lundi 21 juin 2010

Vuvuzela

Retour des Açores où j'ai passé dix jours loin de tout... sauf du foot. Impossible d’y échapper, surtout avec les voileux. Non pas qu’ils s’intéressent au foot, mais parce qu’ils s’ennuient tellement lorsqu’ils sont à quai, attendant généralement la fin de la journée pour aller boire un coup au bar du coin (ceux qui connaissent le Peter’s café à Horta savent de quoi je parle), s’enfilant des bières les unes après les autres jusqu’au petit matin, avant de retourner sur leur bateau, complètement déchirés, pour ne réémerger que tard le lendemain, habituellement vers midi, la tête dans la sac..., donc s’ennuyant tellement, et moi avec, que j’étais finalement bien content, le soir venu, de pouvoir regarder quelques matches à la télé. Bon évidemment, pas ceux avec l'équipe de France, car de cette équipe il y a bien longtemps que je n'attends plus rien. D’Escalettes, le nullissime président de la fédé, à Domenech, le plus incompétent des sélectionneurs (quoique lui, il m’a toujours fait marrer, même aujourd’hui, à la différence de ses prédécesseurs), en passant par toute une pléiade de joueurs, talentueux certes, mais d'une insupportable prétention et surtout cons comme des balais (mention spéciale à Evra, Gallas, Ribéry et Anelka), le foot français a aujourd'hui touché le fond, atteignant son plus bas niveau depuis quarante ans (j'y ajouterais bien quelques médias, tel L'Equipe, un torchon que je ne lis plus depuis longtemps, mais dont on voit, à la seule lecture de ses "unes", qu'il s'apparente de plus en plus à un vulgaire tabloïd). Bref, s’il fallait garder quelques joueurs dans cette équipe, je citerais volontiers Lloris, Diaby, Gourcuff (arrivé en Afrique du Sud totalement rincé et que personne n’a été capable de remettre en selle), quelques autres encore (qui ne jouent pas, comme Squillaci), mais bon, pas de quoi espérer une qualification-miracle dans deux jours (il y a plus de chances que l’Uruguay et le Mexique ne fassent pas match nul que la France batte l’Afrique du Sud), car pour les miracles, on a déjà donné avec l'Irlande...
En fait c'est à partir des huitièmes que pour moi commencera vraiment la Coupe du monde, seconde phase la plus spectaculaire de l'épreuve, avec ses matches à élimination directe (finis les calculs), où se confirmera (peut-être) l'impression ressentie jusque-là, à savoir la domination des équipes non européennes (et pas seulement sud-américaines), marquant ainsi la revanche du reste du Monde sur la vieille Europe par rapport au Mondial 2006 où, je le rappelle, il y avait quatre équipes européennes en demi-finales. Car même si la règle veut que la Coupe revienne toujours à un pays européen lorsque l'épreuve est organisée en Europe et à un pays sud-américain lorsqu'elle est organisée hors de l'Europe (seule exception: le Brésil 58, certainement la plus grande équipe jamais alignée), on ne s'attendait pas à voir des pays comme le Paraguay, la Corée du Sud ou encore la Nouvelle-Zélande (pour le Mexique et les Etats-Unis, on n'est pas surpris) rivaliser avec les meilleures nations européennes. Non pas que ces équipes soient particulièrement brillantes mais parce qu'elles se révèlent parfaitement aptes à contrer n'importe quel système de jeu dès l'instant que celui-ci manque de vitesse et/ou d'imagination offensive. Le déclin de l'Europe, c'était un des thèmes du dernier Godard, non?

PS. Faute de nous enthousiasmer sur le terrain, les joueurs de l'équipe de France ont au moins un mérite, celui d'alimenter le buzz médiatique. Après les insultes d'Anelka à l'encontre de Domenech, entraînant son exclusion du groupe, v'là-t'y pas que l'équipe, sous l'impulsion de quelques meneurs, décide de boycotter l'entraînement par solidarité avec Anelka. Ah ah. C'est plus la Coupe du monde, mais Loft story à Knysna. Plus "charlots" tu meurs... Comme dit mon copain Mustapha, si on veut soutenir des joueurs français, autant soutenir l'équipe d'Algérie, composée pour la majorité de joueurs d'origine maghrébine mais nés en France et d'ailleurs ne parlant pas arabe (au passage, les joueurs d'origine arabe, Domenech n'en avait sélectionnés aucun pour ce Mondial). Eux, au moins, ils font preuve d'abnégation et savent mouiller le maillot.

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