vendredi 1 octobre 2010

La dernière major

Ah, ça va nous changer un peu...

A Beaubourg du 4 au 14 novembre 2010 (dans le cadre des rendez-vous du Forum): Une proposition de Serge Bozon, en collaboration avec Pascale Bodet.

Au lieu des éternels "X travaille la question de l'identité sexuelle", "Y interroge la notion d'exil", "Z questionne le rapport aux images publicitaires", etc. (comme si tout artiste contemporain se devait d'abord d'être un para-philosophe), nous souhaitons axer notre occupation sur le travail artisanal de cinéastes commerciaux (à savoir ceux dont les films sortent ou sortaient en salles, ce qui exclut d'office les vidéastes, plasticiens, etc.). Le slogan de Robocop était: "50% homme, 50% robot - 100% flic". Celui de La dernière Major pourrait être: "0% art contemporain, 0% sciences humaines, 0% transversalisme - 100% cinéma".

L'exclusivité en jeu n'aura rien de patrimoniale, car il ne s'agit pas de demander à des historiens de parler de films, à des critiques de discuter avec tel ou tel auteur de films... Non, il s'agit dans l'idéal de poser à chaque fois une question artisanale à un cinéaste français contemporain, en relation à la réponse d'un ancien cinéaste français à cette même question. Question artisanale, à savoir: question de direction d'acteur, d'étalonnage, de prise de son, de technique d'animation, de technique de production, de choix de pellicule, d'écriture de gags, etc. Et la réponse du cinéaste contemporain à cette question artisanale ne prendra pas la forme d'une conférence magistrale, mais d'un exercice pratique, d'une intervention, performance si on veut, et conduira parfois à un spectacle en soirée. Nous avons en effet découvert par hasard en travaillant sur ce programme que tous les cinéastes choisis sont aussi des acteurs. En un mot: 100 ans de cinéma français revus et interprétés à la loupe de l'artisanat présent.

Enfin, comme risque artisanal propre accompagnant cette traversée d'un siècle, le tournage en dix jours, dans les coulisses des interventions-spectacles, d'un film de Serge Bozon écrit par Axelle Ropert, l'Imprésario, l'histoire d'un coup de foudre entre une journaliste et un imprésario qu'elle vient interviewer. Ce principe fictionnel permettra d'intégrer au montage des captures des activités quotidiennes, réactions du public incluses, tout invité se retrouvant, dans la fiction, managé par l'imprésario en question, et donc acteur du film.

Programme général:

Il y aura des choses différentes tous les jours, mais aussi des choses identiques.
Commençons par les secondes.
Tous les matins, pour commencer la journée, lecture chantée du programme de la journée à venir et de l'épisode de l'Imprésario de la veille, par Benjamin Esdraffo au synthétiseur.
Tous les soirs, pour finir la journée, mini-soirée musicale (set DJ) par Serge Bozon.
Tous les jours, entre et pendant les activités ponctuelles et uniques: des répétitions de la pièce de théâtre, des performances à venir, et tournage de l'Imprésario.
Les activités ponctuelles sont groupées chaque jour en deux, trois ou quatre tableaux, d'une durée variable, un le matin, un ou deux l'après-midi, un le soir.
Quelques principes scénographiques: l'espace du sous-sol, notamment en soirée pour les spectacles vivants, mais aussi en journée pour les répétitions, sera ouvert comme un hall, sans principe de scène ou de cloisonnement quelconque; des éléments de décor (en particulier pour la pièce de théâtre) resteront en permanence sur place; la salle noire du préau sera modulée selon les interventions.

Première journée:
4 novembre - Première décennie: 1910-1920

Premier tableau: Cohl/Sattouf
Nous demandons à Riad Sattouf de choisir des films d'Emile Cohl et d'en fabriquer la bande-son (dialoguée). Sattouf présentera l'ensemble au public, présentation accompagnée de dessins en direct, réinterprétations contemporaines de motifs de Cohl.

Deuxième tableau: Durand/Salvador
Nous demandons à Thomas Salvador de choisir des films de Jean Durand. Thomas Salvador fait une intervention autour de la sélection choisie, centrée sur la question du mime et du burlesque, sous la forme d'une alternance de projections de courts métrages (de Jean Durand) et d'intermèdes (de Thomas Salvador): petits films inédits inspirés par Durand et cascades solitaires en direct.

Deuxième journée:
5 novembre - Deuxième décennie: 1920-1930

Premier tableau: Feuillade/de Van
A partir d'extraits des Vampires de Feuillade et des Vampires de Freda, nous demandons à Marina de Van de préparer une intervention sur la question des effets spéciaux du point de vue de la transformation des visages féminins: fusion laideur/beauté, jeunesse/vieillesse, etc. (cf. son dernier film Ne te retourne pas). Rappelons que dans le film (en noir et blanc) de Freda, les transformations de la belle aristocrate en vieille femme furent réalisées au tournage, sans interruption du jeu d'acteur, par un système d'éclairages chromatiques (conçu par Mario Bava, le directeur de la photo) qui permettait, en plaçant en direct des filtres de couleur sur des projecteurs, de faire progressivement apparaître un maquillage (de vieillissement) invisible sans ces filtres.

Deuxième tableau: Lévesque/Moullet
Nous demandons à Luc Moullet de s'intéresser à Marcel Lévesque comme acteur burlesque, de Feuillade à Renoir, et d'illustrer son propos par des extraits de films.

Troisième tableau: Painlevé/Ruiz
Nous demandons à Raoul Ruiz de faire une sélection de films de Painlevé qui, tels la Pieuvre, sont au croisement du film scientifique et du surréalisme, et de préparer une intervention du point de vue de son propre rapport au cinéma scientifique dans ses fictions les plus animalement échevelées, typiquement Colloque de chiens. En compagnie d'un éthologue, Raoul Ruiz présente au public le moyen métrage qu'il a réalisé pour l'occasion. C'est une revisitation de Painlevé avec un chat, un poisson et un poisson-chat, qui répond à la question: "l'hybridation permet-elle de résoudre la guerre des espèces"?

Troisième journée:
6 novembre - Troisième décennie: 1930-1940

Premier tableau: Grémillon/Vecchiali
Nous demandons à Paul Vecchiali de choisir ses scènes fétiches des films de Jean Grémillon et de préparer une intervention du point de vue de ses propres films, y compris les plus récents, plus précisément sur la question du rapport entre la mise en scène et le "don des larmes". Après son intervention, un film inédit de Vecchiali, les Gens d'en bas, sera projeté au public.

Deuxième tableau: Eric (et Ramzy) von Stroheim
(Eric et Ramzy ont utilisé Beaubourg comme décor dans Seuls two, le premier film qu'ils ont réalisé.) Nous leur demandons de commenter et d'analyser en direct des extraits de films de et avec Eric von Stroheim, avec une insistance particulière sur les chauves, les métèques, le Front Populaire et le rapport entre innocence et perversité.

Troisième tableau: Carlotti/Léon/Esdraffo/Fréhel/Damia/Gabin...
Nous demandons à Barbara Carlotti, Benjamin Esdraffo et Vladimir Léon de faire une conférence chantée sur la chanson dans le cinéma français des années 30.

Quatrième journée:
7 novembre - Quatrième décennie: 1930-1940

Premier tableau: Jouvet/Féret
René Féret étant le seul cinéaste français dont l'auto-gestion est totale (il est son propre producteur et distributeur, sa femme est sa monteuse et ses enfants ses acteurs...), nous lui demandons d'ouvrir son intervention par un petit manuel d'auto-gestion à l'intention des cinéastes en herbe. Ensuite, il intervient sur le jeu d'acteurs à partir de Elvire Jouvet 40 (Jacquot) et en présence du couple (Nicolas Giraud/Salomé Stévenin) de son avant-dernier film (Comme une étoile dans la nuit), plus précisément sur le rapport entre théâtralité et timidité, élan et pudeur, libérer un acteur et piéger un acteur.

Deuxième tableau: Pagnol/Treilhou
Pour commencer, une projection de Il était une fois la télé de Marie-Claude Treilhou, puis nous demandons à Marie-Claude Treilhou de préparer une intervention sur Pagnol, plus précisément sur les monologues chez Pagnol, du point de vue des monologues de ses propres films.

Troisième tableau: Leenhardt/Videau
Nous demandons à Frédéric Videau de choisir une scène des Dernières vacances de Roger Leenhardt et de préparer une intervention sur la question des premières ou dernières vacances comme source de fiction. Videau part de la chanson "Pourquoi rien n'est sublime?", interprété en direct par Florent Marchet, pour y répondre en passant, entre autres, par les thèmes suivants: adolescence en province estivale, fils de prolétaire, sécher l'école ou être collé le samedi, l'absence précoce d'espoir et le recommencement des rentrées scolaires.

Quatrième tableau: Bier/Fugu
Nous demandons à Fugu, dans le rôle du chanteur pop, et à Christophe Bier, dans le rôle de bonimenteur grimaçant, de concevoir un spectacle musical sur les films sexy de la fin des années 40, avec extraits, chansons et diatribes du Monsieur Loyal de service.

Cinquième journée:
8 novembre - Cinquième décennie: 1950-1960

Premier tableau: Steiner/Mocky/Becker
Kurt Steiner, de son vrai nom André Ruellan, fut scénariste de Mocky et de Jessua, écrivain au "Fleuve Noir", auteur de nombreux romans de science-fiction, membre du groupe Panique. Nous lui demandons d'intervenir avec Mocky autour de Touchez pas au grisbi de Jacques Becker sur la question du polar français. Plus précisément, il s'agit de savoir comment Ruellan aurait écrit le scénario de Touchez pas au grisbi et comment Mocky l'aurait tourné.

Deuxième tableau: Willem/Film surprise
Sur le modèle de ses Aventures de l'art (édité chez Cornélius), nous demandons à Willem de s'inspirer d'un film surprise (une comédie années 50), i.e. de faire des planches inspirées par le film qui sera diffusé en direct. Plus exactement, il y aura trois écrans: un écran diffusant le film de Carbonnaux, un écran diffusant les dessins de Willem, un troisième écran diffusant le film ainsi redessiné ou caricaturé en direct par Willem (grâce à un mélangeur).

Troisième tableau: Truffaut/Castel/Ionesco/Herpe
Lou Castel et Eva Ionesco lisent et jouent le texte fondateur de François Truffaut ("Contre une certaine tendance du cinéma français"), auquel Noël Herpe répond en direct. Un ingénieur du son et un perchman les dirigent. Disons qu'il s'agit aussi de traiter des questions de prise de son.

Sixième journée:
10 novembre - Sixième décennie: 1960-1970

Premier tableau: Rohmer/Glissant
Nous demandons à Djibril Glissant d'intervenir, à partir de Nadja à Paris d'Eric Rohmer, sur la question du rapport entre "ligne claire" et "films à règles". Le cinéma ne peut filmer directement ce qui agite la tête des personnages, mais juste leurs actions. Les cinéastes de la ligne claire font de cette impossibilité une vertu en accentuant cet effet de surface: refus du jeu à tourments (de type Actor's Studio); cadres fixes; absence de musique d'accompagnement; littéralité généralisée, etc. Or une des manières les plus simples d'obtenir cette accentuation est de concevoir un film uniquement à partir de règles choisies au préalable. De Rohmer à Greg Mottola, en passant par Gilles Marchand, Wes Anderson, Philippe Ramos, Emmanuel Mouret et ses propres films, Glissant proposera un parcours en ligne claire et réglée intitulé: "Qui tire les fils?".

Deuxième tableau: Godard/Arane
Pour les Carabiniers, Godard et Coutard ont travaillé de manière sophistiquée la lumière pour obtenir une image sale et archaïque. A la sortie, le film a été attaqué pour son indigence technique. Godard a répondu à ses attaques par un texte purement technique paru dans les Cahiers. Lors de la préparation de la France, les Laboratoires Arane nous ont montré des essais de travaux sur internégatif faits pour les Amours d'Astrée et de Céladon (Rohmer) en vue d'obtenir une image moins définie et plus douce que celles des pellicules 35mm actuelles, essais non retenus car trop coûteux. Nous demandons à un technicien d'Arane de préparer, en partant des Carabiniers, une intervention, avec moult projections (35mm) de différents travaux (de laboratoire) sur la lumière, du seul point de vue des tentatives pour "imperfectionner" l'image.

Troisième tableau: Möör/Burgalat/Chambert/Berto
Nous demandons à Bertrand Burgalat de concevoir avec Marie Möör et Laurent Chambert un spectacle-installation autour de Juliet Berto dans l'esprit des spectacles "Rose et noir".

Septième journée:
11 novembre - Septième décennie: 1970-1980

Premier tableau: Arrietta/Desprairies
Nous demandons à Julie Desprairies et à Adolpho Arrietta de concevoir une performance parlée-dansée autour de la vie et l'œuvre d'Arrietta.

Deuxième tableau: Eustache/Rouch/Ollier/Théâtre
Dans l'espace ouvert, nous mettons en scène, comme une pièce de théâtre (mais sans scène, avec les spectateurs au milieu), un scénario inédit et incomplet de Jean Eustache, La soirée, en le complétant par des emprunts à Jean Rouch (Gare du Nord) et à Claude Ollier (texte sur Gare du Nord). C'est l'histoire d'une soirée entre cinéphiles à Paris, où un jeune critique se fait humilier après la parution de son premier grand texte.

Troisième tableau: Blain/Dorian Pimpernel
Nous demandons au groupe Dorian Pimpernel de concevoir un spectacle autour du lien unissant les librairies musicales de la fin des années 60 et certains compositeurs français de BO du début des années 70, en partant des films de Gérard Blain et du cinéma bis français.

Huitième journée:
12 novembre - Huitième décennie: 1980-1990

Premier tableau: Fitoussi/Bouvet
Nous demandons à Jean-Christophe Bouvet et à Jean-Charles Fitoussi, à partir d'un making-of inédit de Bouvet sur le tournage de Loin de Manhattan et d'un film inédit de Bouvet sur Biette, d'intervenir sur la question des pauses de tournage (attente de la lumière ou de l'inspiration, italiennes entre acteurs, etc.). Fitoussi présentera des petits films inédits sur cette question de la pause, avec Bouvet comme acteur.

Deuxième tableau: Rosette/Thévenet/Perrin
Nous demandons à trois cinéastes ayant marqué les années 80 (Rosette, Virginie Thévenet, Laurent Perrin), dans lesquelles ils ont débuté, de préparer chacun un manifeste (auto-présentation militante) sur ce qu'ils voulaient faire à l'époque et sur ce qu'ils veulent faire maintenant, double manifeste qu'ils présenteront à tour de rôle: rap-manifeste (en duo avec Joanna Preiss) pour Thévenet pendant une intervention sur "le casting de garçons en ascenseur" avec Arielle Dombasle en diva du sous-sol; chanson-manifeste pour Rosette et baryton avant la projection du dernier opus, inédit, de la série des Rosette (seule réponse existante à la série des Histoire(s) du Cinéma de Godard); Tout dégringole, film manifeste inédit pour Laurent Perrin, accompagné de musiciens adolescents.

Troisième tableau: Brecht/Biette/Léon/Esdraffo
En première partie: Notre Brecht, un film sans pellicule, mais avec musique, autour de Brecht et le cinéma français, par Pierre Léon et Benjamin Esdraffo. Puis projection en avant-première du dernier film de Pierre Léon, un documentaire sur Jean-Claude Biette.

Neuvième journée:
13 novembre - Neuvième décennie: 1990-2000

Premier tableau: Dietschy/Sérénade
Vincent Dietschy a réalisé à 24 ans un premier long-métrage, Clarisse. Le producteur a (pour simplifier) altéré violemment le montage prévu. Un procès s'en est suivi, que Dietschy a gagné, avec comme choix, soit de récupérer le final-cut, soit de le céder au bénéfice d'une importante somme d'argent. Il a choisi l'argent, avec lequel il a fondé la société de production Sérénade et produit les premiers projets de Moll, Bardinet, Cantet, Marchand, etc. Il s'agirait de projeter un extrait de ce film invisible et de demander à Dietschy une intervention, du point de vue d'un réalisateur-producteur, sur la production dans le cinéma français, plus précisément sur le passage d'unités de production indépendantes à des unités moins autonomes, avec comme point de départ la question du choix des acteurs (dans le financement des films).

Deuxième tableau: Faucon/Yasmina Nini-Faucon
Nous envoyons à l'avance dix questions autour de la question du cinéma social: documentation préalable, travail du scénario, choix des acteurs amateurs, etc. Philippe Faucon et sa femme y répondent et présentent des courts inédits (réalisés ou choisis par eux, en écho à leurs réponses).

Troisième tableau: Mazuy/Dory/Harari/Georges/Tillon
Nous envoyons à Patricia Mazuy des films des "jeunes" cinéastes cités. Un extrait de chaque film est montré au public. Mazuy en parle et chaque cinéaste lui répond en direct.

Dixième journée:
14 novembre - Dixième décennie: 2000-2010

Premier tableau: Larrieu/Figuration
Nous demandons aux Larrieu d'intervenir sur la question de la figuration, plus exactement sur la mise en scène des foules, en partant de leur dernier film, mais aussi de la Marseillaise, The big trail, Week-end, etc. Ils seront dans le public, avec leur assistant, leur directeur de production, leur régisseuse et une figurante pour traiter, preuves à l'appui, de "Vie et Mort de la figuration dans les Derniers jours du monde".

Deuxième tableau: Scialom/Godard/Nemec
A partir de Lettre à la prison, son film-fantôme (tourné en 1969, sorti en 2009), nous demandons à Marc Scialom d'intervenir sur ses deux influences principales (Godard et Nemec) autour du rapport ethnographie vs fiction, film essai vs film social, surréalisme vs réalisme.

Troisième tableau: Science-fiction française/Kreuter
Nous demandons à Emmanuel Levaufre de présenter sa théorie sur la renaissance contemporaine de la science-fiction française (Steak, Rubber, le Roi de l'évasion, 57000 km entre nous, les Derniers jours du monde, la Possibilité d'une île...), puis à Delphine Kreuter, réalisatrice de 57000 km entre nous, de diriger en direct depuis Dubaï, où elle vit et travaille, Emmanuel Levaufre comme acteur-cobaye dans des scènes de science-fiction non retenues dans son film, ou qu'elle aurait pu pousser plus loin, ou dont elle aurait eu l'idée depuis le tournage. Kreuter dirige Levaufre par téléphone.

Quatrième tableau: Haussmann Tree/Critiques/Auto-critique
Alors que Narboni, Eisenschitz, Rollet, Moullet, Tessé, Lalanne, Azoury, Mandelbaum, Rauger, Herpe, Morice font leur auto-critique à la Wakamatsu (United red army), du point de vue de la critique (de cinéma), Haussmann Tree se lance dans des ponctuations instrumentales pendant les pauses entre les auto-critiques. Quand les critiques sont tous à terre, Haussmann Tree interprète le morceau ainsi construit progressivement.

9 commentaires:

Griffe a dit…

Le seul tableau qui m'excite, c'est celui qui confronte Pagnol et Treilhou. Pour le reste, ça me paraît surtout très frivole. Qu'est-ce qui vous intéresse particulièrement, vous, dans ce programme ?

Buster a dit…

Pourquoi frivole? Parce qu’il y manque Straub? Ou Rivette? Ou tout simplement parce que c’est Bozon... Et qu’on prend pour de la frivolité ce qui n’est que la volonté d’échapper à la solennité qui généralement caractérise ce genre de manifestation. C’est sûr que vu comme ça, cela paraît assez hétéroclite (ce que certains prendront immanquablement pour de l’esbroufe - toujours le même refrain – moi j’y vois surtout de l'enthousiasme et de la générosité), c’est vrai qu’il y aura des ratés, puisque ça se passera en direct, mais l’expérience (le cinéma sous son aspect artisanal), assez risquée finalement, est suffisamment originale pour qu’on se garde des jugements a priori.
Pagnol/Treilhou, oui bien sûr, mais j’attends aussi beaucoup de Lévesque/Moullet, Painlevé/Ruiz, Grémillon/Vecchiali, Becker/Steiner/Mocky, Rohmer/Glissant, Arrieta/Desprairies... sans compter les interventions de Dietschy, Mazuy ou encore Scialom et puis tous ces films que l'on découvrira, qu’il s’agisse de raretés ou du Biette de Léon...

Anonyme a dit…

Sans être une fan du cinéma de Bozon – j’ai bien aimé « Mods », beaucoup moins « La France » –je suis d’accord avec vous. Attendons de voir avant de juger. Sur l’ensemble, qui fait un peu grand numéro de cirque, il y aura forcémement des trucs réussis et des trucs ratés. Mais c’est quand même alléchant. Bozon semble avoir réuni tout ce qu’il aime.

Au passage, bravo pour votre blog que je lis régulièrement.

Griffe a dit…

Non, je n'ai pas du tout pensé à Straub ou Rivette, ni n'ai pensé "esbroufe !" en lisant ce programme. J'y ai seulement vu la promesse de quelque chose que dissimule souvent l'apparente frivolité, quelque chose au fond de très solennel.

Buster a dit…

Merci Anonyme pour les fleurs...
Bozon semble en effet avoir réuni l'essentiel de ce qu'il aime. Il en manque quand même quelques uns, à commencer par Zucca....

Griffe, nos deux visions s'opposent radicalement, ce qui à vrai dire ne m'étonne pas.
RV après "le spectacle"...

monkees - business ;-] a dit…

Après la Nuit excentrique (à la Cinémathèque), les Marathons séries Télé (au Forum des Images) : les Lettrés font leurs Performances Branchées... à Beaubourg !

- Riad Sattouf ?
- Freda / Marina de Van ?
- Eric (et Ramzy) von Stroheim ?!!
- Frédéric Videau
- Christophe Bier
- Mocky
- Willem
- Rosette, etc.

Mais, il est totalement "déviant", ce programme !-] Donc, ça m'intéresse !-D

Allez, je crois que je vais me laisser tenter !-]

Buster a dit…

Bonne idée... (Père Delauche?)

who's who ?-] a dit…

(yep !-]

Tiens, pendant qu'on y est : le "nous" de la plaquette de présentation (le billet du jour, quoi !-], c'est qui au juste ?-]

Buster a dit…

Bah "nous" c'est "eux", Serge Bozon et Pascale Bodet qui ont conçu le programme.