vendredi 30 novembre 2007

La France

Il est beau le film de Serge Bozon, de loin le plus beau film que j'ai vu cette année avec l'Astrée de Rohmer et le Merlin d'Arrieta. Il serait dommage de le réduire, comme pour Mods, à un pur objet de curiosité, une sorte de bricolage cinéphile, à l’image de ces drôles d’instruments qui accompagnent les chansons. Car la France c’est quand même autre chose que tous ces croisements ridicules dont usent les critiques pour tenter de le définir (la palme à Chronic’art qui parle de 7e compagnie filmée par Walsh!) sous prétexte que Bozon aime mélanger les genres. Au contraire, ce qu’il y a de beau ici c’est tout ce qui échappe aux références (Walsh donc, mais aussi Fuller ou encore Barnet, selon Bozon lui-même), ce qui émerge progressivement du film, s’extirpant de la trame de départ (le film de guerre loin des champs de bataille, une petite troupe d’hommes se déplaçant à l’arrière du front...), pour créer son propre genre - on peut déjà parler de genre bozonien -, cette façon si particulière de donner corps à un groupe, de le faire vivre de l’intérieur (à travers le regard d’un personnage central), construction idéale pour faire dialoguer, jusqu’à inverser les points de vue, l'individu et le groupe, le féminin et le masculin, le pays et les étoiles...

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