jeudi 21 août 2008

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Ce matin il y avait Kismet de Minnelli (1955) à la télé. Bon je ne l’ai pas regardé, parce que je ne regarde pas la télé à 8 heures du matin, ni même enregistré, parce que ce film, en fait, j'ai l'impression de le connaître par cœur. Non pas qu’il soit un de mes films préférés, ce n'est pas la meilleure comédie musicale de Minnelli, et de Minnelli je préfère les mélodrames et les comédies familiales, mais tout simplement parce qu’il s’agit de mon plus ancien souvenir de cinéma. Je devais avoir cinq ou six ans. Souvent le premier film dont on se souvient est un Disney. Moi c’est Kismet de Minnelli. La classe, non? A vrai dire, c’est surtout de la chanson "Stranger in paradise" dont je me souviens. A cause du paon que l'on aperçoit dans la séquence - c’était la première fois de ma vie que j’en voyais. Mais aussi parce que ma mère, douce maman, m’a longtemps chanté la chanson le soir au moment de m'endormir. Je l’écoutais, bercé par sa voix, attendant que le marchand de sable arrive... Sauf qu’une fois la chanson terminée et ma mère partie, le paon, lui, restait là, avec sa queue en éventail et toutes ces petites taches blanches, mille yeux sans visage, quasi mabusiens, qui semblaient me fixer et m'empêchaient de m'endormir. Est-ce pour cela que je n'ai jamais cru à la part de rêve des musicals de Minnelli, y décelant au contraire, dissimulées derrière la splendeur des décors et la magie des chansons, les terribles puissances du réel?

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