mercredi 2 septembre 2009

Le bouquet


video


Pilgrimage de John Ford (1933).

6 commentaires:

le-blob a dit…

c'est presque le même plan que dans "The Rising of the moon".

Vincent a dit…

Il y a aussi quelque chose de l'ouverture de 'The quiet man", et puis déjà le plafond, et puis ces piliers en perspecytve comme dans les plans des porches de "The searchers". J'adore la vie qui se dégage immédiatement du plan d'ensemble, avec le chariot derrière, l'embardée quand le train arrive. Comme toujours chez Ford, ça a l'ai simple, mais c'est très composé sans s'imposer de force.

Buster a dit…

"The Rising of the moon" (que je n’ai jamais vu, mais je connais la photo du train, vu en perspective avec les personnages - chèvre comprise - sortant la tête par la fenêtre, et le thème même du sketch, cette fameuse "minute d’arrêt" en gare qui s’éternise grâce au joyeux bordel que Ford y organise), "The Quiet man" (que Vincent ne pouvait pas ne pas citer)... tout ça donne une coloration irlandaise au plan en question. C’est Ford qui disait que quand on parle de l’Allemagne il faut montrer les fils (référence à son film muet "Four sons"), mais que lorsque c’est l’Irlande il faut montrer la mère (en référence à un autre muet "Mother Macree" tourné juste avant).
Ce qui est beau dans la séquence c’est le découpage, d’une simplicité biblique (expression qui me fait toujours marrer vu que la Bible c’est pas si simple, ce qui du coup colle bien à Ford), en plans fixes évidemment: ouverture plan large, dans l’axe d’arrivée du train, permettant l’entrée dans le cadre de la jeune femme et son fils, mais par le bas (ce sont des exclus, la femme étant restée fille mère), puis alternance plan sur le groupe affairé autour de la mère dominante et plan sur la femme et son fils, à l’écart, puis changement d’axe, plan frontal du compartiment avec en haut et à gauche, le visage de la mère, dans le cadre de la fenêtre puis l’entrée dans le champ de la femme et son fils toujours par le bas mais à droite, ce qui crée une plus grande distance (diagonale) avec la mère, puis dernier changement d’axe, dans le sens du départ du train, avec plan rapproché sur la femme et le garçon, et, c’est le seul mouvement de caméra de toute la séquence, celui qui accompagne le geste de la femme tendant avec un petit temps d’hésitation son bouquet de fleurs à la mère qui, après un autre temps d’hésitation, le saisit, mais dont on ne voit que l’avant-bras et la main gantée, et enfin le départ du train où l’on voit s’éloigner le bouquet que maintient la mère sur le rebord de la fenêtre. Su-bli-me...

Vincent Ostria a dit…

Ouais, c'est vrai, beau comme du veau… Je plaisante car naturellement j'adore. Ça m'a fait repenser à ce petit bijou presque absurde intitulé "One minute's wait", aussi situé dans une gare (épisode de "The Rising of the moon").
Que ces gens sont aimables et resplendissants. On ne s'en lasse pas. Filmage franc, élémentaire, synthétique donc génial.

Buster a dit…

Décidément, il faut absolument que je vois "The Rising of the moon"...

Anonyme a dit…

Oui. D'autant que si le premier épisode (celui dans la gare donc) est hilarant le deuxième est tout simplement somptueux (Becket?) et le troisième stupéfiant tellement son geste est gonflé, presque conceptuel il me semble.