vendredi 25 janvier 2008

[...]

Ludovic me rappelle dans un courrier - c’est bizarre, j’ai ouvert, à la demande générale, mon blog aux commentaires et tout le monde continue de m’envoyer des e-mails, faudrait savoir... - donc Ludovic me rappelle le passage que Deleuze a consacré dans L’image-mouvement au film de Beckett, où il distingue "l’image-action qui groupe la rue et l’escalier, l’image-perception pour la chambre, enfin l’image-affection pour la chambre occultée et l’assoupissement du personnage dans la berceuse". Les deux premiers types d'image finissent par s'éteindre (à respecter les conventions imposées par Beckett: que dans la rue et l'escalier l'angle de vue - entre O et OE qui le poursuit - ne dépasse pas 45°, que dans la chambre l'angle soit toujours respecté mais qu'en plus tout ce qui est "regard" en puissance - animaux, miroirs, cadres - soit expulsé ou dissimimulé) pour ne laisser subsister que l'image-affection, "la perception de soi par soi", la plus terrifiante, mais elle aussi appelée à s'éteindre quand, le mouvement de la berceuse arrêté, "le double visage glissera dans le néant"... Immobilité, mort, noir"... Pour Deleuze, Beckett cherche en fait à "rejoindre le monde d’avant l’homme, avant notre propre aube… Ainsi procédant à l’extinction des trois types d’image, Beckett remonte vers le plan lumineux d’immanence, le plan de matière et son clapotement cosmique d’images-mouvement, il remonte des trois variétés d’images à l’image-mouvement mère"...

3 commentaires:

Ludovic a dit…

Désolé mais je n’avais pas repéré que le blog était ouvert aux commentaires. Sinon merci de m’avoir répondu par le biais d’une note, c’est vraiment trop d’honneur. Juste une question: quelle est la référence exacte du texte de Philippe Arnaud sur le film de Beckett?

Buster a dit…

Le passage est tiré d’un petit essai au titre étrange "…Son aile indubitable en moi" (Yellow Now, 1996) que Philippe Arnaud avait écrit pour les Rencontres cinématographiques de Dunkerque (sur le thème de la Rencontre au cinéma). Le texte a été repris récemment dans le livre "La Rencontre" (dirigé par Jacques Aumont) qui rassemble des conférences prononcées il y a trois ou quatre ans à la Cinémathèque française.

Ludovic a dit…

Encore merci.