vendredi 19 novembre 2010

Playlist (4)

Apocalypse no.

Sufjan Stevens est un génie, et comme tout génie, complètement fou. The age of Adz (et sa pochette évoquant Kagemusha - mais ça n'a aucun rapport, cf. infra) est un album de fou, à l’image d’"Impossible soul", l’incroyable dernière plage de l’album, une sorte de mini-symphonie de plus de 25 minutes, combinant sur fond d'electro, riffs stridents, cuivres fanfaronnants et autotune. Fou, génial, The age of Adz est un album-scarlatine, un album éruptif qui sur le moment vous irrite plus qu’il ne vous séduit (vous êtes rouge de rage plus que de plaisir), mais au final - pas à la fin de la première écoute, mais à la longue, après au moins quatre ou cinq écoutes - vous retourne littéralement, comme on retourne sa veste, ou plus exactement un gant, pour rester dans la métaphore scarlatinesque (la peau qui se détache en lambeaux), au point que tout finit, d'abord par s’inverser: ce que vous aimiez le plus au début ("Futile devices", "Now that I'm older", "Vesuvius"...), les morceaux electro-folk, rappelant le Stevens d'Illinois, avec chœurs, harpe, flûtes, banjo et tout le tralala, devient un peu fade, au contraire des autres morceaux, délirantes pièces montées, magmas sonores à la complexité effarante (le bien nommé "Too much", "Age of Adz", "I walked", "Get real get right"...), qui eux, à mesure qu'on les écoute, deviennent de plus en plus fascinants (c'était rébarbatif au départ, c'est maintenant roboratif); puis dans un second temps par fusionner, surmontant ainsi la structure schizo de l'ensemble (référence au peintre noir Prophet Royal Robertson et ses visions apocalyptiques: Adz s'entend phonétiquement comme odds, c'est-à-dire bizarres, c'est le moins qu'on puisse dire) pour dévoiler sa vraie nature: volcanique.

"Impossible soul" (la première partie, en live): .

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