jeudi 17 septembre 2009

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Vincent Ostria trouve que mon blog ne ressemble pas un blog. Il a raison. Cette question du support, je me la suis d’ailleurs posée de nombreuses fois, au début de Balloonatic qui, mine de rien, file quand même sur ses deux ans. Au départ, il s’agissait d’échapper à un double écueil: le journal intime (parce que ça n’intéresse personne) et les brèves sur tout et rien (parce que ça ne m’intéressait pas, surtout parce que c’est un truc que je ne sais pas faire, il faut un certain esprit d’à-propos, un talent pour les formules qui font mouche, etc.). Pas un blog donc, mais une sorte de cahier en ligne dans lequel je comptais retranscrire les notes que je prends habituellement après avoir vu un film, des notes de longueur variable, en fonction du film et de mon inspiration, ce qui fait que je peux aussi bien écrire juste quelques lignes, ce qui est rare, j’en conviens, que trois longs articles, parce que j’ai envie d’en parler, tout simplement. Mais dans ce cas, ce ne sont pas de vraies critiques: le texte n’est pas structuré, c’est écrit au fil de la pensée, mis en forme, certes, mais jamais de façon définitive, car je ne peux m'empêcher de le modifier, c'est plus fort que moi, je ne sais pas écrire autrement qu’en direct... Maintenant, est-ce que ça rend le texte illisible, comme le prétend V.O.?

Tiens, sinon j'ai lu dans les Inrocks les propos d'Abdel Raouf Dafri, le scénariste du Prophète d'Audiard (et du Mesrine de Richet). Ah là là... ce discours "moi-je-sais-de-quoi-je-parle", avec son côté "rentre-dedans", cette fascination (avouée) pour les truands, je ne supporte pas...

Enfin pour ceux qui aiment Ford et... Rivette, revoici, on ne s'en lasse pas, la célèbre scène des Deux cavaliers où James Stewart et Richard Widmark, les deux "moumoutes sourdingues", comme les appelait John Ford, bavardent tranquillement au bord d’une rivière, quatre minutes en plan fixe, tourné par Ford et son équipe les pieds dans l'eau, en marge du récit qui vient à peine de commencer, monument de digression faussement nonchalante, mille fois plus moderne que les abstractions modernistes d'un Antonioni (et sa grosse angoisse - die Angst - nocturne) ou d'un Resnais (et sa temporalité marienbadoise), vues la même année.


Two rode together de John Ford (1961).

A bientôt (Balloonatic s’arrête une petite semaine)...

5 commentaires:

nolan a dit…

Bonjour,
C'est vrai qu'Abdel Raouf Dafri est super agaçant dans cette interview.
Ca me faisait d'ailleurs plaisir (j'ai aimé le film) de voir Audiard rappeler sans cesse dans ses interviews que Thomas Bidegain et lui avaient retravaillé le scénario encore et encore en changeant le caractère du personnage principal qui ressemblait trop à Pacino dans Scarface.

Joachim a dit…

Mais si, il est tout à fait lisible votre blog, et vos extraits plus que visibles. (Venant de quelqu'un qui a toujours eu du mal à lire Blanchot).

Walter a dit…

Qui aime Ford aime forcément Rivette, et vice-versa...

Anonyme a dit…

Sans doute ai-je la nostalgie du papier comme je l'ai de la salle de cinéma. Vos textes seraient plus à leur place dans une revue (si j'en lisais encore). Mais je me battrai pour que des gens comme vous existent et s'expriment. J'exagère en disant que vos textes sont illisibles. Ils ne le sont pas, mais je n'ai pas de plaisir à lire des textes intelligents sur Internet, comme je n'aime pas voir de bons films sur un téléviseur…
Vincent Ostria

Buster a dit…

Merci Joachim.

Et merci V.O. Je comprends très bien votre point de vue, même si on peut aussi concevoir qu'Internet ne soit pas qu'un lieu où l'on fait état, même brillamment, de ses humeurs du moment... Et puis écrire sur le Net offre une liberté incomparable quant au sujet qu'on souhaite traiter, ce qu'on y dit et la longueur du texte qu'on y consacre, ce qui n'est pas toujours le cas, loin s'en faut, dans une revue.