samedi 6 février 2010

[...]

Tiens, comme en ce moment je ne suis pas à prendre avec des pincettes, j’ouvre une nouvelle rubrique - le blablablog - dans laquelle je pourrai dorénavant exprimer ma mauvaise humeur:

C’est quoi le snobisme? C'est dire qu’on a aimé Ne change rien, le dernier Costa, alors qu’on s’y est ennuyé à mourir (ou qu’on ne l’a pas aimé parce que tout le monde - enfin la critique "sérieuse" - l’a aimé), et non que Costa est, comme n'importe quel cinéaste (excepté Rohmer, ah ah...), capable de rater des films. Le snobisme, c'est se pâmer devant une petite chose insignifiante, parce que Costa c’est le big auteur, qu’il pourrait filmer la porte de sa chambre pendant deux heures que ça serait forcément génial (bon là, je reconnais, c'est le genre de phrase qui fait un peu plouc, mais j'ai une excuse, je suis de mauvaise humeur), et non faire la fine bouche parce que la pose auteuriste, déjà pénible en soi, s’accomode mal, sinon pas du tout, des sujets riquiqui. Balibar chanteuse, c’est pas Ingrid Caven, si vous voyez ce que je veux dire, alors se taper en plus les répétitions, les séances d'enregistrement et tout le tintouin, merci bien... Il s’agirait de théâtre, je ne dis pas, mais la chanson, non franchement... je ne sais pas, c’est comme si on suivait la Grande Sophie sur le tournage d'un film... Quoique ce n'est pas vraiment ça le problème. Ce qui me gêne ce n’est pas la minceur du sujet, ni même le maniérisme de la photo (bel écrin noir et blanc), mais la lourdeur du propos, toute cette componction pour nous faire sentir en quoi le processus de création est quelque chose de lent, de répétitif et bien sûr de douloureux... Non pas que je refuse les films qui nous montrent ainsi l'envers du décor, mais que je commence à en avoir marre de cette image archi-convenue de l'artiste au travail, remettant sans cesse l'ouvrage sur le métier, surtout quand c'est filmé comme ici avec un tel sérieux, une telle gravité, que par moments c'en est presque grotesque... Hé oh Pedro, un peu d’humour, que diable!

Et puisqu'on parle de snobisme, pas trop aimé non plus le petit ensemble dans Chronic'art sur le dernier film de Wes Anderson, Fantastic Mr. Fox (qui n'est pas qu'une "jolie maison de poupée", j'y reviendrai) et ce qu'ils appellent le cinéma branché, limité ici, outre Anderson et sans qu'on sache trop pourquoi, à Spike Jonze, Sofia Coppola, Serge Bozon, Axelle Ropert, Quentin Dupieux, Christophe Honoré et Jim Jarmush. Toujours les mêmes clichés: le cinéma chic, les beaux habits, le goût pour la miniature - et l'amalgame qui va avec: miniature = jouet = enfant = petites manies, petit univers, petit bourgeois -, le goût aussi pour les croisements cinéma/musique, plus lounge que véritablement pop, et enfin cette phrase, réservée à Honoré, mais qui placée en exergue vaut pour tous les autres: "Les vrais snobs le savent bien: rien de plus ringard que de vouloir, à ce point, avoir l'air branché". Hum... Outre le fait que l'auteur reconnaît lui-même que parmi ces cinéastes il y en a qu'il apprécie et d'autres qu'il a en horreur, ce qui limite quand même la pertinence de son propos, on notera qu'une telle phrase, lue dans un des magazines les plus ostensiblement branchés que je connaisse, prête à sourire. Comment l'interpréter? Vaine polémique ou auto-dérision?

Où l'on confond snobisme, dandysme et branchitude...

Et puisqu'on parle aussi d'humour, lu dans le même numéro: "R.I.P. Rohmer, allez voir Avatar comme film-hommage; avec des lunettes 3D, le prix de la place équivaudra peu ou prou au budget d'un de ses films". Ça au moins, c'est drôle...

2 commentaires:

asketoner a dit…

Je suis assez d'accord avec ce que vous dîtes de Ne change rien. Le film semble comme handicapé par cette valeur immense que le travail semble représenter pour Costa.

sébastien a dit…

Sans être un fan d’Anderson et cie, je reconnais que le dossier de Chronicart est assez comique, surtout quand on connaît le côté branché de la revue ( ce sont les rois du franglais !)et vu leur suffisance, pas sûr qu’ils pratiquent l’autodérision.