vendredi 4 juillet 2008

Ingrid et moi

J’ai rechuté. Tout allait bien pourtant. Depuis quelques semaines j’avais même repris mes activités. Et là, patatras, le gros coup de barre... Faut dire que la veille j’avais vu Ingrid à la télé. Incroyable. Comment elle a fait, elle, pour tenir? Cette apparente fraîcheur, ce visage radieux après six années de captivité, dans la jungle, avec les avanies, les maladies... je n’en revenais pas. Pas plus marquée que si elle avait fait "Koh-Lanta". Etait-ce le bonheur de la liberté enfin retrouvée qui lui effaçait ainsi toute trace de souffrance? Sur le coup j’ai pensé - mauvaise pensée - que c’est peut-être elle, Ingrid, qui par sa force morale, sa foi, son obstination (on n’imagine pas femme plus entêtée - c’est quand même elle qui s’était jetée dans la gueule du loup), avait fini par épuiser les Farc. Et que si la ruse mise en place par l’armée colombienne pour la libérer avait si bien marché c’est parce que ses geôliers l'avaient bien voulu, trop contents de voir partir une femme, "monstre" de courage, dont la détermination, farouche, à ne jamais rien céder commençait sérieusement à fatiguer...

Pour me remettre de mes émotions, tout en restant dans le registre du monstrueux, j’ai revu The host de Bong Joon-ho. Là aussi, quelle vitalité! Le film de monstre s’y trouve ragaillardi et le spectateur avec, qui ne peut nier le plaisir, aussi jouissif que régressif, que procurent ces deux heures de pur divertissement, où se trouvent combinés comédie fantastique, mélodrame familial, satire politique, etc., deux heures qui renouent avec les grandes heures du cinéma populaire, mieux: du cinéma bis, celui-là même qui enfanta les Godzilla et autres monstres bien connus. Sauf que l’hybridation virtuose sur laquelle repose le film ne saurait se réduire à une simple combinaison de genres, si époustouflante soit-elle. Quelque chose de jamais vu, du moins au cinéma, traverse ce film démentiel (les personnages sont fous), torrentiel (il pleut en permanence), ex-pulsionnel (ça dégueule de tous les côtés)... Bref, un film qui m’a bien retapé. Mais pourquoi combien de temps?

1 commentaire:

denis b. a dit…

ah mais Koh Lanta, c'est pas une partie de plaisir.