jeudi 2 juillet 2009

Trop chaud

Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, j'apprends aujourd'hui, outre l'annonce que les "misérables" de Gavroche Productions avaient perdu leur procès, que Pierre Etaix allait recouvrir ses droits et qu'on pourrait donc enfin revoir ses films, que - ça y est c'est officiel (yessss...) - Frodon quittait la direction des Cahiers du cinéma. Après le départ, sur la pointe des pieds, du trop "subtil" Burdeau il y a trois mois, c'est au tour de "Monsieur-un-chef-d'œuvre-par-semaine" de se faire la malle, lui aussi par la petite porte (quelques mots insignifiants à la fin de son édito dans le dernier numéro des Cahiers). Si Burdeau c'était beaucoup de vent (jusqu'à se perdre dans les labyrinthes d'un "champ de trèfle" youtubisé, je poétise parce que je ne veux pas être méchant), Frodon, c'était surtout beaucoup de fric, encore du trèfle me direz-vous, s'invitant à la moindre occasion au quatre coins du monde (et avec lui toujours quelques relations prestigieuses, histoire d'étoffer son carnet d'adresses), tout ça aux frais de la princesse (la revue), bref une vie de ministre "gordonbrownien" que Phaidon le nouveau propriétaire english ne pouvait voir que d'un sale œil. C'est sûrement pour cela qu'on lui a laissé tirer son baroud d'honneur avec le numéro d'avant-Cannes (celui avec Johnny en couverture). Reste qu'on ne sait toujours pas qui va remplacer nos deux fossoyeurs...

Pour "saluer" la fin de l'ère Frodon-Burdeau, je ne peux résister au plaisir de citer les trois dogmes du critique selon Moullet (c'est sur la quatrième de couverture de son recueil Piges choisies, paru dans la nouvelle collection que dirige... Burdeau!):

"Mon dogme n°1, c'est de toujours faire rire le lecteur.
Dogme n°2: chaque film intéressant engendre une approche critique spécifique au film en question: pas de grille.
Dogme 3: le critique doit toujours partir d'un exemple précis, avant de généraliser, et non du Général (et encore moins s'y cantonner).
Pour moi, l'Austérité, la Grille et le Général sont les trois Cancers de la critique."

A part ça, il fait vraiment trop chaud...

2 commentaires:

Joachim a dit…

Sans doute Burdeau est-il meilleur éditeur que critique (à mon sens, il était quand même loin d'être le pire, mais bon)... Capricci a quand même une belle politique d'édition et pas mal d'envies, apparemment. Mais c'est avéré cette histoire de notes de frais ou ce sont des rumeurs qui traînent sur le Net ? Quoi qu'il en soit, dommage que cela n'ait pas été exploité pour des dossiers, enquêtes à l'étranger (du style ce que faisaient Tesson et Assayas sur HK ou les USA dans les années 80) parce que ces immersions où on avait l'impression de prendre le pouls d'une cinématographie, c'est bien ce qui a manqué aux Cahiers des dernières années.

Anonyme a dit…

Merci pour cette excellente nouvelle. Et bon débarras!
Avec Frodon, Les Cahiers... ont atteints des profondeurs abyssales dont ils auront bien du mal à remonter. Et je connais quelques cinéastes (enfin, qui se désignent comme tels), qui doivent être en deuil de "Monsieur-un-chef-d'oeuvre-par-semaine"...