vendredi 2 juillet 2010

No comment (2)














The wrong man d'Alfred Hitchcock (1957). [photo: Robert Burks]

On peut voir sur le blog de Francisco Algarín Navarro, ainsi que sur le site Lumière (rubrique "Cannes 2010" rédigée par Fernando Ganzo), deux photogrammes qui se font écho: l'un est extrait de Marnie d'Hitchcock, l'autre de Film socialisme de Godard... En fait ces deux photogrammes ont en commun un troisième, plus ancien, extrait d'un autre film d'Hitchcock, The wrong man, "le plus beau film kafkaïen de l'histoire du cinéma" selon Lourcelles, un film à propos duquel Godard lui-même écrivait: "Chaque plan décisif de The wrong man (...) a son répondant, son double, qui le justifie sur le plan de l'anecdote en même temps qu'il en redouble l'intensité sur le plan dramatique." (Jean-Luc Godard, "Le cinéma et son double", Cahiers du cinéma n°72, juin 1957). Coïncidences fatales? A l'image de ce plan de paquebot bouchant l'horizon, métaphore de la culpabilité et/ou de la névrose dans les deux films d'Hitchcock, faut-il voir celui, presque identique, qui traverse furtivement le dernier Godard, comme le symbole redoublé d'un monde indéchiffrable, labyrinthe inextricable de signes, auquel on croit accéder, virtuellement (via les images), mais dont on reste plus que jamais étranger?

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