jeudi 10 décembre 2009

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Je peaufine en ce moment ma liste des meilleurs films des 00’s. Pas facile. Plus facile en revanche le Top 12 (+1) pour 2009. Ceux qui fréquentent ce blog ne seront pas surpris puisque j'ai retenu les films que j'avais défendus au cours de l’année (sauf Tetro de Coppola, une œuvre "éblouissante" mais que j'ai vue dans des conditions particulières - euh, j'étais un peu schlass... -, de sorte que je n'en parlerai que lorsque je l'aurai revue).

Par ordre alphabétique:

- A l’Aventure de Jean-Claude Brisseau
- Barbe bleue de Catherine Breillat
- Bellamy de Claude Chabrol
- Ce cher mois d’août de Miguel Gomes
- La Famille Wolberg d’Axelle Ropert
- Funny people de Judd Apatow
- L’Idiot de Pierre Léon
- Inglourious basterds de Quentin Tarantino
- Le Miroir magique de Manoel de Oliveira
- Le Roi de l’évasion d’Alain Guiraudie
- Singularités d’une jeune fille blonde de Manoel de Oliveira
- Tetro de Francis Ford Coppola
- 36 vues du Pic Saint-Loup de Jacques Rivette

NB1. Plus de la moitié des films sont français.
NB2. Je n'ai pas vu Adventureland de Greg Mottola, Démineurs de Kathryn Bigelow, The wrestler de Darren Aronofsky...

Sinon, au rayon DVD, l'événement de l'année c'est bien sûr le coffret Dwan et les sept films RKO produits par Benedict Bogeaus. J'en ai déjà parlé (un peu), j'y reviendrai... En attendant, voici un extrait (la fin) du texte de Biette sur Allan Dwan:

"L'art de Dwan ne cherche pas à bouleverser; il ignore les tensions et provoque un merveilleux état de calme. Les conflits sont, dans ce cinéma, des accidents de la nature humaine. Mais ce serait limiter la poésie particulière de ces films que de l'expliquer par le pacifisme et par le simple goût de la nature chez l'homme Dwan. Il fut sans y penser un classique, mais un classique d'Hollywood. Ce classicisme est aujourd'hui lettre morte, squelette de conventions désuètes. Dwan crut à son contenu parce qu'avec Griffith et quelques autres il l'inventa sans y accorder d'importance. Il laisse des films qui n'élèvent pas la voix. Par goût sincère ("Everybody wants to be God in this business!"). Et parce que ce qui comptait avant tout pour lui, c'était l'histoire: son mouvement et son rythme, et pas ceux du metteur en scène. La naïveté est son génie mais quand un de ses films est niais il faut savoir que le script qu'on lui remettait était insauvable. Il rêvait à la fin de sa vie d'ouvrir une clinique de scénarios... Même ses films les plus conventionnels contiennent des trouvailles de découpage, font preuve d'un emploi imaginatif des décors, ce qui n'est pas le cas dans les mauvais films de Walsh. Comme Jacques Tourneur, Dwan avait un secret de fabrication qui est au cœur du cinéma et qui s'est perdu. Pas parce que le cinéma aujourd'hui n'en est pas digne, mais parce qu'un secret de fabrication, c'est intransmissible. Dwan est au cinéma ce que Charles Ives est à la musique: un inventeur sans récompenses." (Jean-Claude Biette, "Allan Dwan ou le cinéma nature", Cahiers du cinéma n°332, février 1982)

7 commentaires:

M. a dit…

Vous êtes très bozonien, vous. C'en est troublant.

nolan a dit…

Nous on a déjà fait notre top de la décennie si ça vous intéresse... http://desoncoeur.over-blog.com/article-top-de-la-decennie--39972667.html

Buster a dit…

M., c'est normal, je partage le même goût que Serge Bozon (et quelques autres de la Lettre du cinéma) pour les films "aventureux", ceux qui avancent hors des sentiers battus, capables de surprendre et d'émouvoir, moins par leurs "effets" (toujours calculés) que par des sortes de trouées (inopinées) dans la conduite du récit, le découpage d’une scène, le regard d’un personnage, etc., les films surtout dans lesquels l’auteur se livre entièrement, se met à nu, au risque parfois du ridicule ou du sordide...

Nolan, intéressant votre top, le mien devrait être très différent.

Anonyme a dit…

Ah, "La lettre du cinéma", elle nous manque un peu cette revue...

Joachim a dit…

Dans ce cas, Démineurs et Wendy & Lucy (pas le souvenir que vous en ayez parlé malgré votre admiration pour Old Joy) me semblent des films plus aventureux qu'Adventureland qui (à mon sens, mais je dois être le seul à penser ça) ne l'est vraiment que dans sa première moitié (même si ça reste un joli film).

Buster a dit…

Wendy et Lucy fait partie des films que j’ai malheureusement ratés (il est sorti à une période où je n’étais pas sur Paris), au même titre que les trois films de Straub. Pas vu non plus, pour compléter, Nuit de chien, My brother’s wedding, Ponyo sur la falaise, Là-haut, United red army, District 9... Ni bien sûr, puisque pas encore sortis, les deux films roumains analysés par un certain Joachim Lepastier dans les Cahiers de ce mois ;-)

Sinon, à propos de Cahiers, je viens seulement de découvrir qu’il y avait dans le top 10 des rédacteurs, celui de Bozon. Du coup je comprends mieux la remarque de M, c’est très proche en effet... Cela dit, je le répète, ma liste ne fait que reprendre les films dont j’ai parlé (en bien) tout au long de l’année. C’est peut-être bozonien, mais c’est surtout... balloonatique.

Anonyme a dit…

Que de l'académique ou des ratages, à 2 exceptions près, ouais.