mercredi 16 juillet 2008

[...]

Vu Qu’est-ce que maman comprend à l’amour? de Minnelli (1958). Un régal malgré la VF. Minnelli oppose, aux corps guindés, droits comme des piquets, des jeunes Anglais de la "haute" (une jeune fille, du même monde mais qui a été élevée en Amérique, est lancée dans les fameux bals des "débutantes" où elle doit affronter les assauts d’un horse guard à la conversation aussi passionnante que celle d'un "poteau indicateur"), les corps agités, à défaut d’être souples, des parents de l'héroïne (le père, Rex Harrison, toujours un verre à la main, et la belle-mère, Kay Kendall, toujours pendue au téléphone), courant à droite et à gauche pour s’assurer que leur fille n’est pas partie avec le batteur de l’orchestre (présenté comme un effroyable tombeur, en fait un parfait gentleman fasciné par les danses africaines) mais incapables, au moment fatidique, de l’en empêcher car stoppés net dans leur élan par le protocolaire "God save the queen" (séquence hilarante), traînant à quatre pattes pour mieux écouter aux portes, multipliant, jusqu’à l’épuisement, les entrées pour ne pas laisser la demoiselle seule avec son prince charmant... Bref, je m’attendais à une délicieuse comédie sur les mœurs de la society londonienne et j’ai découvert un drôle de ballet, complètement brindezingue. Minnelli n’est jamais là où on l’attend.

Aucun commentaire: