mardi 16 novembre 2010

[...]

Touche pas à la flamme blanche (en direct du "trou" des Halles).

"La dernière Major" c’est fini, mais je ne vous en dirai pas grand-chose pour la simple et bonne raison que je n’ai pratiquement rien vu... C’est toujours pareil, on fait la promotion d’un événement (je crois avoir été un des premiers à relayer l’information), on s’arrange pour pouvoir y assister, et patatras, une succession de contretemps vient foutre tous vos projets par terre. Finalement, je n’ai pu me libérer que le dernier week-end, et encore, juste quelques heures, ce qui fait que, de cette manifestation, il ne me restera que deux temps forts:
1) le film de Raffaello Matarazzo, Treno popolare, que je n'aurais raté pour rien au monde, une "pure merveille", dixit Lourcelles qui présenta le film - et on ne peut que lui donner raison tant ce film est un véritable enchantement, annonçant non seulement le néoréalisme de l'après-guerre (il précède de quelques mois cette autre merveille pré-néoréaliste qu’est Jofroi de Pagnol), mais aussi, bien sûr, l’impressionnisme renoirien de Partie de campagne, voire un cinéaste comme Rozier (dixit toujours Lourcelles), encore que, la structure éclatée du film, son doux lyrisme, moi ça m'a fait penser à un autre cinéaste: Boris Barnet.
2) la séance, très attendue, d’autocritique par quelques critiques renommés: Moullet, le plus drôle (forcément), honteux d'avoir idolâtré Rashomon quand il avait 14 ans; Rollet, Rauger, Mandelbaum, qui ne voulaient pas venir mais sont quand même venus (alors que Lalanne et Azoury s’étaient habilement défilés en restant coincés à Lisbonne, hé hé...), le premier pour nous dire que... euh, je ne me souviens plus trop..., le second qu'il avait longtemps était victime de la théorie daneyienne de "la mort du cinéma", mais qu'aujourd'hui il en était guéri (il a aussi reconnu ne pas aimer le cinéma expérimental), le troisième que le travail de critique est déjà suffisamment compliqué comme ça pour ne pas devoir, en plus, céder à l'autocritique, avec ce que cela suppose de masochisme; Herpe et Tessé, les plus frivoles, surtout le second (le seul d'ailleurs qui accepta de se "coucher", dans l'esprit du United red army de Wakamatsu), nous avouant sa passion ancienne (pré-cinéphilique, il vient de la campagne) pour les courses hippiques dont il collige les résultats dans des tableaux Excel tous les dimanches soirs, et ce jusqu'au milieu de la nuit, avant de passer à Word pour écrire sa critique (hum...); Narboni et Eisenschitz, les plus graves, surtout le premier dont l'intervention fut aussi la plus forte d'autant, qu'ancien co-rédacteur en chef des Cahiers à l'époque maoïste de la revue, il devait sûrement se sentir le plus visé dans cet exercice d'autocritique. Mais d'autocritique il n'en fut pas réellement question, Narboni préférant replacer les Cahiers dans le contexte de l'époque, à savoir l'engagement gauchiste, qui conduisit la revue "au bord du gouffre", comme quelque chose d'avant tout "verbal" (l'impact de certains slogans dans lesquels le petit groupe de rédacteurs se reconnaissait), de la même façon qu'il tint à expliquer pourquoi les Cahiers, via l'article célèbre de Truffaut - malmené lors de ces journées, par qui?, je ne sais pas, je n'y étais pas (1) -, avait rejeté à ce point tout un pan du cinéma français: noirceur excessive des scénarios, manque de séduction des comédiens... et plus encore, tout ce qui rappelle Vichy, de près ou de loin, ce que Narboni nomme le cinéma de la francisquité (ou de la francisquitude, je n'ai pas bien entendu). C'est marrant car, dans le fond, ce que dit Narboni c'est un peu ce que disait Rebatet, "l'imparfait salaud", dans les années 30 et 40 (sauf que lui avait su reconnaître Grémillon à sa juste valeur). On sait d'ailleurs l'influence qu'exerça Rebatet sur Truffaut... Quant à Eisenschitz, c'est lui qui eut le mot de la fin, et pas des plus réjouissants, puisque à l'en croire (mais je ne suis pas loin de partager son avis) la critique en tant que telle n'existe plus aujourd'hui... Alors que dire de cette "performance" si ce n'est qu'aucun des critiques n'a complètement joué le jeu, au sens où aucun n'a vraiment exprimé quel était son "point aveugle", ainsi que le souhaitait Bozon... Peut-être aurait-il fallu qu'il y ait débat pour que chacun soit poussé dans ses derniers retranchements. Sinon j'ai beaucoup aimé Haussman Tree.

(1) Ajout du 27-11-10: Il s’agit de Noël Herpe. On pourra lire dans les commentaires l’extrait d’un texte ("Major - et vague ciné") qui a circulé à Beaubourg et dans lequel l’auteur, un certain Albin Didon, fustigeait violemment la prestation de Herpe... Sinon, toujours dans les commentaires: le compte-rendu de la manifestation ("In the Bozone") par Jacky Goldberg, critique aux Inrocks et ex-blogueur...

Berrub.

Sans qu'il s'agisse d'une autocritique, je voudrais dire quelques mots sur Rubber que j'ai revu ce soir. Bon, globalement, mon sentiment n'a pas changé, je trouve toujours le film insuffisamment accompli... Mais en le revoyant, j'ai pu me libérer de trois contraintes qui m'avaient peut-être un peu trop obsédé la première fois: le dispositif, le style et la charge comique. En laissant ainsi de côté l'aspect conceptuel du projet - tel le contrechamp représenté par les spectateurs -, l'esthétique très "photographique" des plans et la dimension purement burlesque, sinon coenienne, de certaines scènes, surtout dans le finale, j'ai davantage apprécié ces petits moments (malheureusement trop rares) où le film s'imprègne d'une réelle poésie (je pense évidemment au début - les premiers "pas" du pneu - mais aussi à ces instants fugaces de réminiscence, quand le pneu se trouve, au hasard d'une rencontre, renvoyé à son passé - d'esclave? -, lorsqu'il était encore "enchaîné" à une roue)...

47 commentaires:

FG a dit…

Malmené par Herpe. J'y étais.

Ici, il y a pas mal de vidéos prises pendant la dernière bleuade: http://www.vimeo.com/user2242158

Anonyme a dit…

Il est tout à fait exagéré(et meme scandaleux) de parler de "l'influence de Rebatet sur Truffaut",-où alors il faut le justifier avec un minimum de faits.Chacun sait que Truffaut-critique fut assez proche de Rebatet, mais: 1)il faut faire la part, dans l'attitude de Truffaut,de la provocation, style Nimier,Laurent etc... 2)C',était une proximité personnelle(et non idéologique),liée
au statut de "réprouvé/solitaire de Rebatet ,à cette époque, un peu comme Truffaut avait de la sympathie pour Genet...

Buster a dit…

FG > Herpe... évidemment, j’aurais dû y penser. Sinon merci pour les vidéos.

Anonyme > Je parle bien sûr du Rebatet critique, il ne me semblait pas nécessaire de le préciser... Et je maintiens que son influence (qui dépassait les clivages idéologiques) sur le pamphlet de Truffaut y est manifeste. Rien de scandaleux là-dedans.

réseaux - critiques a dit…

« La Dernière Major ! », c'était é-nooor-me !!! Euh, pas tout à fait « génial » cependant !-] Et non, je ne m'expliquerai pas ! Inutile d'insister !-DDD

Pour tout dire, j'ai dû assister aux deux-tiers (seulement ?) de la manifestation. Et pour dégoûter les absents – qui ont encore une fois eu tort – je dirais qu'il y avait deux ou trois « must » : à coup sûr, le show de Christophe Bier et la soirée « Notre Brecht » ! De chouettes moments aussi : Moullet, Vecchiali, Djibril Glissant... et même Mocky !!! Le tournage avec Thomas Chabrol et Laure Marsac, ahem !-]

Z'êtes un peu court, je trouve, sur la soirée de clôture (bien que je sois d'accord avec votre note, hein !-], notamment sur Patrice Rollet, qui mérite plus qu'un intérêt poli (pour l'ensemble de son oeuvre !-] ; sans doute, le plus humble de tous. Egalement lucide, d'avoir rappelé « le côté masochiste de faire de l'auto-critique en public ». Ou généreux, quand il a parlé de sa solidarité avec vos amis « Lettrés » [ceux de la Lettre] et de sa conception un poil « utopique » d'une revue de cinéma. Un peu nostalgique, quand il a rappelé l'anecdote au sujet de Serge Daney : « Les films de (Fritz) Lang rendent intelligents », tout en infléchissant ce propos. Et légèrement désillusionné sur une « internationale critique », en citant ses confrères hors hexagone : H. Farocki, J. Mekas. Il a oublié d'ajouter : M. Farber, S. Hasumi, A. Apra, P. von Bagh...

Bien aimé l'ensemble de l'intervention de JFR (et de Narboni aussi : « Normal », dirons certains !-] D'abord, ses précautions : « J'ai toujours évité d'écire à la première personne, d'écrire "je". » Puis, parlant de la part autobiographique : « au lieu de parler de soi, on parle des films. Faire de la critique, pour moi, c'est faire une autobiographie masquée. » Un peu plus loin, toujours au début, sur l' « évidence » (disons) des « Cahiers jaunes » ne substance : « Pour moi, à cette époque, c'était acquis : Les Cahiers ont gagné. Or, je me suis rendu compte que ce n'était pas vrai du tout. Encore aujourd'hui, quand j'ai des discussions avec d'autres spectateurs, c'est même loin d'être le cas ! » Personnellement, quand on lit la blogociné, en général (pas ici, hein !-], on se dit qu'il y a encore du boulot !!!-DDD Au passage, il a lancé : « Voir les films pour le genre, c'est une pratique d'abruti. ». Méchante pique, assez rare de sa part... pas son genre !-D Apprécié aussi le moment où il parle de sa petite cuisine : « J'écris mon article le dimanche matin, au lieu d'aller à la pêche [il n'a pas ajouté : « ou à la messe » ?-] » Puis ce qui fonde son goût de spectateur (« privilégié et suspect »): « un peu de trivial dans les films ambitieux, un peu d'abstraction dans les films triviaux ». Toutefois, j'ai trouvé sa fin un peu bancale : « Le reproche qu'on peut nous faire (à la critique), c'est de s'enthousiasmer de tout. » Et, à lui - son autocritique - d' « aimer un peu trop les films ? »

Mais, surtout, en dehors de ces aveux attachants, parfois poignants (ah, oui, Eisenchitz, citant je ne sais plus qui : « Les batailles perdues d'avance [ici, pour la critique] sont les seules qui valent la peine d'être menées ! »), je relève qu'il y avait ceux qui avaient des notes éparses sur des feuillets, et ceux qui ont lu un texte, préparé pour l'occasion ; nommons-les Jacques Mandelbaum, Noël Herpe (*) et Jean-Philippe Tessé. Et comme, par hasard, je n'ai que très peu d'affinités avec ces gens-là ?!-]

(*) : allez, à mon tour, j'avoue !-] J'étais à la soirée Ionesco/Castel/Truffaut/Herpe. Comme la « réduction en pièces » (dixit Narboni) de l'article par ce zigoto m'a outré, j'ai écrit un texte - de quatre pages - sur le sujet que j'ai remis... personnellement... à Patrice Rollet ! Donc, si on me soupçonne d'être parti pris, eh bien, on aura tout à fait raison !-DDD

Buster a dit…

Merci beaucoup M. Albin pour ce commentaire qui complète et enrichit le mien. C’est vrai que pour Rollet, ce que j’ai écrit est un peu léger (mais je n’ai pas bien entendu ce qu’il disait, la faute à ma voisine...). Sinon, ce texte contre Herpe, j’aimerais bien le lire, vous pouvez me l’envoyer?

Anonyme a dit…

« Les batailles perdues d'avance sont les seules qui valent la peine d'être menées ! » La phrase est d'Abraham Polonsky d'après Eisenchitz

Anne Indies a dit…

J'ai lu un texte qui circulait sur Noël Herpe. Même si je ne suis pas d'accord avec lui, je trouve un peu ridicule de s'en offusquer. C'est aussi oublier la part de théâtre qu'il y avait dans l'exercice quasi impossible demandé par Bozon. Et à ce jeu là, Herpe était bien plus doué que les sympathiques mais lamentables Eva Ionesco et Lou Castel, qui ont été incapables de porter le texte de Truffaut auquel ils avaient l'air de ne rien comprendre.

Buster a dit…

Et toc!
Albin (de réseaux-critiques) on attend votre réponse.

(en ce qui me concerne, je ne prends pas parti, n'ayant pas assisté au spectacle, mais j'aimerais en savoir plus sur ce qui a été dit)

précieuse - ridicule ?-] a dit…

En ce qui concerne la prestation des comédiens invités, j'adhère totalement à vos propos, Anne. Pour le reste, vous me faites légèrement rigoler... En tous cas, je serais étonné que "ce texte qui circule" soit celui - de mon cru - que je viens d'envoyer à notre hôte : M. Balloonatic (dans sa BAL !-]

Euh, Buster, prenez garde cependant : la (précieuse :-] bafouille est plutôt longue, voire légèrement "prise de tête" ?-] Préparez le café (et les aspirines !-]

Les lecteurs intrigués devraient pouvoir prendre prochainement connaissance de tout ce tralala dans les publications à venir des "meilleures" [ahem !-] revues de cinéma...

Anonyme a dit…

Oui, c'est vrai: Herpe a joué le jeu mais les acteurs n'étaient pas trop à la hauteur, d'où le malaise (le texte de Truffaut inaudible). Quant à la critique de Renoir que Narboni a aussi évoqué, c'est Vecchiali le responsable!
Après, il y a eu d'autres ratages, mais je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement vu le défi de certaines situations, déjà à la lecture du programme. D'autres séances étaient plus que réussies: Brecht, Glissant, la conférence chantée des années 30 et cette soirée de clôture . Pas de mea culpa en bonne et due forme,alors que l'expectative semblait grande, mais quelque chose d'autre qui malgré tout a surgi sur le rapport à l'écriture de chacun. Je me souviendrai de la phrase couperet de Daney a Rollet, des méandres d'explications plus ou moins claires, et non moins fortes, de Narboni, de la légèreté au cordeau de Tessé et du très sérieux (à méditer pour la nécessaire et si difficile 3ème voie) "nous n'avons pas été assez carrieristes" d'Eisenchitz. Plus la découverte d'Haussman Tree, on en redemanderait.
Si certains sont allés écouter Dietschy et les Larrieu, je suis curieux de savoir ce qu'il en était....

Buster a dit…

Oui oui, moi aussi, je veux tout savoir... Moullet/Lévesque, Vecchiali/Grémillon, Treilhou/Pagnol, Glissant/Rohmer, la soirée Brecht, etc. Dites moi ce qui s'est passé si vous y étiez...

Sinon Anne Indies, c'est quoi ce texte qui circulait sur Herpe, puisqu'il semble ne pas s'agir de celui de notre ami outré?

Anonyme a dit…

pour revenir à la soirée d’auto-critique, on remarque qu’un seul s’est vraiment déballonné, si on considère que lalanne des inrocks et azoury de libé n’ont pas pu venir, bloqués à lisbonne,c’est morice de télérama, initialement prévu (consigne venue d’en haut ? ,car comme par hasard l’hebdo bobo catho est le seul à ne pas avoir parlé de la dernière major). sinon tout le gratin aurait été réuni puisqu’il y avait ce soir-là, les cahiers d’hier et d’aujourd’hui, trafic, le monde et même positif. c’était quand la dernière fois ?

Buster a dit…

Hum... vous êtes sûr pour Morice?

(sinon, c’est un peu fatigant tous ces messages signés Anonyme, on ne sait jamais à qui on a affaire, vous ne pouvez pas prendre un pseudo comme tout le monde :-)

anne onime a dit…

bah, c’est dans le premier programme que vous avez vous-même publié (billet en date du 1er octobre) !

Buster a dit…

Oups... je me souvenais plus.

Anne Indies a dit…

Une copie du texte que j'ai lu a circulé à Beaubourg, je ne l'ai donc pas et ne me souviens pas s'il était signé ou non. L'auteur avait l'air très scandalisé par la prestation de Herpe, mais n'avait pas d'autres argument que de le traiter de révisionniste. Il s'enlisait vite en racontant une discussion dans le métro avec une jeune inconnue qui avait assisté au scandale. Scène de drague ratée sur fond de cinéphilie mal contrôlée... C'était assez pathétique et mal écrit, alors qu'il y aurait eu tant d'autres choses à répondre à NH si l'on décidait de prendre au sérieux cette mascarade. Narboni l'a prouvé.

Anonyme a dit…

Bonsoir. Vous avez lu l'article de Camille Brunel sur le film de Dupieux ? (En lien sur mon pseudo original.)

Buster a dit…

Anne Indies > Eh bien, il s'agit du même texte... J'en connais un qui va être content.

Anonyme indépendant > Pas encore lu le texte de Camille Brunel, mais je compte bien y jeter un oeil.

Anne Indies a dit…

Je me disais bien aussi qu'ils ne devaient pas être deux à avoir perdu tant de temps pour si peu... Et vous Balloonatic, que pensez-vous de ce texte ? (Je sais, la question est vache).

les femmes - ça vante ?-] a dit…

Anne Indies a dit [le 20 nov. -10 | 17h 36]

"Une copie du texte que j'ai lu a circulé à Beaubourg"
- Apparemment, il s'agit bien de mon texte (j'en suis donc étonné !-] Ce qui m'amuse ici, c'est qu'au moment de le remettre à Bozon - à Beaubourg, je confirme - qui voulait le lire sur-le-champ, je lui ai recommandé de le faire tranquillement à la maison. Il a spontanément réagi : "Quoi ?! je n'ai pas le droit de le lire maintenant ?! C'est interdit ?!" Je lui ai alors répondu : "Non, ce n'est pas interdit, mais, c'est plutôt long, il va vous falloir une trentaine de minutes..." Il a plié les deux feuilles (initialement plié en trois, comme un courrier, disons "administratif"), et l'a rangé dans une poche de son pantalon.

&

"[je ne l'ai donc pas et] ne me souviens pas s'il était signé ou non."
- Il n'était pas "explicitement" signé ; mais, remis en mains propres. Et pour la petite histoire, d'abord à J. Narboni (dans une version antérieure), puis P. Rollet (version finale, pour une éventuelle publication dans Trafic), qui me "connaissent" ; et enfin, à Bozon, qui me connaît seulement de vue (s'il n'est pas trop bigleux ;-]

&

"L'auteur avait l'air très scandalisé par la prestation de Herpe, mais n'avait pas d'autres argument que de le traiter de révisionniste."
- Premier paragraphe de mon texte : "Dans ce même cadre [la Dernière Major], les spectateurs parisiens auront pu assister à une surprenante, sinon hallucinante, « performance »" ; puis, fin du mon deuxième paragraphe : "Sidérante, pour ne pas dire ahurissante, tant il est encore difficile de trancher entre sa modernité… et sa veulerie !"

Et, allez ! une ou deux répliques, ça et là :

"- Lui dire ? Là, comme ça ? Non. C’est un crétin insignifiant [cette expression remplaçant le nom d’oiseau initialement prononcé] – il n’en vaut pas la peine !"

[plus loin]

"- Oui, c’est vrai : c’est minable."

&

"Il s'enlisait vite en racontant une discussion dans le métro avec une jeune inconnue qui avait assisté au scandale."
- Passons sur "scandale". Je découvre à l'instant que la discussion s'est déroulée dans le métro !??

&

"Scène de drague ratée sur fond de cinéphilie mal contrôlée..."
- Tiens ?! Et que la jeune femme m'aurait donc dragué !!!-DDD Je n'y avais pas prêté attention :-]

&

"C'était assez pathétique et mal écrit, alors qu'il y aurait eu tant d'autres choses à répondre à NH si l'on décidait de prendre au sérieux cette mascarade.
- Même "mal écrit", en quatre pages, je crois avoir "suffisamment" répondu. Euh, "mascarade" ? Comme quoi, on est plutôt d'accord ?-]

&

"[et enfin] Narboni l'a prouvé."
- L'intervention de Narboni fut (comme à son habitude) brillante : il a bien remis Herpe à sa place ! Tenez, une jolie anecdote : alors que le texte était encore au premier stade de brouillon, je lui avais glissé (à Narboni) : "Il faudrait que tu m'aides sur deux ou trois passages [du texte], pour pouvoir le refiler à Trafic - bien que, je le vois à cent cinquante kilomètres - ils ne le passeront jamais !" Lui, incrédule : "Ah bon, pourquoi ?"

Par conséquent, de nous deux, ma chère Anne, je me demande bien qui se distingue le plus dans... le ridicule ?-DDD

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Hé, Buster, avant de répondre à la question "vache", il y a un "gag" à commenter :

Anne Indies a dit [le 19 nov. -10 | 00h 00]

"[...] C'est aussi oublier la part de théâtre qu'il y avait dans l'exercice quasi impossible demandé par Bozon."

Buster a dit…

Que dire...
D’abord que, à propos de ce texte, je n’ai pas lu le brouillon qui a circulé mais la version définitive (mieux écrite je suppose). Sinon qu’il s’agit avant tout d’un coup de gueule (notre ami, cahiérophile fervent, a le sang chaud et quand on s’attaque à sa revue chérie, Truffaut ou pas, ça démarre au quart de tour - j’en ai déjà fait l’expérience sur ce blog). Cela dit, le problème en effet c’est qu’on n’arrive pas à savoir ce qu’a dit Herpe... C’est pour ça que j’invite les lecteurs qui comme moi n’ont pas assisté au "spectacle" à lire dans le Dictionnaire Truffaut la note consacrée au texte "Une certaine tendance du cinéma français" puisqu’elle est justement signée Herpe (on peut lire aussi la note "Clouzot"). Peut-être la publierai-je sur le blog.

Anne Indies a dit…

"Quart de tour", c'est le terme. Et confusion bien peu truffaldienne. (Sans oublier ces insupportables clins d'oeil typographiques).

jacques tourneur a dit…

(pour anne)

;-ǀ :-) :-D :-P ;-ǀ :-) :-D :-P ;-ǀ :-) :-D :-P ...

Hamidou a dit…

Bon, et si vous le rendiez public, ce texte ?

Buster a dit…

J'attends l'autorisation de son auteur.

sang chaud - notorious a dit…

Buster a dit... le 21 nov. [22h 47]

- Mmm... réaction moins enthousiaste, ici, je vois !-] Notons néanmoins que Buster a eu la bonne grâce d'épargner Anne, à propos du "gag" (voilà ce que c'est que de soigner son "commerce" !-]

Aussi, quelques précisions s'imposent.

D'abord, ce texte qui est "mal écrit"... doit l'être alors autant que le comm précédent ?!!-] Car ce n'est pas le brouillon qui a "circulé", mais la version définitive ! Entre nous, je vois mal l'impeccable JN distribuer la version antérieure à tout-va ! (euh, oui, "mieux écrite" - je trouve - que la version précédente, quoique je corrigerais encore par endroits !-D

Ensuite, une chose se confirme : j'écris donc bien mal !!!-] Sinon, on aurait vu que le "coup de gueule" (la partie dialoguée) correspond seulement à une moitié du document, au grand maximum : le premier tiers est "journalistique" (le ton est presque "neutre", ahem !-], et la dernière partie est plus "réfléchie" ["théorique", voire !-]. Et si on n'était pas totalement hermétique à mon génie comique, on pourrait même y voir un texte humoristique !-DDD

Bravo maintenant de faire passer "cahiérophile fervent" pour péjoratif ! Mais, même formulé ainsi, oui, j'assume ! Période "jaune", et même celle dite "Mao" (euh, dans l'ensemble). Beaucoup moins "les années 80", un peu plus les années 90. J'adhère assez favorablement à toute la période Tesson (1998-2003). Rejet presque complet de la gestion Burdeau-Frodon (2004-09). Là, dernièrement (Tessé-Delorme), c'est à peu près un numéro sur trois...

Et puis, avant de tirer sur les Cahiers "rouges", bah, on tourne sept fois ses doigts sur le clavier !-] et on ne dit pas de mal de l'excellente Nicole Brenez, na !-] Pour clore sur ce sujet, j'ajoute que, le pire dans cette histoire, c'est que je n'aime pas vraiment Truffaut !-DDD

En ce qui concerne la "performance", je soutiens que les principaux points litigieux sont clairement (et parfois longuement) traités dans mon texte : qu'il n'y a pas à aller au-delà, sauf à vouloir ratiociner. Et, au reste, que son propos est insignifiant ! précisons, en regard de sa "démonstration".

Et enfin, j'ai lu sa note dans le Dictionnaire Truffaut (consacrée à l'article polémique), et elle ne reflète absolument pas la prestation ! Celle sur Chabrol (toujours du même, dans le même ouvrage) est déjà un peu plus "représentative", mais ça n'en serait que le dixième (en volume) de l'exposé !

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Anne Indies a dit, le 21 nov. [23h 22]

"Et confusion bien peu truffaldienne."
- ??? Justement, j'ai plutôt 'tendance' - je crois - à éviter toute forme de confusion ; truffaldienne ou pas !-] Mais, en revanche, si elle vient de vous, alors j'accepte vos excuses !-DDD

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Pour la diffusion publique : Trafic m'a très aimablement envoyé bouler. J'attends que les Cahiers en fassent de même... et alors, on verra ;-]

sholto lewis a dit…

(pour jacques tourneur)

+ 1

Mouarf ;-DDD

Buster a dit…

"Sancho", "cahiérophile fervent" n’a rien de péjoratif, c’est juste pour expliquer que tu supportes difficilement (pour ne pas dire pas du tout) qu’on s’en prenne aux Cahiers, moi ça m’amuse comme ce fut le cas à propos de ma note sur "Femmes femmes" de Vecchiali, sinon je confirme ce que j’ai répondu hors blog, à savoir que ce texte est vif et acerbe (ce n’était peut-être pas exactement les termes). Non, mon regret, qui n’est pas directement lié au texte, est que je n’arrive toujours pas à savoir ce qu’a vraiment dit Herpe, à part que le texte de Truffaut ne serait pas si important que ça.
Cela dit, sa note dans le Dictionnaire Truffaut est plutôt bien (j’ai la flemme de la recopier, mais si j’arrive à la récupérer déjà toute prête, je la publierai). Et donc s’il existe une réelle discordance entre ce texte et l’intervention à Beaubourg, eh bien là, il serait intéressant d’en parler.

l'intendance - sancho a dit…

- Mouais, Buster... Une fois, quelqu'un (je ne sais plus où sur le net) m'avait qualifié de "chabrolophile distingué". La syntaxe est curieusement proche (de ton "cahiérophile fervent"), non ? Et, j'imagine que là aussi, cela devait être tout juste "taquin" ?-] Disons que, effectivement, parler à tort et à travers des Cahiers me fait réagir, oui ! Après, on peut débiter les salades qu'on veut :-] à partir du moment qu'on sache de quoi l'on parle.

Mon texte est "vif et acerbe" ; ah enfin ! Eh, dis ? ça t'aurait arraché la langue (ou les doigts ?) de le dire plus tôt ?!!-] Tu avais dans ton mail employé des synonymes ; mais ces termes sont très bien aussi. En plus, ça me donne l'impression que mon "intervention" a encore plus de qualités !-D

Bon, si j'attends que tu rectifies (ou nuances) certaines affirmations péremptoires de notre chère Anne, comme celles de son commentaire du 20 nov. [17h 36] : "[l'auteur ; c'est-à-dire votre humble serviteur] n'avait pas d'autre[s] argument que de le traiter de révisionniste", ou plus loin, le côté "pathétique" (de la "drague ratée"), "sur fond de cinéphilie mal contrôlée" (?!!), puis, plus tard, comm du 21 nov. [23h 22] : "ces insupportables clins d'oeil typographiques" dans ce texte - et sans même parler du "gag" (la part de théâtre) relevé à la fin de mon comm du 21 nov. | 20h -, je crois que je peux encore aller me brosser !!?-DDD

Pour ce qui est de savoir ce qu’a vraiment dit Herpe, disons que tout l'exposé voulait aboutir à cette conclusion que "le texte de Truffaut ne serait pas si important que ça." Ce qui, en soi, était quand même gratiné !!? Dans le détail, il a davantage été question de "disculper" Bost-Aurenche dans leur travail d' "équivalence" de tranposition littéraire pour le cinéma, durant toute leur carrière de scénaristes (environ le quart de l'exposé), en chargeant dans le même temps contre les - nombreuses, selon le conférencier - approximations (il a parlé de "confusionnisme") de la part de Truffaut (à peu près un autre quart). Il y eut la volonté de dénigrer même la notion de "politique des auteurs", de bouleverser la hiérarchie des grands cinéastes français établie par les Cahiers jaunes, et de discréditer toute l'oeuvre de Truffaut par le prisme de l'article polémique. Et enfin, environ un dernier quart a été consacré à faire la psychanalyse du futur cinéaste !!? Hélas pour vous (pour moi ?-], à ma connaissance, aucun greffier n'a été chargé de retranscrire les minutes de la performance ! A portée de main, il n'y aura que mon texte, "mal écrit", et refusé par Trafic !

Et, pour finir, si quelqu'un se dévouait pour mettre en parallèle la "réelle discordance entre ce texte [la note de NH dans le Dictionnaire Truffaut] et l'intervention à Beaubourg", je crois que l'aimbable pique de notre charmante Anne Indies [le 21 nov., 01h 06] devrait nous réconcilier enfin tous : "Je me disais bien aussi qu'ils ne devaient pas être deux à avoir perdu tant de temps pour si peu..." !-]

Buster a dit…

Bon alors, ce chef-d'oeuvre, je le publie oui ou non?

(concernant Anne Indies, je n'ai rien à rectifier, je ne m'attaque pas aux flibustières!)

Une majorité de lecteurs a dit…

OUI !!!

brosse - adam a dit…

Ah, tout de même ! Il a fallu te tirer les vers du nez, mais enfin, le coeur y est !!?-D

T'autoriser à publier mon gribouillis ?-] Comment dire ? Après mûre réflexion : c'est niet ! Quand bien même j'essuierais à nouveau un refus - de la part des Cahiers cette fois-ci ! Voilà, c'est comme ça !-] Les mécontents iront se plaindre directement auprès de ces revues !

Toutefois, vous ne repartez pas les mains vides... euh, pardon, pour consoler les "frustrés" :-] je t'envoie de ce pas un autre joyau :-] à poster (au mieux, intégralement), si tu le souhaites, et qui en son temps - il y a deux ans - a été accueilli avec... le même intérêt !

Par avance, merci.

(évidemment, si A.I. a fait une touche, je ne peux pas lutter !-DDD

Buster a dit…

Tant pis alors pour le texte sur Herpe. De toute façon, il était... mal écrit! (ah ah ah)

Pour l'autre, pas encore lu... Mais s'il plaît au comité de rédaction de Balloonatic, je ne vois pas d'objection à le publier.

Anonyme a dit…

In the Bozone (Jacky Goldberg dans les Inrocks)

Un peu d’autocritique : avouons-le, l’idée de cinéma entrant au musée nous a rarement séduits, en dépit des efforts louables menés depuis une dizaine d’années, et nous lui avons toujours préféré la visite de salles en sous-sol, aux moquettes salies par le pop-corn, à la faune bigarrée et à l’insonorisation douteuse. La Dernière Major ! de Serge Bozon, qui vient de se conclure à Beaubourg, si elle n’a pas écarté tous nos doutes, est parvenue à rebattre avec un certain panache les cartes de cette alliance déloyale. L’ambition était grande : il s’agissait, pendant dix jours, de faire une histoire du cinéma français « secrète, artisanale, primitive », selon les mots du cinéaste-timonier. De confronter dans le « trou » de Beaubourg, cet étrange espace où l’on se sent vite comme un lion dans une fosse, observé par les visiteurs, de confronter la pratique de cinéastes et/ou acteurs vivants, tous plus ou moins proches de Bozon, avec celle de cinéastes anciens : Eric et Ramzy vs von Stroheim, de Van vs Feuillade, Glissant vs Rohmer, etc. Souvent géniaux sur le papier, cette trentaine de « tableaux » n’ont pas tous été à la hauteur des espérances mais ont composé, dans leur ensemble, une rencontre enthousiasmante entre cette vieille dame malade qu’est la cinéphilie et l’institution muséale. A la belle mélancolie des maquettes de l’expo Godard il y a quatre ans, Bozon a ainsi opposé un écheveau bariolé, liant passé et présent par le fil du geste cinématographique plutôt que par celui de l’idée. Car pour le réalisateur de La France, ce qui relie au mieux les petites cellules autonomes (dont Godard est un bel exemple) à l’origine de la meilleure part du cinéma français, c’est davantage un rapport concret à la production qu’un ensemble de thématiques communes. Et la façon idéale de s’en convaincre était de s’approcher du petit plateau de cinéma érigé au milieu du barnum dans le but de réaliser, en live et sans moyens, un film intitulé L’Imprésario, et de tendre l’oreille. Le mot le plus prononcé n’y était autre que celui-ci : « action ! »

Anne Indies a dit…

Je retrouve dans vos commentaires la même incapacité à argumenter que dans votre texte sur Herpe. Vous pointez ce qui vous agace en agitant les bras mais sans vraiment y répondre. De même, vous qualifiez l'une de mes remarques de gag en vous contentant de demander à Buster de la commenter. En êtes-vous incapable vous-même ?
Puisque vous doutez peu de votre talent, sachez bien que lorsque Jean Narboni a donné le texte à Beaubourg, il ne l'avait pas encore lu.
Quant à vos réponses potaches, elles m'inspirent la même réflexion que lorsque j'ai découvert votre texte : "ça me rappelle mes quatorze ans". N'est pas Skorecki qui veut...

boulet - mal assis a dit…

Très chère Anne,

Sans doute avez-vous été très précoce ; il est toutefois certain que vous n'avez pas perdu l'ardeur qui caractérise l'âge adolescent ! Le texte sur la prestation de NH à Beaubourg vous avait parue médiocre, au moins, mes commentaires (faibles et potaches) ici, vous auront fait réagir !-]

Vous soulignez avec beaucoup de piquant mes airs crânes. Disons que, étant donné le peu d'éloges - ou retours favorables - que je reçois (surtout par contraste avec toutes les offenses que j'encaisse régulièrement), je dois quand même trouver une compensation ?!-] Ensuite, ne trouvez-vous pas étrange que JN ait fait circuler un texte sans l'avoir lu ? Admettons-le cependant ; après tout, pourquoi pas ? Cela reste tout de même une bien curieuse façon (de sa part) d'assurer ma publicité !-] Je ne sais encore si je dois l'en remercier ?-]

Et enfin, notre hôte a montré, je trouve, beaucoup de largesse à votre égard, alors si vous m'autorisez ce conseil : n'en abusez point trop !-] Néanmoins, vous m'amenez à revenir - partiellement - sur ma précédente décision. Tant pis, pour la publication papier ! Ainsi, je demande à Buster de bien vouloir (si, bien sûr, cela ne l'ennuie pas trop) poster la première partie de ce texte - mal écrit -, à la date qui lui conviendra : du début [titre & dédidaces] jusqu'à "inconscience" ; soit les quatre premiers paragraphes, ou la page "1/4" (seulement) dans son intégralité, et environ le quart du fichier correspondant à ce texte (maudit ?-]. Par avance, merci.

Je vous remercie sincèrement, Anne, pour votre ténacité !

Bien cordialement.

P S : oh ! et surtout : "N'est pas Skorecki"... qui ne veut pas !-] En effet, c'est suffisamment difficile d'être soi-même, pour chercher à copier quelqu'un dont on ne se sent absolument pas proche !-]

Buster a dit…

Hé ho, faudrait savoir... Bon, je publie à la suite, dans les commentaires, et en deux parties, la première page de ton texte (j’imagine déjà la réponse d’Anne Indies: le pire n’est pas là mais dans les trois autres pages)

Buster a dit…

Voilà donc le tout début de ce texte tant attendu:

major – et vague ciné
ou
une « histoire de mauvais goût »

à la mémoire de Maurice Schérer [mars 1920-janv. 2010] & Claude Chabrol [juin 1930-sept. 2010] ; et à Jean Douchet.

Le fringant Serge Bozon (réalisateur de Mods et de La France) et sa complice Pascale Bodet (co-auteur d’un film-portrait consacré à Michel Delahaye : Le Carré de la fortune) ont pris l’initiative originale d’organiser une manifestation à Beaubourg, qu’ils ont baptisé : « La Dernière Major ! » Le principe, en gros, fut d’inviter une bonne vingtaine de personnalités hétéroclites de notre cinéma national (et à peu près autant officiant dans le domaine du spectacle « vivant ») – un chouia « branché » : c’est-à-dire, plus ou moins « confidentiel » ou « exigeant », en leur demandant de soumettre une lecture « personnelle » du cinéma français depuis cent ans, par tranches de dix ans – avec toutefois pas mal de libertés. Entre autres exemples : Luc Moullet a été convié à commenter la carrière de Marcel Lévesque (des films de Feuillade aux derniers Guitry), Jean-Pierre Mocky à « actualiser » le scénario de Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker, ou encore Marie-Claude Treilhou d’expliciter son attachement au cinéma de Marcel Pagnol. Dans ce même cadre, les spectateurs parisiens auront pu assister à une surprenante, sinon hallucinante, « performance ». Je ne parle pas de l’épatante prestation de Christophe Bier : accompagné de « son fils », ils se sont livrés à un panorama du cinéma érotique français des années 40 à nos jours, sous la forme d’un numéro de cabaret d’antan (joué, chanté et… illustré), de « très bonne tenue », si je puis dire – en tout cas, très chaleureusement accueilli !
Plus « sidérante » encore, le lendemain soir, pour le « troisième tableau » de la « cinquième journée » comme indiqué dans le programme, il y eut donc la « proposition » de l’historien et critique Noël Herpe (Positif, Vertigo), qui s’est chargé d’un « démontage », en direct, devant un parterre d’environ une soixantaine de spectateurs au sous-sol du musée – et une petite vingtaine de badauds, en haut, derrière la balustrade du rez-de-chaussée de l’établissement – du célèbre article de François Truffaut : « Une certaine tendance du cinéma français », publié en 1954, dans les Cahiers du Cinéma. Sidérante, pour ne pas dire ahurissante, tant il est encore difficile de trancher entre sa modernité… et sa veulerie !

Buster a dit…

Et la suite du début...

Il faut donc décrire le « dispositif » de cette expérience : une table de fortune pour trois personnes, recouverte d’un drap noir, trois chaises, trois micros à main sans fil. Deux comédiens assis sur la gauche de la « scène » (ou du « site », si l’on préfère), sans décor artificiel, excepté celui de l’espace « naturel » : les ascenseurs aux portes vitrées dans le fond, qui n’apportent rien à la situation, ajoutons par précaution « dramaturgique ». Il reste une chaise libre : l’ « expert » ayant choisi de se tenir debout sur la droite de la table (côté cour), légèrement en avant, de sorte que les comédiens-lecteurs se substituent à l’auteur de l’article polémique, et l’intervenant invité devenant le « réparateur historique » (apportant rectifications et précisions factuelles ou critiques) ; la table dessinant alors une barrière entre les deux parties opposées. Ou, si l’on veut une métaphore pour illustrer cette scénographie, il faut se figurer un professeur au pupitre d’un élève.
Le statut hybride de la « proposition » doit être soulignée, car il autorise le doute qui peut encore subsister. Rappelons l’identité des deux comédiens sollicités pour lire l’article. Une femme : Eva Ionesco (actrice, entre autres, des récents Crime, de Vincent Ostria et de La Famille Wolberg, d’Axelle Ropert), et un homme, Lou Castel, jadis « jeune premier » (on dirait aujourd’hui « espoir ») dans le cinéma européen des années 60-70, qui se relayaient pour lire à haute – et inintelligible – voix le long article du célèbre réalisateur, ponctué par les interventions, intempestives, du conférencier. Cette « performance », de même que celle de la veille et les autres sessions (ou « tableaux »), a été filmée en vidéo numérique. A ce titre, on peut pencher pour une « modernité cinématographique » : dispositif, « site », minimalisme, moyens de techniques actuels, incertitude sur la nature du projet. Ou encore, si on ne s’en tient qu’aux patronymes, et ce qu’ils évoquent spontanément. D’abord « Ionesco » et le théâtre de l’absurde, même si a posteriori on apprend qu’Eva n’a pas de rapport filial direct avec Eugène, mais cependant avec Irina, sa mère : la « sulfureuse » photographe contemporaine. Puis, Lou Castel et les films d’auteurs : Bellochio, Fassbinder, Jacquot, Ruiz, Bonello, etc. Et, bien évidemment, Truffaut et la Nouvelle vague. Indécidabilité encore, de l’ « expérience » : était-ce une « conférence jouée » (sur le même principe que le spectacle de la veille), ou bien un exposé « sérieux et documenté » d’un chercheur ? un cours universitaire ou un « happening » ? un exercice critique ou une représentation théâtrale ? de l’histoire ou du divertissement ? de la pédagogie ou du révisionnisme ? une correction de copie ou une sinistre fanfaronnade ? de l’improvisation ou une mise en scène contrôlée, et par qui ? de l’humour ou une fumisterie ? du premier degré ou du quatrième, voire cinquième degré ? de l’audace réelle ou de la stupide inconscience ?

antoine doinel a dit…

mais il est très bien ce texte. comprends pas qu’il donne des boutons à tout le monde. pourquoi on l’a pas dans sa totalité ?

Buster a dit…

Des boutons? Pas des boutons de fièvre en tout cas puisque ce texte se veut "anti-herpétique", hé hé... "vague-ciné" contre l’Herpe (même si un tel vague-saint, prêchant la parole truffaldienne, n’existe pas vraiment)

Anonyme a dit…

C'est amusant, ce débat. Il suffit que quelqu'un ose toucher si peu que ce soit à une "vache sacrée" de l'Académie française du cinéma (et qui l'est mieux que Truffaut ?) pour que les gardiens du temple comme Albin crient au blasphème !!!

Ed(isdead) a dit…

Cette petite "affaire Herpe" confirme en effet qu'il existe en matière d'écrits sur le cinéma deux textes sacrés que certains nous demandent de ne pas toucher, ni même de tenter de nuancer : celui de Truffaut en question et celui de Rivette sur Kapo (et son extension Daney).
Je ne sais pas ce qu'a dit Herpe mais j'ai vu quelque part qu'il avait annoncé son intervention avec humour en parlant d'une "petite leçon d'anti-truffaldisme primaire"...
Tout cela me fait penser en fait à la réaction indignée de JM Frodon, il y a 4/5 ans, suite à la publication dans Positif d'un texte sur Kapo, texte qui était pourtant loin de dénigrer Rivette mais qui apportait, dvd à l'appui, quelques précisions sur le fameux travelling etc...

Anne Indies a dit…

Je suis d'accord et le répète : tout en étant plutôt en désaccord avec Herpe, je trouve l'indignation d'Albin tout à fait ridicule. C'est notamment à force de faire de Truffaut un sanctuaire intouchable que l'on oublie de revoir ses films. Tout le monde croit le connaître mais il reste finalement assez méconnu, réduit à quelques clichés par ses défenseurs autant que par ses détracteurs. Il faut relire le texte de Daney sur La Femme d'à côté, sur le côté Dr Jeckyll et Mr Hyde de Truffaut. Et revoir : Les mistons, Tirez sur le pianiste, Jules et Jim, La peau douce, Baisers volés, Les deux anglaises, La chambre verte, L'homme qui aimait les femmes et quelques autres.

Anonyme a dit…

Sans doute. Mais d'abord il faudrait revoir "Jeux interdits", "Monsieur Ripois", "Occupe-toi d'Amélie", "Miquette et sa mère", "Avant le déluge" ou "Pattes blanches"... plutôt que de répéter béatement les approximations truffaldiennes au sujet de ces excellents films.

Anne Indies a dit…

J'ai vu 4 des 6 films que vous citez et n'en aime que deux : Monsieur Ripois et Pattes blanches. Jeux Interdits a bien vieilli. Quant à Occupe-toi d'Amélie c'est insupportable de fausse virtuosité et de cabotinage.

Anonyme a dit…

Nous sommes nombreux à trouver cette "Amélie" brillantissime ! En tout cas elle infirme complètement les théories de Truffaut sur Aurenche et Bost comme littérateurs honteux : il s'y développe au contraire une véritable réflexion (saluée en son temps par Bazin) sur ce que peut le cinéma à partir du théâtre.