lundi 8 mars 2010

Le Virginien


"Dark night of the soul" par David Lynch, musique: Danger Mouse & Sparklehorse, 2009.

Bon bah voilà, Sparklehorse c’est fini, Mark Linkous est mort, l’homme-cheval a rejoint les ténèbres, mais sa musique elle - quatre albums en tout et pour tout, peut-être un cinquième si l'on en croit les rumeurs, et quelques participations ici ou là - continuera d’éclairer le rock, comme elle le faisait depuis quinze ans, c’est-à-dire de l’intérieur, loin des néons médiatiques. J'ai découvert le premier album de Sparklehorse, et son titre imprononçable, Vivadixiesubmarinetransmissionplot (né d’un rêve, paraît-il, dans lequel Linkous se voyait nager en direction d’un sous-marin construit par le fameux général Lee, héros sudiste et virginien comme lui), totalement par hasard, lors d’une soirée euh... disons vitamines, chez des amis musiciens. Bien à côté de mes pompes, j'avais été littéralement happé par la voix de Linkous, cette voix incroyable, tremblante et chuchotante, à la limite parfois de l’extinction, conférant à l’album, à travers ses ballades ("Homecoming queen", "Spirit ditch", "Saturday", "Heart of darkness"...), entrecoupées de morceaux plus rock ("Someday I will treat you good"...), sinon punk, au son très saturé, et d'intermèdes bizarres, faits d'enregistrements divers (bribes de conversations, émissions radio, etc.), avec en fond sonore ce grésillement qui deviendra un peu la marque de fabrique de Sparklehorse, un ton d’autant plus mélancolique que les instruments (la guitare mais aussi le banjo et l'harmonica, comme dans "Cow"), et leur rythmique elle-même lancinante, participent à l'impression d'étrangeté. Une véritable expérience, comme on dit, et d'emblée la certitude que la musique de ce grand dépressif que semblait être Mark Linkous, préférant au star system la vie dans son ranch, près de sa femme et de ses chevaux, surtout de ses chevaux, allait m'accompagner un bon bout de temps... (à suivre)

2 commentaires:

vladimir a dit…

Eh bien, dis-moi, tu n'as pas de chance en ce moment avec tes idoles. Après Rohmer, Sparklehorse...

Buster a dit…

Et encore, je n'ai pas parlé de Patrick Topaloff!