vendredi 15 janvier 2010

Rohmer...

Bon Dieu, il est où ce texte? cela fait trois jours que je le cherche... C'est un texte sur Rohmer que j’avais écrit il y a une dizaine d’années, un truc insignifiant mais, comme tous les trucs insignifiants, qui finit par faire sens quand on le relit dix ans après. Sauf que là, je ne le retrouve pas... De quoi ça parlait? De mathématiques et de peinture, ce que résumait bien le titre - "Rohmer mathématissien" - où loin des références balzaciennes de l’œuvre, loin de ses aspects faussement marivaudiens (chez Rohmer c’est moins le jeu de l’amour et du hasard qui importe que, finalement, l’amour du jeu et du hasard), loin de son caractère socio-psychologique (Rohmer témoin de son temps) et de sa dimension ontologique (de Bazin à Rossellini, sauf que chez Rohmer la platitude du réel ne s’orne que de petites épiphanies: rayon vert, heure bleue, etc.), loin de l’éternel débat entre classique et moderne (que Rohmer, en maître dialecticien, a fini par rendre inopérant)... où loin de tout ça, donc, je m’étais surtout intéressé au système Rohmer, toute cette dynamique du récit, que soutient la parole, mélange d’intrigues et de chausse-trappes, de chassés-croisés et de faux pas, de hasards et de possibles, de désirs et d'entêtements..., faisant du cinéma de Rohmer quelque chose d’absolument inouï. Et à côté de cela, des formes, des couleurs, une sorte de traité esthétique qui permet d'appréhender chaque film selon des critères chromatiques, climatiques, voire cosmologiques, faisant du système rohmérien une véritable maison, au sens deleuzien du terme, une architecture de pure sensation, à la fois solide et toujours en mouvement, et aujourd'hui parfaitement finie, car c'est ça aussi qui est beau chez Rohmer lorsqu'on regarde l'œuvre dans sa totalité: l'impression d'un accomplissement... Tout y semble achevé, non seulement les cycles - Contes et Comédies -, mais le reste également, jusqu'au dernier film, à la fois prélude et point final d'une œuvre... Bon là, je brode un peu parce que je ne me souviens plus vraiment de ce que j’avais écrit...

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