vendredi 31 octobre 2008

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Vu enfin Tokyo! Bon je passe rapidement sur le Gondry, aussi captivant que la vie d’une chaise, je passe tout aussi vite sur le Bong Joon-ho, aussi passionnant que la vie d’un hikikomori, pour aller à l’essentiel: le Carax, la partie "chiée" du film, coincée entre les deux autres, particulièrement "chiantes" donc (désolé, je n’ai pas pu résister), de sorte qu’on ne sait pas très bien si c’est la force du Carax qui, par comparaison, affaiblit le Gondry et le Bong, ou inversement si c’est la faiblesse de ces deux sketches qui, toujours par comparaison, donne au Carax une telle force. Peu importe, d’autant qu’on ne sait pas vraiment comment le prendre le Carax, exemple même de l’objet filmique inclassable. Pur moment de poésie (Lavant dans son antre, au milieu des fleurs et des billets de banque) ou grosse farce ubuesque (le procès avec un Balmer assez génial en avocat aussi déjanté que son client - ils ont l’air de souffrir tous les deux du syndrome de la Tourette -, c’est pour moi le meilleur moment du film)? Merde c’est comme un film-ça, une décharge pulsionnelle, libéré entre le film-moi que représenterait le Gondry et le film-surmoi que serait le Bong Joon-ho. D’où la relative cohérence de l’ensemble qui ferait de Tokyo! un film en trois temps sur l’espace tokyoïte: 1) exiguïté de l’espace social qui réduit le moi à celui d’une chaise; 2) libération rageuse du ça à partir des bas-fonds; 3) rôle du surmoi qui censure le moi, bride le ça et finit par couper l’individu de la réalité en l’enfermant dans son chez-soi. Maintenant, bien sûr, la partie 2, la seule qui nous occupe, c'est aussi le cri de Carax contre tous ceux qui ne comprennent pas son art - qui serait alors Balmer, le seul qui le comprend? - et ne lui permettent pas de l'exprimer, sinon avec ce genre de produit "merde in Japan" dont il n’aurait finalement rien à foutre. Mais ça, tout le monde l'avait compris...

Sinon la vraie "merde" du moment, je suis tombé dessus par hasard, elle s'étale sur le Net, c’est XY le clip de Kery James réalisé par Kassovitz. Qu’est-ce qu’il y a d’insupportable dans ce clip? Moins ce qu’on y voit et ce qu’on y entend - la violence à la Scorsese, De Palma et autre Woo - que le fait que tout ça a déjà été vu et entendu mille fois. XY c’est l’exemple même de ce que le rap français peut produire de plus médiocre: texte débile, forme musicale ectoplasmique, on est à des années-lumière des grands groupes de hip-hop anglo-saxons. Quant à la réalisation de Kassovitz, c’est à pleurer de rage. A quoi ça rime de passer un film à l'envers? A rien, c’est juste une façon (puérile) de se démarquer du traditionnel ralenti qui d'ordinaire accompagne les scènes de tuerie dans les polars US et asiatiques. C’est moins chorégraphique, tout aussi gratuit et encore plus chichiteux...

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