dimanche 14 février 2010

Massive d'attaque


Massive Attack, "Unfinished sympathy", 1991. Premier grand titre du groupe (il est sur l'album Blue lines), célèbre pour le clip qui en a été tiré, long plan-séquence de cinq minutes où l’on suit Shara Nelson marchant dans un quartier de Los Angeles.

Pas vu beaucoup de films nouveaux ces derniers temps, trop fatigué, je préfère rester à la maison, revoir quelques Rohmer, découvrir la série "Mad men" (il n'est jamais trop tard), et surtout écouter des disques. Plutôt des anciens d’ailleurs (de Gainsbourg à Morrissey, en passant par... Chopin!), parce que jusqu’à maintenant 2010 ce n’est pas terrible. Non pas que je trouve tout mauvais, mais comment dire, il y manque à chaque fois l’étincelle, le petit truc qui fait que l’album va rejoindre, plus ou moins vite, la pile des DEB (disques écoutés en boucle) et non le rayon poussiéreux des albums qu’on n’écoute que deux ou trois fois. Soit parce que c’est trop répétitif, comme le dernier Midlake, The courage of others, un piège évidemment, tant le côté lénifiant invite justement à ce type d’écoute (en boucle), mais comme on abuse de sédatifs, il faut donc savoir dire stop, considérer que si "Acts of man" qui ouvre l’album est très beau, le reste semble n’en être que la déclinaison, à la fois ensorceleuse et doucereuse, donc un peu trompeuse; soit parce que c’est trop précieux, comme le nouvel album de Get Well Soon, Vexations, alors que j’avais adoré le premier, mais là, je ne sais pas, le charme n’opère plus, malgré une indéniable montée en puissance dans la progression des morceaux (jusqu’au point d’orgue que réprésente "Angry young man"), ça navigue en permanence entre Sufjan Stevens et Mercury Rev, ce qui ne serait pas déplaisant si Konstantin Gropper ne cédait, lui aussi, comme ces derniers dans leurs albums les plus récents (surtout Mercury Rev), à une certaine grandiloquence.

Cela étant, j’écoute depuis quelques jours Heligoland de Massive Attack. Sans être un fan de trip-hop, j’ai toujours aimé Massive Attack (plus encore que les autres Bristoliens, Portishead ou Tricky qui collabora aux deux premiers albums), peut-être parce que dans le mélange des styles (hip-hop, reggae, dub...), c’est certainement le groupe qui réussit les dosages les plus subtils, recrée les plus belles trames mélodiques, grâce aussi aux voix exceptionnelles dont il s’entoure - Shara Nelson dans Blue lines, Tracey Thorn (Every But The Girl) dans Protection, Liz Fraser (Cocteau Twins) dans Mezzanine, Sinéad O’Connor dans 100th window (album concocté sans Mushroom ni Daddy G) et le fidèle Horace Andy, présent lui dans tous les albums -, autant de voix sans lesquelles, si l’on excepte le sublime "Weather storm" (Protection) où là, c’est le piano de Craig Armstrong qui fait office de voix, Massive Attack ne serait peut-être qu’un groupe comme les autres. Heligoland, qui voit le retour de Daddy G aux côtés de 3D (ce qui fait dire à certains que l'album renoue avec ses racines noires! quelle connerie!), n’est peut-être pas du niveau des précédents (mais on dit ça à chaque fois, et cette fois plus encore, la déception étant souvent proportionnée à la durée d'attente entre deux albums, ici près de sept ans), c’est en tous les cas, pour le moment, et de loin, le meilleur album entendu cette année. Si je suis un peu réservé concernant Damon Albarn, sauf sur le déchirant "Saturday come slow" où sa voix, fragile et éraillée, s'accorde à merveille avec la guitare acoustique, les nouveaux venus comme Tunde Adebimpe (TV On The Radio), Martina Topley-Bird, l’ex de Tricky, Hope Sandoval (Mazzy Star, Hope Sandoval & The Warm Inventions), sans oublier évidemment Horace Andy (dont l'extraordinaire "Girl I love you" rappelle les plus belles heures du groupe), confèrent à l’ensemble - toutes ces boucles lancinantes de percussions, de cordes et de piano - une puissance émotionnelle que l'on serait bien en peine de trouver chez pas mal de groupes aujourd'hui.


Hum... Et pour finir: le clip sulfureux de "Paradise circus" - un des meilleurs morceaux d'Heligoland, très groovy (c'est Hope Sandoval qui chante) - avec Georgina Spelvin (73 ans), l'immortelle actrice de Devil in Miss Jones, célèbre porno de Gerard Damiano (Deep throat, c'est de lui aussi), qui nous livre ici son témoignage, entrecoupé d'extraits du film. Interdit au moins de 18 ans!

2 commentaires:

Sébastien a dit…

Alors, c'est bien Mad men ?

Buster a dit…

Pas mal du tout, mais j'en parlerai plus tard, pour l'instant je n'ai vu que trois épisodes.