samedi 10 juillet 2010

Verbatim

Des écoutes enregistrées, je le rappelle, clandestinement par le maître d’hôtel de Liliane Bettencourt lors de réunions d’affaires et remises à la justice, via Françoise Bettencourt, la fille de Liliane (dans le cadre du procès de François-Marie Banier qu’elle accuse d’abus de faiblesse sur sa mère), et publiées (en partie) par Mediapart sur son site, j’ai pas tout compris... Il ressort néanmoins que l’héritière de L’Oréal, elle non plus, ne semble pas comprendre grand-chose aux différentes opérations montées ici et là avec son argent (au point qu'on se demande si l'accusation d'abus de faiblesse ne pourrait pas être élargie à d'autres personnes que Banier), et que si l’action d’Eric Woerth en tant que trésorier de l’UMP n'apparaît pas très catholique, comme dirait le père Frêche, sa bienveillance vis-à-vis de Liliane Bettencourt en tant que ministre du Budget reste, elle, à prouver (que sa femme ait travaillé pour Bettencourt pose le problème du conflit d'intérêts mais ne prouve pas qu'il a fermé les yeux sur d'éventuelles fraudes fiscales), vu tous les micmacs auxquels s’est livré Patrice de Maistre, le conseiller financier de Bettencourt, pour dissimuler certains avoirs (une île aux Seychelles, un compte en Suisse de 65 millions d'euros, etc.) au fisc, surtout depuis que celui-ci, sous l'impulsion de Woerth justement, cherche à traquer les fraudeurs. C'est pas joli joli, d'accord, mais au-delà de tout ça qu'est-ce qu'on apprend? Rien, sinon que les hautes sphères du pouvoir, Elysée compris, et les grosses fortunes, c'est copains comme cochons. Tu parles d'un scoop...
Certes, la ligne de défense adoptée par l'UMP pour sauver (à tout prix, ce qui ne peut être que suspect) le soldat Woerth est consternante de bêtise, c'est toujours la même rengaine sur le rôle néfaste de la presse qui, dans sa frénésie à sortir le plus vite possible des infos à peine recoupées - scoop oblige -, fait le jeu du FN et, plus généralement, du populisme le plus rance (ce qui n'est pas entièrement faux, soit dit en passant), mais c'est aussi parce que c'est toujours la même histoire, celle du financement occulte, pour ne pas dire illégal, des partis politiques et de certaines campagnes électorales (tout bord confondu, est-ce pour cela que l'opposition parlementaire se fait si discrète?), un truc qui existe depuis... que les partis existent? (en tous les cas depuis que je suis en âge de voter, est-ce pour cela que je ne vote plus?), un peu comme le dopage dans le sport, de sorte qu'en le dénonçant on vise moins à rétablir un peu de morale dans la vie politique (puisque rien n'y fait) qu'à épingler, à travers ce genre de pratique, celui qui à un moment donné, tel Woerth aujourd'hui, apparaît comme une cible privilégiée, sinon un symbole, dans la lutte, plus large, que l'on mène contre un système, ici le sarkozysme. Autant dire que si le combat est légitime, les méthodes, elles, laissent souvent à désirer...

Rien à voir (quoique, la Fédération française de football c'est aussi une vieille dame richissime - la plus riche des fédés - qui dépense son argent sans trop se poser de questions), mais l’interview de William Gallas dans les Inrocks, c’est du pipeau. La vérité, mon œil, c'est le même blabla que celui d'Evra. Et pas la moindre trace d’autocritique. Le seul responsable du fiasco de l'équipe de France c'est Domenech. Ben voyons.

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