans la retraite... On s'en moquait, il y a vingt ans, sans se soucier que son émerveillement béat devant la chance qu'elle avait (être payée pour voir des films et raconter ses émossions par écrit ensuite, pensez!) allait devenir "standard" quelques années après. Cela me rappelle cette image, "tirer sur une ambulance": mais si l'univers des revues est en un drôle d'état, c'est qu'il tente (endémiquement, et on sent l'effort, comme dans un porno) de trouver dans le cinéma quelque chose qui présente de l'intérêt. Leur survie en dépend! Et ils s'acharnent à ranimer un corps que la gangrène a bien gagné un peu partout. Et voilà que l'antienne connue au sujet de la mort du cinéma "threatens to rear its ugly face once again." Mais cette grimace, je la revois, à des moments inattendus parfois. Ainsi, me tapant les deux volumes de traductions de Pauline Kael récemment, je ne m'en pus plus de m'émerveiller avec inquiétude de ce fait que, dans une critique (de "La Maman et la Putain", je crois), elle y allait d'un parallèle (par opposés) entre le film d'Eustache (qui venait de paraître) et un film de Bunuel (qui venait de paraître aussi). Et s'il ne s'agissait pas de ces deux films, c'était tout comme — en tous les cas le témoignage d'une époque où, à fréquenter les salles chaque semaine, des liens se créaient entre Bergman et Fellini, Eustache et Bunuel, ou Godard et la culture Pop, et caetera. Ici-même en tout cas, si on se tape le dernier Weerasethakuhl, ce n'est pas nécessairement par intérêt pour son travail; c'est plutôt faute de vouloir attendre quelque chose comme deux mois avant qu'une proposition substantielle (un Haneke, par exemple) réapparaisse. Et dans ce climat d'indigence, quel critique patenté se permettrait d'avoir des réserves pour CES films-LÀ, que les distributeurs, je parie, font paraître de temps à autre pour satisfaire leurs goûts à doses homéopatiques?

Vous ne semblez pas tout à fait estimer le fait d'arriver "à la subjectivité de chacun" comme d'une critique qui fasse avancer sa cause — je vous entends peut-être mal — mais ce repli sur le privé, que je déplore un peu, me semble un des rares luxes que ma persona de "Critique" peut encore se permettre dans l'état des choses: se ficher largement de l'actualité, revenir plutôt à des œuvres précises, et creuser quelque part les enjeux de mon rapport avec elles, comme façon de les réactualiser non seulement pour moi mais pour quiconque me lirait — c’est un peu ce que vous faites avec Franco après tout — et se verrait éprouver du désir pour elles. Le bénéfice que ça apporte à la critique (que le but soit atteint ou non), c’est de réactiver l’intérêt et le désir de se les approprier comme des choses présentes, et non des pièces de musée. Les critiques fourgués à l’exercice de couvrir les primeurs de la semaine quant à eux font penser à une équipe de réanimateurs qui s’acharnent sur un corps déjà mort, qui est peut-être autant celui du cinéma comme tel que de leur façon d’en parler. Tant qu’à vouer un culte aux morts, je préfère la mienne.

Alors sur ces considérations plus ou moins lugubres, je vous souhaite bonne année à tous,

R-C.C.

sabbat - lances a dit…

Pas mal, Robert-Claude !-] Ce n'est pas encore tout à fait limpide, mais on y arrive !-]

Puisque nous pouvons nous entendre sur les mauvais critiques, remettons-en alors une couche !-] Car, contrairement à certains, et pour en revenir à notre "débat" initial, je n'hésite pas à affirmer que, sur nos deux incontournables revues, depuis leurs tout débuts, il y en a nettement plus d'un côté, que de l'autre !-DDD

Merci aussi, de me donner un bel exemple de "contrefaçon", avec votre "dame de la section Jardinage" ! Ainsi, on fait croire qu'il suffit d'être un peu "cultivé" ;-] et de dire soit du bien, soit du mal d'un film, pour être critique ! Il y a cette phrase de Truffaut : "En France, chacun a deux métiers : le sien et critique de cinéma." Aujourd'hui, on peut remplacer le terme "métiers" par "incompétences"... Aussi, dans not' cher pays, à ma connaissance, nous n'avons pas de "parachutés" de ce genre, mais nous avons bien des "touristes" - en vacances... de jugeote !-] Et, hélas oui, "majoritaires" ! Allez, quelques noms - à oublier aussitôt !-] Marie Colmant, Danièle Heymann, Elizabeth Quin, Eric Libiot, Eric Neuhoff, Jean-Pierre Lavoignat, etc. etc...

Au moins, sommes-nous plutôt d'accord sur le rôle et les modalités critiques ! A ceci près que le "repli sur le privé" ne me paraît pas indispensable - c'en est presque devenu une tarte à la crème, même dans les revues fréquentables ! En tout cas, pour être plus clair alors, je ne trouve aucun intérêt de revenir à chaque fois sur la "subjectivité de chacun" (le relativisme des goûts personnels, des opinions) - sauf à faire preuve de tiédeur ou de mollesse ! Donc, moins faire avancer la "cause de la critique", que celle du cinéma (des films, des cinéastes) - plutôt que celle du spectateur, si vous préférez !-]

Aussi, arrêtons un peu sur l' "agonie du cinéma", voulez-vous ? Sur une année, il y a au moins une petite dizaine de films à peu près valables ! Même si cette année, il aura fallu se forcer !-] Et, c'est sûr qu'on n'a plus les chefs-d'oeuvre comme on en faisait dans le temps (où nous n'étions pas nés) ! Et alors ? C'est comme ça, voilà tout ! Et la grande époque des revues est derrière nous ! L'écriture et la passion "cinéphiles" sont passées ailleurs. Il y a (un petit ?) paquet de blogs, où elle est cent fois plus intéressante que celle des "dinosaures" !

Tiens ?! P. Kael ? Euh, on ne sort pas trop du sujet finalement !?-] Juste histoire de vous rejoindre, je dirais alors : elle disait globalement des conneries, mais au moins, elle parlait (un peu) de cinéma ?!!-DDD

"Climat d'indigence"... oui, si vous voulez. Quoique je trouve vos deux exemples assez mal choisis ?!-] D'abord, pour plaider en faveur d'Apitchatpong, permettez-moi de vous recommander la prose d'un critique très prometteur - Joachim Lepastier - et de lire son article sur Oncle Bonmee dans les Cahiers de sept. -10 (n° 659). Son blog (365 jours ouvrables) vaut aussi le détour. Quant à Haneke, au contraire, je ne suis pas sûr que ce soit si "substantiel" que ça - malgré les louanges des critiques "sérieux" :-] Après, je crois que c'est faire fausse route d'imaginer qu'il soit question de "leurs goûts à doses homéopathiques" : les distributeurs font leur métier...

Alors, laissons de côté, les "(ré-)animateurs", les agents promotionnels et leurs pairs ; et pensons aux grands oeuvres, ce sera déjà un bon début !-] Tenez, plutôt que de broyer du noir, pourquoi ne pas songer à nous faire profiter d'un papier... sur Balloonatic ?-]

A l'année prochaine - qui célèbrera... le Mexique ;-D

Buster a dit…

La parenthèse sur le texte de Joachim Lepastier me fait penser qu’on devrait aussi célébrer, en plus des traditionnels meilleurs films de l’année, les meilleures critiques. Si je considère seulement mes films préférés pour 2010, je retiens, outre la critique de Lepastier sur Oncle Boonmee (Cahiers), celles de Malausa sur Bad lieutenant et Fantastic Mr Fox (Cahiers), celles de Chauvin sur The ghost writer (Cahiers) et A serious man (Chronic’art), celle de Pascale Bodet sur Mourir comme un homme (Chronic’art), celle d’Abadie sur The social network (Chronic’art), celles d’Amélie Dubois sur Les femmes de mes amis et Memory lane (les Inrocks), celles d’Axelle Ropert sur La reine des pommes et Mystères de Lisbonne (les Inrocks), celle de Bozon sur La terre de la folie (Cahiers), celle de Momcilovic sur Kaboom (Chronic'art), celle de Charlotte Garson sur La vie au ranch (Cahiers) + celle de Beghin sur Film socialisme (Cahiers), même si je n’aime pas le film...
Cela dit, pour être objectif, le meilleur texte sur Mystères de Lisbonne, il est dans Positif (Scarpetta), idem pour Bright star (Masson)...
Je ne parle pas des journaux dont je ne lis quasiment plus les pages ciné (même celles de Libé).
Enfin, il faudrait distinguer les critiques négatives qui sont peut-être les plus difficiles à écrire (le gros Douchet disait que ça pousse à la vulgarité). Le meilleur dans ce domaine, du moins pour cette année, c’est incontestablement Momcilovic (cf. Des hommes et des dieux, Happy few, Homme au bain, Les amours imaginaires, La princesse de Montpensier...)

Robert-Claude Cornichon a dit…

Intéressante liste, tiens, parce qu'on voit en outre comment ces chroniqueurs (ceux des Inrocks, de Chroniqu'art) arrivent à se débrouiller dans la vitesse (le papier hebdomadaire) et le format imposés (à longueur fixe), sans trop frapper de lieux communs.

@ euh chais pu: la "subjectivité" dont je parle, si elle part du goût, n'a pas l'intention d'y arriver comme d'une destination. C'est plutôt une manière de commencement pour développer une figure, proposer un point de vue étayé sur une œuvre. Voilà, il y a quand même une exigence de rigueur, si vous voyez ce que je veux dire.

Enfin, pourquoi écrire ici à Balloonatic? Buster le fait déjà très bien il me semble...

+ Bonus sur Kael: elle écrivait des conneries? Ça lui est arrivé (le plus imbuvable de mémoire récente, c'est son éreintement de "Providence" de Resnais. Nous fûmes outrés mais notre estime pour ce Resnais n'est pas petite.) Mais Kael est une aventure de la critique à elle toute seule: disposant de beaucoup d'espace, écrivant à une bonne période, elle a donc pu écrire exceptionnellement beaucoup et longtemps. Sa sensibilité d'américaine l'incitait à porter une attention particulière pour le dialogue entre le film et le public de la salle. Cette attention, qui ne me semble pas inutile, se manifeste assez rarement maintenant...

Buster a dit…

Oui, Kael c’était vraiment quelque chose. Pour l’instant je ne connais d’elle que ses articles les plus connus, mais quand j’aurai lu ses deux recueils de "chroniques" qui viennent d’être publiés en France, j’écrirai sûrement un billet. Peu importe qu’on soit d’accord ou non sur ses jugements, ce qu’elle dit des films est toujours passionnant. On parle de "subjectivité" chez elle, ce qui est pris comme une forme d’anti-intellectualisme, mais c’était justement là sa force, une manière de combattre, au risque de quelques aveuglements, la tentation auteuriste qui caractérise la critique surtout française. En cela elle était finalement assez proche d’un Manny Farber, son pendant, plus obscur lui (termite), de la critique.

callipyges - choisies a dit…

Eh, Buster, tu ne serais pas en train de passer la brosse à reluire dans l'éventualité de trouver une place dans l'une ou l'autre de ces publications, dis ?!-]

C'est que, entre nous, ton "top-critiques" me surprend assez ; au moins pour deux raisons. D'abord, je n'aurais pas cru pas que tu la suivais autant, et également, parce que, de mon côté, je me désintéresse de plus en plus de cet exercice !-]

Bon. J'ai dû parcourir quelques numéros de Chronic'art, il y a trois ou quatre ans, sans être vraiment convaincu - euh, un peu comme P. Kaël, du reste !-] Mais, on dirait que c'est mieux que ça !-] A l'avenir, on fera donc un effort...

Pour les Cahiers, on n'est pas trop d'accord... Autant j'apprécie assez les articles de Bozon (je conseille pour ma part "Le cinéma est-il darwinien ?", qui est une introduction à... La Dernière Major !) - sans parler de ceux de JL -, autant ceux que tu cites et que j'ai lus (environ la moitié) ne m'ont pas paru aussi exceptionnels que ça : "corrects", mais sans plus...

Plus que des rédacteurs-critiques, cette année, j'ai trouvé que les numéros consacrés à Rohmer et à Chabrol étaient vraiment très bons. Mais s'il faut retenir quelques articles, je mettrais en avant le texte de Zizek sur Avatar (accompagné de son entretien), celui de Nicole Brenez sur... un des grands films de l'année (Film Socialisme) - bien plus que l'article de Béghin -, et l'article (trop court) de Tesson sur Sadao Yamanaka. Je recommande le texte de Bernard Bénoliel sur Bruce Lee dans le dernier numéro.

En ce qui concerne les Inrocks, j'aime bien A. Ropert (et deux ou trois autres, mais pas beaucoup plus), mais le critique le plus intéressant dans toute l'équipe, à mon humble avis, c'est V. Ostria (euh, ex-Cahiers, ahem !-] Son article sur Splice m'a donné envie d'aller voir le film - bien qu'il ne soit pas renversant !-]

PS : Tiens, "le gros Douchet" a eu une fois cette sentence définitive : "Entre un film rare d'Ozu qui passe au même moment en projection spéciale et un repas entre amis, le vrai cinéphile choisit le repas entre amis." Par conséquent, il serait plus approprié de dire : "Douchet, le gourmet" ! Et, pour les autres, on se contentera très bien de... "ventrus" !-DDD

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Euh, Robert-Claude, je crois vous suivre : appelons-ça alors la "subjectivité de départ"... et là : oui ! Mais, en général, chez les moins doués, le départ et l'arrivée (la "destination") se confondent !-] c'est ce que je déplore...

"Ecrire ici à Balloonatic", bah, comme je le disais : "plutôt que de broyer du noir" :-] Mais aussi, pour qu'on puisse vous lire, euh, sans vouloir vous froisser, "quand vous vous appliquez" ?-]

Sinon, le vrai Buster "le fait déjà très bien il me semble"... euh, oui... mais pas ici !-] Uniquement dans les (bonnes) revues ;-DDD

Allez, très bonne année... à tous ?-]

©JPG a dit…

C'est vrai que dans le choix de textes proposés par Buster, il n'y avait pas de quoi décerner des médailles, mais ne me prêtant pas souvent à suivre la réception des films (comme Callypige ici-présent), j'ai pris un certain plaisir à constater que la critique se pratiquait encore avec une certaine vitalité chez des plumes des Inrocks et de Chroniqu'art... Pour ce qui est dans quelles revues s'applique "Buster", croyez-le ou non, je ne saurais trop dire, ignorant que je suis de l'identité du "vrai" Buster. (On peut toujours me l'envoyer par courriel par contre.)

Cela dit, "subjectivité de départ" est assez bien trouvé; d'autant plus que ça ramène à la Kael, qui n'hésitait pas de s'en servir. Il est certain que ses textes auraient été différents s'ils n'avaient été propulsés par un ego surdimensionné (c'est qu'elle en avait, cette naine!), qui ne s'en laissait pas imposer par les rumeurs (favorables ou non), ou certaines affectations du public... Le d'accord/pas d'accord, cela se juge à la pièce — aucun excès ne manque, du plébiscite du "Dernier Tango à Paris" (l'événement artistique le plus important depuis la présentation du Sacre du Printemps, dit-elle) à la pure mauvaise foi (le papier sur "Providence", cité plus haut), mais je relève des intuitions formidables (elle assiste en direct à l'émergence des "Movie Brats" et contribue à définir (ou imposer) le terme; se farcit d'une déconstruction absolument brillante du phénomène de la "Blaxploitation"... — 'devriez lire ça Didon, vous qui aimez faire dans le cinéma alphabétique(de B à Z, j'entends ":-DDD").

Enfin, pour ce qui est d'aller lire des choses (plus ou moins) appliquées, vous pouvez toujours aller ce qui se passe là :

http://truffautchambreverte.blogspot.com/

Buster a dit…

D’abord il ne s’agissait que d’un aperçu des meilleures critiques que j’ai lues cette année sur mes films préférés. De meilleures critiques ont peut-être été écrites sur d’autres films, mais il n’était pas question de faire le tour de tous les textes de l’année... Et quand bien même ces critiques n’auraient rien d’exceptionnel j’attends qu’on me cite d’autres critiques sur les mêmes films qui leur soient supérieures...
Cela dit c’est vrai que je les lis beaucoup, les critiques, mais de façon sélective (en fonction des films et de la signature). Les Inrocks et Chronic’art je les lis d’autant plus facilement (du moins la partie cinéma, parce que le reste ne m’intéresse absolument pas) que leurs articles sont accessibles sur le net. Les Cahiers quasiment tous les mois (mais je ne lis pas tout), Positif trois ou quatre fois dans l’année, pour les dossiers, et parfois pour certains films comme le Ruiz ou le Campion.
Si je lis autant la critique c'est aussi parce que j'en parle régulièrement sur mon blog (souvent en mal) et que la moindre des choses est de se tenir au courant de ce qui s'écrit...
Concernant les critiques eux-mêmes, que dire sinon qu’il n’y a pas que Brenez dans la vie! et que son texte sur le Godard à beau être savant, comme la plupart des textes qui ont été écrits sur le film (sauf justement celui de Béghin qui essaie d’échapper à cette tentation de l’érudition), ce n’est pas de la critique pour autant, Brenez n’est pas critique de cinéma, c’est le problème actuel, on assimile n’importe quel discours sur un film à de la critique, alors que bien sûr ça n’a rien à voir, ce n’est pas parce qu’on est historien ou enseignant du cinéma qu’on est capable d’écrire des critiques... Idem pour Zizek qui n’est pas critique, son texte sur Avatar c’est même de l’anti-critique si on considère qu’il n’avait pas vu le film au moment où il l’a écrit, comme il l’a avoué dans l’entretien (quoique même ça, finalement, ce n’est pas sûr)... Quant à Ostria, lui c’est bien un critique (j’aurais pu le citer à propos de The last airbender) dont j’apprécie le non-conformisme mais son univers cinéphilique est quand même assez loin du mien.

Sinon bienvenue JPG sur ce fil "interminable" qui semble trouver un certain écho au Québec (j'irai faire un tour sur votre "blogue")... Pour Kael, on est d'accord, elle au moins c'était une vraie critique, pas toujours inspirée, loin s'en faut, mais bon, j'y reviendrai quand j'aurai lu l'ensemble de ses Chroniques.

l'histoire - sans fin ?-] a dit…

Merci JPG, de corroborer mes réserves sur l'enthousiasme de Buster vis-à-vis de certaines plumes !-]

Et, franchement, c'est gros comme une maison, je sens que Kael, c'est pas mon truc !-] Pour vous dire, j'apprécie beaucoup plus quelqu'un comme Manny Farber...

Euh, en ce qui concerne vos blogs, sans vouloir être désobligeant, je vous avoue, après un premier survol, que je ne m'y retrouve pas trop, ahem !-] Mais, je prendrais plus de temps un autre jour, hein !-]

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Bien difficile pour moi de contredire ton "top-critiques", Buster, car... tes films préférés (des deux listes !-) correspondent assez peu aux miens (à peine le quart) ! Cela dit, maintenant, je comprends beaucoup mieux comment tu peux arriver à citer Scarpetta et Masson (que je ne lis plus depuis un bon moment) dans ton florilège !-DDD

Ensuite, je trouve que je traîne déjà trop sur le net, et consultes pas mal en bibliothèques, pour aller me taper, en plus, les sites des revues et magazines "branchés" !-] Ce qui ne veut pas dire que je ne me tiens pas "au courant" ; quoique nettement moins "scrupuleusement" que toi, avec, disons "l'actualité", ahem !-]

Dans l'agacement (on dirait), tu remarques "qu'il n'y a pas que Brenez dans la vie !" D'abord, je suis tout à fait d'accord, d'autant plus que j'avais tout de même cité d'autres personnalités !-] Je peux en ajouter quelques-uns encore : Jean-François Rauger (Le Monde), Stéphane du Mesnildot (Cahiers), ou encore Lalanne et Morain aux Inrocks (et ex-Cahiers, inutile de le cacher !-] A peu près tous les autres (euh, pour moi) ne sont pas complètement nuls, mais pas terribles non plus (Béghin, Delorme, JSC, VM, TM, NA, etc., pour ne m'en tenir aux CdC), et je ne parle même pas des petits malins (pour aller vite, surtout aux Inrocks) ! et qu'on trouve partout ailleurs, dans la presse (Libé), blogs (dits "influents") ou forums !-]

Pour Brenez, c'est juste que je regrette qu'on ne la cite jamais assez - euh, surtout quand on fait passer avant des gens comme Amélie Dubois ou Charlotte Garson !!?-DDD Ce que tu avances sur ce que tu nommes "anti-critique" est loin d'être faux. Cependant, si tu poussais un peu, tu constaterais que, justement, la critique telle que tu l'attends - ou la conçois, si tu préfères - n'a que très peu d'intérêt (en ce moment, en gros, c'est du journalisme, flirtant pas mal avec de la promotion, et assaisonné de quelques commentaires pas toujours débiles sur le "scénario"), et qu'au contraire, ce que tu appelles "anti-critique", comment dire ? euh, "nourrit" beaucoup plus la critique (je parle d'un éventuel esprit critique), même - et surtout ? - lorsqu'elle ne traite pas directement son objet (le cas Zizek) ! Et c'est à peu près la même chose, pour ce que tu as identifié comme le "non-conformisme" d'Ostria !

Buster a dit…

Bon d’abord, j’ai dû relire mon dernier commentaire, car écrit avec un cerveau grippé, je ne me rappelais plus de ce que j’avais dit. Eh bien... ça va, je n’ai pas écrit trop de bêtises!

Quelques précisions quand même...

Il ne faut pas prendre ce que j’écris trop au pied de la lettre... si j’ai lancé quelques noms c’était juste en fonction de ce que je me souvenais avoir lu à propos de certains films (souvent d’ailleurs longtemps après leur sortie, c’est dire si je ne suis pas non plus "accro" à ce point aux critiques)

Sur Brenez, idem, je ne suis pas aussi méchant, on l’aime tous bien la Nicole, mais comme je soupçonne chez toi une pointe de brenezophilie qui dépasse le simple désir qu’elle soit davantage "reconnue", je ne peux m’empêcher de réagir...

Pour ce qui est des critiques, quand j’écris que j’aime bien le texte d’A. Dubois sur "Memory lane" ou celui de Malausa sur "Bad lieutenant", il ne faut pas non plus extrapoler mes propos, je ne dis pas qu’il s’agit des meilleurs critiques sur la place, je dis juste que sur tels films ce qu’ils ont écrit m’a bien plu, rien d'autre... sinon Malausa (qui est quand même meilleur au Cahiers qu’à Chronic’art) a souvent écrit des âneries, je l’ai d’ailleurs dit sur ce blog, je ne sais plus à propos de quel film.

Sur la fin de ton commentaire, pas d’accord. Là tu me parles de critique lambda style Première ou je ne sais quoi, ou de ce qu’on peut lire sur les blogs à 80%... je n’ai jamais parlé de cette critique-là qui bien sûr n’en est pas... Ce qui me plaît dans les textes dont je parle, c’est qu’on y trouve (de façon parfois maladroite, notamment dans Chronic’art car écrit à la va comme je te pousse) un angle d’attaque sur le film qui distingue un peu le texte du blabla général... après, c’est plus ou moins bien développé, d’autres parties peuvent être moins intéressantes, mais il y a ce petit truc qui fait la différence, alors qu’à l’inverse, tu peux avoir des textes infiniment plus brillants, au niveau du style et des idées, mais qui n’ont pas d’accroche, on lit, on lit, et arrivé à la fin, bah... on passe à autre chose.

Tiens, puisque tu aimes le dernier Godard, j'ai cherché une autre critique que celles de Béghin et de Brenez qui corresponde à ce que je dis. Et j'ai trouvé. Elle est très courte, en quelques lignes l’essentiel y est dit, mais c’est un vrai point de vue critique... il s’agit de la note de Pierre Léon sur son "blob" (actuellement en sommeil).

Pour quelqu’un qui ne lit que les Cahiers, Rauger et deux ou trois trucs sur le net, tu m’as l’air bien catégorique dans ton jugement sur le reste de la critique.

Sinon Manny Farber meilleur que Pauline Kael, là on est mille fois d’accord (ça arrive, tu vois :-)

ergots - sum a dit…

M'enfin, que dis-tu !?? ça ne se voit peut-être pas ici, mais nous sommes souvent d'accord !-] Bon, ajoutons, sur une idée générale du cinéma ! Là, sur la critique, on pinaille, c'est tout !-]

"Catégorique" ? Oui, peut-être ? Disons que, depuis le temps, je trouve avoir été assez patient avec elle - "(le reste de) la critique" !-] et tu penses bien que je ne parle pas de la "critique lambda" ni des "80% de blogs" ! Euh, surtout, pour l'opposer à ce que tu as nommé "anti-critique" ?!-] (serais-je aussi grossier ?!-]

Quand je dis que la critique (telle que tu l' "apprécies") n'a que très peu d'intérêt (euh, selon moi), je veux dire qu'un bon livre - classique, ou récent - est plus intéressant à lire (sur le plan du cinéma) qu'un article sur un film, si bien "troussé" (disons), soit-il ! C'est un genre assez pénible, où tout est trop rapidement repérable. Et, la période où on s'y arrête pour y retrouver une impression commune, bah, ça m'est passé... Ce que je garde d'un film aujourd'hui - ce n'était pas le cas, quand j'ai commencé à voir des films - me paraît maintenant beaucoup plus costaud que ce que retiennent les critiques "corrects". Alors que les "bons" (certains de ceux que j'ai cités) m'apportent un "supplément" de réflexion(s), même lorsque je suis en désaccord ! Alors, pourquoi ne pas appeler ça, "exigence" ?

Sans vouloir frimer, je te rappelle que je me suis quand même tapé la période des années 70 des Cahiers !-DDD Et avec ça, il faudrait dire "subi", celle de Positif !-DDD qui est assez exemplaire des raisons de mon "jugement catégorique [sur le reste de la critique]" !-DDD

Arrêtons-nous un instant sur ma "pointe de brenezophilie", que je reconnais... sans honte !-] Mais, plus précisément encore, je dirais qu'au tout début de mes lectures "critiques", j'en étais très éloigné ! Même son (très bon) bouquin sur Ferrara me paraît aujourd'hui encore "trop" universitaire. Pourtant, il y a eu une conversion en moi ! Une sorte "d'avant et après Brenez" dans la critique (et la théorie). Eh bien, quand ça t'arrivera, tu ne seras plus le même hom... euh, "cinéphile" !-DDD

Et, ça à part, je me trouve plutôt en meilleure compagnie avec la lecture de Trafic ou, je ne sais pas, Vertigo ? qu'avec les autres publications déja mentionnées ! Donc, oui, comme quoi on est encore d'accord : "la moindre des choses est de se tenir au courant de ce qui s'écrit...", mais alors, pas forcément là où l'on croit !-]

Buster a dit…

Ok, mais tout ça n’est pas forcément incompatible. Au nom d’une certaine exigence, on peut très bien préférer lire des essais sur le cinéma ou des textes un peu pointus dans quelques revues dites sérieuses que des notes critiques plus ou moins bâclées dans des revues branchées, mais vouloir les opposer n’a pas grand sens. On est là dans deux registres totalement différents. Que la lecture de certains textes, qui ne sont pas des critiques, aide à nourrir ta propre réflexion sur tel ou tel film, très bien, mais ça n’empêche pas de lire de vraies critiques de films car, pour moi, la critique n’a justement pas vocation à stimuler ce genre de réflexion. C’est un art très particulier qui dépasse le classique débat objectivité/subjectivité ("objectivité, mon oeil!, subjectivité, mon cul!"), c’est un vrai travail d’écriture où, personnellement, je n’attends pas d’être convaincu par les arguments avancés, mais simplement d’y "reconnaître", par la justesse de certaines formulations - le style est primordial - la forme même du film. Bon je reconnais que tout ça est un peu compliqué, que c’est surtout très personnel, et mériterait d’être développé... mais ailleurs.
Sinon Eisenschitz disait dernièrement qu’il n’y a plus aujourd’hui que des critiques, que la vraie critique, elle, avait disparu. Je suis assez d’accord. Mais plutôt que de me lamenter, ou de me réfugier dans la nostalgie des grands textes d’autrefois, je préfère encore en traquer les reliquats, là où la critique est encore un peu présente, quelle que soit la forme, quel que soit le support...

vieux pépé - plumes :-] a dit…

Oh, la la la, tu veux vraiment me faire passer pour un vieux croûton !!!-DDD C'est fou, rien que sur le fil de discussion ("interminable", donc ?-) de ce billet, le nombre de gens qui veulent disqualifier mes propos (et ma petite personne !?-] Vous vous passez le mot, ou quoi ?-] En plus, le pire, c'est que je crois être le plus jeune (en âge) d'entre vous !-DDD Bon, je sais qu'il y a des jeunes de 20 ans qui sont déjà rouillés dans leur petite tête, et des papys, toujours alertes d'esprit !-] Mais, ce n'est pas le cas ici, hein ?!-DDD

Sans même avoir cherché à opposer les deux types d' "approche critique" (des sorties qui font l'actualité), je voulais mettre en lumière les raisons de mon désintérêt pour cet "exercice" - ou "genre" (plutôt que "art") - disons "dans l'ensemble". Ferais-tu donc semblant de noter que je parviens à sauver (du naufrage ?-] une bonne dizaine de plumes ?!-] Ce qui est déjà pas si mal, non ? Et je pourrais encore alonger encore (un peu) la liste !-]

Aussi, je ne me "lamente" pas, et n'ai ni "la nostalgie" des anciens textes : il faudrait plutôt appeler ça, la "mémoire" de ceux-là - et elle justifie plutôt bien à mon sens le détachement que j'ai aujourd'hui pour ce que c'en est devenu, sachant que les nouveaux venus peuvent tout à fait s'améliorer - ou se distinguer par leurs talents - par la suite : cela dit, pas tous, mais quelques-uns. Ainsi, je ne fais que constater la différence "qualitative" des approches (du point de vue esthétique ou politique), qui va également de pair (à mon goût) avec la (nette ?) "régression" - toujours "qualitative" - des productions actuelles. Appelons ça "évolution", si tu préfères - et je la "guette", je crois, "autant" que toi.

Finalement, nous avons à peu près la même démarche de spectateur, puisque, au film par film, de ceux que j'ai vus - emballé ou non - je jette régulièrement un oeil sur ce qui s'est dit ; et même chez l'ennemi - où je trouve souvent de quoi me gondoler, ou me consterner, il faut dire !-DDD et, pareillement, sans trop me soucier du support (un paquet de sites, de blogs) ; toutefois, un peu plus de "la forme" !-DDD

Buster a dit…

Euh, la fin de mon commentaire ne t’était pas directement adressée, c’était par rapport à ce que j’entends souvent autour de moi. Pour le reste, on est d’accord. Je te laisse le mot de la fin, après on considère le fil comme terminé (ou alors à poursuivre sur des billets plus récents).

Anonyme a dit…

ah zut, c'est déjà fini ? :)

punk - narcissus :-] a dit…

Meunon, Anonyme, ce n'est jamais complètement fini... tant que la bête bouge encore !-DDD

Et, si vous êtes fan, il y a eu un autre fil de discussion tournant presque autour de la même salade, sur le blog de Griffe (Notre musique), l'année dernière - mais, chapeau, si vous le dégotez !!!-]

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Euh, le mot de la fin ? Mmh... ça risque plutôt de relancer le fil !-] mais comme tu voudras !

Un truc complètement nombriliste pour commencer - et qu'on trouverait plutôt lamentable ailleurs : je vais apporter un commentaire (euh, un "vrai") sur mon propre billet !!?-]

Voilà : je sais que Stéphane Derdérian, le distributeur "attitré" des films de Franco, a obtenu (tous ?) les droits d'exploitation de deux grands films : la Comtesse perverse et de Venus in furs. Il a pris contact avec des éditeurs "sérieux" de vidéos-DVD (euh, je balance les noms ?-)... qui l'ont envoyé bouler !!? Alors, si un lecteur du blog tourne autour de ce secteur (ou "connaît des gens..."), je suis tout à fait disposé à relayer le "tuyau" ! (envoyer un mail à Buster, qui transmettra ?)

Sinon, pour compléter notre échange sur la critique, je renvoie à un article, euh, plutôt intéressant (pas explicitement signé, ou disons "collectif") :

http://independencia.fr/INTERVENTIONS/012_INDE_PRE-MANIFESTE.html

Et sur les critiques "négatives" - de "navets" -, il y a un blog que j'aime bien (euh, je n'ai bien sûr pas tout lu) :

http://lesfilmsdemerde.blogspot.com/

Et, avant de nous retrouver sur un autre billet, merci encore Buster, de m'avoir chaleureusement accueilli chez toi (malgré deux ou trois passages :-], et bravo à tous les endurants qui ont supporté les échanges - et les impardonnables fôtes d'orteaugraffe !-] jusqu'ici !-DDD

Buster a dit…

C'est moi qui te remercie "jeune" Albin...

Sinon pour les DVD de Franco, il faudra reprendre "l'appel" sur un nouveau billet (car là, je ne sais pas si beaucoup suivent encore le fil...)

Pour le reste, Independencia, oui... enfin, ceux-là ils se la jouent un peu (je trouve), quant au blog" les films de merde", hum... connais pas, j'irai faire un tour...

Robert-Claude Cornichon a dit…

Oh, nous suivons, nous suivons...

Même si ce fil de discussion commence à ressembler à un blogue à l'intérieur du Balloonatic...

salutations

les années - collèg(u)e a dit…

Bien vu, Robert-Claude ! Eh, oui ! c'est, si l'on veut, un blog "bis" !-DDD Et l'un des nets avantages (par rapport à un blog "principal", ou "traditionnel"), c'est qu'on ne sent aucune pression pour venir poster... ou pas ;-DDD

Bon, là, le fil touche à sa fin, il n'y a plus rien à suivre ici...

Sauf si, pour répondre au dernier comm de Buster, je relance le débat sur la critique, et que je commence à balancer contre Independecia... où ils se la racontent (un peu) sur les bords !-]

Tiens, une anecdote sur mon âge... Il y a environ deux semaines, j'allais prendre un café au comptoir du bistrot sur le trottoir en face de la Cinémathèque, entre deux séances de Wakamatsu. Je tombe d'abord sur Pascale Bodet, puis deux minutes plus tard sur Bozon, himself !

Nous parlons de la "Dernière major !"... et de mon "fameux" texte ! Je passe les détails de sa réponse personnelle - qui me va tout à fait -, et reprends - de mémoire - le passage qui suit, du dialogue entre lui et moi :

- Ce qui était très fort, c'était cette idée de reprendre l'histoire du cinéma, par tranches de dix ans, par le côté "atelier", le côté "artisanal" du cinéma. Et puis aussi, d'avoir fait le recoupement avec les préoccupations de La Lettre du cinéma !
- La Lettre du cinéma ? Vous connaissez la Lettre du cinéma ?!!
- Euh, oui, je connais...
- Mais, vous étiez trop jeune à l'époque !!! Vous avez quel âge ?
- Quand on me le demande, je réponds que j'ai 107 ans. Bref, je ne suis pas si jeune... ni si vieux ! Et surtout, ni si vieux !-]
- Mais, au contraire, vous êtes trop jeune ! Vous deviez être... vous deviez être au collège, à ce moment-là !
- Au collège, non.
- Alors, vous avez quel âge ?
- Nous devons être de la même génération, mais nous devons avoir quatre ans d'écart, au maximum !
- Ah ? Moi, j'ai 38 ans. Et vous ?
- Bon, je suis plus jeune - et il y a moins d'écart que ça...

Juste à ce moment-là, Pascale Bodet adresse à son ami une remarque "qui tue", comme on dit !-] Par égard pour eux deux, vous n'en saurez pas plus !-]