lundi 26 octobre 2009

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Ecouter en boucle un album pendant des heures, des nuits, parfois toute une semaine, est signe généralement que l’album est réussi, mieux que le charme opère. Mais cette année, ce ne fut pas souvent le cas. Il y a eu l’album de Bill Callahan bien sûr (Sometimes I wish we were an eagle), celui de Grizzly Bear aussi (Veckatimest), voire le dernier Moby (Wait for me) qui n’est pas mal non plus (si si), mais côté français, c'est plutôt la dèche, pas grand-chose à se mettre sous la dent, plus exactement derrière l’oreille (je ne parle pas de rap, évidemment, dont la médiocrité - quasi générale et pas seulement artistique - est telle qu’en comparaison un type comme Bénabar paraît génial), donc pas grand-chose (le dernier Murat, à la rigueur), jusqu’à ce que j'écoute le nouvel album de Biolay, La superbe, un double album absolument magnifique (ah "Brandt rhapsodie", en duo avec Jeanne Cherhal, un petit chef-d'œuvre - une suite de "post-it" collés sur le frigo, un Brandt évidemment! -, mais ce n'est pas le seul, il y en a une flopée, comme par exemple "La superbe", "Padam", "Miss Catastrophe", "Ton héritage", "Night shop", "La toxicomanie", "L’espoir fait vivre", "Lyon presqu’île", "Reviens mon amour", "Jaloux de tout"... oui je sais, ça fait beaucoup, mais quand on aime on ne compte pas), ce qui ne m'a pas vraiment étonné. D'abord parce que Biolay je l’ai découvert très tôt, dès Rose Kennedy, et que son univers musical, trop facilement réduit à du maniérisme "gains-bourgeois", m’a toujours séduit. Ensuite parce que c’est tout simplement l’un des meilleurs auteurs-compositeurs-arrangeurs actuels. C'est pourquoi l'écouter aujourd'hui, en ces temps de vaches maigres, où l’on s’extasie sur tout et n’importe quoi, où l’on nous abrutit à coup de Beatles remastérisés (et pour le coup aseptisés) ou de Michael Jackson surmarchandisé (et pour le coup dépopéisé - this is it?), cela fait du bien.

Sinon, je viens de revoir The big mouth de Jerry Lewis. Cela aussi fait du bien...

(note remixée car la première version était vraiment trop mal écrite)

2 commentaires:

Hip hop hip hourra a dit…

Toujours fâché avec le rap, Buster ?

Dans l'entretien des Inrocks, Biolay dit pourtant son admiration pour Booba et avoue s'en être beaucoup inspiré (les rimes internes, etc)

Buster a dit…

Toujours...

Sinon il ne faut pas exagérer l’influence du rap dans l’album de Biolay, en fait surtout présente dans le morceau "Miss Catastrophe", une sorte de rap jazzy avec son rythme et ses rimes ("elle est là, tu la sens et tu sens que tu l’as dans le sang").
Et puis Biolay surjoue un peu son admiration pour Booba. Ce qui les rapproche surtout c’est que celui-ci s’est fait allumé par pas mal de rappeurs (je parle des vrais comme Joey Starr, pas les petits éructeurs qui pullulent sur Youtube...) comme Biolay lui-même s’est fait allumé par les Bénabar et autres tâcherons de la chanson française (par Joey Starr aussi d’ailleurs).