vendredi 13 février 2009

Anne, ma soeur...












Barbe bleue de Catherine Breillat (2009).

Pour l'instant je ne le vois pas encore venir ce film, je ne vois que la neige qui poudroie et la pierre qui verdoie, mais c'est celui que j'attends avec le plus d'impatience. Pas à cause de Perrault et de sa Barbe bleue. Pas non plus à cause de Bataille et de son Gilles de Rais. Peut-être à cause de Martinet et de son Jérôme, ce roman monstrueusement génial dont je vous ai déjà parlé et dont je vous livre ici l'excipit:

"Avec le sang de Paulina, j'ai écrit plusieurs fois le nom de Solange sur les murs de la salle à manger. J'étais sûr que, lorsqu'elle reviendrait, elle serait sensible à cette délicate intention. Je n'avais pas réussi à dévorer cette sale gamine entièrement. Je commençais à me sentir un peu barbouillé. Ce goût effroyable dans ma bouche, je ne l'oublierais jamais. Je me suis dirigé vers le palier. Il m'avait semblé entendre un bruit de pas. J'ai allumé la minuterie et j'ai jeté un coup d’œil dans la cage d'escalier. Mais non, personne. J'avais encore la bouche un peu poisseuse. Je n'avais pas sommeil. N'eût été cette légère sensation d'écœurement, je me serais senti dans une forme éblouissante. J'ai éclaté de rire en me disant que, malgré tout, lorsqu'elle se déciderait à revenir, cette nuit, demain, ou un autre jour, elle serait quand même drôlement surprise, Solange." (Jean-Pierre Martinet, Jérôme, 1978) 

Mais surtout à cause de Breillat, une cinéaste qui importe dans le paysage cinématographique français (j'ai mis du temps à lui reconnaître cette importance), paysage assez morne, si on le regarde comme Anne du haut de sa tour (position que d'aucuns jugeront bressonienne), et ce malgré les quelques jolis météorites qui chaque année s'y déposent, ici et là.

Ci-dessous le pitch de son Barbe bleue

Souvent les contes des fées prennent comme personnage central des sortes de serial killer d’enfants: ainsi en va-t-il des Ogres.
Mais Barbe Bleue en est la figure emblématique. C’est aussi dans les années 50-55 le conte préféré des petites filles modèles.
C’est le cas de Catherine, elle adore effrayer sa grande sœur Marie-Anne en lui lisant obstinément le conte jusqu’à ce qu’elle pleure.
En même temps Catherine se projette dans le conte, elle y devient la princesse Marie-Catherine, la dernière femme de Barbe Bleue, celle qui ne rejoindra pas les femmes pendues qui l’ont précédée. Parce qu’elle, elle est la princesse vierge que l’Ogre ne peut se résoudre à tuer. Cette hésitation lui sera fatale.
Ainsi la vierge obtient la tête du Géant.   

2 commentaires:

Griffe a dit…

Vous savez quand sortira le film ?

Buster a dit…

En principe au printemps mais je n'en sais pas plus.