mercredi 25 novembre 2009

Légèrement écarlate


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Il y a 15 jours, j’avais une envie terrible d’arrêter Balloonatic (aujourd’hui l’envie est moins forte mais elle reste présente) et je cherchais alors sur quoi finir: un truc bien cafardeux, comme la vidéo sur Venise, ou au contraire un peu franchouillard, histoire de ne pas laisser de regrets, comme le billet sur le foot, mais je n’ai pas trouvé. On verra... Pour le moment, j'hésite: soit j'arrête le blog, soit je le poursuis mais sous une autre forme... Faut dire que ces derniers temps, j'éprouve de moins en moins de plaisir, je ne parle que de films que je n’aime pas (le Ruban blanc d'Haneke, les Herbes folles de Resnais, même Irène de Cavalier...), ce qui n’a rien de motivant...

Bon, hier j’ai vu The box de Richard Kelly, un film qui m'a redonné du plaisir, même si ce n'est pas le grand film dont parlent certains. C'est d'ailleurs pour ça qu'il me plaît. Bourré de défauts, mais attachant par ce qu’il dégage: une vraie croyance dans les pouvoirs du récit, un plaisir communicatif à inventer des histoires abracadabrantes, à les surcharger de signes dans une sorte de bric-à-brac monstrueux, et pour le moins fumeux, qui associe: un tiers de SF (des extraterrestres "testent" l’humanité); un tiers de grosse "métaphysique" (le dilemme, la faute, la rédemption...); un tiers de pur délire (une conspiration qui mêlerait la Nasa, la CIA, des Martiens... la Lumière aussi?); un tiers de mélo (l’histoire d’amour entre Diaz et Marsden). D’accord, cela fait quatre tiers, mais c’est comme la recette du picon-citron-curaçao par Raimu, tout dépend de la grosseur des tiers, et là aussi il faut beaucoup d’eau... pour faire passer l’ensemble. Mais ça passe, et même très bien. The box appartient à ce genre de film où l'important est moins la qualité des éléments (toutes ces boîtes...) que l'alchimie de l'ensemble. Et cette alchimie doit beaucoup à l'esthétique seventies du film (ah, la photo marronasse...) qui vient là comme un principe unificateur (même si c'est maniériste), donnant au film, au niveau de la forme, la cohérence qu'il lui manque sur le plan narratif.

Donc voilà, je reviendrai peut-être sur le film de Kelly (si le blog survit)..., quoique, non, ce qui pourrait vraiment me pousser à continuer ce sont surtout les films d’Allan Dwan que je découvre en ce moment, à commencer par l'étonnant Slightly scarlet, film mi-noir mi-féérique - imaginez un mixte d’Aldrich et de Lewin -, jardin luxuriant, mais vénéneux, dans lequel essaient de survivre deux fleurs, parmi les plus sensuelles d’Hollywood (Arlene Dahl et Rhonda Fleming)... Un film magnifique, de quoi donner envie de poursuivre "l'inspection des Dwan", comme disait Biette, et donc...


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Slightly scarlet d'Allan Dwan (1956).

23 commentaires:

Joachim a dit…

Le film de Kelly pourrait être composé de 27 tiers, ce n'est pas cela qui le rendrait plus riche et plus intéressant à mes yeux. Et s'il suffisait de soigner sa reconstitution pour assurer la cohérence d'ensemble, ça se saurait... Après vos réserves sur le formalisme de Resnais, je vous trouve bien indulgent d'un coup. J'y allais pourtant avec de bonnes dispositions, mais un tel bric-à-brac, un tel sérieux, je n'y arrive pas... (Cela dit, toujours curieux de découvrir un jour Southland Tales). Sur des enjeux voisins (la nécessité de la croyance, l'arborescence de la narration fantastique remise en question par la densité des séries télé), l'humilité de Shyamalan me le rend encore plus excitant à mes yeux (quand bien même aucun de ses films ne m'a jamais pleinement satisfait)...

Mais sinon, tenez bon, n'arrêtez pas votre blog, cher ami... C'est toujours un plaisir de vous lire (quand bien même je peux ne pas suivre vos jugements, mais la réciproque doit être vraie et c'est le jeu de toute façon)...

Buster a dit…

Comment dire... Je ne suis pas un inconditionnel de Kelly (de toute façon, je le connais mal, je n’avais pas aimé "Donnie Darko" et n’ai toujours pas vu "Southland tales"), à la différence des trois derniers Shyamalan, notamment "Phénomènes"… Donc, sur ce point on est d’accord.
Pour "The box", c’est particulier, c’est le genre de film qu’on peut aimer, non pas au-delà de ses défauts, mais justement à travers ses défauts. C’est difficile à expliquer, mais il y a comme ça des films qui arrivent à vous toucher, on va dire dans leur globalité, alors que chaque élément qui les compose, pris isolément, n’a rien de terrible. C’est assez mystérieux... J’avais ressenti la même chose avec "Quatre nuits avec Anna" de Skolimowski, chaque nuit du film m’avait semblé infiniment poussive, et pourtant, à l’arrivée, les quatre nuits prises dans leur ensemble, ça devenait très beau. Bon là, on est dans un registre totalement différent, mais au niveau de la réception, c’est du même ordre. Tous les éléments ne sont pas ressentis de la même façon, je n’aime pas la part philosophique et morale, voire moralisatrice, du film, assez pataude, alors que le côté SF pur, ce qui correspond au développement de la nouvelle de Matheson, ainsi que la relation entre Diaz et Marsden, totalement récrée, sont plus intéressants, sans être non plus extraordinaires... Pourtant l’imbrication de tout ça donne une force indéniable au film qui dépasse le sentiment premier du grand fourre-tout. Un peu comme dans "The host" de Bong Joon-ho...
Quant à la forme, je ne dis pas (ou alors je me suis mal exprimé) que le travail de reconstitution donne de la cohérence au film, ce qui évidemment n’aurait aucun sens, mais que l’inscription du film dans l’esthétique des années 70, marquée par une certaine fadeur chromatique, finit par "abraser" les exubérances du récit. Bon, ce n’est pas très clair, mais c’est comme ça que je l’ai ressenti.
En fait ce que j'aime ici c'est qu'on est dans le pur plaisir de l’histoire (tarabiscotée, grotesque, hypertrophiée, mais comme beaucoup de récits de SF - et le sérieux que vous y avez vu, c'est celui de la SF, il est à relativiser...) et de l’effet-cinéma, avec ce que cela suppose donc de flafla. Si l'on accepte le principe, sans chercher plus loin, on peut y trouver son plaisir, mais je conçois parfaitement qu'on y soit réfractaire.
Sinon, comparer Kelly (qui a juste fait trois films) à Hitchcock, Kubrick et Lynch, voire se demander s’il ne serait pas déjà plus fort que les trois réunis, comme le fait Chronic’art (c’est pour rire, d’accord, mais quand même) est absolument grotesque. On peut saluer chez Kelly la "force d’invention" de ses récits, on est encore loin, évidemment, de la "puissance fictionnelle" qui caractérise le cinéma d’Hitchcock ou celui de Lynch...

D&D a dit…

Bonsoir,
"The box appartient à ce genre de film où l'important est moins la qualité des éléments (toutes ces boîtes...) que l'alchimie de l'ensemble"... C'est exactement mon point d'interrogation sur ce film : j'attends de le revoir mais je crois que je suis d'accord avec vous.
C'est une possibilité qui m'a récemment rattrapé en découvrant "Blue Collar" de Paul Schrader(le rapprochement s'arrêtant là). En tout cas, c'est une force agréablement troublante car je trouve difficile d'en parler, de "l'argumenter", alors que l'on peut presque toujours exposer (avec bonheur ou pas, bien sûr) ses intuitions sur la base de plans, scènes, ou séquences que l'on trouve "réussis"...
Il se trouve aussi que le choix des années 70 me paraît très bon, et par exemple pour ce que vous (re)précisez.
Bref, la seule nécessité de ce commentaire (à l'opposé de ma lecture habituellement silencieuse) est de vous écrire que j'espère égoïstement que vous retrouverez plaisir à votre blog, dans une forme vous convenant aujourd'hui.

Buster a dit…

Oui, c’est assez étrange comme position, et je l’ai ressentie cette année devant pas mal de films, des films imparfaits, inégaux, peut-être même ratés à certains égards, mais portés par une sorte de "conviction" interne (je n'ai pas trouvé le bon terme), qui fait passer leurs défauts, pourtant criants, à l’arrière-plan... Je pense évidemment au film d’Apatow, on pourrait ajouter celui de Fincher, même si pour ce dernier, je n’avais pas été aussi "indulgent", comme dit Joachim.
Tous ces films ont quelque chose d’éminemment inconfortable (la dernière partie de "The box" est même atroce à ce niveau), mais qui est inhérent au film, au sens où cet inconfort, qui n’a rien à voir avec la pose ou la manipulation, est justement le ressort du film, sans quoi celui-ci serait d’une parfaite platitude (c'est là qu'il faudrait développer mais je n'ai pas le temps)… Cela n’en fait pas des grands films, mais des oeuvres attachantes du fait même de cette difformité qui parfois peut être monstrueuse… C’est toute la différence avec le film de Resnais qui lui, au contraire, joue sur le confort du spectateur, à travers son enjouement de façade et ses dehors ripolinés.

A part ça, merci Joachim et D&D pour votre soutien...

Anonyme a dit…

Oui mais là vous adoptez une position purement subjective qui, du coup, élimine toute possibilité de débat. Vous dites "c’est comme ça que je l’ai ressenti", une façon de dire "il n’y a pas à discuter".

Buster a dit…

Pas exactement. Plus que subjective, je dirais intime, personnelle, ce qui ne refuse pas le débat mais le situe ailleurs que sur le plan du seul regard critique. Je crois qu’aujourd’hui on tend de plus en plus à se positionner en tant que critique (au sens large du terme), oubliant ce qu’il en est de son expérience de spectateur. Ou plus exactement, on tend à confondre les deux. On "intellectualise", par un discours emprunté à la critique, les impressions ressenties à la vision d’un film, alors que ce sont deux choses différentes.
Dans le cas de "The box", il me semble que ceux qui aiment profondément le film sont ceux qui, d’abord, sont très attachés à la culture seventies. Pas sûr qu’ils aient aimé autant le film si celui-ci s’était déroulé à une autre époque (ce qui ne veut pas dire que tous ceux qui aiment les années 70 aiment forcément le film, et inversement, que ceux qui n’aiment pas le film n’aiment pas les années 70). On me dira que la nouvelle de Matheson date des années 70... Pas tout à fait, Kelly la déplace de 1970 à 1976, c’est-à-dire qu’il la fait passer de la fin des sixties (1970 prolonge les années 60) au milieu des seventies, dans un souci d’ailleurs purement autobiographique, il s’en est expliqué, et pas du tout politique - l’après-Nixon - comme certains le prétendent...).
Tout ça pour dire qu’il y a là un critère personnel qui joue, de façon plus ou moins consciente d’ailleurs, dans l’appréciation générale d'un film, et ça il ne faut pas l’occulter, encore moins l’utiliser comme argument critique. On peut être sensible au climat d’un film, indépendamment de ce qu’il nous raconte et de la manière dont il nous le raconte, par tout un jeu d’échos et de notes impressionnistes qui échappe à l’analyse critique et fait que oui, on peut aimer un film malgré l’évidence de ses défauts (et inversement: on peut détester un film malgré ses qualités). On n’est pas obligé d’en parler, l’essentiel est de ne pas se mentir à soi-même... C’est pourquoi quand je dis "c’est comme ça", je ne refuse pas le débat, je veux seulement souligner que cette position n’engage que moi et n’a surtout pas de valeur critique.

Sébastien a dit…

D’accord Buster, mais je ne vois pas l’intérêt de parler d’un film sur un blog si on n’y apporte pas son regard critique.
(l'anonyme à qui vous avez répondu longuement, merci)

Buster a dit…

Sébastien, vous ne m’avez pas bien lu, je dis simplement qu’il ne faut pas prendre pour de la critique ce qui n’est, le plus souvent, qu’une suite d’arguments pour justifier l’avis que l’on a sur un film. Si la critique part de l’impression ressentie à la vision d’un film, elle doit savoir la dépasser et non se contenter de théoriser autour. Et puis le travail critique ayant en partie déserté les revues de cinéma, ce n’est sûrement pas sur les blogs qu’on va le trouver. Moi-même je n’ai aucune prétention en la matière, je me limite à relater mon rapport aux films, disons à mi-chemin entre expérience et critique, comme la plupart de mes confrères blogueurs. Si l’on veut trouver dans la blogosphère un vrai regard critique sur les films, avec ce que cela suppose d’objectif et d’autoritaire, parce que la critique ne fait pas dans le sentiment (contrairement à ici), il faut aller non pas sur le blog de Zohiloff (d’une partialité absolue, ce qui en fait le prix d’une certaine manière), mais sur celui de Pierre Léon (d’ailleurs ce n’est pas un blog, mais un "blob").

vladimir a dit…

Eh oh, c’est une blague cette envie d’arrêter?
Sinon le Blob de Pierre Léon, ça m’a l’air vachement calé mais en toute franchise je ne comprends pas la moitié de ce qu'il écrit. C’est quoi cette histoire de "cinéphyllie"?

Buster a dit…

Non ce n’est pas une blague, juste le besoin de me "rassembler", je me suis trop éparpillé ces derniers temps, je dois faire des sacrifices. (et il est hors de question que j’arrête la piscine!)
Sur Pierre Léon, on s’éloigne un peu du sujet... je ne sais pas moi, cinéphylle, étymologiquement parlant ça veut dire "feuille de cinéma" ou un truc de ce genre. Peut-être oppose-t-il les vrais cinéphiles, qui font du cinéma, des autres, les cinéphylles, qui eux se contentent d’écrire dessus. Mais pourquoi tu ne lui poses pas la question directement sur son blob?

vladimir a dit…

Ah non, je peux pas, j'ai trop peur.

Buster a dit…

Tu as tort, il est gentil comme tout Pierre Léon.

(sur ce, je file, je dois aller voir le Dumont, je sens que ça va bien m'énerver, mais ce n'est pas grave, j'ai prévu ensuite de revoir "Blanche-Neige" en famille)

Pierre Léon a dit…

Oui, je ne suis pas très méchant, Vladimir, et je ne pourrais l'être, vous avez le même prénom que mon frère. Je reconnais tout à fait que mes considérations sont souvent elliptiques, mais ça me vient comme ça, ce n'est pas très calé, comme vous dites, juste que je ne m'empêche pas de penser. Il y a forcément à boire et à manger. Vous pouvez avoir soif et pas faim, et vice versa, ou ni l'un ni l'autre.
Les cinéphylles, pour moi, sont ceux les feuilles mortes du cinéma. C'est un rapport de collectionneur, de fétiche, qu'il concerne les films anciens (cinéphyllie du stock) ou contemporains (cinéphyllie du flux). J'essaierai de développer ça, et de manière la moins énigmatique possible. Mais n'hésitez pas, quand même, à venir me chatouiller sur le Blob, au moins j'aurai l'impression qu'on me lit.

Vincent a dit…

Je vois que le coffret Dwan fait des heureux. Je suis en train de terminer mon "inspection". Quel horrible mot pour de si beaux films.

vladimir a dit…

Merci pour l'invitation, j'essaierai de passer, il faut juste que je trouve la "plume" adéquate.

Buster a dit…

Bravo Vladimir, on va suivre ça de près...
En tous les cas, ce que je retiens c'est que je dois être un gros cinéphylle, du stock comme du flux.

Vincent, vous avez pris de l'avance sur moi, je n'ai vu pour le moment que trois films du coffret... je pensais écrire quelques notes sur Dwan mais je ne suis pas sûr d'avoir le temps... je compte donc sur vous.

Pierre Léon a dit…

D'abord, Buster, vous n'êtes pas gros. Ensuite, je pense qu'on évite précisément la maladie (la cinéphyllis) en maintenant un rapport dialectique entre le flux et le stock. Ce sont les deux discours qui s'opposent aussi fébrilement que stérilement qui sont insupportables : "c'était mieux avant" contre "du nouveau, du nouveau !". En ce qui me concerne, c'est le passage d'un film dans un autre, dans les deux sens de l'Histoire, qui me séduit et me bouleverse. Ce qui donne le sentiment que ce soit toujours la même chose alors que ce n'est jamais pareil.
Regardez la lumière de "Deux deux rouquines dans la bagarre" (j'adore le titre français), et vous verrez, comment, venant de Griffith, en passant par Stroheim, elle irradie jusqu'à Biette (je sais, je parle souvent de lui, en ce moment) et s'infiltre un peu, allez, chez Bozon ou Fitoussi, pour prendre les blockbusters (pas vous, Buster, vous n'êtes pas un block) puis retourne chez Dwan.Sacré John Alton !

Père Delauche a dit…

Euh... gloups ! Hum-hum...

Bon, j'y vais...

Désolé de squatter ici, mais, je ne suis pas parvenu à poster mon comm sur le "blob" du monsieur ci-dessus, que je lis occasionnellement. Ici, il y a une option "nom/url" qui est ouverte à n'importe quel handicapé du clavier [comme moi :-]

Et comme le réalisateur de l'Idiot est ici, je voulais lui dire ô combien j'ai trouvé son film "puissant" ! combien je l'ai préféré au dernier Resnais, etc.

Voilà, c'est (à peu près) tout ; et, c'est au moins pour ça justement [le squat :-] qu'il ne faut pas arrêter votre blog... Buster :-D

Buster a dit…

Squattez squattez Père Delauche, vous êtes ici chez vous...
(d’autant que vous ne pouvez pas être expulsé avant le 15 mars) :-D

Pierre Léon, ça me plaît ce que vous écrivez, moi aussi j’aimerais pouvoir maintenir un rapport dialectique entre le flux et le stock, mais j’ai quand même l’impression que ce n’est pas donné à tout le monde. Pour suivre comme vous le faites le "trajet" historique de la lumière des "Deux rouquines...", il faut en avoir vu des films, et pas seulement les Dwan, les Griffith, les Stroheim et les Biette... Autrement dit il faut quand même, en amont, énormément de stock et pas mal de flux. Il me semble que ce n’est qu’à ce prix qu’un rapport dialectique peut s’installer. C’est pourquoi je me demande si le fétichisme de la "cinéphilie" (je ne sais plus comment l’écrire), cette part maladive que vous nommez cinéphyllis (ou cinéphilis?, une maladie d’amour donc) n’est pas une étape par laquelle on doit passer nécessairement pour (une fois guéri, enfin si on y arrive) pouvoir inscrire les films dans un vaste réseau de correspondances entre passé, présent et même futur. Ce que je résumerais par cette question: vous-même, Pierre Léon, vous n'avez jamais été un cinéphylle?

Pierre Léon a dit…

Merci, Père Delauche, ça me fait plaisir et du bien, mais vous savez, si je n'avais pas vu "Muriel" de Resnais six fois dans la même semaine, vers 1979-1980, je n'aurais pas fait de films…
— je suis moi-même un sacré handicapé du clavier et, par exemple, je n'arrive jamais à poster des choses dans ce beau Busterblog (qui ne doit surtout pas s'arrêter, hein), via Firefox, et donc je passe par Safari, bref, j'essaie de partout. Ça c'était la minute conseil de papi Léon.
Buster, bien sûr, j'ai été un cinephylle, mais sans m'en rendre compte. Il y aurait toute une histoire à raconter là-dessus, mais je ne suis pas sûr qu'elle soit très intéressante. En tout cas, ça n'a jamais été pour moi une appartenance sociale, juste un état, une occupation (à plein temps, le plein-temps des non-études). C'est comme la jeunesse, ou l'enfance — aujourd'hui, les enfants et les jeunes ont la conscience d'être des enfants et des jeunes, ils ont la conscience de classe, alors que ce n'est qu'un état, passager par définition. Quand les cinéphiles ont cessé d'être des passagers de cinéma, ils sont devenus des cinéphylles. Et, pour répondre, un peu tardivement, à ce que vous disiez, ça n'a rien à voir avec faire ou pas faire des films, c'est une question de rapport, de rapport à la vie avant tout.

Buster a dit…

Merci, j'espère que vous aurez l'occasion de développer dans un texte cette vision de la cinéphilie.

Père Delauche a dit…

Oh, merci Buster de votre "hospitalité" [des lois, du même nom :-] Euh, à tout hasard, est-il possible qu'on ait pu vous voir sur l'écran, comme protagoniste dans le film L'Idiot ?

Et, à part ça, Mr Léon, je dois avouer que j'ai pris la parole dimanche matin [mais je ne vous dirais pas quand...], sans avoir pu cependant vous demander si l'éventualité d'une suite vous titille, de sorte à faire un dyptique qui pourrait se suffire à lui-même ? (en passant, ça pourrait tenir lieu de long-métrage).

Euh, ce n'est hélas pas une proposition, car en plus d'être "handicapé du clavier", je suis également un spectateur fauché ; mais très désireux de voir la suite de vos "travaux"... (euh, ça va "travail" plutôt que "oeuvre", ou "ouvrage" ?)

Buster a dit…

Non, Père Delauche, je n’ai pas joué dans "l’Idiot" de Pierre Léon (comme je n’ai pas joué dans "la France" de Serge Bozon ni "la Famille Wolberg" d’Axelle Ropert - questions qu’on me pose régulièrement).