mardi 1 janvier 2008

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Revu Black book de Paul Verhoeven. J’avais été frappé la première fois par l’aspect lisse du film, son côté téléfilm, contrastant avec l’âpreté du récit (le destin d’une jeune femme juive, sorte d’Anne Frank transformée en Mata Hari, à la fin de la seconde guerre mondiale), une mise en scène plus proche du Hitchcock des années 60 que des grandes fresques hollywoodiennes des années 50. Mais si j’évoque Hitchcock c’est aussi pour une autre raison. La ration Cadbury, cette tablette de chocolat - le vrai black book? - qui réapparaît deux ou trois fois dans le film et finit même par sauver l’héroïne, a tout d’un macguffin, elle confère au film une dimension ludique, de pur plaisir, celui que revendiquait justement Hitchcock pour le cinéma (la fameuse tranche de gâteau). Non pas le plaisir d’inventer des formes (ça c’est pour les cinéphiles) mais plus prosaïquement celui de raconter des histoires, de bonnes histoires. Et le fait que l’actrice se nomme Van Houten rend ce plaisir plus savoureux encore...

A l’heure du bilan traditionnel, qui voit tous les ans, à la même époque, fleurir d’innombrables listes sur les meilleurs films de l’année, rituel assez puéril où l’on s’amuse à classer les œuvres - on sait que le cinéphile a toujours été un "âne à listes" - mais auquel, avouons-le, il est difficile de résister, même si, lorsqu’on s’y prête, on se croit toujours obligé de préciser (hypocritement) qu’il ne s’agit là que d’un jeu et que la liste qu’on propose n’a pas plus de valeur qu’une autre... donc, à l’heure du bilan, je voudrais moi aussi dire non pas quels sont mes dix films préférés, mais les trois qui selon moi - et pour s’en tenir aux seuls films sortis en salle en 2007 - sont nettement au-dessus du lot: les Amours d’Astrée et de Céladon d’Eric Rohmer, Belle toujours de Manoel de Oliveira et la France de Serge Bozon... Ah bon? et la Graine et le mulet d’Abdel Kechiche? Eh bien non, désolé, le film m’a intéressé mais ne m’a pas transporté, c’est un film intelligent (sinon malin) et plutôt convaincant dans ce qu’il dit, mais auquel il manque un peu de folie et surtout pas mal de magie pour que j’y adhère totalement. Bref, ce n’est pas "le grain et l’amulette" (oui je sais, le jeu de mots est facile, mais en ces temps de bringues et autres gigues endiablées, un bon petit jeu de mots - laids forcément - me semblait de circonstance)... Champagne!

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