dimanche 10 janvier 2010

Rouge tango


video

Mon journal de voyage [Venezia].

23 commentaires:

SR a dit…

ROHMER ROHMER ROHMER ROHMER.............. (je vais me calmer)

Buster a dit…

Oui Rohmer... le sachant très malade et ne voyant pas le rapport avec la vidéo, j'ai rapidement compris... Pour moi, c'était le plus grand.

SR a dit…

Le plus grand, oui.

Anonyme a dit…

Lu sur Internet : Saluant "la mémoire" d'Eric Rohmer, Nicolas Sarkozy a rendu "hommage au talent et à la vérité d'un grand auteur qui continuera longtemps à nous parler et à nous inspirer".

Ca ne manque pas de sel, je trouve. Surtout l'emploi du verbe "inspirer" : après on va finir par croire que la France de Sarkozy, c'est la faute à Rohmer.

Buster a dit…

C'est vrai que ça prête à équivoque... mais bon, c'est le problème aussi de ce type d'éloges qui sont toujours un peu à côté de la plaque, trop d'emphase, trop de banalités, surtout trop de clichés à commencer par l'assimilation du cinéma de Rohmer à une oeuvre dix-huitiémiste sur le discours amoureux (Marivaux...), ce qui n'a jamais vraiment été la tasse de thé de Rohmer, celui-ci étant littérairement un cinéaste du XIXe, quelque part entre Balzac qui l'a inspiré et certains auteurs anglosaxons comme Conrad et Stevenson dont il n'a compris la parenté qu'après-coup... sans parler de la dimension socio-politique de ses films, la France de 1960 à 2000... mais ce sont aussi des clichés, parce qu'on reste dans les généralités, tout ça manque de nuances... si je considère Rohmer comme le plus grand des cinéastes c'est parce que je suis "tombé" dans le cinéma avec ses films, et même son théâtre, ayant eu la chance d'assister, je n'étais pas bien vieux, à une représentation en 1987 de sa pièce "Le Trio en mi bémol", ce qui a été pour moi un véritable choc, et depuis son oeuvre ne m'a jamais quitté... Donc voilà, je reviendrai sur Rohmer mais plus tard, une fois passée la colère...

Vincent a dit…

J'espère, Buster, que ce ne sont pas les hommages compassés qui vous mettent en colère. Je veux bien partager ma peine et mon admiration. Et la première passera. Quelle belle vie et quelle belle oeuvre.

Pierre Léon a dit…

il faut laisser les morts enterrer les morts, non ?

SR a dit…

Y'a tellement, tellement à dire. Et puis y'a rien à dire.

Buster a dit…

Vous avez raison tous les trois, d'ailleurs vous dites de manière différente à peu près la même chose. Oui Vincent, si je parle de colère c'est parce que je suis très affecté, les hommages je m'en fous, Pierre a raison, laissons les morts enterrer les morts, laissons maintenant Rohmer avec Murnau, Rossellini et Renoir... Y'a rien à dire, comme dit Sandrine, ce qui compte c'est l'oeuvre, elle, bien vivante...

Griffe a dit…

Et elle le sera de plus en plus, avec ce que le cinéma devient...

Père Delauche a dit…

Réaction un peu tardive de ma part, mais je devrais vous tirer les oreilles, Buster, à cause de vos propos concernant N. Brenez dans le billet précédent, et surtout dans votre comm de réponse (posté le 11 janvier 2010 08:25) !

Grrr... le silence religieux s'imposant, je me retiens.

Amen.

Buster a dit…

Ah mon Père, j'ai vraiment honte, pardonnez-moi.
(cela dit, elle l'a un peu cherché avec sa liste branchouille... en plus, sans un seul Rohmer! ;-)

SR a dit…

Puisque ce sont les listes religieuses plutôt qui s'imposent, permettez.

(Je ne vais presque plus au cinéma, pour diverses raisons, ne lis aucune revue, magazine, rien, sinon quelques blogs alentour, et je télécharge dans la décharge où l'orpailleur trouve ferraille et métaux précieux.)

Ce sont, tiens tiens, des séries qui m'auront captivées. N'ayant pas assez vu de films je laisse ça de côté (à part The Box, All About Steve – la Bullock comédie sans façon encore inédite qui console du plan-plan The Proposal –, L'Idiot, Barbe-bleue).

Breaking Bad

Sons Of Anarchy

Mad Men

Samantha Who ?

... Voilà. C'est tout. Juste faire passer.

(Et pour la décennie passée, ça rime à quoi, je n'arrive pas à m'y mettre. Je sais juste qu'un ami m'en parlant, le premier film qui m'est venu direct est Spanglish ; puis L'Anglaise et le Duc ; après, la réflexion m'a rapidement menée à laisser tomber. En tout cas la liste (quoi ? La Guerre des mondes, The Happening, Two Weeks Notice/Words & Lyrics ? In Her Shoes ? Remember the Daze ? blabla et bla et caetera, il y en aurait cinquante, à la limite... Puisqu'à la réflexion ce n'est pas, ce n'est plus, une liste de "noms" qui s'impose, terminé ; le nom est devenu impropre. Ouf.)

Buster a dit…

Ah les séries... j’ai un peu de mal avec l’opposition cinéma/série, je conçois bien que les séries représentent une forme d’antidote à l’auteurisation excessive du cinéma actuel, qu’il y a là comme un retour à quelque chose d’essentiel, le côté artisanal, collectif, sans effet de signature, etc, mais ça on le retrouve dans certains films d’aujourd’hui surtout américains où le réalisateur se met d'abord au service de l’histoire et de ses acteurs... Qu'offre de plus une série?
Ce qui me frappe chez les fans de séries c’est leur façon de consommer, à la fois boulimique (ils regardent tous les épisodes, parfois plusieurs séries en même temps - comment trouvent-ils le temps?, c’est pour moi un mystère) et disons "contrebandière" (épisodes téléchargés et regardés directement sur l’ordinateur), ce qui rappelle la cinéphilie d’autrefois, celle des années 50, où l’on n’hésitait pas à faire des centaines de kilomètres pour aller voir à l’étranger un petit film de série B inédit en France, souvent dans des salles merdiques... sauf que ça n'explique pas le rapport particulier qui lie le spectateur à une série... Il me semble qu’il y a autre chose que la fidélisation, sinon l’addiction, qui lui permet d’avaler ainsi des heures et des heures de fiction..., moi j’en suis incapable, même si ça me plairait (voyant l’Astrée de Rohmer, je rêvais de ce que cela donnerait en tant que série, tout en sachant que je ne pourrais certainement pas la suivre en entier)... les amateurs de séries échangent beaucoup sur tel épisode de telle saison de telle série, ça donne un petit côté "Chiche-Capon", très cinéphile là encore, mais n’évoquent jamais ce qu'il peut y avoir de spécifique à la série, dans sa forme mais aussi son rapport au temps, très différent finalement du cinéma, et même du traditionnel feuilleton...

PS. Une liste avec un film de Rohmer est forcément une bonne liste!

Marco a dit…

Buster, c'est quoi la question?

Buster a dit…

La question est: outre leurs qualités, qu'est-ce qui plaît à ce point dans les séries actuelles? Est-ce uniquement d'y trouver ce qui manque aujourd'hui au cinéma, ou y-a-t'il autre chose de plus spécifique qui ferait de la série, au niveau du récit, un substitut non seulement au cinéma mais peut-être aussi à la littérature... bref quelque chose qui dépasserait l'opposition un peu convenue entre cinéma et série?

before cinema a dit…

:-)

Buster a dit…

Merci "Before", un peu long le commentaire mais sympa.

SR a dit…

Désolée, j'avais écrit à toute vitesse sans me relire (et me corriger… !).
En aucun cas je n'oppose séries télé et films cinéma, bien entendu. Il s'est simplement trouvé qu'en 2009 je n'ai pas vu suffisamment de films pour « défendre » une liste — établie toujours aux fins de prélever la substantifique toëlle sur le corpus désordonné des nombreux films tricotés dans l'année. J'ai dû en voir une vingtaine par là, donc ça n'avait pas de sens (sélectif).

Ce qui m'a paru alors en avoir ce sont ces séries, magnifiques, qui ont rythmé pour moi la période. Le sordide épique chimique de « Breaking Bad » et son grand humour macabre (Fassbinder chez Cimino — celui du Canardeur — pour dire vite), le nouveau western bikers' fronteer de « Sons of Anarchy » et son personnage ingrat sublime d'une mère de tous les vices, le mélo-hommes-drame-femmes en feutrine de « Mad Men » continué, la sitcomédie « I'm not myself today » chick flick de « Samantha Who ? »… c'est tout bonnement ce que j'ai vu de plus incroyable récemment.
Que je souhaitais vous citer.

Sinon pour votre question, c'est vaste. Et puis vous y répondez en la posant, en partie, en amorce. Modifiez juste dans la phrase « mais ça on le retrouve dans certains films d'aujourd'hui surtout américains », « mais ça » par « et ça » (et je virerais pour ma part le « surtout »... !).
Je précise que ces séries en sont encore à seulement deux ou trois saisons (deux définitivement pour « Samantha Who ? » qui n'aura plus de suite, connement abandonnée par la chaîne ABC, hélas...), aussi la course de fond n'est pas aussi marathonienne que vous pouvez le craindre, Buster.

Je distinguerais juste, même si c'est bien sûr lié au bout du compte, la pratique du téléchargement, ce truc sauvage qui me replonge dans les délices écarquillées de la découverte inédite d'îlots (très ors) accostés avec débrouissailleuse et sans boussole, et l'addiction aux séries elles-mêmes, olympiades dont je ne suis pas athlète compulsive (j'en vois quelques-unes fiévreusement et pas du tout plein d'autres, et je laisse vite tomber quand je suis à bout de souffle, mon endurance a des limite).
Mais c'est en effet en quoi tout se relie, ces longs métrages-là et ces séries-ci, liant qui tient autant du saute-mouton que du marabout d'ficelle, qu'on continue de dévider le fil du plot.
Le grand film poursuivi du cinéma aux quatre vents déployé. Big Sky.

Buster a dit…

Merci pour toutes ces précisions. Ce qu’il y a de bien chez vous c’est la force de conviction qui donne toujours envie de découvrir ce dont vous parlez... Pour le coup je regarderai (à mon rythme) Mad men dont la saison 1 sort en DVD début février.
Et si d’aventure, votre pêche aux trésors vous faisait découvrir d'autres perles (ou à l’inverse d’affreux mollusques) n’hésitez pas à m’en faire part, j’ouvrirai alors sur le blog (qui commence un peu à s'essouffler) un espace spécialement réservé aux séries.

PS. Idem pour les comédies américaines. Je suis sûr que beaucoup aimeraient savoir ce qui, outre Sandra Bullock, vous a plu dans All about Steve, qui je crois ne sortira qu’au printemps.

SR a dit…

Vous l'avez vu ?

C'est un petit film qui se tient mal, dans les deux sens. Mal foutu et malpoli. Absolument pas sophistiqué, débraillé avec des bottes de sept lieues en vinyl rouge, très irrégulier et accidenté par monts et par vaux, creux et bosses, mais quand le film tombe dans les trous, ça donne des séquences assez déconcertantes de maîtrise et de soudaine grâce. Et collant aux basques du personnage de Bullock (à tomber de drôlerie pas coquette), le film est obsédé par les mots (elle a la passion absolutiste de son métier ringard, créer des mots croisés), cette obsession magnifique qui la justifie, la handicape, la ridiculise et la sauve. Un personnage qui prend tout au pied de la lettre et qui engage sa vie sur une phrase, parce qu'elle croit un homme qui n'a aucune parole sur parole, que voulez-vous, je trouve ça très beau.

Puis je suis effarée, je n'ai pas lu loin de là toutes les listes mais quelques exceptions confirmeront toujours la règle (qu'aucun boeuf ne veut avoir l'air d'une grenouille), qu'il n'y ait pas le moindre strapontin laissé à la comédie parmi les « must » de la décennie (cf. les 10 des Cahiers que j'ai découverts sur votre blog).
Bref, ça continue, pour changer on se barbe.
:-) (pour dire after comme before)

Buster a dit…

Non je ne l'ai pas vu, il ne sort que dans deux mois, mais votre petite note m'a mis l'eau à la bouche.
Merci.

M. a dit…

Comme SR, j'ai été étonné de la sous-représentation des comédies dans les tops. Etonnant de voir que le "phénomène" Judd Apatow en est quasiment absent. Sans parler de quelques musts, comme L'Amour extra-large, pourtant adoré par certains. Cela dit, je pense que si on organisait un top des acteurs de la décennie, les comiques seraient très présents.